AVANT-OARDE : CORPS DE BATAILLE
le Fortuné, d'Amfreville, l'Agréable, d'Hailly,
l'Aymable, de La Barre, le Téméraire, Lhéry, l'Éclatant, Coëtlogon, la Sjrène, Béthune,
LE Saint-Esprit, Dd
QUESJNE,
le Miqnon, Relingue,
le Pompeux, Valbelle,
LE ScEPTBE, ViVONNE,
Tourville, le Pai-fait, Du Quesne fils, le Saint-Michel, Preuilly ,
l'Aquilon, Montreuil-Sè-
beville, le Vaillant, Septêiiies.
l'Assuré, Villette,
le Brusque, La Motte,
le Fier, Chabert,
AHRIÈRE-GARDE :
l'Heureux , La Bretesche,
l'Apollon, Forbin,
le Trident, Bellefontaine,
le Sans-Pareil, Chas-
teauneuf, LE Lis, Gabaret,
le Magnifique, Gravier,
le Vermandois, m" de
La Porte, le P r u d ent , La Fayette,
le Fidèle, Gogolin.
Brûlots : l'Impudent, Chaboisseau,
— l'Inquiet , Torteau,
— la Notre- Dame-de-BonvQjage, Toucas.
— l'Orage, Sion.
En outre, les vingt-cinq galères des chefs d'escadre de La Brossardière et de Manse (Archives Nat., Marine B*7, fol. 132. — Gazette de France, 1676, p. 461). Voici leurs noms : La Patronne, Du Plessis de La Brossardière, la Fleur-de-lis, de Manse, la Fidèle, de Bochechouart, la Renommée, d'Espanet, la Princesse, de La Bretesche, l'Heureuse, de Foresta, la Reine, de Montolieu, l'Invincible, de Béthomas, la Galante, de Piancourt, la J)aupliine, de Villeneuve, l'Amazone, Colbert, la Madame, de Forbin -Gardanne, la Fortune, Félix de La Revnarde, la Perle, de La Motte-Viala, la Victoire, de Forbin-Janson, la Forte, de Breteuil, la Superbe, de Bancé,la Valeur, Clément du Vivier, la Hardie, de Saint-Hérem, la Sirène, de Forville, la Favorite, de Pennes, la Brave, de Mirabeau, la Belle, de Bueil, la Grande, de Pontevès-Maubousquet, et la Saint-Louis, de Roussy.
Brûlots : la Notre-Damede-Lumièi-e, Honnorat,
— i Hameçon, Ver- le Sage, Langeron.
rien,
— le Dangereux, hrûXoU: l'Ardent, \)e&- Huet Du Riveau. prés,
— le Ligournois, Serpaut,
nombre de fringantes felouques aux dorures étincelanles.
Ses adversaires se réparaient à Palerme. Avertis par le j)rcteur de la ville, duc de Santa Lucia, que nous n'étions qu'à une vingtaine de milles, l'amiral hollandais Jan den Haën adopta une fortiiation de combat en demi-lune pour couvrir le port. Sur une timide objection des amiraux espagnols que c'était une chose grave à décider en conseil, il répliqua qu'il était trop tard : la man(euvre était commencée. Sur un faux avis que nous openons une descente à Termini, les quatre galères du prince de Piombino y furent dépêchées, mais revinrent sans nous avoir rencontrés (l).
Le l"juin, deux galères de La Brossardière reconnurent la force et la situation de lennemi, ainsi que la nature des fonds. Leur mission achevée, elles s'éclipsèrent sous les huées des équipages de la Capitane de Sicile et dune autre galère qui, crovant à un défi, se portaient contre elles.
Sur un mince cordon qui allait du môle à l'embouchure de rOreto, dix-sept vaisseaux, quatre frégates et trois brûlots des Pays-Bas encadraient dix vaisseaux et un brûlot d'Espagne en avant du fort Castellamare. Dix-neuf galères du marquis de Bayona s'intercalaient dans les creux de la demi-lune.
