‹ Histoire de la maison royale de LusignanChapitre 17 sur 29 · SAINTE CATHERINE DU MONT SINAÏ · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE DU MONT SINAÏ

En l'an trois cent douzième, au sein d'Alexandrie,

Sous le règne maudit de Maximin Daia,

Une adorable fille, en tous points accomplie,

Belle comme Vénus, pure comme Ilélia,

Et dont rien n'égalait la vertu, la science.

Vivait dans la retraite et l'abnégation ;

Par ordre du tyran, en plein jour arrachée,

Elle mourait marlj^re, à la roue attachée.

Tandis que sa belle âme allait tout droit aux cieux.

Cette vierge admirable avait nom Catherine,

Et son corps fut, dit-on, au sommet du Sina

Par des anges porté sur un lit de sabine,

Aux sons divins des luths entonnant l'hosanna.

Dans le saint monastère, une blanche chapelle Rappelle sa mémoire et, de nos jours encor, De nombreux visiteurs, à la vierge immortelle, Viennent offrir leurs vœux sous la coupole d'or.

l'ordre de sainte-catherine-du-sinaï 1063—1891

En mil soixante-trois, au temps du Moyen âge.

Epoque d'héroïsme et de faits éclatants.

Où la foi, des croisés décuplant le courage.

Princes et rois montraient l'exemple aux combattants

En tombant bravement au sein de la mêlée ;

Noble et puissant seigneur Piobert, dit Bras-de-Fcr,

Sire de Lusignan (d'une race appelée

A régner par la suite et sur terre et sur mer),

Créait l'Ordre princier de Sainte-Catherine

Du Sina, qui devint signe de ralliement

Pour les fervents chrétiens allant en Palestine

Défendre le Sépulcre et le saint Sacrement.

Il honorait ainsi la sublime madone,

Modèle de sagesse et puits de piété,

La vierge immaculée, aujourd'hui la patronne

De l'orphelin, du faible et du déshérité,

Cet Ordre fut bientôt partout en grande estime,

Car il n'était donné qu'aux vaillants généraux

Qui couraient, animés d'une ardeur magnanime.

Combattre en Terre sainte et mourir en héros!

Ce ne fut qu'à la fin du siècle le seizième. Quand les princes croisés ne purent plus lutter Contre les Sarrasins, que tomba cet emblème, Que Guy de Lusignan vient de ressusciter.

Victor Gresset.

Octobre 1891.

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