‹ Histoire de la marine française (volume 2)Chapitre 51 sur 72 · GUERRES FLAMANDES · texte numérisé non relu

GUERRES FLAMANDES

Songez que c'est un poète et combattant qui parle, deux motifs pour exagérer et décupler le noml)re de nos ennemis

Nous avions pour adversaire un jeune homme plein de fougue, dont les manœuvres imprévues surprenaient et culbutaient les meilleures troupes, (yénéreux, élégant, il était Tidole des soldats. La victoire le suivait; etce jour-là, comme il soutenait les droits que son père lui avait cédés sur les îles de l'Escaut, il devait s'obstiner à vaincre (l). (îuy de Namur — c'était lui — mit habilement à profit sa supériorité numérique, en plaçant sur le front de bataille toutes ses grandes nefs et en soutien les bâtiments plus petits :

Les granz nés furent es frontières Et les petites derrenières.

Sans attendre l'attaque, il s'ébranle vers midi, son mn}',nifique vaisseau en tête de file.

Pédrogue, qui occupe la droite de la première ligne française, vole à sa rencontre avec quatre navires. Il est à une portée d'arbalète quand ses bâtiments touchent par une brasse de profondeur sur un banc de sable. Dans cette position difficile, il est obligé de repousser les assauts de l'ennemi. Il Les flèches volent dru comme des flocons de neige, elles bruissent comme des abeilles en essaim. » L'accident renverse les plans des Français, ramenés de l'offensive à la défensive. Les quarante-quatre nefs qui ont suivi le mouvement de leur u souverain " se massent en un bloc, attachées entre elles par des câbles,

De leurs m batailles font une,

où d'un bord à l'autre on peut sauter sans craindre de tomber : sur cette immense plate-forme, il faut vaincre ou mourir, car il n'est point de coquet ou de barque de sauvetage que l'amiral Grimaldi n'ait fait retirer; ses galères,

(1) Funck-BremaiNO, Pliilippe le Bel en Flandre, p. Îi32.

seules lil>rcs de leurs mouvements, mouillent à Tarrièregarde, assez loin du corps de bataille.

Ces nefs échouées, cette masse immobile, offrent une si belle proie au feu que les Flamands ne résistent pas à la tentation de lancer contre elles deux brûlots. Mais le vent détourne de leur but les nacelles incendiaires et les rejette sur la flotte flamande, où elles commencent leur œuvre de destruction. Pédrogue, que le reflux vient de dégager, profite de ce désordre pour attaquer T Orgueilleuse de Bruges. Des deux espringales qu'il a au u mcstre bout " , il crible de garrots son adversaire : l'un des garrots traverse les galeries du château d'avant, où les » trompeeurs" soufflent dans des trompettes d'argent ; et telle est la force du coup qu'un des musiciens a le bras arraché, un second la poitrine transpercée par le trait, qui va ensuite " d alée legière » se ficher dans les hourdis du château d'arrière. De la hune, pleuvent des galets « plus durs qu'acier, gros comme miches » , auxquels Flamands ripostent à coups de briques. Mais Pédrogue arrive « bort à bort contre l Orgueilleuse )> , que laJehannète de Normandie presse d'autre part. Il saute à 1 abordage et à la tombée de la nuit se rend maître des bourgeois de Bruges qui la défendent.

Tandis que notre aile droite est victorieuse, Guy de Namur entame notre aile gauche. Il a concentré les efforts de sept nefs " longues et hautaines " contre trois naves espagnoles, dont les " piautres " , à l'extrémité de la ligne française, dépassent tous les autres éperons. Assaillis sans trêve ni répit par des troupes fraîches qui se relaient à l'abordage, les Espagnols et les Hollandais ripostent vaillamment : leurs bretèches fracassées à coups de hache, des voies d'eau dans leurs œuvres vives, 150 morts .gisant " par javèles " sur leurs ponts inondés de sang, les trois naves sont enfin amarinées par Guy de Namur; leurs derniers défenseurs, harassés de fatigue, ont pu gagner les navires voisins.

(;i;krri:s flamandes. :n3

Il est aiiiiLiit environ. Pédroguc charge de « gloes » enflammées deux nefs, que le flux emporte au milieu de la flotte ennemie. Les clartés des bûches lancées dans les hàliments ennemis dirigent les coups des Français, dont la flotte reste dans l'ombre. Mordu de mort, plus d'un Flamand sanglotte

En criant : wacarme ! wacarme !