Une felouque française vint à demi-portée de canon en passer la revue. Tourville, qui la montait en compagnie du chef d'escadre Gabaret, du major de Chaumont et du marquis de Langeron, reconnut d'un coup d'oeil le point vulnérable. Il fit prévaloir l'idée d'attaquer du côté opposé au môle où étaient installées des batteries. Une masse de choc de neuf vaisseaux (:2 , ciiuj brûlots et
(1) Doinenico Antonio Parrino, cittadino napolitano, l'eatro eroico e politico de' qovei-ni de' viceve del reqno di Sapoli. Napoli, 1694, in-8', t. III, p. 469.
(2' Les vaisseaux du marquis de Preuillv d'HnmitTes, chef d'escadre, de
sept galères (1), cf^e soutiendrait Du Quesne, enfoncerait les Hollandais de l'aile droite; Yivonnc, encadré de Valbelle et de Villette, donnerait sur les Espagnols au centre; Gabaret canonnerait les vaisseaux ancrés à couvertdu môle.
La division du marquis de Preuilly d'Humières (2j et d'Éléonor de Beaulieu de Béthomas chargea « avec une fierté étonnante, une fureur extraordinaire et une incontestable violence;» ouvrant un feu si épouvantable que les chiourmes des galères de Sicile Capitane et Sania Clara abandonnèrent leurs postes où les ramenèrent, lépée au poing, les gentilshommes de Palerme. Vivonne, Valbclle et Tourville joignaient à la portée de pistolet le corps de bataille, Gabaret tombait sur l'escadre de Middelandt : M et ce fut par cette promptitude à attaquer que l'armée française se garantit du feu de la terre 3;. ->
Autre résultat : chassés par le vent du nord-est, les nuages de fumée de nos salves aveuglaient l'ennemi. Et nos brûlots donnaient : leurs capitaines s'acquittaient de .".leur devoir à miracle; et les subalternes détachés dans les chaloupes pour les soutenir firent leur personnage avec la dernière vigueur (4). « Les premiers brûlots furent toutefois coulés par le vaisseau amiral d'Espagne et par le galion Santiago de l'amiral Pedro Corbete. Mais « la confusion » commençait chez l'ennemi. Le vice-amiral Juan Roco, coupant ses câbles, se laissait culer; d'autres l'imi-
Chasteauneuf, il'Haillv, de Beaulieu, de La Motte, de Lhérv, de Gogolin, d'AmfrevilIe et de Langeron.
(1) Les galères de Beaulieu dé Béthomas, du coniinandeur de Manse, des chevaliers de Breteuil, de ForLin-Janson, de Forville, de .Mauhousquet et d'Espanet.
(2) En récompense de sa bravoure, Preuillv d Huuiières sera promu lieutenant-général le 30 décembre 1676 (Archives ]Nat., Marine C"259, doss. Preuilly),
iZ) Després.
(4) Vivonne. — Ces ofhciers subalternes étaient Bardet, de Sainle-Fraise, I..a Garde, d'Qrogne, de Villars, de Chalais, de Boulainvilliors, de Sillery {Ga-^ette de France, 1676, p. 496. — Archives Nat , Marine B*7, fol. 145).
taient; les dix-huit galères de La Brossardière précipitèrent la débâcle en se glissant entre la terre et les vaisseaux pour les battre par derrière.
Sous la protection de Relingue et de deux autres capitaines de Tavant-garde, Honnorat et Toucas réussissaient un coup décisif : leurs brûlots aux noms d'une sinistre ironie, la Notre- Dame-de-Lumière et la Notre-Dame-de-Bon- Voyage, accrochaient, qui par le travers, qui par la poupe, un magniHqvie vaisseau de 64 pièces de canon et sept cent quarante hommes; la Nueslra Senora del Pilar, battant pavillon amiral d'Espagne, ne put se dégager de l'étreinte, malgré la remorque que lui tendait la Capitane du marquis (le Havona. La jambe cassée, Diego de Ibarra se nova en cherchant à fuir l'incendie. Groupés autour de l'ex-amiral Francisco Frcire de La Cerda, auquel il avait passé le commandement, « deux cents officiers réformés donnèrent à tout l'équipage l'exemple de périr en combattant, sans qu'on en vît un seul se jeter à la nage pour se sauver- à terre (!)• " De /a ISuestra Senora del Pilar qui sauta en l'air, le feu se communiquait au San Felipe qui brûlait à son tour.
