GUERRE
La mort de Jean 111 de Bretagne, en avril 1341, ouvrit une lutte sanglante entre ses héritiers, sa nièce Jeanne de Penthièvre, mariée à Charles de Blois, et son troisième frère, Jean de Montfort. Le roi de France, répudiant la pseudo-loi salique qui l'avait porté au trône, soutint les droits de Jeanne (1), tandis que le roi d'Angleterre, tout aussi illogique, épousait la cause de Jean.
La Bretagne n'avait point de marine de guerre, bien qu'on ait soutenu que les ducs possédaient depuis 1231 le droit régalien d'amirauté (2). Ce (jue Pierre Mauclerc obtint de saint Louis se bornait au droit de bris (3) sur les vaisseaux naufragés, coutume inique qu'un de ses prédécesseurs avait pris l'initiative généreuse d'abolir (4). Surdes côtes crénelées de dentelures et bordées d'écueils, où des courants rapides déferlent avec rage, les épaves étaient une source de prolits
(1) Dont il proclama les droils en courde i'arlenient le 7 septembre l;>41.
(2) RoSENzwEiG, De l'ufjice île l'atniral de France. Vannes, 1857, in-8", p. 40.
(3) " Peceium seu naufragiuin marinum. »
(4) En 1127. (Cf. sur l'abolition du lagan : Dn Gange, Gloss. med. et iiif. latinitatis^ art. Laj|an. — Delisle, Caldloijue des actes de Philippe- Auyuste. Paris, 1856, in-8",' n" 349.)
trop importante pour que les riverains l'abandonnassent volontiers (1). Les vicomtes de Léon, dans un moment de détresse, préférèrent céder au duc de Bretagne les ports de Brest (mars 1240) (2) et de Morlaix (1275), plutôt que de renoncer à un certain roc, fertile en naufrages, qu'ils appelaient leur pierre précieuse. Les brefs de mer (8), lettres de sauvegarde délivrées aux navires marchands, donnaient aussi des revenus que les belligérants n'eurent garde de négliger pour l'entretien de leurs Hottes de guerre.
Dès que la Cour des Pairs, réunie à Gonflans le 7 septembre 1341, se fut prononcée en faveur de Charles de Blois, le roi seconda énergiqueraent son neveu. Il le fit appuyer par l'armée de son fils Jean, duc de Normandie, et par une escadre lestement armée en septembre 134L L'amiral Louis d'Espagne avait ramassé tout ce qu'il avait pu trouver en fait de croiseurs rapides : deux galères commandées par son second, Pierre Barbavera, quatre autres venues de Boulogne avec D'Oria et la division monégasque (4), en tout vingt et une galères et quelques bateaux (5) étaient aptes à couper les arrivages étrangers. L'armée cheminait le long de la Loire, par Ancenis et Châteauceaux; les Génois se distinguèrent au siège de cette dernière forteresse, sise sur une haute colline. Bien que les historiens taisent le rôle de la Hotte française durant le siège de Nantes, il est indul)itable qu elle contribua au succès final, c'est-à-dire à la capitulation de la
(1) En 1234, le comte de Bretagne affirme ses droits aux « débris dts vaisseaux aux costes de la mer » . (^Mémoires pour servir à l'histoire Je Bretaqne, éd. Doin Morice, t. I, col. 890.) — En cédant le Penthiovre à son frère Guy, Jean III spécifie qu'il se réserve le « peceiuiu seu naufia{;ium marinum >' et les " breveta marina » (^1317). (//'/</em, col. 42.)
(2) Mémoires... de Bretagne, t. I, p. 911.
(3) Brefs de Saint-Mahé , de Bordeaux et la Rochelle. {Ibidem, col. 1346, 1439, 1550.)
(4) Pièces orig., vol. 1065, doss. Espagne, pièces 2, 3, 6.