Oui vaut autant ton dire lialas!

Leurs bâtiments épars çà et là n'ont plus aucun ordre. Guy de Namur envoie chercher à terre des troupes fraîches, qui arrivent deux heures avant l'aubo. Mais le nombre des cadavres, les cris des Idessés, dans la nuit, les frappent d'épouvante.

C'est le moment pour la réserve française d'entrer en ligne. L'amiral Grimaldi, monté sur im galiot armé de quarante arbalétriers, a observé les dispositions de l'ennemi. Il revient vers les galères réveiller ses gens, qui font aussitôt armes sur couverte. Lancées comme des chevaux au galop, enlevées par les rames, fouettées par le flux, les galères foncent sur une nef flamande, « que loing des autres seule avisent. » Elles l'enveloppent et la capturent; une seconde, une troisième nef, ont le même sort. Mais Guy de Namur fait hisser ses voiles et accourt à la rescousse avec une forte division. Il prend à partie la galère amirale, contre laquelle une autre nef se lance comme la foudre. Grimaldi repoussait à grand'peine l'abordage, quand éclatent les cris : Montjoie, Calais, Normandie, Hollande. Ce sont les nefs françaises qui surviennent. Les Flamands s'épouvantent; les coups pleuvent; point de merci à attendre. Zierikzée va venger Courtrai, n où la fleur de France fu ocise à si granl viltance. » Cerné par qviatre navires (1), Guy de Namur refuse de se rendre : « Je resterai ici jusqu'à ma mort, pour

(l) ViLLANi, liv. VIII, ch. Lxxvu, apud Muratorf, Rerum italicarum scriptores, t. XIII, col. 411-4i2. Villani dit 4 {jalères.

374 HISTOIRE DE LA M A lU iN E FRANÇAISE.

<;ran(lo que soit la détresse. On m'emportera de force, mort ou vif. " J'ris enfin, soit par un des soudoyers de Pédrop^ue, soit par Guillaume de Hollande, et entouré par une horde de soldats furieux qui voulaient le tuer, il se réfugia sur la galère de Grimaldi (I). Lui disparu, la flotte flamande fut écrasée.

Les vaincus étaient égorgés ou précipités par-dessus l)ord. Trois mille d'entre eux seulement furent admis à rançon.

Les vainqueurs débarquent des troupes, qui marchent vers les tentes des assiégeants; ils n'y trouvent que des cadavres, l'armée a levé le camp. Accueillis comme des libérateurs à Zierikzée, les Franco-Hollandais y séjournent deux jours; le troisième jour, à la nouvelle que 1,515 fugitifs de la flotte ennemie ont dressé leurs tentes aux Dunes de Zélande, ils envoient contre eux une colonne qui les défait complètement; les survivants, sous les ordres de Jean de Renesse, s'entassent dans une nef, qui coule sous leur poids.

Gomlilc de présents par Guillaume, comte de Hollande et du Hainaut (:2) ; adulé par les Hollandais, qui le vantaient de plus savoir l'affaire de la mer que les Flamands (3), l'amiral Grimaldi revint en France, où d'autres récompenses, d'autres succès l'attendaient. Laissant Pédrogue à Calais, il débarque à Boulogne (4), d'où il expédie son prisonnier (juy de Namur à Paris. Puis il amène ses troupes victorieuses, et désormais inutiles sur mer, au secours du roi de France, qui assiège Lille. Une gratification de mille livres de rente

(1) Fcnck-Brentano, Philippe le Bel, p. 332.

(2) Qui lui donna le domaine de Koudekerke en Zélande, cchanjjé le 28 décembre 1307 contre une rente de 300 1. t. [Bulletin de la commission royale d'histoire de Belgicjue, 2* série, t. IV, p. 78.)

(3) Anchiennes Chroniques de Flandre, apud Historiens de France, t. XXII, p. 393. — Annales Gandenses, apud Mon. Gerni. hist., t. XVI, p. 575.

(4) Guillaume Guurt, vers 19470.

(lUKll IIKS FLAMANDES.

encouragea ses bons et loyaux services (1). Quelques jours après, Grimaldi faisait des prodiges de valeur à la bataille de Mons-en-Puelle (2) ; les Flamands éprouvaient une seconde défaite et signaient le traité d'Atbies.

La paix qui suivit permit à l'amiral de se livrer atix charmes de la piraterie, qu'il avait jadis pratiquée avec succès (3). Il y aurait Hétri sa gloire, si (Ibarlcs de Valois n'avait fait appel à son dévouement pour l'expédition de Homanie en 1307 (i).

