Jiiraâes, t. 11, pp
îl^i I A MAISON DK MADAILLAN
" cinq cens et vingt, le seigneur d'Estissat vint en la présent » ville, et y coucha, et luy fust donné en présent... c'est assa- V voir : cinq rempro)'es, deux aloses, demy salmon, une " carpe et dix pots de vin... (i).
Nous avons vu qu'il avait été le protecteur de son jeune frère Geoffroy. Ils se retrouvaient souvent l'un et l'autre à Cahuzac qui paraît avoir été une des résidences favorites de la famille. Rabelais venait aussi quelquefois s'y reposer et les distraire. Au livre iv. chapitre i.ii. de Pantagruel, il prolite, pour se moquer des Décrctales. d'une partie de tir à l'arc, qu'il raconte avec force ironie :
A Cahusac, fut pour tirer à la butte partie faicte entre les seigneurs d'Estissiic et vicomte de Lauzun. Perotou avoit dépèce unes demies décrétales du bon canonge (gros papier). De la carte et des feuilletz avoit taillé le blanc pour la butte. Je me donne, je me vends, je me donne à travers tous les diables si jamais arbalestier du pays (les quelz sont suppelatifz en toute (juyennel tira traict dedans. Tous furent coustiers. Rien du blanc sacrosainct barbouillé ne fut... ne entomné. Encore Sansornin l'aisné qui gardoit les guages, nous juroit... qu'il avoit veu apertement, visiblement, manifestement le pasadouz (la flèche) de (^aruuelin droit entrant dedans la grolle ou milieu du blanc, sur le poinct de toucher et enfoncer, s'estre escarté loing d'une toise coustier vers le fournil. — Miracle, s'escria Homenas, miracle, miracle !... Je boy à tous. Vous me semble/. \ rais christyans... Me semble dist Pantagruel, qu'en tels blancs l'on eut contre le dangier du traict plus seurement esté que ne fut jadis Diogène. — Un paige... du seigneur d'Estissac nommé Chamouillac, apercent le charme. Par son advis Perotou changea le blanc... Adonc tirèrent très bien et les uns et les aultres.
Bertrand d'Estissac mourut au mois de septembre is22. Il eut à peine le temps de faire son testament qui est du 15 de ce même mois ; or nous verrons plus loin que dès le 22, les jurats de Bergerac s'occupaient de ses honneurs funèbres. Dans cet acte, il ne prend aucune disposition spéciale ; institue simplement son fils aîné Louis héritier universel ; ne nomme même pas ses trois autres enfants et s'en remet, pour