LES ARSENAUX DE VAUBAN
(i II n'y avait en ce temps-là — avant Colbert — aucun arsenal, mais seulement quelques petits magasins dispersés d'un costé et d'un autre et mal fermés, avec des ateliers qui ne l'estoient point du tout, en sorte que les particuliers y allaient prendre furtivement ce qui leur convenoit pour les arméniens des vaisseaux corsaires. M. Colbert, pour remédier à cet inconvénient, fit rassembler dans un mesme lieu tous ces différents magasins par une enceinte de murailles, qui fut appelée parc. Il n'y avolt qu'une seule porte, gardée par des Suisses (2), et ces Suisses retenoient ceux qui emportolent quelque chose. Ce premier ordre establl, il fit le projet de bastir des arsenaux plus grands et plus commodes, dignes de la magnificence du Roy (3), " et régis par une police rigoureuse (4) .
Ainsi parlait l'intendant d'Usson de Bonrepaus. Et l'ingénieur de Clerville ne le démentait pas. " Une petite fortification mal conçue et si mal conduicte que le peu qui en a esté esbauché est, pour la plus grande partie, déjà ruynée, » un vieux magasin aux armes de François l",
(1) 1682 (FErARDENT, Jetons et méreaux, t. I, p. 106, n" 1406).
(2) « Juste corps et haut de chausses des Suisses gardes de l'arsenal » de Toulon. 1670 (Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 3 (84), t. II).
(3) Archives Nat., K. 1350 : cf. D. Neuville, État sommaire des aî'chives de la marine, p. xxiii.
(4) Mémoire sur le règlement à faire pour la police générale des arsenaux. Octobre 1670 (Lettres de Colbeht, t. III, p. 282).
une corderie, une maison à Recouvrance, une petite hue, trois hangars, « le tout caduc : " voilà, à la date du 14 janvier 1GG7, tout l'arsenal de Brest (1), « une gueuserie! (2) " — Dix ans plus tard, quelle métamorphose! Et à voir la magnifique perspective qui en fut alors dressée, quel éhlouissement! Des chantiers de constructions pour six vaisseaux de ligne, trente magasins pour autant de vaisseaux, des quais longs de mille toises, des magasins à triple étage pour les vivres, les cordages, les ustensiles, les affûts et les munitions, des hangars pour les chaloupes, les futailles et les voiles, des boutiques pour tous les corps de métiers, des forges, des étuves, une prison, une chapelle, un aqueduc avec des réservoirs, un jardin pour les officiers, un hôtel pour leur chef, un pavillon pour l'école des canonniers, réalisent les derniers progrès de l'art naval (3). Conçu d'après les plans des arsenaux anglais et hollandais, que manque-t-il encore à celui de Brest pour être complet? Une poudrière, un mur d'enceinte et des batteries » à fleur d'eau et en façon d'amphithéâtre " pour interdire l'accès du Goulet. La mise au point de la défense sera l'œuvre du grand maître en l'art des fortifications.
(1) Mémoire du chevalier de Clerville, et " plan géométriquement dessiné de la ville et château de Brest, " par le chevalier de Clerville (B. N., •Géographie D. 5227).
(2) Déclarait le duc de Beaufort, qui proposait de transférer le port de guerre à Landévennec et » d'y faire de grands et beaux magasins et même une ville, « Beaufort à Colbert. 10 octobre 1666 (A. Jal, Abraham Du Quesne, t. I, p. 454).
{''\) « Mémoire sur le plan du port de Brest du 24 août 1676 envoyé par M. de Seuil, relatif au grand plan de 6 pieds et à celui réduit par le s. Ci.ÉMENj !i (Bibliothèque du port de Brest, ms. 163). Le « grand plan de 6 pieds, 11 ou « Plan du port et de l'arsenal de Brest » avec " papillons volants raporté» sur la carte marquant ce qui est encore à bâtir pour parachever l'arsenal n en 1676, est aux Archives du Service hydrographique 47, 4. 4, — JiKRTiGsos, maître de dessin des gardes de la marine, « Veue de la ville et château de Brest avec une partie du port et de la rade. » 1692 (Bibl. Nat., Estampes, topographie de la France, Finislère).
Loin de se contenter des deux batteries établies par Du Quesne à l'entrée du port, Vauban pousse des ouvrages avancés jusque dans le Goulet et dans son » vestibule, » à Camaret, de façon à rendre " la rade mieux assurée que le port mesme : » Tutela Classium Oceani, lit-on au-dessous d'une vue de Brest gravée sur une médaille du temps.
Il ne manque à l'œuvre de Yauban qu' « une pièce enchantée, très belle à voir, mais horrible à approcher, » un sombre donjon à deux étages, et quel donjon! u Pour porte cochère une embrasure, pour escalier une échelle de corde, pour basse-cour la mer et les courants. » N'ayant « pas un Miserere d'intervalle entre le tlux et le jusant, » le grand ingénieur ne parvient pas, malgré ses efforts, à construire sur l'écueil de la Roche-Mengam, le fort rêvé, dont les feux prendraient en écharpe tout navire ennemi qui se risquerait dans le Goulet (1).
Avec l'autorité suprême que lui donne depuis 1678 le titre de commissaire général des fortifications, Vauban ne cesse de parcourir notre front de terre et de mer pour en parfaire les défenses et doter la France d'une ceinture de forts. Il inspecte Antibes, Toulon, Marseille et Port- Vendres en 1679, Blaye, Bordeaux et Bayonne l'an d'après, puis Ré, la Rochelle, Brouage, Rochefort et Oléron, et enfin les ports de la Manche. Plus d'une fois, sa clairvoyance nous eût évité des mécomptes si l'on avait suivi ses conseils, si » la jalousie d'un ministre » n'avait pas entravé les fortifications de Port-Vendres (2j, si des ouvrages tracés par lui à Saint-Malo et Dieppe, n'avaient pas été ensuite rasés à la veille des terribles bombardements des Anglais.
(i) P. Levot, Histoire de la ville et du port de Brest. Brest-Paris, 1865, in-8°, t. II, p. 17.
(S^l Abrégé des services du maréchal de Vaub.vn /«/f par lui en 1703 publié par M. Angoyat. Paris, 18.39, in-S".
Et la France n'aurait pas eu à déplorer les désastreux
lendemains de la victoire de la Hougue, le Soleil-Royal
n'eût pas sombré en flammes devant l'inhospitalière
n Auberge de la Manche, " si on avait écouté Vauban. Il
proposait de transformer en port de guerre une ville
li ruinée de vieillesse, » — mais dont les murs d'enceinte,
« brélessés et machicoulisscs, étaient assez bien sur leurs
pieds, » — en la couvrant de deux ouvrages avancés, l un
sur un rocher, l'autre à la tête dune jetée. Vous avez
reconnu Cherbourg. Un vaste bassin à flot eût contenu
au liesoiM une (juarantaine de frégates postées » là
mieux qu'en aucun lieu du rovaume » pour faire la
course il .
