IV
de décision allait sauver notre colonie de Saint-Christophe. En quel état les Espagnols l'avaient-ils laissée? C'est ce qu'il fallait connaître. Giron débarqua donc Belain d'Esnambuc dans l'Anse aux Papillons, où l'on fut stupéfait de voir encore des Anglais. En dehors des six cents prisonniers britanniques évacués sur l'Europe par l'amiral espagnol (1), il était resté des colons dans les bois : et ces compagnons d'infortune refusaient de nous rendre notre territoire qu'ils avaient envahi. Giron enleva deux de leurs vaisseaux à l'abordage, jurant que, si le troisième tirait un coup de canon, il le coulerait à fond. Ah ! le bon moyen de se faire entendre! Trois cent cinquante des nôtres purent ainsi regagner leurs demeures. Un convoi de ravitaillement, puis deux bâtiments de guerre leur furent dépéchés de PVance (2) ; et l'assurance que leurpétun entrerait seul en franchise dans le royaume (3) , acheva d'attacher au sol une partie des colons .