(5) Franc. 25997, pièces 330, 331, publiées par M. DEr.iSLE, Actes normands, n"" 157, 158. — Compte de François de L'Ospital. ÎNouv. acq franc. 9241, fol. 32 v» et 36 v^
464 lUSTOIRK I)K LA MAKI MO IKANÇAISE.
ville cl à la capture de Jean de Montfort (novembre) (i). La plus grande partie des galères, les divisions D'Oria et (îrinialdi retournèrent hiverner à Caen. L'amiral garda le reste.
Gomme la guerre navale a besoin d'un soutien, d'un poste détaché suftisamment fort où le croiseur puisse se réfugier, Louis d'Espagne s'assura des deux avenues de la péninsule : au nord, Guernesey, dont les troupes d'occupation furent ravitaillées (2) ; au sud, la Rochelle, où il acheta un magasin (3) pour les garnisons (4). Entre les deux grosses tours du havre qui enserrait le clos du roi (5), la flotte se trouvait en sûreté. Saint-lNIalo et le Penthièvre d'un côté, Nantes de l'autre, enlevée à Jean de Montfort, tenaient pour Charles de Blois. Il n'en était pas de même de la Basse-Bretagne, dont le promontoire s'offrait à l'ennemi.
A la fin de novembre, l'escadre des Cinq-Ports y jetait des troupes (6); en avril 1342, cent vingt hommes d'armes et mille archers de Mauny dégageaient la comtesse Jeanne de Montfort, assiégée dans Henuebont. La flotte de Mauny, avec Brest comme base d opérations, devait s'emparer des ports bretons. La même mission incombant à Louis d'Espagne, une rencontre était fatale. Elle eut lieu dans la rivière de Quimperlé. Après avoir capturé les bâtiments marchands du Croisic, enlevé d'assaut Guérande, les marins francogénois s étaient engagés dans l'Ellé. Laissant leur flotte à l'ancre, ils se dispersèrent pour butiner.
Mais voici les vaisseaux de Mauny, montés d'une foule
(1) A/cm... de Bretagne, t. I, col. 1428.
(2) Delisle, \ctes normands, n° 164.
(3) Acquisition confirmée par le roi en juin 1343. ^Archives nation., .1,1 74, fol. 290 v°.)
(4) Le niaitre des garnisons était Derniaut Du Seret, 1342. (Franc. 2.J996, fol. 189.)
(5) Franc. 23915, fol. 204.
(6) Parties de Portsmouth le 18 novembre. (Nicolas, History of tlic royal ISuvy, t. II, p. 72.)
OUERIÎK [)K LA SUCCESSION I) K B R KT ACNE. 4(i5
de chevaliers anglo-bretons, Yves de Tresiguidy, Landrcman, les deux Spinefort et trois mille archers. Les Anplais, facilement maîtres de la flotte française, en confient la garde à trois cents archers, tandis que leurs troupes de débarquement dispersent l'armée des pillards. De ses six mille hommes, l'amiral Louis d'Espagne n'en peut réunir que trois cents; après une courte résistance, il se jette dans un lin, qui gagne à force de rames la ville de Redon ([).
Cependant, l'échéance de la trêve anglo-française (2) approchait. Des pourparlers en cours pour une prorogation de l'armistice n'avaient pas encore abouti (3) .
A tout événement, Philippe VI chargea le vice-amiral Nicolas Hélie et le constructeur Guillebcrt Poolin de rassembler une flotte à Leure, Rouen, Dieppe, Abbeville (4). Les armateurs, très refroidis depuis le désastre de l'Ecluse, ne consentirent à fréter leurs nefs qu'après une prisée dûment faite au moment du départ et après le paiement de quelques arrhes. Le Saint-Eloy, le Saùit-Georges, la Jeannette de Leure, échappés au désastre, se retrouvèrent avec d'autres bâtiments du même port sous le commandement du vice-amiral Hélie (5). Hélie, ainsi que le fds de Hue Quiéret et le corsaire Charles Dyscoudère de Marant, autrement appelé Marant de son lieu d'origine (6), préposés au commandement de l'escadre (7), pointèrent sur Portsmouth,
(1) Froissart, éd. Luce, t. Il, p. 161.