La première idée de créer à Cherbourg » un bassin ouvert, un moule et un havre tout ensemble pour mettre mille naAirescn repos," remontait à l'année 1605. Un sieur Baudouvn offrait de fermer le port par une " chausseve à pierre perdue de deux cent cinquante toises de long, de quarante-huit pieds de haut et de soixante-quatre de large i'I). » Mais l'intendant Colbert de Terron avait cru trouver mieux à quatre lieues de là et proposait de créer dans la fosse d'Omonville " un port flottant pour servir de retraite à vingt-cinq grandes frégates (3). " Le projet n'eut pas de suite.
Avec une commission d'ingénieurs et d'architectes, avec Renier, Jansse, Blondel et Chastillon, l'intendant était en quête d'un emplacement pour un nouveau port de
(1) Joachim Menant, Mémoire du maréchal de Vaubas sur les fortifications de Cherbourq (1686j. Paris, 1851, in-8°. — " Le grand dessein d'en Faire un port pour les vaisseaux du Rov " émanait à la vérité de l'ingénieur ic Sainte-Colombe et datait de 1678 Archives du Service hydrographique, [Carton 16, pièce 4).
(2) « Description d'un havre à Cherbourg au lieu dit le Galle, n (Bibiiohèque du Service hvdrographique, ins. 271, fol. 107).
(3) Colbert de Terron à Colbert. 1" décembre 1664 (A. Jai,, Abraham Vu (^uesne. t. 1, p. o29).
guerre (1), meilleur que la rade du Havre. Condamné comme inutile à l'Etat, le chef-lieu de notre marine militaire sur la Manche fut sauvé par Du Quesne. La cause première de son dépérissement était u un accident à la platte forme sur quoy roulaient les portes » du hassin construit en 1()35 : on y remédia (2 ; l'hôpital fut transféré à Ingouville; et son local, tout proche du bassin du roi, devint un magasin flanqué de corderies et de forges. Revivifié en ICGG par l'afflux des eaux du canal de Harfleur, et couvert par les batteries installées sur les musoirs de la jetée (3), Le Havre resta un port militaire de second ordre pour navires légers, de ces navires qui pouvaient il échouer sans risques dans toutes les retraites disposées dans la Manche f4). » Le Havre gardait ainsi son rôle stratégique au centre de notre front de mer sur la Manche.
Estimant " avantageux au service du Rov " d'avoir aussi une base navale sur la mer du Nord et u par conséquent d'augmenter considérablement sa puissance maritime, » Golbert en avait demandé les plans à Vauban. Dunkerque n'était alors en 1(375 qu'un port de câpres, où ces corsaires, à l'abri des bancs, défiaient la poursuite des vaisseaux de
(i) On arrêt du Conseil d'État, en date du 24 janvier 1665, avait prescrit la visite, » par personnes intelligentes, des havres, rades, embouchures des ports et rivières » (Bibl. du service hydrographique, ms. 271, fol. 1).
(2) « Mémoire de ce qu'il conviendrait faire au Havre de grâce pour entrer dans le port de toutes marées : » " baisser la platteforme du pont à chaisne, construire les portes roullantes, faire un bassin au Hoc, à une lieue de Hartleur, « d'après la grande enquête de 1665 (Ibidem, fol. 63).
(3) Abraham Du Quesse, Mémoire du Havre de Grâce, de celuy de Fécamp et de Honfleur (1665), dans le Bulletin de la Société normande de Géoc/raphie (1890J, p. 218. — Correspondance de Colbert et de Seignelay avec Brodart, commissaire de la marine au Havre, 1673-1674 (Bibliothèque du ministère de la marine, ms. 340 (G. 185).
(4) Instructions de Colbert à Du Quesne, février 1668, etc. (Alphonse Martin, la Marine militaire au Havre (XVI' et XVII' siècles). Fécamp, 1899, in-8°, p. 90). — BonÉLY, Histoire de la ville du Havre, t. III, p. 26. • — A. Do.NEACD, la Marine française et ses aisenau.w Paris, 1870, in-8°, p. 37 : extrait de la Revue maritime et coloniale.
ligne. Yauban parle d'ouvrir un chenal à travers les sables et de » bonifier le port » à l'aide des jetées; tout crédit lui est ouvert; le concours de » tous les peuples des chastelleries voisines " lui est acquis. Et en quelques années, Dunkerque se transforme : à l'entrée du chenal, les feux croisés du fort Vert et du fort de Bonne-Espérance empêchent l'ennemi d'attenter à son " repos; » à un autre ennemi, à l'ensablement, fait face un jeu d'écluses répondant aux canaux de Bergues et de la Moére. Trente vaisseaux de ligne ont, pour se tenir à flot, un vaste bassin creusé entre la ville et la citadelle; pour s'équiper, tous les services normaux d'un arsenal, et pour soigner leurs éclopés, l'hôpital maritime des Bons fieux de Saint-François il). L'œuvre admirable de Vauban réunira tous les suffrages, depuis ceux de Louis XIV et de vSeignelay jusqu aux éloges d'un Prussien, Spanheim, qui la citera en 1G90 comme le modèle des ports de guerre (2).
Et Barin de La Galissonnière propose de généraliser à tous nos ports une création qui fait merveille à Dieppe : le sémaphore. Un a balisier " désigné par les capitaines et pilotes les plus expérimentés hisse « au hault d'un mas un pavillon blanc quarré pour signal qu il est flot, " ou par <i temps brun •: allume des feux (3).
(J) « Mémoire des préparatifs nécessaires pour le rétablissement du port de Dunkerque. » 1677 (Archives Nat., Marine B'24, fol. 111). — Colbert à Vauban, 9 mars 1675, 10 mai 1678, etc. (Archives du Dépôt des fortifications : Emile Mancpx, l'Arsenal de la marine et les chefs niaritirties à Dunkerque, 1662-1899. Dunkerque, 1901, in-8», p. 46, 56). — Beli- DOR, Architecture hydraulique. Paris, 1739, in-4°, Part. II, t. II, p. 81. — Faulcon^'ier, Description historique de Dunkerque. Bruges, 1730, 2 tomes en 1 vol. in-fol.
(2) E. Spasheim, Relation de la Cour de la France en 1690, publiée pour la Société de l'Histoire de France par M. Ch. Schefer. Paris, 1882, in-8°, p. 301.
(3) « Advis de M. de La Galissonnière. Mai 1670 » (« Conférence des Ordonnances et loix dé la marine : " ms. de peu postérieur, chez M. Gougy, liljraire à Paris] .
Pour corriger un vice de la natvire qui Tempêchait d'être «puissant sur la mer Océane (1), '^ le Roi cherchait où « eslablir un arsenal de marine digne de la majesté de son règne et de la grandeur de ses armées navales. " Cité poitrinaire au milieu des marais, Brouage agonisait comme jadis l'Aigues-Mortes de saint Louis. Et du grand port de puerre de Richelieu, il n'allait bientôt plus subsister qu'un simple village dont les rues presque désertes, dans une enceinte forlitiée et ombragée d'ormes séculaires, ont le charme mélancolique des villes mortes du golfe du Lion. Nos escadres le désertèrent pour la Seudre, puis, — la Seudre étant semée de saisies mouvants, — pour la Charente, où se rendit la commission chargée de déterminer l'emplacement du nouveau port.
