DISSERTATION SUR LES DÉMONS
pots cassés , d etoupes et de paquets de cheveux (i).
Ces sortes de démons , quand ils abandonnent leurs amans et maîtresses , leur laissent en les quittant des marques pour faire connaître qu'ils sont des diables. Le démon imprima un serpent sur le ventre d'Attia, mère d'Auguste, après en avoir abusé (2).
Quittons les accouplemens et la copulation , pour parler des possessions. C'est le triomphe du malin esprit. Elles ont leurs marques, leurs indices; comme la perte du jugement, les contorsions; les gambades et les injures aux exorcistes. Les démoniaques sont plus ou moins agités , suivant le cours de la lune; les contorsions, convulsions qt grimaces des possédés , augmentent et çliPHUuent suivant l'apogée et le périgée de cet aptre. Ceux qui sont possédés du démon parlent , la langue tirée hors de la bouche, par le veutre,
(1) Jacques Roux. , , .
(2) De Lancre.
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parles parties naturelles, et font trembler la terre (i). Souvent ils ont la connaissance des langues > et parlent grec et basbreton.
Le diable exige des pactes et des consentemens très-difficiles à révoquer quand une fois Us sont donnés (2).
Le diable s amuse aussi quelquefois à plaisanter; il enlève les démoniaques en Vair, et les chatouille sous la plante des pieds. Le plaisant diable que celui qui fit voler à Toulouse le bonnet du président Latomy (3) ! et cet autre qui , pour se divertir, chevilla un jour la seringue dun apothicaire, en fourrant invisiblement sa queue dans le piston pour empêcher leau djen sortir (4) !
Quelques auteurs ont prétendu qu'il y avait de bons diables ; mais ils n'élèvent leur nombre qu'à deux mille, qui habitent dans lair et qui veillent aux besoins des
(1) Àmbroise Paré , des Monstres, ch. xxvi.
(2) Bodin.
(3) Idem.
) Collin de Plancy , Diction. Infernal: Aiguillette.
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hommes (i). Dans ce nombre se trouvent les drolles, qui pansent les chevaux; et les esprits familiers , qu'on met en bouteilles (2).
Les démons terrestres s appellent gnomes; ils sont menteurs, amoureux des femmes, et gardiens des trésors (3).
Les sylphes sont composes des plus purs atomes de l'air; ils jouissent sans contradiction de ce qu'ils aiment et mettent en fuite les démons (4)-
Les nymphes ou ondins sont composés des parties les plus déliées de l'eau. On les fait paraître à volonté d'après une recette particulière (5).
Les salamandres sont composés des plus subtiles parties du feu universel, dont ils habitent la sphère (6).
Les fées, femmes des Druides, sont
( 1 ) Jacques d'Autan , Incrédulité savante.
(2) A/em,pag. 59.
(3) Le comte de Gabalis.
(4) Idem.
(5) Trinum magie.
(6) Le comte de Gabalis.
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immortelles. Elles dansent au clair de la lune, et assistent quelquefois à la naissance des princes pouf leur faire un don. U y en
a de bonnes et de me'chantes (i).
Enfin , les ogres tiennent encore au ténébreux empire ; ils aiment la chair frai* che des petits garçons et des petites filles. Il y eut un ogré , comme tout le monde sait, qui avait des bottes de sept lieues (2).
( 1 ) Frey , Admiranda Galliarum , liv. x.
(a) Perrault , Petit Poucet.