(2) 24 juin. Y a-t-il aussi une corrélation entre ce désastre qui anéantissait à peu près l'escadre de Bretagne et l'armement subit d'une flotte en Normandie?
(3) Malgré l'envoi d'un plénipotentiaire anglais en France pour proroger la trêve.
(4) Les frais devaient être couverts par une imposition sur le vin et le sel. (Franc. 25997, pièce 372, publiée par M. Delisle, Actes normands, p. 288.)
(5) Fragment de cette prisée pour Leure. (Delisle, ouv. cité, p. 334, n" 188.)
(6) Marant, Pas-de-Calais, arr. Montreuil, canton de Campagne.
(7) Le 14 juin, Hélie, à Rouen, donne quittance de deux cents gorgières de fer, cent vingt écus, etc., reçus du garde du Clos. (Franc. 25997, pièce 348.)
'.(i(i IIISTOIRi: 1)K LA MARINE FRANÇAISE.
OÙ rcgnuit un mouvement insoliLe. Ils saccagèrent Southampton (I), puis mirent le cap au sud-ouest.
Le corps crarmée assemblé à Portsmouth s apprêtait à gagner la Bretagne sous les ordres du comte de Northamplon, lieutenant général du roi. Sous le nouvel étendard qui couvrait de ses plis les vaisseaux anglais, un mystique symbolisme de gens d'armes avait figuré un Saint- Georges aux armes d'Angleterre terrassant le dragon normand (2). Cet étendard qui depuis... mais alors il fut mal étrenné, ce fut le dragon qui battit Saint-Georges.
Ici, les événements s'enclievétrent de telle façon que le bon chanoine Jean le Bel renonce à raconter les bourdes et les 7nenteries des i. jongleour et enchcnlcour en place '> qui Il ont chantet et rimet les guerres de Bretaigne et corronq)ut par les chansons et rimes conlrouvécs la juste et vraie histoire (3)." Pareille réserve honore un chroniqueur, mais embarrasse l'historien, car les chroniques rimées des jongleurs sont perdues.
Informé que la comtesse de Montfort allait quitter l'Angleterre avec les troupes de relève de iNorthampton, Philippe VI manda à l'amiral d'appareiller » les nefs et les barges pour entrer en mer deux jours ou trois après les trièves faillans (4) » . Les dix-huit galères des capitaines Grimaldi et D'Oria, flanquées de huit bateaux recrutés dans l'estuaire de la Seine, partirent en avant-garde au début d'août. Elles avaient hiverné à Caen et auraient pris la mer
(1) Clironùjue des quatre premiers Valois, p. 13.
(2) Record office, Exchet/uer Q. R. Mise. Wardrol)e, 37/3, ann. 15-17, Edward III. — Il est bon de rappeler cjue les rois de France avaient parmi leurs étendards un dra{»on vert, la gueule ouverte et la queue figurée par des pans d'étoffe ; ou le portait au haut d'une lance. Une miniature du Psautier Doré de Saint-Gall en Suisse, ix° siècle, en donne une représentation.
(3) CliroHifjue de Jean Le Bel, éd. Polain, t. II, p. 11; t. 1, p. 126.
(4) Ordonnance de Philippe VI. Bois de Vincennes, 13 août 1342. (P. Anselme, Hist. généalogifjue, t. VII, p. 912.)
(;URRRE l>K LA SUCCKSSION DK H R i: T A f ; NK . 767
dès le mois de juin, si les exigences des mercenaires n'avaient retardé le départ. Grimaldi avec quatorze f^alères poursuivit sa route sur Brest (I), afin de barrer aux Anglais la route de l'Océan. D'Oria forma lavant-garde de l'escadre de l'amiral Louis d'Espagne, qui resta croiser sur les côtes septentrionales de la Bretagne. La trêve n'était pas encore expirée : on trouva comme excuse que les trêves ne couraient pas sur mer.