Le choix des commissaires s'arrêta sur un vieux châteaufort entouré de marais, à quinze kilomètres de l'embouchure du fleuve. Soubise et Tonnay-Charente, où nos vaisseaux de guerre avaient hiverné, eussent peut-être mieux convenu; mais l'une appartenait aux Rohan, l'autre aux Mortemart, de grands seigneurs qui refusaient de s'en dessaisir, au lieu que ^L de Cheusses, petit-fils d'un valet de chambre de Henri lY (2), était trop petit personnage pour disputer Rochefort au roi. Il s'y essaya pourtant, de même que jadis le propriétaire de l'île d'Indret avait cru pouvoir résister à Richelieu : « Colbert du Terron ayant voulu acheter Rochefort, et le seigneur s'étant opiniâtre à ne le point vouloir vendre, de dépit y voulut être plus maitre que lui. 11 persuada à la Cour que c'était le lieu du monde le plus propre pour en faire un excellent port et le plus propre aux constructions de navires. On le crut, on y dépensa des millions. Mais quand tout fut fait, il se trouva une telle dis-
(1) Journal d'Olivier LefÈvre d'Obmkssox, t. II, p. 474.
(2) Lettre de Colbert de Tenon. 6 mai 1666 (A. J.al, Ahraham Du Quesne, t. I, p. 372 note).
tance de ce lieu à la mer, un coude entre autres si fâcheux et la Charente si basse que les fort ^;ros vaisseaux ne pouvaient y aller, et les autres qu'avec deux vents différents. Il n'eût pas été difficile de voir ce défaut qui sautoit aux yeux, avant de s'engager en une telle dépense. Le sort des choses publiques est presque toujours d'être gouverné par des intérêts particuliers (1). "
Et cette mauvaise langue de Saint-Simon n'avait pas tout à fait tort. L'homme-protée qui édifia l'arsenal de Rochefort, une des n personnes intelligentes " de la Commission, était capitaine des galères, aide de camp dans les armées déterre, mathématicien, bombardier, ingénieur (2). Un peu de circonspection eût mieux valu pour François Blondel que beaucoup de titres. Car, dans la prairie où il jeta les fondations du nouveau port, il ne rencontra que de la glaise et se vit contraint, pour les asseoir, de noyer dans l'argile des grilles en charpente (3). D'où une grande dépense, « une grande folie, » diront les ennemis de Colbert (4).
Colbert releva le défi en chargeant François Le Vau, frère du constructeur du magnifique château de Vaux-le- Vicomteet du futur palais de l'Institut, de parfaire l'œuvre de François Blondel : " Travaillez, disait-il, à perfectionner le plan que vous avez fait, en sorte qu'il soit conforme à la grandeur, à la magnificence que je me suis proposé. Il pourra servir pour tous nos autres arsenaux (5). " Avec cette restriction que Rochefort ne fut point transformée en place forte, comme le voulait Clerville : on se contenta
(1) Mémoires de Saint-Simon, éd. de Boislisie, t. XIII, p. 28. — Le P. TiiÉODOKE DE Blois, Histoire de Rochefort. 1733, 111-4°, p. 38.
(2) Arctiives de l'Aisne, B. 18.
(3) François Blondel, Cours d'architecture. Paris, 1675-11)83, p. 656. (i) Olivier d'Ormesso^, Journal, t. II, p. 6J2.
(5) Colbert à François Le Vau. 21 août 1671 (B. N., Nouv. acq. franc. 4972, fol. 30).
d'une modeste enceinte avec quelques ilanquements suffisants pour déjouer un coup de main (l).
Dans la Méditerranée comme dans l'Océan, une Commission oùfigui-ait, avec Glerville et Régnier Jansse, » le sieur Cézar d'Arcous, personnage très entendvi à la nature des mers (2), " examinait soigneusement les points « où la nature pouvoit estre aydée par le secours de l'art. » » Klle n'en trouva aucun où il y eust de plus heureuses dispositions qu'à Cette (3). " Et le chevalier de Glerville d'étahlir des devis |)Our transformer en port de guerre la tête de ligne du Canal des Deux-Mers; mais on se contenta de fermer le port de Cette par une double jetée (4). Car Vauban opinait pour Port-Vendres et s'indignait de « la nonchalance qu'on avait eue pour ce poste. Si je vivois cent ans et qu'on me fît faire cent voyages en Roussillon, je me ferois toujours un point de conscience d'en proposer la fortification (5). 1)
Ailleurs, il fulminait contre » l'indolence " avec laquelle on laissait combler par a deux méchants ruisseaux la plus belle rade de la Méditerranée (6). " Déjà avant lui la Commission dont j'ai parlé, avait signalé la situation lamentable du port de Toulon, où « un grand navire ne pouvait point entrer qu'avec peine, » alors que jadis, a toutes sortes de bastimens de mer mouillaient par tous les endroits de la rade, et les plus grans navires entraient
(i) Colbert à l'intendant de Deinuin. 28 décembre 1674 (Archives Nat., Marine B'-'2Q, fol. 492).
(2) César d'Arcocs, le Secret du flux et 7-e flux de la mer et des lonqitudes. Rouen, 1655 et 1656; Paris, 1656 et 1667.
(3) Juillet 1665 (Bibliothèque du Service hydrographique, nis. 271, foi. 244).
(4) En 1676 (Archives du Service hydrographique, portefeuille 73. 10. 1. et 24). — Ouvrages proposés par le sieur de I^a Fueille. 1677 [Ibidem, 73, 10, 25 et suiv.). — Lettres de Coi.BKnT, t. IV, p. 362, 364.
(5) PiGANiOL DE L.\ Force, Nouvelle description de la France, t. IV, p. 3.
(6) Mémoire de Vauban. 1679 (Archives des Pyrénées-Orientales, C. 1155).
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et sortaient à la voille tous chargés avec {jrande facillité(l)."
A cette situation intolérable, Golbcrt allait mettre fin en rendant à Toulon la vie et en le dotant d'un arsenal suflisant pour recevoir toutes nos forces navales : a Nous ne sommes pas en un règne de petites choses, disail-il; il est impossible que vous puissiés imaginer rien de trop grand (2j . " Un a sculpteur architecque en la marine,» l'auteur du Milan de Crotone et, pour tout dire, Puget, en prit texte pour présenter un devis oîi les services se déroulaient en une grandiose perspective autour d'un pavillon central à coupole et d'un bassin à Ilot. L'approbation unanime des intendants de la province, des galères et du port ne désarma point les critiques de l'ingénieur de Clervillc contre » tant de colifichets qui ne répondoient absolument pas à la majesté d'un ouvrage destiné à la guerre (3). "
kw rejet des plans de Puget, la perspective perdit peutêtre : mais le port y gagna d'être repris en mains par Yauban.
... Un archéologue parisien qui visita Toulon en 1630 comparait u le port artificiel, " — par opposition au u port naturel » de la rade, — à » un théâtre dont le môle représente la scène " C'était l'antique clos des galères avec chemin de ronde et chaîne de clôture (4). Dans un vaste périmètre à l'ouest de la ville, le grand ingénieur ménagea une
(1) Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 271, fol. 188.
