‹ Histoire de la marine française (volume 3)Chapitre 86 sur 106 · CANADA · texte numérisé non relu

CANADA

Aux termes des statuts arrêtés les 29 avril et 7 mai 1627 (1), les Cent Associés, actionnaires chacun « pour une teste sans aucune solidité » , avaient confié l'administration de la Compafjnie de la Nouvelle-France à douze directeurs, l'arisiens pour moitié. Pour tous jetons de présence, les directeurs, que présidait l'intendant Jean de Lauzon, n'avaient droit qu'à « une livre de bougie blanche » . La redevance à l'État, non moins économique, se bornait au paiement d'une couronne d'or à chaque avènement, alors que l'Étçit faisait à la colonie cadeau de deux vaisseaux de guerre. Mais la lourde charge assumée par les associés, en retour de leur monopole, était de transporter en quinze ans quatre mille colons des deux sexes, tous de religion catholique, de les défrayer durant trois ans, puis de leur assigner un lot de terres arables (2). Et la malignité publique trouvait spirituel de proposer comme colons des gueux, des filles affamées de mari, des débiteurs insolvables qui pensaient refaire fortune en épousant quelque reine des

(1) Cf. le chapitre Le Grand maître de la navigation, in fine (p. 504).

(2) Edits, ordonnances royaux, déclarations et arrêts du Conseil d'Etat du roi concernant le Canada, d'après les pièces originales déposées aux archives provinciales. Québec, 1854, in-S", p. 5, 11.

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Hurons, la célèbre courtisane Le Noble, Scarron, l'auteur du Roman comique, des rêveurs et des ratés (1).

Ce n'était pas tout. Inconsciente du danger que les hostilités avec l'Angleterre faisaient courir à notre embryon de colonie canadienne, la Compagnie avait le malheur de s'attarder à des chicanes de procédure.

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