PERTE DFS PRÉSIDES DE TOSCANE
Un mois après le combat de Cabrera, nos présides de Toscane étaient investis. Don Juan d'Autriche et le comte d'Onale, vice-roi de Naples, lançaient le 25 mai 1G50 les troupes du comte de Conversano contre Piombino, que l'amiral général Manuel de Banuelos bloquait d'autre part. Le 19 juin, la place capitulait. Porto-Longone, défendu par les quinze cents hommes du maréchal de camp de Noaillac, résista plus longtemps [i].
Une sorte de fanal qui s'allumait chaque nuit dans la place était le signal convenu avec le chevalier Paul pour marquer l'endroit où il devrait aborder.
combat naval entre le capitaine Pol et les cinq vaisseau.x ri'Espagne >> (Gazette de France (i650), p. 605, 651). D'Alméras, capitaine du Draqon, enlevait en même temps, près de là, un transport espagnol.
(l) Mme DE MoTTEViLLE, Mevtoires, éd. Riaux, t. III, p. 432. ■ (2) « Relacion de lo sucedido en los empresas de Pomblin y Longo hasta cl dia 2:2 del présente mes (\'i junio de 1650 " , dans la Colecciôn de dpcurnentos inediios para la hùtoria de Espana, t. XIII, p. 414. — Avis de Florence, '^'-i juin : Gazette de France, 1650.
La fin héroïque du lieutenant Des Lauriers.
Paul, retenu par une autre mission, avait chargé le lieutenant de la capitane de Monaco de forcer le blocus (l). Le brave Des Lauriers paraîtrait au crépuscule sous pavillon génois, saluerait Don Juan d'Autriche et mouillerait : la nuit venue, toute méfiance endormie, par mer calme, » quand les vaisseaux semblent des écueils de bronze, •' il se jetterait dans Porto-Longone (2) avec cinq cent dix hommes, dont deux cents soldats intrépides et cent forçats auxquels on avait promis la liberté.
Le statagème fut éventé. Avisé de notre approche par une barque coraline de Bonifacio, Don Juan d'Autriche détacha à l'île Pianosa deux galères de Gianettino Doria, (|ui interceptèrent une vedette montée par un neveu de Noaillac et un enseigne du régiment de la Reine. La capitane de Monaco démasquée se réfugia en Corse sous les canons de la place génoise de Bastia où Gianettino Doria la cerna. Quatre galères aux ordres du marquis de Bayona vinrent le joindre (3). Lutter un contre six était impossible. Des Lauriers avait juré « de périr ou d'entrer dans la
(1) Le chevalier Paul à Mazarin. Toulon, 12 juillet fH. OuDO, p. 235). — r)'Infreville à Brienne. Toulon, il juillet (Archives Nat., Marine B^^, fol. 538).
(2) On considérait l'opération coaime faite et réussie dans un opuscule contemporain (Relation de tout ce qui s'est... passé en la ville de Bourdeaux..., avec les nouvelles apportées à leurs Majestés du 12 août 1650, du secours arrivé a Porto-Longone. In-V, p. 7).
(3) Don Juan d'Autriche au marquis d'Aitona. Du camp de Porto-Longone, 31 juillet (Coleccién de docuvientos ineditos para la histot-ia de Espana, t. XIII, p. 421). — Antonio Collur.^fi, // racquisto di Porto Lonqone e di Piombino fatto dall'nrine catoliche de Filippo IV... Palermo, 1651, in-4.», p. 121, 135, 148. — Gazette de France, 1650, p. 1035, 1048, 1132, 1168. — Gerolaïuo di INÎEGno, // soldalo francese ricondotto in Provenza. Finale, 1650, in-8'', p. 185, 196, 210.
place. " Il tint parole. Coulant lui-même sa galère (1), il se fit sauter la cervelle (2). Trois jours plus tard, le 31 juillet 1650, Porto-Longone capitulait (3).