(2) Colbert à Clervillc. 4 octobre 1(369 (I.e D'' Gustave Lambert, Histoire de Toulon. Toulon, 1899, in-8", t. Ilf, p. 423).
(3) Projets, de construction de l'arsenal par Puget. 1670-1671 (Archives Nat., Mari,u-B'9, fol. 269, 280, 314; BUl, fol. 17, 64, 120, 183,202). — «Dessein de la ville de Toulon et partie de son arsenal, » par Puget, 1676 (Archives du Service hydrographique, Portefeuille 76, 0, 12. — Philippe Ai-QDiEB, Pic-ne Puc/et. Paris, 1904, in-8°, p. 63).
(4) Les Confessions de Jean-Jac/jues Bouchard, parisien, suivies de son voyage à Borne en 1630. Paris, 1881, in-8», p. 192.
darse pour cent vaisseaux (1) : au Las et à l'Eygoutier, il creusa des lits qui écartaient de la rade leurs eaux limoneuses; une jetée au parapet crénelé couvrait le front de mei', dont les ouvrages avancés étaient le fort de TÉguillète, la Grande et la Petite Tour. Et l'arsenal s'élevait majestueux. De « la plus belle pièce de l'univers, " — le mot est de Vauban, — on admire encore la Gorderie longue de deux cents toises, le Magasin général a d'où il y a mille choses à tirer, » un chantier d'une " ample étendue, » l'hôpital de Saint-Mandrier (2)..., bref, tous ces grands ouvrages sortis du fond de la mer ou de la vase des marais que l'histoire métallique immortalisa : Toloni portus et navale. Marseille était à l'unisson. A l'arsenal commencé sous Louis XIV par l'ingénieur milanais a Juhan Antoni (3), " on avait substitué un nouveau parc de galères (4) que Louis XIV avait fait installer au Plan Fourmiguier. Devant l'œuvre accomplie, un voyageur extasié ne savait qu'admirer : " le parc royal, bastiment magnifique » au dôme surmonté d'une grande fleur de lys; "l'arcenal peint en bleu, semé de fleurs de lis jaunes, aux ràleliers remplis de piques, de mousquets et de certains boucliers à l'antique dont on orne les poupes des galères; " les " grandes galeries où deux ou trois cens ouvriers de l'un et de l'autre sexe travaillent incessamment à faire le linge et les habits des matelots; » les cales couvertes où se construisent les bàti-
(1) A la suite d'un incendie qui dévora en avril J677 une partie de l'arsenal. Celui-ci datait du temps de l'intendant Arnoul, envoyé par Richelieu à Toulon (D.-M.-J. Henry, Mémoire sur l'état primitif de la ville de Toulon et de son port. Toulon, 1850, in-S", p. 41).
(%) Une forme fut également exécutée pour la construction et le radoub des vaisseaux. Et Vauban dressa un plan de la manière dont cette forme devait être assujettie dans l'endroit où elle serait coulée à fond. 1680 {Lettres de Colbert, t. III, 2» p., p. 184 : B. N., Franc. 22 799, fol. 38).
(3) A. RuFFi, Histoire de la ville de Marseille, It éd. Marseille, 1696, in-fol , t. II, p. 300.
(4) .\ Guilbert « pour les plans et dessain de la darse » de Marseille. 1670 (Ribl. du Service hydrographique, ms. 3 (84), t. II).
nients, quun jeu d'écluses met à flot aussitôt achevés; la citadelle, » bastie et fortifiée à la moderne (1). " Tel était bien la caractéristique des ouvrages conçus par Colbert et Vauban : tous nos « six principaux ports et arcenaux, Toulon, Marseille, Rochefort, Brest, le Havre et Dunkerque (:2), » étaient «à la moderne. »
LA RÉFORME t)E LA SCIENCE NAUTIQLE
Novateur puissant dans le domaine scientifique non moins que dans le domaine administratif et militaire, Colbert substitue à l'empirisme des pilotes la science des ingénieurs et des astronomes. Les cartes à point carré) graduées en longitudes et latitudes, évincèrent les cartes de distance établies sur un canevas de roses des vents (3). L'hydrographie remplaçait la loxodromie de la navigation à l'estime.
La loxodromie, " la course oblique » du navire qui suit d'un endroit à un autre le rbumb tracé sur la carte, en coupant sous le même angle tous les méridiens, était un procédé commode pour les faibles trajets, mais fautif pour de longs parcours, sa spii'ale étant moins courte que la courbe du grand cercle. L'hydrographie, elle, nécessitait des calculs. Faire le point, c'est déterminer, par l'intersection de la longitude avec la latitude, le point où l'on se trouve. Prendre, et par suite trouver, la latitude, n'était
(1) Relation d'un voyaqe fait en Provence contenant les antiquitéz les plus curieuses de chaque ville, par M. I^. M. D. P. [dk Préchac . Paris, 1683, in-12°, 1' p., p. 92.
(2) Archives Nat., Marine B-26, fol. 76 v°,
(•î) Guillaume de Gi.os, hydrographe et professeur en histiodroniie à Honfleur. Manuel des pilotes. HonHeur, J678, in-8", p, 59.
point malaisé : nos marins n'avaient que le choix entre les instruments, depuis l'astrolabe médiévale, le modeste bâton de Jacob, le quadrant et le quartier, jusqu'à l'opulente hémisphère marine pourvue d'horizon, équinoxial, arc de déclinaison et demi-cercle d'altitude (1).
Mais la longitude? Hélas! elle restait pour les astronomes un problème, pour les navigateurs un cauchemar. Améric Vespuce en perdait le sommeil; l'astronome Ruy Falero s'abandonnait, en désespoir de cause, aux inspirations de son démon familier qui se montra bon diable, puisque son traité servit à guider Magellan. Mais " Dieu n'avait pas permis à l'homme l'usage de la longitude (2), ^ écrivait Champlain après des essais qu'un « professeur en la divine mathémathique '! persiflait sans pitié : a Je voudrois bien savoir quelle certitude peut avoir le sieur de Champlain qu'une longitude observée par la mécométrie à la Nouvelle- France sera véritable. Aura-t-il point trouvé en Canada quelque Ptolémée manuscrit qui contienne les longitudes d'iceluy pays (3)? «
« L'avorton " que le professeur en la divine mathématique Dounot de Bar-le-Duc eût voulu u estouffer au lieu de sa naissance, » la Mécoviélrie de l'aymant, avait la vie rude. Il survécut. C'était un procédé empirique qui consistait à déterminer la longitude par les variations de l'aiguille aimantée, supposées constantes avec les méridiens. Après Colomb, Cabot et Pigafetta, et presque en même temps qu'Alonso de Santa Cruz (4), cosmographe officiel
(1) Cf. l'Hémisphère marine dessinée dans les « Premières OEuvres de Jacques de Vaulx, pillote en la marine : » B. N., Franc. 150, fol. 22 : et reproduite dans mon tome II, p. 520.
(2) Je renvoie, pour plus amples références, à un de mes articles : Ch. me La RoxciÈre, Oriqiiies du Sei-vice hydrographique de la marine. Paris, 1916, in-S" : extrait du Bulletin delà Section de Géographie.
