Arch. Hist. de la Gironde, t. xxix, p
PRÉLIMINAIRES I5
nement des Laval et jamais les Madaillan de Montataire ni ceux du Cauze n'ont combattu, sous ses ordres, contre les protestants.
Le seul véritable Madaillan dont il est question dans les Commentaires est Louis de Madaillan d'Estissac, gouverneur de la Rochelle et du pays d'Aunis qui, avec Frédéric de Foix Candaie, La Vauguyon, Lauzun et Chavigny, accompagna en Périgord, le duc de Montpensier, lorsque celui-ci rejoignit Monluc, au moment de la bataille de Vergt, le 9 octobre isô'a (i).
Une tradition de famille veut que Monluc soit venu au Cauze se reposer chez les Madaillan et s'asseoir sur l'escabeau légendaire qui figurait encore, au commencement de ce siècle, dans le mobilier du château. C'est un récit de nos grand'mères qui n"a rien à voir avec l'histoire et dont on ne peut tirer aucune conclusion sérieuse. La branche des Madaillan du Cauze est d'ailleui"s absolument distincte de celle de Montataire. Sans contester l'authenticité de ce siège de bois grossier, le seul qui convint à ce rude guerrier, aussi dur à lui-même qu'à ses ennemis ; sans nier que le chef catholique soit venu au Cauze (peut-être déserté par ses propriétaires, à cette époque troublée) il est permis de dire que l'existence de ce meuble ne saurait prouver en aucune façon que les Madaillan ont servi sous Monluc. C'est leur escabeau seul qui a eu ce privilège.
La maison près La Sauvetat dont il est question dans les Commentaires (2) ne peut être le château du Cauze. Elle est encore moins la demeure de Louis de Madaillan-Montataire. C'est la maison des d'Albert de Laval ; autrement dit le château de Madaillan, situé du côté opposé au Cauze, à deux mille mètres environ de La Sauvetat, en descendant vers Miramont ; château qui fut rasé après la troisième révolte des Croquants commandés par Léon d'Albert de Laval (3) et dont l'emplacement s'appelle encore Madaillan.
Madaillan, commune de Roumagne, canton de Lauzun, n'est plus qu'un lieu-dit. On y voit une maison construite avec des matériaux empruntés à des ruines. Le propriétaire qui l'habite conserve quelques parchemins : des reconnaissances en faveur des Laval et des d'Abzac, successivement barons de Madaillan depuis le XVI' siècle. Dans le champ de Madaillan,' peu à peu nivelé par la culture, la