Nos derniers brûlots, où l'énergique Serpaut, avant emplové utilement le sien, était venu servir en volontaire, arrivaient sur sept bâtiments échoués sous le fort Gastellamare; et là, s'alluma un immense brasier, où le San Antonio de Naples, le San Salvador de Flandre, les galères Patronne d'Espagne et San José de Naples (2) vinrent
(i) ViLLETTE.
{2) Le San Antonio avait 46 canons, 320 hotuines, cap. Diego de Suldivar,
le San Felipe .44 — 250 — Andréa de Luz.
le San Salvador. ... 40 — 350 — Andréa de Ibarra, la Patronne d'Es-
pafjne 8 — 470 — Bcrnardo Speletto,
la San José 8 — 470 —
la Nttestra Seiïora del
Pilar ()4 — 740 — Diego de Iharra.
(" llciacion de la arliiicria que tienen los diez jjajeles de la armada
grossir la liste funèbre. Diego de Ibarra et Francisco de La Gerda furent rejoints dans la mort par l'amiral Juan de Yillaroel, les mestres de camp P>ancisco de Zuniga et Antonio Serrano, les capitaines Francisco de Almangor, Juan de Oronsoro et Lorenzo de Alencastre, le veedor Antonio de Araujo, et une foule d'officiers.
Aux cornes du front de bataille, les Hollandais n'étaient pas moins éprouvés. Ils avaient perdu leur chef Jan den Haën, la tête emportée par un boulet tandis qu'il se tenait sur le saint-aubinet ou pont de corde du vaisseau amiral. Le contre-amiral Pieter Van Middellandt se noyait : son vaisseau, le Steenberg de 68 pièces et trois cent soixantecinq hommes, assailli par le brûlot de Huet Du Riveau^ s'en allait en flammes à la dérive : et « la Montagne de pierre " (Steenberg), projetée par l'explosion de la saintebarbe, défonçait l'arrière de la frégate Edam que le capitaine Cornelis Van der Zaan dut échouer à la côte. La Wrijheid (1) et le Leyde des capitaines Adam de Brèderode et Johan Van Abkoude périssaient à leur tour dans l'épouvantable brasier dont Gabaret eut peine à se garer. Quatre «vaisseaux capitaux» des Pays-Bas pressés contre le rivage^ et parmi eux lEendragt (2) où reposait la dépouille de Ruyter, se défendaient en désespérés. « Toutes remplies de quantité de morts et de blessés, » fort touchées ellesmêmes, les galères dvi marquis de Bayona halèrent péniblement à l'abri du môle le reste de la flotte vaincue (3).
A Palerme, on n'entendait que pleurs et gémissements. Les vaisseaux en flammes criblaient la ville de boulets, les
real. " 21 de raavo 1676 : Archive gênerai de Simancas, Nefj^" de Eitado, legajo 3519. — Mercure hollandais, 1676, p. 326.)
(1) Il La Liberté. » Elle portait 50 canons et 240 hommes,
Le Leyde — 36 — 140 — .
(2) « La Concorde. »
(3) Bayona à Villafranca. 2 juin La Capitane du marquis de Bayona était atteinte de six boulets à la flottaison.
grenades échappées de ces volcans v plcuvaient comme la grêle. « Enfin, c'était une image de Tcnfer, bien qu'on eût exposé la chasse et la pince de Sainte-Agathe. Si ce feu eût duré dans la ville, elle aurait été entièrement détruite (1). » Les Hollandais échappés au désastre ameutaient la population : l'archevêque, lieutenant du vice-roi, fut menacé de mort pour n'avoir pas secouru du canon de la ville la flotte en détresse. On mobilisait les cavaliers des environs pour repousser une descente éventuelle (2). Le marquis de Bayona installait des batteries sur le port.