(3) DotiNOT DE Bar-le-Dcc, Confutation de l'invention des longitudes ou de la Mécométrie de l'ajmant. Paris, 161J, in-4', p. 42.
(4) Auteur du Libro d-e las Longitudes ; cf. Manuel de La Piknte y Olea,
de l'Espagne, un de nos anciens colons de la France Antarctique (Ij, Toussaint de Bessard avait posé en principe que le II vray méridien » passait par Tile de Fer, que là, u Faiguille était dressée nord et sud, à Fheure de midv. " Partout ailleurs, elle oscillait vers lest ou Fouest. «En tastant à la main ses variations (2), h on pouvait dresser une table de leurs concordances avec les longitudes. Un cadet de Languedoc, Guillaume de Nautonnier de Castelfranc, dans sa Mécographie de fermant (;5) et sa Mécométrie de l'eyviant (4) , voulait en faire la base d'une réforme de la cartographie.
Cette thèse avait pour champions les meilleurs navigateurs du dix-septième siècle, depuis le cosmographe major de Portugal Manoel de Figueiredo (5) et le célèbre navigateur anglais John Davis, jusqu'aux plus " habiles pilotes hollandais de la carrière des Indes Orientales : " l'un d'eux prétendait que, dans la longue course du Cap à Batavia, on dérivait de deux cents lieues quand on ne corrigeait pas 1 estime » par les observations de la déclinaison de 1 avman (G) . »
C'est à cette correction que s employait le pilote dieppois Jean Le Telier durant un voyage aux Indes Orientales (7 . Car la détermination u des longitudes par la
Estudios espannles. Los trahajos geograftcos de la Casa de Coiitrataciân . Séviile, 1900, in-V, p. 3U.
(i) «Par l'espace de dix ans que j'ay demeuré continuellement en la terre de l'Amérique souz le tropique du Capricorne au lieu nommé le Cap de Frie et rivière de Janvière» {^L' Ai q le- Compas de T. de Bessard, d'Auqe en Normandie, avec son usage. Paris, 1572, in-i").
(2) Dialogue de la longitude Est-Ouest, de T. de Bessard... Rouen, 1574, in-4», p. 36, 61.
(3) Venez, 1602, in-fol.
(V) Venes, 1603, in-fol.
(5) Hidrographia, exanie de pilotas. Lisboa, 1625, in-4*.
(6) Discours sur l'art de la navigation, dans Thévenoï, Recueil de voyages. Paris, 1681, in-S", p. 28.
(7) Voyage aux Indes Orientalles, pu)- Jean Le Telieh, natif de Dieppe, réduicl par Iny en tables pour enseigner à trouver par la variation de iayniant la longitude . Dieppe, 1631, in-4''.
déclinaison de laymant " était de dogme pour l'école d'hydrographie de Dieppe (l). Et il n'y avait de traditions hydrographiques que là. De même qu'autrefois l'entretien du feu sacré était un sacerdoce, de même des prêtres s'y transmettaient religieusement le flambeau de la science nautique. Commencée avec l'abbé Desceliers, la tradition s'était continuée avec un autre prêtre d'Arqués, G. Breton, auteur d'une carte des Indes Orientales (2), avec l'abbé Prescot, avec Jean Cauderon, « un très honneste homme de prestre et l'un des plus savants en la théorie de l'art de la marine, » mort victime de son dévouement à la science (3), et enfin avec l'abbé Guillaume Denis.
Des variations du compas pour fixer la longitude, le « très docte » Guillaume Denis (4) fit le thème de l'Art de naviguer (5). Et le pis est que son titre de maître d'hydrographie et de pilote-examinateur à Dieppe, conféré par Colbert (6), donnait à l'enseignement une investiture officielle, et à son cours un tel succès que le malheureux
(i) Guillaume Le Vassecr, « Traicté de la Géodiographie, ou art de naviguer .. (B. N., Franc. 19112, fol. 41).
(2) Carte signée G. B., appartenant à M. H. Yates Thompson, qui l'exposa en 1895 au Congrès de géographie de Londres.
(3) Dksmarqtjeïs, Mémoires chronologiques pour servir a i histoire de Dieppe et a celle de la navigation française. Paris, 1785, in-12, t. II, p. 7. Cauderon se noya le 2 novembre 1655 en faisant route pour Madagascar. — Sur la réfection de nos cartes marines du Ponant tentée par Cauderon, cf. mon article Origines du Service hydrographique de la inai-ine, p. 9. Nanti de ses cartes gravées sur cuivre, son frère, Cauderon le Cadet, s'établit à la Rochelle.
(4) Lettre de Barbara. Dieppe, 29 novembre 1665 (B. N., Mélanges Colbert 133, fol. 721).
(5) L'Art de naviger, perfectionné par la connaissance de la variation de l'aimant, ou le traité de la variation de l'aiguille, aimantée. Dieppe, 1668, in-8«.
(6) Le 18 mars 1666 (David Asseli.ne, les Antiquités et Chroniques de la ville de Dieppe. Dieppe, 1874, in-8'', t. II, p. 321). — « L'ouverture de son escolle publique « et gratuite eut lieu en septembre 1665 (Depping, Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, t. IV, p. 558).
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abbé, aux prises avec plus de deux cents élèves, " dont la plupart avaient la teste dure comme la pierre, '> avait recours à un corsaire pour les surveiller (Ij. De là, sortirent nombre de ces maîtres d'hydrographie que le grand ministre essaimait à Toulon. Bayonne, Brest, le Havre, Rouen, et jusque dans la Nouvelle-France (2), et qui étaient tenus de faire jusqu'à deux leçons par jour {3j.
Contre les errements de Técole dieppoise, s'éleva l'enseignement des Jésuites, du Père Fournier d'abord (i), du Père Claude-François Milliet de Châles ensuite (5). Avec l'autorité que lui conférait la qualité de professeur royal d'hydrographie à Marseille et sous l'inspiration des méthodes anglaises, le Père Milliet de Châles faisait valoir cette raison péremptoire contre les concordances entre les méridiens et les variations de la boussole : « La déclinaison est changeante et différente en plusieurs endroits du même méridien, d C'est ce qu'avait démontré en I();i5 un professeur de Gresham Collège, Henry Gclli-
(1) Ch. BrÉard, Un corsaire normand . Mémoires de Jean DoroLET de Honfleur. Paris, 1880, in-S", p. 33 : eslrail de la Revue historicjue.
(2) François Gaulette, natif du Polet, à Toulon, Voutrerner, élève de Denis, à Bayonne, Le Gordier au Havre, Berthelot, pilote ponantais, à Marseille, G. Coubard à Brest, Jean-Baptiste Pranquelin à Québec (D. Neuville, les Ktahlissements scientifiques de l'ancienne marine. 1. licoles d'hydrographie, ingénieurs de la marine au XVII' siècle. Paris, 1882, in-8°, p. 52, etc.). — ConBARD est l'auteur d'un Abrégé de pilotage pour servir au.x conférences d'hydrographie que le Roi fait tenir pour ses officiers de marine. Brest, 1685, in-12.
