LE DETROIT POLAIRE
Dès lors que les Etats de Hollande, parla charte octroyée à leur Compagnie des Indes, défendaient à tous autres de leurs nationaux de gagner les Moluques par le Cap ou le détroit de Magellan, la recherche d'une route qui ne fût point prohibée, offrait un intérêt de premier ordre. Avant qu'un de ses capitaines eût découvert, à la pointe de la Terre de Feu, en 1616, le canal qui porte encore son nom. Le Maire s'entourait de renseignements sur le passage nord-est. Le géographe Plancius, consulté, soutenait qu'il devait exister, de ce côté, une fissure analogue au détroit de Magellan. Le pilote d'une expédition hollandaise, que les icel)ergs avaient arrêtée trois ans auparavant à la Nouvelle-Zemble, ne disait-il pas qu'en entrant hardiment dans les mers polaires, on les eût trouvées libres à cause de la profondeur et de l'impétuosité des flots. Et Plancius confirmait l'hypothèse en observant que les rayons solaires, luisant durant cinq mois au pôle, devaient lui donner une
(1) La Haye, 24 novembre 1606 (Archives de La Haye, Acten en resoluticii mai (le Stateii gcneractl (1er Vereeniqle Nedevlanden (1606), fol. 640 v".) (2j Disait Du Plessis-Mornay dans l'Oraison funèbre de Buzanval.
280 Histoire de la mari^'ë FfeANçAisË
tenipcralure modérée : un petit feu continuel réchauffe plus qu'un [jrand feu (Ij.
Sur ces entrefaites, Henry Hudson revint de son second voyage dans les mers glaciales, où il avait poussé jusqu'au 81% à l'extrémité du Spitzberg. Par l'intermédiaire d'isaac Le Maire, nous nous étions déjà assurés de ses services, quand les directeurs de la Compagnie hollandaise l'engagèrent pour une nouvelle exploration au pôle. Un autre capitaine, Kerckoven, de La Haye, fut retenu. La patente de navigation portait comme nom d'affréteur Isaac Le Maire : personne ne savait que le voyage se faisait au nom du roi de France, qui avait donné pouvoir en blanc au capitaine, solde double à l'équipage; l'expédition, en cas de réussite, avait ordre de revenir tout droit en France sous pavillon fleurdelisé. Kerckoven appareilla le 5 mai 1G09.
En PVance, on escomptait si bien un succès qu'il s'était formé secrètement à Paris une Compagnie du Pôle Arctique^ non pour le découvrir, mais pour l'occuper. Baptisé d'avance du nom de Frère Michel Poncet de la Pointe, directeur de la Compagnie, le détroit polaire devait être occupé militairement : deux forts seraient construits sur ses rives. Aux termes des statuts (:2), aucun bâtiment ne pourrait le franchir, à peine de confiscation, sous d'autres couleurs que les nôtres et sous une autre bannière que celle de Poncet. Comme le passage nord-est eût réduit de trois ans à si.x mois, aller et retour, le voyage à l'Insulinde, nous eussions
(1) Néqociatio)is du président Jeas>'1n, dans la Collection de ineinoires publiée par Michaud et Poujoulat, %" série, t. IV, p. 302, 552, 579, 581, 608, 621, 673 : Bebger de Xivrey, Lettres missives de Henri IV, t. VU, p. 691 : vues d'isaac Le Maire sur la création d'une Compagnie française des Indes (14 mars 1608), et expédition de découverte organisée, sous son couvert, par Henri IV (janvier-mars 1609).
(2) B. N., Franc. 17329, fol. 508. — Je les ai publiés dans la Beime des f/uestions historiques du 1"'' juillet 1904, p. 181. L'allusion qui est faite à la dotation de la princesse de Conti date le mémoire de l'année 1609 (Berger de Xivrey, t. VI, p. 488).
LES ROUTES DE L'ÎNDF; ^8l
fconqùîs sans coup férir la prépondérance Comilierciale en Extrême-Orient, où le directeur de la Gompaj^nie eût exercé des droits de consulat analoj^jues à ceux de nos consuls du Levant. Car le roi donna aux propositions de Poucet sa pleine adhésion (1).
