‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 115 sur 327 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

les plus légères escarmouches. Son style s'élargit lorsqu'il raconte une journée de bataille ou les opérations d'un siège, mais il n'y a jamais de fougue ni d'emportement dans son récit. C'est la manifestation d'un courage tranquille, de cet héroïsme sans tapage qui caractérisa les gentilshommes de cette époque qui allaient au feu avec ce calme, cette urbanité parfaite, cette politesse raffinée jusqu'au refus de porter les premiers coups ; montrant devant la mort une liberté d'esprit, une insouciance aussi grande qu'ils l'eussent pu faire pour débiter des madrigaux aux dames de la cour dans les jardins de Versailles. OiC est-ce que cet escadron de jeunes filles? avait dit le grand visir qui commandait l'armée turque, vingt ans auparavant, quand il s'était trouvé en présence des troupes envoyées par Louis XIV, au secours de l'empereur; lors de la première campagne de Hongrie. En effet, ces jeunes gens imberbes aux cheveux flottants, aux habits chamarrés, couverts de rubans et de dentelles, n'avaient, en apparence, rien de masculin, rien de guerrier ; et cependant '< les jeunes '< filles... culbutèrent les terribles janissaires; l'armée impé- « riale se rallia et l'armée turque fut précipitée dans la '^ rivière, la Raab, le i''"' août 1664 » (i).

Les trois événements les plus considérables de cette guerre furent le siège de Neuhauzel, les batailles de Gran et d'Agria. A ce sujet nous ne pouvons entrer dans de grands détails. Contentons-nous de justifier par deux citations ce que nous venons de dire.

Du camp sur la Grane, ce 30 juin. — ... Après que M. de Lorraine eût vu tout ce qu'il avoit envie de voir, il fit retirer les troupes, et recommença à remarcher du côté du camp : Dans ce temps-là M. le prince de Commercy, le comte de Buquen, le chevalier d'Angoulême et moi, allâmes pour voir ce qui se passoit à

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