Peu après la mi-août, Louis d'Espagne et Antoine D'Oria louvoyaient donc dans les parages de Guernesey avec trois galères, six vaisseaux de haut bord, vingt-trois autres navires et quatre mille hommes environ, lorsque quarante-six voiles se profilèrent à l'horizon, grossirent et pointèrent droit sur eux (2). Vers trois heures de l'après-midi, commençait un duel d'artillerie entre les arcs anglais d'un côté et de l'autre les arbalètes génoises, les dards et les barres de fer qui pleuvaient du haut des hunes françaises. Quand les hommes d'armes en vinrent aux mains, la comtesse de Montfort u qui bien valoit un homme, car elle avoit cœur de lion " , repoussa l'abordage des nôtres : sur ces entrefaites « la vesprée se couvri et une noire nuée monta, qui l'air obscurchi durement». Décidés à ne point quitter la place tant que l'une des parties ne serait pas " desconfite » , les combattants jetèrent l'ancre à quelques brasses les uns des autres et s'occupèrent « de remettre en point v leurs blessés.
a Un petit devant micnuit. s'esleva ungs vens, ungs orages si très grans et une pleuve si très grosse, et ungs tonnoires et ungs esclistres si mervilleux, que il sambloit proprement que li monde devist finir. Et n'y avoit si hardi,
(i) Nouv. acq. franc. 9241, fol. 32 v°, 37, 38 v". — L'ordonnance précitée du 13 août parle de la présence de Charles de Grimaldi à Harfleur, d'où il était déjà parti.
(2) La flotte anglaise avait quitté Portsiuouth entre le 30 juillet et le 15 août 1342. (Rymer, t. II, 4^ p., p. 132, 135.)
mu HISTOIRE DE LA MARINE FRANÇAISE.
ne si preu bacheler, ne qui tant amast les armes qui ne volsist bien estre à terre, car ces barges et ces naves hurtaient les unes as autres, et sambloit que elles se deuissent ouvrir et fendre (1). " Après avis des marins, les seigneurs anglais, leur voilure réduite " ainsi qu'à demi cjuartier " , laissèrent porter vers la terre (2), en » eslongeant » la flotte française qui leur barrait la route. Ils abandonnaient quatre nefs mauvaises marcbeuses, chargées de chevaux et de " pourvéances » , qui tombèrent au pouvoir de Louis d'Kspagne.
Peut-être faut-il donner à celte bataille une date postérieure au mois d'août, car il n'est point question de défaite navale dans le rapport du comte de ]Soi'thampton et de ses collègues qui s'empressent au contraire de chanter victoire. Deux cent soixante nefs du convoi anglais, ralliées en vue de Brest le dimanche de l'octave de l'Assomption (18 août), aperçurent quatorze galères embossécs devant le château. C'était la division Grimaldi, qui secondait les opérations du comte de Blois contre la forteresse bretonne, où la duchesse s'était, paraît-il, enfermée avec ses enfants : trois de nos galères parvinrent à sortir du goulet avant d'être complètement enveloppées. Les onze autres, en particulier trois magnifiques bâtiments, s'enfoncèrent entre les rives de la Penfeld, qui, hélas ! ne put les protéger contre la poursuite des Anglais. Elles furent assaillies par de simples barques et brûlées. Les équipages s'étaient enfuis à terre et reculaient avec l'armée de terre vers Morlaix (3). Charles Grimaldi réclama aussitôt de l'artillerie et des armures, que le garde du Clos des galées eut ordre de lui envoyer par la voie de
(1) Froissart, éd. Kervyn de Lettenhove, t. IV, p. 140-142.
(2) Froissart dit qu'ils jetèrent l'ancre dans un petit port près de Vannes, c'est-à-dire bien loin du théâtre de la rencontre. Il aura confondu sans doute avec une autre affaire dont nous parlerons tout à l'heure.
(3) Adam Murimuth, Continuatio Chronicarum, p. 126-127.
terre (1). Le 30 septembre, il en accusait réception à Mor- Iaix(2), et, le même jour, il les abandonnait sur le champ de bataille : ses li2 ou 1,500 Génois, qui formaient un des corps d'armée de Charles de Blois, étaient battus par le comte de Northampton (iî).