Le détroit de Poucet ne j)ut être découvert; mais l'initiative de la Compagnie du Pôle nous dota d'une industrie qui fit la fortune du Lahourd. Avisés que les baleines sébatlaient au Spitzberg » comme carpes en un vivier, » les basques Mignet de Haristiguy, Michel d'Etchcpare et Silhouette, commandant la Gràce-de-Dieu de Saint-Jean-de- Luz, les Quatre-fiis-Ajinon de La Rochelle et le Jacques de iiordeaux, y venaient chasser en 1613 : ils jetèrent l'ancre à Bell Sond, déjà appelée la baie des Français (2), ce qui suppose une expédition antérieure. Mais en dépit du silence gardé à la Cour sur les expéditions arctiques, le secret avait transpiré; et les xVnglais, inquiets de nos projets d'occupation du détroit polaire (3), avaient dépéché toute une escadre au Spllzberg, qu'ils appelaient la Terre du roi Jacques et considéraient comme leur. Pourchassés par le
(1) 11 Articles pour le Ilov poiii' l'cstahlissenient du commerce des Indes par le ?sort » (B. N., Franc. i()738, fol. t54).
(2) Supplique de Minvielle, l'un des armateurs, au cliancelier (K. iS., Franc. 17329, fol. 510). — Histoire du pays nommé SpiCsbciç/he : monstrant comment qu'il est trouvée, son naturel et ses animauls, avecques la triste racompte des maux, que nos pêcheurs, tant Basques que Flamans, ont eu à souffrir des Anglais, en l'esté passée l'an de grâce 1613. Escrit par H. G. A. [Hessel Geriutz Atnsterdamois]. En Amsterdam, à l'ensiègne du carte nautiqs, 1613, in-4". — Traduit en allemand dans J.-Th. de Bry, Eilffler Theil (1er Orientalischeii Indien. Oppenheim, 1618, in-fol., p. 38. — D'' II.4MY, les Français au Spitzherq au XVIP siècle, dans ses Etudes historiques et géographiques. Paris, 1896, in-8", p. 314. — Ch de La RoxciÈre, la France arctique ou les baleiniers basques au Spitzherq, dans la Bévue basque et béarnaise (1905). — S. Mulleu, Geschiedcnis der Noordsche compaqnie. Utrecht, 1874, in-S".
(3) Lettre de George Carew. Paris, 5 avril 1609 (W. N. S.\iNSDunY, Calendar of State papers. Colonial séries. East Initia, China and Japan. London, 1862, in-8°, n° 436).
Tiger de l'amiral Benjamin Joseph et par toute la meute de la Moscovia C% nos bâtiments furent rançonnés ou pris. Nous soutenions de notre côté que nos Basques étaient
" de toute antienneté accouslumé de fère la pesche des baleines » au Groenland ou Terre Verte du Spitzberg (Ij, à telle enseigne que toutes les compagnies étrangères s'avouaient tributaires de nos harponneurs et poussaient la flatterie jusqu'à élever des statues aux plus habiles d'entre eux (2).
La Moscovia C^ avait recours à eux comme à des gens
(i bien expers à prendre ou tirer la baleine, afin d'instruire la nation anglaise audit train (3), » dans le moment même où les Hollandais « faisaient venir de France quantité de Basques pour pescher icelles baleynes » (4). Aussi notre ambassadeur, au lieu de s'incliner devant les prétentions anglaises, maintnit énergiquement nos droits de premiers occupants : a il y va de l'honneur de la France » , disait-il; et la menace d'user de représailles, en défendant à nos harponneurs de louer leurs services aux baleiniers britanniques, suffit à ramener nos adversaires à la raison (5). En dépit de
(1) Spifaiiie à Puysieux. I^ondres, 30 sppteinlirc 1613 (R. N., Frnnc. 15987, fol. 405). — Martin Convvay, No Mans land : an history of Spilsberqen froin ils discovery in 1596 to tlie bet/inniny of tlie scientific exploration of ihe counlry. Cambridge, 1906, in-8°, p. 40.
