‹ Histoire de la marine française (volume 2)Chapitre 24 sur 72 · GLEKHE UE KO.MAME · texte numérisé non relu

GLEKHE UE KO.MAME

plausible de renoncer à la couronne d'Orienl et de rappeler ses volontaires (1310).

Dix ans plus tard, les cinq galères et le lin qu'il avait fait construire pour son aventureuse entreprise achevaient de pourrir dans le canaletto de San Lio, à Venise, sous le séquestre ducal ; la République jugea bon de liquider la situation en versant une légère indemnité au prétendant malheureux (I).

(1) QuiUance de Charles pour 4,000 florins d'or reçus de la République. Paris, 4 octobre 1320, à bord d'une nef sur la Seine au port S. -Victor (Archives des Frari à Venise. Berjesti dei cominetnoriali, t. II, foi. 89 v". — L. DE Mas-Lajiiie, Commerce et expéditions militaires de la France et de Venise au moyen âge. Paris, 1880, in-4", t. III des Mélanges histor. {Doc. inéd.), p. 67.)

CROISADE MANQUEE

L'échec de rexpéditlon de Romanie ramena Tattentlon vers la croisade. La France gardait l'initiative de ces idées généreuses, dont la réussite semblait assurée parla communauté de vues du pape et du roi, sinon par le rapprochement matériel des deux Cours : depuis IH05, la papauté, transférée à Avignon, était en relations suivies avec la Cour de France. L'esprit froid et calculateur de Philippe le Bel considérait la croisade comme le moyen de glaner, sans bourse délier, une couronne ; car l'utopie d'un légiste flatteur mettait au compte du clergé les frais de la croisade et au compte du jeune Philippe le Long les profits, la couronne d'Egypte et de Syrie (1).

Des auxiliaires présumés, les Tartares, dont la brusque entrée en scène révolutionnait l'Asie, cherchaient à nouer des relations avec l'Europe. Leurs aml)assadeurs se succédaient aux Cours de l'Occident {'2). Le khan de Perse, Argoun, proposait au roi de France son appui pour reprendre

(1) Pierre Dudois, De recuperatione Tense Sanclx, Traité de politiijtie (jéne'rale, publié par Ch. V^. Langlois. Paris, 1891, in-8", fascicule 9 de la Collection des te.xtes pour servir à l'étude de l'histoire.

(2) Par exemple, le Génois Buscarello Ghisolti, au service du klian de Perse depuis 1284. (Desimoni, Conto deW ambascinta al Kan di l'ersia (1292), dans les Atti delta societa Ligure.)

CHOIS.VDR iMANQlJÉE. 219

Jérusalem (l). De retour de Chine, Marco- I^olo offrait à Charles de Valois le récit de ses voyages en Extrême- Orient (i;î07) (2), au moment où un prince arménien, réfugié en France sous le froc des Prémontrés, achevait la rédaction d'une " Hystoire merveilleuse, plaisante et récréative du grand empereur de Tartarie (3) » . Simples anecdotes, pensez-vous à la lecture du titre? Erreur! le prince Hayton s'occupait du moyen pratique de coordonner les opérations des croisés avec la marche en avant des Tartares.

Pour agir, il fallait des fonds. Le concile de Vienne, en 1311, les vota. On mit cinq ans à les recueillir. Quand l'argent fut prêt, le chef de la croisade ne Tétait plus. Le prince voué au trône de Jérusalem, Philippe le Long, avait hérité du sceptre de saint Louis, mais non de son aljnégation. Un pape énergique, Jean XXII, va passer toute sa vie à stimuler le zèle religieux des rois de France.

Page 1