(3) Lettres de Colbkrt, t. III, 2" p., p 192.
(4) Hydrographie, éd. de 1667, p. 473.
(5) L'Art de naviguer démontré par principes. Paris, 1677. — Les principes généraux de géographie. Paris, 1677, in-S". — Cursus mathematicus. Lyon, .1674. — De nombreux Jésuites, notamment le Père Polla en 1672 (Archives N.at., Marine B^^^, fol. 36), professaient l'hydrographie. En dehors de Marseille, ils avaient la plupart des chaires bretonnes, celles de ÎSantes et de Rennes créées en 1671 et en 1673. Saint-Maio avait son collège de marine depuis 1669 (H. Bourde de La Rogebie, Oiigine et organisation des sièges d'amirauté établis en Bretagne, dans le Bulletin de la Société archéologiguc du Finistère, t. XXIX, p. 148. — DEPPI^■G, t. IV, p. 558, note).
brand il), et que corrobora, à la fin du dix-septième siècle, le célèbre astronome anglais Halley à la suite d'une longue croisière dans l'Atlantique. On chercha autre chose.
Il Demander son chemin... à la lune, » au moyen de tables donnant Iheure de ses occultations pour le méridien initial, était la solution proposée par plusieurs bons esprits, depuis Améric Vespuce jusqu'au Récollet Duliris, qui disait au temps de Colbert : u Le vray moyen de connoistre la différence de longitude d'un lieu à l'autre, est de connoistre le mouvement propre que fait l'astre entre leurs deux méridiens '2 1 . » Mais l'observation des distances lunaires suppose une science exacte des mouvements de notre satellite, dont la trajectoire à travers le ciel est d'une détermination malaisée (3).
La vraie solution du problème des longitudes, — Gemma le Frison l'indiquait au siècle précédent (-4, — c'était la pratique des montres marines. Mais pour garder l'heure du méridien initial, quelle précision pouvait-on demander aux sabliers du bord et à lécoulement de leur poudre d'écaillé d'œufs ou de limaille d'argent (5), alors même que les hommes de quart ne précipitaient point le temps, telle la Parque antique, en <<■ mangeant le sable 6). »
(1) A discouise mathematical on the variation ofthe inagnetical Necdle. — Sur le progrès de l'hydrographie anglaise à cette date, cf. F. Marçuet. Une histoire de la navigation [1550-1750), traduit des « Éléments de navigation » de Robertson fl780). Paris, 1918, in-8°.
(2) Iiphéméride maritime dressée pour observer en nier la longitude et la latitude selon l'invention du P. Léonard Ddliris, récollet, dédiée au duc de Richelieu, général des galères. Paris, 1665, in-fol. — Le mathématicien Deshayes k prétendait inférer la longitude de la différence des mouvenions du soleil et de la lune » (L'ingénieur de Sainte-Colombe à Colbert de Terron. 2 décembre 1669 et 14 avril 1670 : ]\ecville, p. 97).
(3) Lieutenant de vaisseau Margcet, Histoire de la longitude à la mer, dans la Revue de la Marine marchande, n"' de décembre 1915-mars 1916.
(4) Ge.mma Fbisius, Cosmoqiaphia. Antverpiae, 1584, in-4"', p. 242.
(5) Guillaume Le Vasseur, « Traicté de la Géodrographie " : B. N , Franc. 19 112, fol. 41.
(6) Cf. supra, t. II, p. 527.
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L'Anglais Dudley proposait des clepsydres à mercure renouvelées de rAntiquilé (l . Mais le Hollandais Huvgens, mandé en France par Colbert, l'emporta avec ses horloges à pendules (2), où des cycloïdes placés « vers la racine du petit rul)an qui soustenoit le pendule, » maintenaient l'égalité des oscillations. De ces montres à secondes et à demi-secondes, sorties des ateliers parisiens du sieur ïhuret, l'astronome Richer fit l'épreuve en IGTO et Hu'2 au cours de deux voyages en Acadie et en Guyane, sans résultats décisifs (3). La transformation du pendule en un ressort d'acier acheminait vers la solution A).
Dans son Parallèle des Anciens et des Modernes, l'académicien Perrault a rendu justice à la ténacité avec laquelle le ministre cherchait à percer le secret des longitudes : <i II n'a pas tenu à M. Golbert qu'on n'ait trouvé les moyens de conserver à la pendule la justesse de son mouvement; car il n'a épargné aucune dépense à faire faire toutes les machines qu'on luy a proposées pour en venir à bout. 11 n"y a point d'expérience que l'on n'ait faite, point de manière de genou et d'autre suspension que 1 on n'ait essayée. Il est toujours venu des coups de vent si subits et si contraires les uns aux autres, dans le même moment,
(1) Robert Dudlf.y, Dell' Arcano dcl mare. Firenze, 1646, in-fol.
(2j HuYCKNS, Lettre touchant une nouvelle invention cihoi locjes très justes et portatives, 1666, dans les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, t. X, p. 381. — « Au sieur Huvgens, hollandois, grand mathématicien, inventeur de l'horloge de la pendule, 1200 livres. » 1664 et années suivantes {Lettres de Colbert, t. V, p. 464).
(3) RicHEB, Observations astronomiques, dans les Mémoires de l'Académie royale îles Sciences, t. VII, p. 233. — Colbert décide u d'éprouver les horloges et pendules fabriquées pour connoistre les longitudes sur mer. » Lettre à Colbert de Terron, 10 mars 1670 {Lettres de GoLHEnx, t. V, p. 294). — Déjà, en 1669, le duc de Beaufort devait «achever l'expérience de pendules sur mer de M. Huggens ■■' (Dkpping, Correspondance administrative sous le rèqne de Louis XIV, t. II, p. 558).
(+) Factum touchant les pendules de poche par M. Jean de Haitefeuille contre Maistre Christian Huquens sieur de Zulichem. 1675, in-4''.
qu'il n'y a rien qu'ils n'ayent déconcerté (l). " Rien ne valait les pendules " d'une justesse inconcevable » de l'Observatoire, dont l'étalon boraire allait devenir par la force des choses le méridien u radical " jadis proposé par Oronce Fine à François I" (:2) .
Un Observatoire se construisait en effet à Paris sous la direction du chef d'une glorieuse dynastie de géographes, Jean-Dominique Gassini, mandé spécialement de Rome en 10G9. Ayant découvert les satellites de Jupiter, Gassini fit de l'examen de leurs émersions la base de la détermination de la longitude. Tandis f|u'il faisait des observations à Paris, des missions scientiliques opéraient simultanément en Acadie, à Cavenne, à Gorée et à Uranienbourg dans le célèbre observatoire de Tycbo-Brahé (3).