(2) « Mémoires concernant la découverte, les établissements et la possession de l'île de Terre-Neuve et l'origine des pêcheries de baleines et de morues... par les sujets de Sa Majesté très Chrétienne habitués dans le pays de Labourd, fournis par les négociants de Saint-Jean-de-Luz et de Sibourd à M. de Planthion, syndic général du pays de Labourd, le mois de mars 1710» (Aff. étr., Espagne 203, fol. 644. — B. N., Nouv. acq. franc. 20807.)
(3) 11 Proclamation touchant l'entrée des aisles ou barbes de balènes èg domaines et royaume de Sa Majesté " Jacques I" d'x\ngleterre. 11 septembre 1614 (B. N., Franc. 15987, fol. 410).
(4) « Octroy accordé par Messieurs les Estats généraux à ceux de la Compagnie du Nord establie en Hollande et Zellande pour la pesche des balleynes « . La Haye, 25 janvier 1614 (B. N., Franc. 17329, fol. 309),
(5) Lettre de Spifame citée. — Note verbale « pour satisfaire par l'ambassadeur de France .. (B. N., Franc. 15987, fol. 400, 408).
toutes les prohibitions (1), nous gardions ainsi libre accès aux mers polaires, au fameux passage nord-est par le détroit d'Anian. a Très bonnorable et de grand proflict, l'entreprise se pourra faire, » écrivait-on, soit que l'on double par le nord le Groenland oriental, soit qu'on prenne pour base d'opération Saint-Nicolas d'Arkhangelsk et que l'on pousse vers l'Obi en terre Samogétique. Mais ce serait se heurter, là, aux Hollandais qui ont évincé du Spitzberg les baleiniers bayonnais et anglais, ici, au grand-duc moscovite qui nous interdirait l'accès de ses domaines (2).
l'afuique australe colonie française
Persuadé qu'il n'y avait de praticable, comme route des Indes, que le Cap ou le détroit de Magellan, Charles de l'ÏIospital, comte de Ghoisy, forma le projet de les expérimenter l'une et l'autre (3). Mais les termes ambigus dans
(1) Prohibition du roi de Danemark en date du 9 février 1014 (I^e P. FouRKiER, Hydroqrapliie, S^édit., p. 336).
(2) « Mémoire touchant la navigation pour la conjonction des mers et eaux » , non signé, non daté et adressé à « Monseigneur h , quelque secrétaire d'État (B. N., Franc. 17329, fol. 514). Il fait allusion à notre éviction récente du Maranhào (1616) et à la découverte faite « naguèi-es » du détroit de Le Maire (1616).
(3) I/Cttres du marquis de Coetquen au roi, 20 janvier 1607, • — • du roi Henri IV au marquis, 4 février, — de l'amiral Charles de Montmorency aux Malouins, Paris, 5 février, — du comte de Choisy aux Malouins, Paris, 14 février. — Congé de l'amiral pour les cinq navires du comte de Choisy, 23 février (Archives de Saint-Malo, EE 133 : publiés par M. E. GuÉ.^iN, la Route de l'Inde. Paris, 1903, gr. in-8»).
Lettre de Henri IV au roi d'Angleterre pour lui recommander le comte de l'Hospital, c'est-à-dire Choisy (Berger de Xivhey, Lettres missives de Henri IV, t. VII, p. 465). — Édit de Henri IV accordant à Charles, comte de l'Hospital, la propriété des terres à coloniser au cap de Bonne-Espérance, 1608 (Bibl. de l'Institut, Poitefeuille Godefroy 08. — B. IN., Franc. 4020, fol. 390; Dupuy 89, fol. 274).
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lesquels il parlait de son u voyage de longue route a j failli* rent tout compromettre, en excitant partout la méfiance.
Les Anglais refusaient de livrer les vaisseaux qu'il leur avait achetés. Les Malouins, chez qui il acheva ses armements, craignaient de subir le ressentiment des étrangers, si l'expcduion venait à porter oml)rage. Bref, le roi en personne dut intervenir près du gouvernement anglais et de la communauté malouine. Par un Ijiais fort hal)ile, il ne fut aucunement question, comme lieu d'armement, de Saint- JVIalo, mais de la rivière de Dinan, dans le congé que l'amiral de Montmorency accorda, le 23 février IG07, aux vaisseaux lAnge, l Archange, l' Affection, lEspril et le Choisy.
