‹ Histoire de la maison de SavoieChapitre 9 sur 23 · CHAULES II (BLANCHE DE MONTFERRAT · texte numérisé non relu

CHAULES II (BLANCHE DE MONTFERRAT

choisi Tévêque de Mondovi pour ce siège, et que le pape Innocent VIII lui eût donné Tinstitution canonique. Cet

excès d'insolence ne pouvait être soulTcrt, et le couUe de Bresse, qui, à la nioi t de son frère François, avait réuni la lieutenance de la Savoie à celle du Piémont, marcha contre le comte, le battit, lui prit le château d'Aix et déclara tous ses biens confisqués. Mais le roi de France intercéda en faveur du rebelle vaincu, et le conseil de régence dut lui accorder la jouissance de ses revenus.

Je n'ai pas à raconter ici les discordes et les intrigues qui déchiraient en ce temps l'Italie, et qui finirent par un appel au roi de Françe pour qu'il vint chasser les Âragonais du royaume de Naples et leur succéder. Les deux plus ardents instigateurs de cette invasion furent, comme chacun le sait, Ludovic le More et le pape Alexandre YL Ni les Savoyards, ni les Piémontais ne prirent aucune part aux négociations qui aboutirent à la descente de Charles VIII en Italie {ih9h) ; mais les domaines de la maisou de Savoie se trouvaientsur le passage de l'armée française : il fallait que la régente lui disputât 1 entiée de ses États, ou qu'elle l'accueilltt en amie, et ce dernier parti était le seul qu'elle pût raisonnablement adopter. Aussi allât-elle, accompagnée de son lils, alors âgé de cinq ans, à la rencontre du roi, jusqu'cà Suse, le conduisit-elle jusqu'àTurin,et ne négligea- t-elle aucun soin pour lui prouver son amitié. Les troupes françaises marchaient alors à la guerre, en pays étranger, au milieu d'ennemis^ déclarés et d'amis perfides, sans argent ni provisions. Aussi ce que Charles Mil attendait de ses partisans en Italie, c'était un prêt d'argent. La régente eût sacrifié avec empressement une forte somme pour se débarrasser au plus

tôt de ces hôtes dangereux et incommodes en leur fournissant le moyen de poursuivre leur route; mais l'argent n'était pas plus abondant à la cour de Savoie qu'à celle de France, et Blanche ne put oiTrir au roi Charles Yill que ses joyaux, qu'elle lui conseilla de mettre en gage pour 12,000 "ducats. Elle ne garda seulement pas ses bagues ; et le roi, voyant qu'il ne pouvait espérer d'obU'iiir davantage, se remit en inarcbo à la tête de ses soldais, après avoir eu la petite vérole à Asti.

Les troupes piémontaises étaient déjà comptées au rang des plus hraves et des mieux disciplinées de TEurope ; le roi mît tout en œuvre pour engager la régente à lui en fournir, et pour gagner quelque baron piéinontais qui l'accompagnerait avec ses hommes d'armes. Mais la récente sut en même temps se soustraire' aux pressantes instances du roi, et empêcher les vassaux de sa couronne de s'unir à l'armée française. Le seul parmi ces deniiors qui fût trop haut placé pour se soumettre à ses désirs, et dont l'ardeur belliqueuse et remuante n'eût jamais * connu ni borne ' ni frein , c'était le comte de Bresse. Malgré son insatiable ambition, je. ne sais s'il n'eôt pas préféré une victoire à une couronne ; et à la pensée des combats qui allaient se livrer dans le midi de l'Italie, il abandonna non-seulement ses deux iieutenances, mais sa place auprès du trône de son petit neveu, et, emmenant son fils Philibert avec lui pour qu'il apprtt.de bonne ^heure l'art de la guerre, il suivit le roi de France.

Chacun connaît le dénouement de l'expédition de Charles Viil en Italie, aussi bien que ses causes et son début. Le roi dut en plus d'une circonstance se féliciter d'avoir

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