Le traité d'Atbies était, aux yeux des Flamands, un i\c ces pactes d'iniquité qui amorcent de nouvelles guerres. Ils avaient cédé Lille, la rage dans le cœur. Deux fois, en 1313 et 13 li, le comte de Flandre, Robert de Bétliune, essaya de reprendre sa ville; des démonstrations militaires suffirent quelque temps à l'arrêter. Mais la guerre devenait inévitable; de fréquentes incursions des Flamands dans le Tournaisis réclamaient un cbatiment. En 1315, Louis X le Hutin, qui venait de succédera son père Pbilippe le Bel, se

(1) 2 septembre. (P. Anselme, Histoire génealot/it/ue, t. VII, p. 738. — Du Gange, Glossarium mediœ latinitatis, art. Admir.J

(2) En novembre 1293, une galère armée par Renier Grimaldi et autres Niçois enlève, dans les eaux d'Agosta, le Saint-Nicolas de Messine. (Archives de Naples, Reg. Angioini 63, f"" 93 v", 94.)

(3) Enquête d'Hugues de la Celle et du prieur de Saint-Martin-dcs- Champs sur la prise de plusieurs navires de coinmeree espagnols. Aoiît-septembre 1305. (Collection P.aluze, vol. 394, P 695" V. — Les Olim, enquêtes et procès, p. 175.)

(4) En 1311, il y eut quelques pirateries sons ronsécpience entre Anglais et Français. (Rymer, t. I, 4^ p., p. 188, 197, 200.) — On continuait du reste à entretenir les galères de Rouen, u Compotus Renaudi Renier et P. Prœpositi de operibus galearum apud Rothomagum. » 1"^ mars 1304- 1" novembre 1308. (Lat. 9069, f» 971.)

37tt HISTOIRE l)K LA MARINE FRANÇAISE.

porta eiilre Lille et Cambrai. Des pluies torrentielles l'ohligèrent à rétrograder, » dolens et courouciés, moilliéz et crotés, " fuyant devant l'inondation, sans bagages et avec l'ignominieuse escorte des Flamands, qui le poursuivirent jusqu'en Artois (1).

La Hotte de l'amiral Bérenger Blanc (2) et du réfup^ié havonnais Amé de Soubist {'■)), réunie à Calais, répara par une j)romple offensive la mauvaise impression que causait léchée royal.

Elle avait ordre d'intercepter toute importation en pays ennemi (i). Les amiraux anglais Humpbroyde Littlcburyet Jean Sturmy, sous couleur de rallier notre pavillon, exerçaient une surveillance contre nous; leur coopération fut illusoire : leurs instructions, en date du 18 septeml^re (5), portaient de res})ecter durant quarante jours, délai habituel des lettres de marque, les marchands flamands qui revenaient d'Angleterre. Exaspéré de cette mollesse, Bérenger Blanc se chargea de faire la police jusque dans les eaux britanniques. Avec vingt-deux vaisseaux, il enfila la Tamise au mois d'octobre I3L5, et l'audacieux marin arrêta, sans acception de nationalités, tout ce qui avait une provenance ou une destination suspecte. Un convoi de cinq bâtiments se formait à Margate pour Anvers; deux navires, la Petite Edward de Londres et un voilier hanséatique, furent confisqués par l'amiral français ((>) . Tn grand dromon de (rênes,

(1) Historiens de Fiance, t. XX, p. 614, 698.

(2) La flotte fut armée en INorinandie par Martin îles Essars et Raoul Rousselet, évèque de Saint-Malo. (Bibl. nat., De Camps, vol. 83, fol. 92.) — Blanc était un marin narbonnais; son prénom était déjà un indice de son origine méridionale; ses héritiers sont deux Narbonnais, Bernard Baron et Jean Foulquin. Mai 1325. (Arch. nat., JJ 62, cap. 347.)

(3) Clairambault, vol. 825, fol. 31.

(4) Chronique rimée de Geffrov de Paris. [Historiens de France, t. XXII, p. 163). — Grandes clironiques de France, éd. P. Paris, t. V, p. 226.

(5) Rymer, Fœdera, t. II, 1"^^ p., p. 86.

(6) Réclamations d'Edouard II en date du 2 novembre 1315, etc. (Rymer, t. II, 1'^ p., p. 88, 159, 160; t. II, 2^ p., p. 70.)

