CHAPITRE DEUXIÈME
« mémoire cy-dessus, avec leurs bordures, qui sont dans mon grand « Cabinet, appartiennent à Madame la marquise de Lassay, et qu'elle « me les a prêtés pour orner ledit Cabinet, lesquels dits quinze tableaux « je promets représenter et rendre à Madame la marquise de Lassay « quand elle le jugera à propos.
« Fait à Paris, ce 7 juillet 1755. '* La Guiche » (i)
C'étaient là les meilleurs tableaux de la collection, ce n'étaient pas les seuls. Dans un second état estimatif dressé probablement lors de la vente la Guiche, et dont je dois communication à la même obligeance, je trouve encore, parmi ceux estimés les plus chers: trois Murillo, 15.000 livres; deux Têtes du Guide, 2,500 livres; une Vierge de Van der Werf, 3.000 livres; un Téniers, i.ooo livres; un Repos de la Vierge de l'Albane, 2.400 livres (2).
Toutes ces toiles passèrent au comte de la Guiche, dont la vente eut lieu en 1771. Le catalogue était rédigé par le fameux Remy. Beaucoup n'avaient pas une grande valeur et se sont dispersés dans d'obscures collections. Quant à celles d'un mérite réel, voici les traces que nous en avons retrouvées :
J'ai dit plus haut ce que devint le beau portrait de Charles I" par Van Dyck. Il figure au Louvre, sous le n" 142 de l'école flamande.
Je soupçonne fort les deux magnifiques Claude portant les n°' 216 et 220 d'avoir figuré au catalogue la Guiche (1776), Poullain (1780) et duc de Brissac, avant d'arriver au Louvre.
Les deux Paul Bril se retrouvent sous les n°' 67 et 68.
Le paysage de Rubens la Charrette embourbée fait aujourd'hui l'ornement de la galerie Hertford, à Londres. De l'avis de tous les connaisseurs, c'est une des plus belles œuvres du maître d'Anvers. Estimé 4.000 livres en 1771, il dépasserait certainement 200.000 fr. s'il était mis en vente.
Les Pèlerins d'Emmaûs, vendus de gré à gré 5.000 livres, reparurent à la vente Randon de Boisset, où ils furent acquis par le Roi, au prix de 10.500 livres. Ils portent le 11° 407 dans le catalogue de l'école flamande.
La Vue des environs de Nice, également vendue de gréa gré 2,500 livres, fut acquise par le Roi à la vente Blondel de Gagny, en 1776, au prix de 4,810 livres. C'est le n° 17 du catalogue de l'école flamande.
Il est, je le répète, impossible de suivre le reste des objets portés au