Cependant Louis d'Espa{j;ne avait rallié l'escadre soit du vice-amiral Hélie, qui venait de saccager Bourg et Blaye (4) ; soit la flotte basque, mouillée dans le petit port du Collet, au fond de la baie de Bourgneuf (5). Ses effectifs s'élevaient subitement de trente -deux à cinquante et un navires de guerre ((>), avec lesquels il relâcha à Guérandc (7).
De son côté, Gautier de Mauny voyait arriver à Brest une Hotte commandée par Edouard III lui-même, qui avait quitté Sandwich le 5 octobre (8) . Edouard III, prenant vigoureusement l'offensive, assiégea Vannes; son avant-garde, commandée par les comtes de Northampton, de Warwick, Hugues le Despencer, marchait sur Nantes (9). Mais l'amiral
(1) Mandement de Philippe VI au liailli de Rouen, Royal Lieu-de-Iez- Conipicgne, 1^'' septembre 1342. ;^Archives de la Seine-Inférieure, layette Clos des c/alées.)
(2) Clairambault, vol. 165, p. 4951.
(3) Adam Murimuth, Continuatio Chronicarum, p. 127, 227.
(4) « Bourc et Blame. " [Chronique des quatre premiers Valois, éd. Luce, p. 13.)
(5) Blasch.\rd, Cartulairc des sires de Rays, dans les Archives historiques du Poitou, XXVIII, XXV.
(6) Froissart, t. III, p. VII, 28-29, 238-239.
(7) La Chronique normande (p. 54-55), qui ne dit rien des rencontres de Guernesey et de Brest, place l'action loin du centre de la guerre à Beauvoir-sur-Mer, en Poitou (Vendée, arr. les Sables d'OIonne). Louis d'Espagne et Antoine D'Oria, qui ont 10,000 Génois et Espagnols, laissent 4,000 hommes à la garde du port et montent sur leurs galères pour disputer la descente aux 40,000 hommes de Robert d'Artois, Salisbury, Stafford, Beaufort et Suffolk, qui veulent débarquer. La l)ataille, très chaude, tourna au détriment des Anglais, qui perdirent 3,000 hommes et le baron de » Stanfort » et se replièrent sur Vannes. — NicoL.iS {History of the royal Navy, t. II, p. 79, note a), repoussant avec raison cette version, fait remar quer que lord Stafford ne mourut qu'en 1372.
(8) Rymer, t. II, ¥ p., p. 135, 146.
(9) Lettre d'Edouard III datée du .5 décembre du camjD devant Vannes. (AvESBURT, Historia Edwardi, III, p. 342.)
no IIISTOIIÎE l)K LA MAiîIAE FRANÇAISE.
Louis d'Espagne, maître de la mer, surprit la Hotte anglaise à Tancrc, non loin de Vannes; il l'aurait enlevée tout entière, si les gardiens n'avaient donné l'alarme et fourni aux troupes du camp le temps d'accourir; l'amiral avait déjà coulé trois vaisseaux et capturé quatre autres navires chargés de provisions. Les débris de la Hotte anglaise, abandonnant le blocus, durent se replier partie sur Brest, partie sur Hennebont (1).
Cette brillante action amena, le lî) janvier 1343, la conclusion d'une trêve. Nonobstant, Olivier de Clisson incendia plusieurs galères de Grimaldi à Nantes. Arrêté aussitôt comme fauteur des Anglais, il fut décapité le 2 août à Paris. Sa veuve, Jeanne de Belleville, jure de le venger; elle vend ses terres, ses bijou.v et, avec trois vaisseaux de guerre, croise sur les cotes de France, biûlc les hameaux, coule les navires, égorge les équipages; ses deux jeunes hls combattaient à ses côtés.
Tel fut l'apprentissage du futur connétable de France, dont les Hottes, quarante ans plus tard, terrorisèrent l'Angleterre.
(1) Froissart, t. III, p. VII, 29, 239