OUKKRES FLAMAMIKS. 377

chargé de iToment, de miel el de vivres, soi-disant pour combattre la famine qui sévissait en Angleterre, éprouva le même sort non loin de Sandwich, aux Dunes (l). l'nis ce fut le tour d'une nef castillane et d'une nef portugaise (2), amenées comme les autres prises à Calais (:i). Atleiiils dans leur commerce et dans leur industrie,

Flaiiians en orent la |jerte.

Hlez, chars, vins, joiaux et avoir, Droinons, chalanz, nez — ce fu voir — Perdirent : mors et tant furent Que rontrester lor il ncl purent (4).

Ils signèrent donc une trêve (5). Mais la niorl do l'un dos contractants, Louis X, en juin hîKî, sembla pour l'autre partie la rescision pure et simple du contrat, cl ll(d)orl do Béthune pressa ses préparatifs de guerre.

Notre escadre se trouvait également prête. Réparées par des calfats d'Aigues-Mortes, les galères royales avaient rejoint à Dieppe le gros de l'escadre ; en juillet, elles entraient en campagne (6) ; 1 armée de Louis d'Evreux poussait jusqu'à Bergues (14 août).

Mais Bérenger Blanc, pas plus que Louis d'Evreux, n'engageait d'action décisive. La politique du nouveau roi de France, Philippe le Long, était la paix, flotte et armée ne devant servir qu'à peser sur l'insurrection flamande. Le

(i) La prise fut évaluée à la somme énorme de cinq mille sept cent seize livres douze sols sterling. (Rymer, t. II, 1'^' p., p. 97, 98; t. II, 2'^ p., p. 26, 27.)

(2) Archives nat., KK 1, fol. 79, 191, 309; 94 v", 338 v°.

(3) Réclamations d'Edouard II en date du 2 novembre 1315 (IW.MKn, t. II, 1" p., p. 88) et du 26 juillet 1326 (Bibliothèque de Rouen. Mss. Leber 3, fol. 88), etc.

(4) Clironicjiie de Geffroy de Paris. [Historiens de France, t. XXII, p. 163.)

(5) Valable jusqu'au 22 juillet 1316. (Archives nation., J 561 A, n» 24.)

(6) Franc. 20683, fol. 25 et 29. — Blanc rendait ses comptes, le relevé de ses vaisseaux et de la solde de ses matelots le 24 août à Rouen. (Lat. 9069, fol. 688.) — Le 29 août, Philippe V supprimait l'aide pour l'armée de la mer. {Ordonnances, t. I, p. 627. Cf. aussi Lehugeur, p. 53.)

878 IIISroiliK DE I.A \[ A li I N K FI! A N Ç A I S K.

l" septembre i;UG, il signait avec Robert de Bcthune un traité de paix ; quelques jours plus tard, des pirates flamands le récompensaient de sa modération en brûlant quatre nefs de Normandie dans la baie de Bourgneuf (l).

Circonstance aggravante, les pirates avaient pour complices des Bayonnais. Là était le danger pressenti et redouté par Philippe le Long. L'Angleterre pouvait à Timproviste créer des complications redoutables. Elle ne cachait plus son antipathie à notre égard.

Le sénéchal de Saintonge, Arnaud Cailhou, résumait la situation politique par cette apostrophe aux marins normands qu'il molestait : a Le roi de France a tant à fere aus Flamans qu'il ne vous aidera pas ; et, ce guerre comance et vos appelans, le roi angleis gannera Normandie et nos vos tuerons.» En attendant, Cailhou prenait des arrhes : il dérobait nos marchands, en renvoyait plusieurs en chemise, emprisonnait les autres et faisait « gaiterau chemin et tuer » ceux qui échappaient. Il " fîst geter M' Guillaume de Larue sus le pavement etli fist oster la langue hors de la bouche" . Un sergent du roi ne fut pas mieux reçu : » Soufreres-vos que ses Franchois vous viengent ainsi semondre ! criait-il à la populace. — Et qu'en ferons-nous? — Faites le geter en trébvicher. Adonques prindrent une table, et le mistrent (le sergent) hors la fenestre, et le firent monter sus, et le leisseront chair en la rue {'2) . » Cailhou était un affreux brigand, sans foi ni loi, détesté de ses administrés, craint de tout le monde, un accapareur qui provoquait à son profit la hausse du blé et du sel, un louche tenancier d'agence matrimoniale. Néanmoins, une enquête ordonnée par Edouard II sur la plainte de la France proclama son innocence (3).