11 avait pour auxiliaire un corps savant hébergé par Golbert à la Bibliothèque royale, I'Académie des sciences. Non contents d'éditer à l'usage des marins la Connaissance des temps qui leur indiquait pour chaque jour de l'année la position des astres, les membres de l'Académie rectifiaient les cartes entachées jusque là des énormes erreurs de longitude léguées par Ptolémée (4). Les progrès réalisés
(1) Perrault, Parallèle des Anciens et des Modernes, ou il est tiaitc de l'astronomie, de la qéoqraphie . .. Paris, J697, in-i2, t. IV, p. 98. — Les chronomètres ne devinrent point rie pratique courante, témoin ce suggestif examen des pilotes, décrit par un hydrographe : " Comment trouve-t-on la longitude? — Jusqu'à présent, on n'a point encore trouvé de voye assurée pour en avoir une solide et parfaite connoissance " (S. Lk Cordier, hydrographe au Havre, Instruetion des pilotes. Au Havre de Grâce, 1683, in-8°, p. 105).
(2) Avril 1543 (B. N., Franc. 1337, fol. 9, 13).
(3) " ^'ie de Jean-Dominique Gassini écrite par lui-même, « ms. à la Bibl. Nat., Géographie DD. 2066, p. 44. — Les élémens de l'astronomie vérifiez par Monsieur Ci^ssisi par le rapport de ses tables aux observations de M. Eicher faites en iisle de Cayenne, avec les obsei-vations de MM. Varin, Des Ilayes et de Glos faites en Afrique et en Amérique. Paris, 1684, in-fol. — Bibliothèque de l'Observatoire, ms. B. 52 (8).
(4) Mémoires de La Hire, Picard, etc. dans les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, t. VU.
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furent consignés dans l'Atlas de Sanson offert en 1679 au Dauphin et dans un superbe glolje de cuivre où les méridiens nouveaux étaient en relief (11.
Ayant « la conduite des opérations qui se dévoient faire dans des pays éloignes pour la détermination des longitudes (2), )» Cassini préparait aussi, en collaboration avec Jean-Mathieu de Chazelles, le maître attitré des officiers des galères, un » atlas nouveau des cartes marines levées par ordre exprès du Roy pour l'usage de ses armées de mer. » Les levés étaient confiés à un corps a d'ingénieurs géographes Il et centralisés par l'un d'eux, du nom de Pêne, chargé " des cartes et plans du roy f3). »
Une autre de nos institutions scientifiques venait de naître : LE Service hydrographique de la mariine. Parfaitement au courant des « travaux à faire contre les efforts de la mer, capables de l)ien reconnoistre les ports et de nous faire des cartes de toutes les costes (4), n les ingénieurs reçurent de Golbert des instructions précises, dont voici un spécimen : « Pour parvenir à une connoissance parfaite de la disposition des rades, bancs et escueils, M. de La Favollière reconnaistra toutes ces choses par luy-mesme sans se ti?r au rapport de personne, s'aidant seulement des
(1) Le globe coniinémoratif des travaux de l'Académie des Sciences, en date de 1698, se trouve dans l'hôlel annexe du nunistère de la Marine, salle des Archives, rue Octave-Gréard.
(2) De l'œuvre de l'Observatoire et de l'Académie des sciences, tiuygens traçait en 1679 un magnitique taljleau qui était son raccourci de la philosophie des sciences (OEuvres complètes de Huygens, t. VIII, p. 190).
(3) H Le sieur Penne, ingénieur chargé des cartes et plans du roy, » mourut le 5 octobre 1701 : les scellés furent aussitôt mis chez lui (B. N., Nouv. acq. franc. 9498, fol. 46). — « Portulan venant de l'inventaire de M. Pêne » (Bibliothèque du Servi'ce hydiographique, ms. 102 (1037). — « Mémoire de toutes les cartes des costes du royaume qui manquent... Les cartes que Monseigneur me fit laisser à Versailles. » Pêne à Colbert. Paris, 8 août 1682 (B. N, Nouv. acq. franc. 9498, fol. 41). — Instruction de Colbert aux sieurs Pêne, de Sainte-Colombe, de La Favollière, ingénieurs géographes. 1678 (Lettres de Coliîkrt, t. III, 2" p., p. 77).
(4) Colbert à Colbert de Terron. 23 janvier 1671 (D. Neuville, p. 102).
notions grossières des pilotes costiers. Il continuera à pousser ladite description jusque dans la mer autant qu'il se pourra, particulièrement dans les lieux remarquables par des isles, bancs, roches, rats et autres écueils dont la connoissance est nécessaire à la sécurité de la navigation. Qu'il fasse certifier la carte qu'il en aura faite, par les plus experts pilotes en chaque gouvernement (1). »
Au lieu que précédemment nos hydrographes, faute d'emploi, prenaient du service à l'étranger, que le Honfleurais Pierre Berthelot dressait en 1635 l'hydrographie des mers Orientales pour le compte du Portugal (2) et que Le Vasseur de Beauplan rédigeait au service de la Pologne la carte et la Description de l' Ukranie (3), Golbert demande à tous nos ingénieurs, à tous nos professeurs d'hydrographie un travail intensif pour dresser le planisphère du monde. Ils auront à » tirer de toutes nos navigations et des journaux qui en sont tenus, des connoissances exactes et fidèles pour composer des cartes marines. »
... Et d'abord des mers de France. Une foule de cartes furent exécutées sur l'ordre de Golbert : bassins fluviaux, avec " isles, rades, chenaux, bancs " du littoral, par le chevalier Louis de Glerville (4) ; Pas-de-Galais, reconnu d'urgence par a les principaux pilottes costiers et officiers mariniers (5),» à la veille de la guerre de Hollande (6);
(1) Instructions du 23 mai 1671 (D. Neuville, p. 104).
(2) Gh. DE Li RoNCiiiBE, la Première hydrographie française des mers Orientales. Paris, 1917, in-8° : Extrait du Bulletin de la Section de Géographie.
(3) Golbert à Golbert de Tenon. 18 août 1670 (^Lettres de Coluebt, t. III,
(4) u Garte géographique des entrées et cours de la rivière de Seine, " — » de la rivière de Loyre » (Bibl. du ministère de la marine, ms. 365 (G. 209). — Archives du Service hydrographique, portef. 52, n"' 1-3). — Gartes marines de Normandie, Picardie, Bretagne, etc. (Archives du Service hydrographique, portef. 36, 1, 3, 4 et 5, portef. 37, 1, 1; portef. 40, 1, 2 à 19, etc.).
(5) 1672 (Ibidem, portef. 33, 4).
(6) Golbert à Golbert de Terron. 2 juillet 1671 (Ghampolliok-Figeac,
lilloral normand, du Tréport à la Hougue, levé « sur les lieux, sans se fier à personne, " par l'ingénieur Pêne fl); embouchure de la Seine, par Boissave Du Bocage (2; ; » le port de L'Orient jusques au dehors du Port-Louis, " par Lambety (3) ; les côtes de Saintonge, Bretagne et Normandie, « ainsi que les plans des ports, havres et rivières justiu'à la dislance de deux lieues dans les terres, » par Massiac de Sainte-Colombe (4).
La Méditerranée, où " les pilotes provençaux ne savent leur métier que par routine (5 , " n'avait que des portulans vieillis, inférieurs à ceux du quatorzième siècle dont ils étaient de mauvaises répliques, quand le Père Milliet de Châles lui consacra une magnifique carte de vingt-sept pieds de largeur sur douze de hauteur, le plus grand portulan cjui soit (Gj.