S'il faut prendre à la lettre les termes du congé, le comte de Choisy, vice-amiral de l'escadre, son frère et lieutenant,, Achilles, baron de Cordoux, et son sous-lieutenant, le capitaine de la Motte, ne projetaient rien moins qu'un voyage de circumnavigation autour du monde, avec l'itinéraire suivant : cap Rlanc, cap Vert, Sierra-Leone, château de lai Mine, Guinée, Manicongo et autres terres en tirant vers le cap de Bonne-Espérance, détroit de La Mecque, golfe Persique, Moluques et Indes orientales; retour par le rio de la Plata, Cuba, Saint-Domingue, le Mexique, la Floride et la fameuse terre de INorembègue qui précède le Canada.
En fait, L'Hospital projetait de conquérir les vastes territoires qui avoisinent le cap de Bonne-Espérance; ei Henri IV, convaincu des avantages de la position, lui donnait d'avance en toute propriété les pays compris entre la rivière Sainte-Hélène, à 10° ;;u nord du Cap, et la rivière du Saint-Esprit, à 25" à l'est, avec faculté d'y ériger comté, marquisat ou duché, voire un royaume feudataire de la France. C'est ainsi que le Cap, avant aucune prise de possession effective des étrangers, fut décrété colonie française. Le drapeau de la France planté sur l'Afrique australe, une
solide base d'opérations constituée, Charles de L'Hospital continuerait sa route vers les Indes orientales.
L'affaire se corsa de façon imprévue.
Lors de l'insurrection du 11 mars 1590, à Saint-Malo, une famille avait nettement refusé de prendre part au complot des Frotet, des Pépin et des Porée : c'était celle du sous-lieutenant des frères de l'Hospital, la famille Artur de la Motte. Emprisonnée, exilée à Granville, elle s'était vengée des rançons qu'on avait exigées d'elle, en courant sus durant la Ligue aux navires malouins. Bientôt distingué du roi tant pour sa fidélité que pour la création d'une ligne de navigation Granville-Copenhague-Dantzig, à laquelle il affectait dès avril 1594 deux vaisseaux, le lioyal- Malouin et le CerJ-Volant^ Etienne Artur de la Motte avait été promu, le II septembre 1597, capitaine de la marine rovale (1). 11 avait navigué aux côtes d'Afrique, ramenant de Guinée tel nègre qu'il faisait baptiser en février 1597 dans la cathédrale de Saint-Malo (2). Capable de conduire l'expédition du cap de L)onnc-Esj)érance, il l'était donc certaniement : mais il n'avait pas désarmé la rancune de ses compatriotes, les Frotet et les Pépin, qui le voyaient avec peine grossir sans cesse le nombre de ses vaisseaux (;i).
Son impopularité, semble-t-il, entraîna l'échec des projets des frères de L'Hospital. L'un de leurs vaisseaux, lEspint^ figure le 25 février IG09 dans un congé de navigation délivré à Daniel de La Touche, sieur de La Ravardière, dont l'itinéraire, semblable à celui des deux frères jusqu'au cap de Bonne-Espérance, bifurquait ensuite vers la Plata, les Amazones et la Guyane, voire les Antilles et la Floride (4).
(1) Dom MonicE, Mémoires pour servir île preuves à l'hisloirc de Bretagne, t. III, col. 1580, 1589, I0V7.
(2) (iuKMN, la Roule de l'Iudc. Paris, 1903, in-8", p. 234.
(3) Il en posséda jusqu'à onze (R. N., Fiani;. 22344, fol. 128).
(4) GuÉNiN, la Roule de l'Inde.