(i) Grandes chroniques de France, éd. P. l'aris, t. V, p. 231. — Chronique de Geffhoy de Paris. {Historiens de France, t. XXII, p. 163.)

(2) Extrait des rouleaux anciennement conservés à la Tour de Londres, copie de Bréquigny dans Moreau, vol. 660, fol. 71 et suiv.

(3) Lehugeur, Histoire de Philippe le Long, p. 248.

<aJEI!l!i:S II.AM ANDKS. ;l-;i.

De cette sentence inùpie, la };iierjfe pouvait sortir. La conduite de Philippe le Long fut ce qu'elle devait être, digne, sans faiblesse ni colère. Il cita Cailhou devant ses justiciers et provoqua la grève, « le niainpoli, » des arrimeurs et gabarriers bordelais pour paralyser le gouvernement local. Puis il adressa aux pirates bayonnais une lettre comminatoire, et, appuyant ses menaces par l'effet, inaiid;i de saisir en Bretagne les navires britanniques (I) et d'apprêter une armée navale (1317) (2). Cette attitude énergique réussit à en imposer : une trêve de quarante ans intervint entre les Normands et les Bayonnais (3).

Tout le règne de Philippe le Long se passe à négocier; un projet de croisade est en l'air et en perspective vnie attaque à revers des Anglais ; l'armée ou la flotte, toujours prêtes, n'agissent jamais. C'est ainsi que, le 1:2 juin I3IS, l'amiral Bérenger Blanc venait se poster à Calais avec les galères royales et plusieurs nefs ou dromons nouvellement construits à l'arsenal de Rouen (4) ; les deux maréchaux étaient non loin, à Saint-Omer, sous le commandement en chef du comte d'Evreux, lieutenant es frontières de Flandres. Quelques marchands d'Ypres et de Bruges et un navire espagnol furent pillés en mer (5). Ce fut toute la vengeance exercée contre les Flamands, qui essayaient d'entraîner la défection des Picards et qui comptaient pour partisans les complices de Robert d'Artois. Les nefs bretonnes, armées à tout évé-

(1) Août 1317. (Rymer, t. II, l"^"- p., p. 133.) — ■ FcNCK-IÎREMANo, les Luttes sociales au xiv" siècle. Jean Colomb de Bordeaux, dans le Moyen âge (1897), extr., p. 30.

(2) Lat. 9069, fol. 636. — Lehugeur, p. 255.

(3) Gonfimiée par Edouard II le 18 janvier 1318. (Rymkr, t. II, 1" p., p. 145.) On ne put s'entendre, il est vrai, sur les indemnités à i)ayer. (Lehugeur, p. 257.) Plus tard, en février 1320 environ, trentc-cjuatre barques anglaises attaquaient et pillaient près d'Esnandcs la Sainte-Marie de Castro. [Actes du Parlement, t. II, n" 5973.)

(4) Lat. 9069, fol. 989. — Franc. 23256, fol. 17.

(5) Plaintes du comte de Flandre, août 1318. (Archives nat., J 562 B, n" 30. — Lat. 9069, fol. 987.)

;î80 HIS'lOlliK l»l'; LA M.\lil^K l'ISANCAISK.

ncmciiL (I), n'eurcal pas à enLreren ligne. Et la guerre s'assoupit (2), sans que les procureurs des Flamands se fussent même dérangés pour fixer les bases de la paix.

Par précaution, Béranjjer Blanc tint les galères royales en état de prendre la mer à chaque printemps {•V). La précaution n'était pas vaine.

(1) Juillet 1318. (^Mémoires pour servir à l'histoire de Bretagne, t. I,

(2) Le clerc des ari)alétiiers Jean le Mire établissait le 8 août le coût <le l'expédition navale. (Archives nat., KK 1, fol. 72 v".)

(3) Réparations des navires royaux, 21 niai 1321, l'àque.s 1323. (Arcliives nat., KK 1, fol. 308 v", 312 v".) — Gentian Tristan avait la garde de l'arsenal. (Glairembault, vol. 825, p. 56.) — Pour ses noinlireux services, pour s'être trouvé plusieurs fois en péril de mort, il fui gratifié des liiens confisqués siu' le sire de Fiennes dans le Boulonnais. Paris, juillet 1321 . (Archives nat., JJ 60, c. 133, 137; JJ 62, c. 402.)

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