• Ce fut la base de nombrevix levés, sondages, plans et profils de côtes exécutés par une légion d'ingénieurs en vue d une nouvelle carte marine, ^ dans laquelle seraient marqués suivant la hauteur du pôle tous les lieux principaux. » Le capitaine de Cogolln travailla aà la reconnoissance" des côtes de Provence, de Languedoc, d'Espagne, de Sicile (7)
Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque Nationale, t. IV, p. 536).
(1) Instruction de Colbert. 5 février 1677 {Lettres de CoLiiEnT, t. III, p. 77).
(2) Hvdrograplic au Havre. 1666 et 1667 (Archives du Service hydrographique, portef. 36, 1, 1 ; et portef. 37, 3, 4).
(3) B. ]S., Géographie, portef 77, n" 37.
(4) Instructions du il juillet 1680 (P. Lkvoï, Histoire de la ville et du port de Brest. Paris, 1864, in-8", t. I, p. 158). — Rien de plus sevani que les vues prises du large par Sainte-Colombe et donnant en perspective les ports normands. 1676-1680 (Archives du Service hydrographique, portef. 33, 6, 7, 8; portef. 37, 1, 3; portef. 38 bis, 1, 8).
(5) Lettre de Colbert d'avril 1670 {Lettres de Coi.bert, t. III, p. 231). — « Vous n'avez pas à Toulon un vrav bon pilote pour la moitié de la Méditerranée. 11 Mémoire sur le pilotage en 1707 (D. ?seuvii,i,e, p. 20).
(6) Archives du Service hydrographique, portef. 61, 1, 1.
(7) Instructions de Seignelav à Cogolin. 10 juillet 1679, il mars, 24 avril et 12 mai 1685 : « Toutes les cartes marines faites iusques à pré-
et de Sardaigne (1), Pêne reconnut les Baléares (2), Pétré TArchipel (3), Plantier l'Asie Mineure (4), Beaujeu TRspagne (5), Combes le littoral algérien, en masquant leurs travaux scientifiques par de fictives opérations commerciales (6).
Pour la » Mer Océane éthiopienne et la mer des Indes Orientales, » les navigations d'Augustin de Beaulieu en iGlG-1622 fournissaient ^ les desseins des principales costes, » dont vin pilote de son équipage nommé Varin avait noté » les gissements (7). " De multiples reconnaissances hydrographiques, [Langeron à Salé (8), DElbée en Guinée (9), Salomon le Sage à Trinquemalé (10;, Du Mesnil le long de la côte malabare (11),] y apportèrent d'utiles corrections qui furent utilisées dans le Routier des Indes Orientales et Occidentales, de Dassié 12^, el dans le Petit flambeau de la mer, du maître de navire Bougard 13).
sent des costes de la Méditerranée ne s'estant pas trouvées justes, Sa Majesté a résolu d'en faire une nouvelle... " 11 mars 1685 (Dossier Cogolin appartenant à M. le lieutenant de vaisseau Vivielle.)
(1) B. N., Franc. 13 372.
(2) 1680 (Archives du Service hydrographique, portef. 68, 2, 17; portef. 69, 2, 7. — Bibliothèque du Service hydrographique, ms. 92 (1000).
(3) 1685 (Bibliothèque du Service hvdrographique, ms. 107 (1064).
(4) Ibidem, ms. 109 (1067).
(5) Lettres de Colbert, t. III, 2^ p., p. 215 note.
(6) Colbert à Brodart, 15 avril 1680, et à Vauvré, 24 novembre 1681 (Ibidem, p. 186 et 214).
(7) M. TfiÉvK^OT, Relationa de divers royaqes curieux, qui n'ont point été publiées. Seconde partie. Paris, 1664, in-fol., préface.
(8) Juillet 1671 (Archives ÎNat , Marine B*4, fol. 306).
(9) 1670 (B. N., Mélanges Colbert 84, fol. 25, 31).
(10) Il Port et isle du Soleil dans la juridiction de Trinquemalé, " par Salomon le Sage, 1672, avec les sondes; » Plan géométrique de la baye de Trinquemallé à l'est de l'isle de Ceyion, observations de Villeneufves Moreau, anno 1672 » (Archives du Service hydrographique, portef. 205, 6, 1 à 5 : H. DehÉrain. Cartes françaises de la baie de Trinfiuernalé (Ceylan) dressées au XVIP siècle. Paris, 1917, in-8°, extrait du Bulletin de la section de géographie).
(11) David AssELixE, t. II, p. 325
- (12) K Avec 26 différentes navigations. " Paris, L677, in-4''.
- (13) Au Havre, 1684, in-4°.
Aux Antilles, ringénicur de Combes (l), puis le lieutenant de Gennes, fort versé dans » les parties des mathémathiques (^), " levaient a des cartes exactes de toutes les mers aux environs des isles d'Amérique. » Le lieutenant de vaisseau de Gourcelle faisait » le tour de Tisle de Terreîseufve " et substituait une carte nouvelle, enrichie d instructions nautiques (;i), au routier basque dont se servaient depuis un siècle nos terre-neuvas, aux Voyages avanlureux du capitaine Martin de Hoyarsabal (4).
La mise au point de tous ces travaux devait demander des années. En 1093, paraissait le premier de nos atlas ofticiels à l'usage des armées navales, le Neptune français 5). Et telle avait été l'ampleur des réformes colbertines, telle avait été la sûreté de notre méthode que, de tributaires des étrangers (Oj devenant leurs maîtres, nous eûmes l'orgueil de le voir aussitôt traduit en hollandais i7). Nous n'avions plus rien à envier à autrui, puis- (ju'il nous copiait. Et nous allions lui servir de modèles dans un autre domaine encore.
(1) Instructions du J6 décembre 1676 (Archives Nat., Marine B*7, fol. 186).
(2) D'Estrées à Seignelay. 26 août 1680 (^Mémoires du marquis de Vii.- LEITE, éd. Moninerqué. Paris, 1844, in-8", p. 215).
(3) « Faite à Breste le 14' janvier 1676» (Archives du Service hydrographique : fac-similé dans Henri Harrisse, Découvertes et évolution cartouvaphi(jue de Terre-Acnve et des pays circonvoisins (1-^97-1501-1769}. Paris, 1900, gr. in-8% p. 324)
(4) Bourdeaux, 1579, in-S" : réédité en basque : Liburu hau da ixasco nahigacionecoa Martin de Hovauzabai-ec egina frauceses, et a Pierres d'Etcueveriiy, edo Dorrec. Bayonan, 1677, in-S" : Ch. de la Bongière, le Premier routier-pilote de Terre-Neuve (1579). ^xtvAii Ae la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LXV (1904).
(5) Il ne comprenait encore que les côtes d'Europe, depuis la Norvège ■jusqu'à Gibraltar.
(6) En 1609, par exeuqjlc, un marchand de la Ilochelle, P. Yvof(>ET, publiait à Amsterdam le Grandet nouveau miroir ou flambeau de la mer, traduit du flaman.
(7) De Fransche Neptuniis. Amsterdam, 1693, gr. in-fol. — Cf. pour la suite du Neptune, mon article sur les Origines du Service hydrographique de la marine.