En moins de cinq heures, de deux heures de l'aprèsmidi à six heures trois quarts, les coalisés avaient perdu neuf vaisseaux de guerre, une frégate, trois pavillons amiraux, trois mille hommes (3) : chiffres confirmés par les forçats turcs qui s'évadèrent et que Tourville interrogea Il en leur langue. » Nos pertes étaient de deux cents hommes hors de combat, » cuisses et bras emportés, mais en petit nombre (4(. » » Il ne s'était jamais rien fait de plus grand, ni de plus heureux à la mer (5). n
Et nos marins restaient mouillés à la portée du canon de Palerme « avec autant de repos que s'ils avaient été là dans leurs propres maisons. " Pour donner à la flotte pantelante le coup de grâce, il eût suffi « de mettre en bruslots les bâtiments de suite de l'armée et de faire un détachement de chaloupes avec des chemises de feu. — Il y aurait de la témérité à en entreprendre davantage, » répliqua Vivonne (6). « Nous n'avons pas de quoi profiter
(1) Lettre écrite de Palerme. 3 juin.
(2) Le préteur de Palerme à tous les capitaines etjurats des localités voisines. 2 juin (GuARDiON'E, la Rivoluzione di Messiita, p. 308).
(3) Relation espagnole datée de Palerme, 5 juin. — Quatre mille hommes hors de combat, selon Villktïe; deux mille cinq cents tués, selon Di"
QuESNE.
(4) ViVOSXE.
(5) CoËTLOGOX.
(6) ViLLETTE.
d'un coup si heureux (1). " Cent milliers de poudre qu'apportait la division Château-Renault, ne parvinrent que le 21 juin à Augusta (2).
Colbert exultait : " Il seroit difficile de vous exprimer la joye et la satisfaction que le Roy a reçues en apprenant la plus glorieuse action qui ayt jamais esté exécutée par aucune armée navale, » écrivait-il à Du Quesne : et il envoyait cinq garde-côtes et des canonniers malouins de renfort pour servir, ajoutait-il, » aux belles actions que nous avons sujet d'attendre de vous (3). — Si les vents nous favorisent, je tiendrai parole, " répondit Du Quesne.
Yivonne, au lieu des troupes si difficilement obtenues, u chiquet à chlquet, " de Louvois, réclamait » de quoi pousser par terre la prospérité de nos armes, " de quoi u conquérir le royaume de Sicile (4). " On lui envoyait, cette fois, par Du Quesne soixante-trois compagnies des régiments de Piémont, Champagne, Normandie et Picardie (5), par Cabaret deux bataillons d'infanterie et deux régiments de cavalerie (6).
(i Achever de ruiner entièrement le reste des vaisseaux et galères " ennemis dans les mers de Sicile (7), serait la préface de la conquête. Fracassés, " sur le côté, ils ne songent qu'à se raccommoder " à Palerme derrière une chaîne gardée par quatre ou cinq gros vaisseaux (8). Le
(i) Vivonne à Louvois. Messine, 8 juin [Coi-responilaiice du maréchal de ViVONNE, t. I, p. 309).
(2) Vivonne à Du Quesne. 2 juillet (Ibidem, p. 324).
(3) 21 juin [Lettres de Colbert, t. III, 2' p., p. 6).
(4) Vivonne à Louvois et Louis XIV, 3 et 13 juin (Camille Rousset, t. II, p. 430 et 433).
(5) Du Quesne à Vivonne. 30 juin {Correspondance du maréchal de VivoxsE, t. I, p. 318).
(6) Louis XIV à Arnoul. 27 juin (B. N., Nouv. aeq. franc. 21322, fol. 98).
(7) Louis XIV à Vivonne. 13 juillet (E. Sue, t. III, p. 165).