En juillet, La Ravardière quittait la Houle de Gancale avec lEsprit et, démasquant ses projets, se rendait directement dans son « royaume de Guyane et d'Amérique péruvienne (l) . »
Mais d'autres vaisseaux français s'apprêtaient pour l'Afrique australe. Il avait suffi, pour jeter l'alarme parmi les associés de la Compagnie des Indes, que l'armement des frères de L'Hospital eût lieu chez les Malouins. Décidés à prendre l'avance, ils eurent l'adresse de se procurer le concours de Balthazar de Moucheron. A l'insu de l'amiral Charles de Montmorency, qui protégeait l'entreprise de ses parents, Moucheron obtenait, le 6 mai 1609, l'autorisation d'équiper une expédition pour le cap Negro en Afrique (:2), au nord de la baie de Sainte-Hélène, limite fixée à la future colonie. Moucheron se disait l'associé du sieur de Sancy, c'est-à-dire du colonel général des Suisses, Nicolas de Harlay de Sancy.
Toute la diplomatie du colonel général ne fut pas de trop pour fléchir la colère de l'amiral, furieux d'avoir été joué par un Moucheron. Bien décidé à ne pas délivrer de congé à des compères assez osés pour demander au roi une permission qui relevait de lui, l'amiral, par deux dépêches au chancelier, avait protesté contre la violation flagrante de ses droits. Il céda cependant à la suite d'une démarche de son frère, et, le 30 juin 1609, il remettait à Achille de Harlay (3) un congé de navigation pour deux vaisseaux armés à Dieppe et placés sous le commandement de La Chesnaye. Or, les États généraux de Hollande, avisés des
(1) Biitish Muséum, Sloane manusciipl 173. fol 2 : copie aux Archives du ministère de la marine, G 193.
(2) Le P. FoDRNiEB, Hydrographie, 2'' édit., p. 255.
(3) B. N., Franc. 4754, fol. 46. — Moucheron ;mrait prêté son concours aux Dieppois pour organiser, sous le commandement du capitaine Sanchy, une expédition aux Indes orientales (DesmabqijET.s, Mémoires clironologifjiies pour servir à l'histoire de Dieppe, t. I, p. 319.)
projets de Moucheron, Le Maire et G''' sur le Cap de Bonne- Espérance, avaient préparé une « contremine " (1).
Jusqu'au Cap, La Chesnaye fit un heureux voyage. Mais là, les Hollandais de ses équipages, sous le prétexte d'avoir été maltraités par Moucheron au départ de Dieppe, se mutinèrent; et les matelots dieppois restés dans la barque, avant d'avoir eu le temps de se mettre en défense, furent massacrés par eux. Il n'en fut pas de même à terre, où les Français se battirent avec acharnement; par trois fois, le combat recommença : quand il finit faute de combattants, sur le champ de bataille, il ne restait que deux Français, Boissel de Berneval et un marin dieppois, derniers témoins de ce drame tragique,... si l'on acceptait comme authentique une légende dieppoise.
Mais pour un homme mort, La Chesnaye se portait encore assez bien trois ans après : on l'accusait d'indélicatesse (2). Et si r Achille, — vraisembablementl'un des navires d'Achille de Harlay, — se rendit en 1610 au Gap de Bonne-Espérance, nos matelots en revinrent, sans reprocher autre chose à leurs maître et contre-maître hollandais (3) qu'une prédilection fâcheuse pour le vin d'Espagne.
L'édit qui déclarait l'Afrique australe colonie française n'avait point reçu d'exécution. Mais désormais, un courant était établi : tour à tour, la Griffe de Lion, l Ambition, armés à Brest, prirent la route du Cap (i) ; et la Compagnie Leseigneur de Rouen, de concert avec l'armateur dieppois
(Ij François d'Aeisens aux États. Paris, 25 décembre 1609 (La Hâve, Archives du royaume, extrait dans J.-H. de Stoppel.\.\r, Balthasar de Moucheron, p. 23 des notes).
(2) 3 octobre 1613 (Ch. et P. Bréabd, Documents relatifs à la marine normande, p. 209).
(3) René Claescn et Jacques Peter. Déposition de l'équipage, Honfleur, 17 août 1611 (Brkard, p. 32).
(V) Congés donnés à Haughtv, capitaine de la Griffe de Lion (8 février 1611), Henri de Monmenge, capitaine de V Ambition (13 février 1613) et autres (.\rch. nat., Z'''5, fol. 190).
Abraham Duquesne et le capitaine de Pontpierre (1), poussa jusque-là les importantes opérations commerciales qu'elle avait en Afrique.