(8) Vivonne à Du Quesne. Messine, 2 juillet [Correspondance du maréchal de Vivo^sE, t. I, p. 324j.
nouveau commandant de l'escadre hollandaise, Gérard Callenburgh, vient de promettre au préteur le concours de ses artilleurs pour défendre les remparts (Ij, quand soudain, rappelé, dit-il, par les Etats jjénéraux, il appareille précipitamment, quelque instance que fasse le marquis de Villafranca pour le retenir (2), Il s'éclipse vers Naples, ayant eu vent de l'arrivée des vingt-quatre vaisseaux d'Abraham Du Quesne. Du Quesne, averti le i;î août par ses guetteurs qu'ils voyent vingt-quatre voiles aux il enseignes de poupes toutes hollandaises, » tache de leur barrer la route. Mais, alourdi par le convoi qu'il escorte, il les perd de vue à Capri (3).
Vivonne éprouve les mêmes mécomptes. Dans l'atlente de Du Quesne, il a risqué le 15 juillet un*coup de surprise contre Taormina avec la division Château-Renault et les galères. Il échoue (4). Avec toutes nos forces navales, en septembre, il pense enlever Syracuse : un violent sirocco, qui dure dix jours, donne aux Espagnols le temps de meltre la place en état de défense. Et tout notre déploiement de forces navales n'aboutira qu'à la prise d'une u entilade » de bourgades où Taormina seule fait figure : il a fallu débarquer douze cents fantassins et autant de soldats des galères de La Brossardière pour enlever la ville et, le :2l octobre, le fort de la Mola qui la domine. A Scaletta, " lieu prodigieusement haut et rapide, i> ce sont les troupes de Preuilly et d'Oppède, soutenues du canon des
(1) GuARblONK, p. 342.
(2) Gérard Callenhiirgh au marquis de Villafranca. .V bord de la Co>icorde ou Eeiidruqt, baie de Païenne, 6 août; — Le marquis do Villafranca à Callenburgh. Miluzzo, 16 août (Archives de Simancas, Secretarias provinciales, legajo 1238).
(3) Du Quesne à Vivonne. De l'année navale entre Lipari et le Phare. 17 août, du cap Mortelo, 18 août (B. N., Franc. 8032, p. 113 : E. Sue, t. III, p. 168. — Conespondaiice du maréchal de Vivonnk, t I, p. 378). — Tourville à Colbert Messine, 26 août (Delarbee, p. 275).
(4) Correspondance du maréchal de Vivqsne, t. 1, p. 357, 367.
vaisseaux, qui le 9 novembre réduisent la position, a Le roi est maître en Sicile de soixante milles de côtes (1) : " il n'a rien à l'intérieur de l'île. Tel est le maigre résultat de la campagne.
La guerre dégénère en guérillas. Sur mer, un corsaire de Trapani surnommé Meza Luna nous fait autant de mal (2) que nos partisans Pietro Palatino et Giovanni Servonne en causent aux gens de Naples (3). Vingt, trente felouques de Messine armées en guerre interrompent si bien les convois de ravitaillement espagnols que le viceroi de Los Velès supplie les consuls des puissances neutres à Palerme de fournir des vaisseaux d'escorte (4).
Et contre nos vaisseaux de ligne, contre nos men of mar, dans l'ombre des ports, se prépare l'assassinat : deux mille pistoles pour un vaisseau pavillon, mille pour les autres, tel est le tarif du crime (5). L'instrument, ce fut, à Messine, de petits coffres remplis de feux d'artifice (6); à Toulon, « une grande caisse cerclée de fer, couverte de toile cirée, remplie d'un sac de poudre de près de cent livres, qu'une machine en forme de réveil-matin u devait enflammer (7) : mais aucune de ces machines infernales n'éclata.
Seuls à nous tenir tête, depuis que la flotte de feu Ruyter a regagné les Pays-Bas, les Espagnols nous opposèrent,
(1) Vivonne à Louvois. 14 octobre (C. Rodsset, t. II, p. 439). V^ivonne
à Louis XIV. Messine, 14 novembre (E. Sue, t. III, p. 177).
(2) 1675 (Domenico Antonio Parriso, Tcatro eroico e po/itico de' qoverni de vicere dcl regno di Napoli. Napoli, 1694, t. III, p. 439).
(3) Le 7 mai 1677, ils capturent quatorze bâtiments (Archives ]^at., E. 1789, fol. 201).
(4) Avis de Naples. 17, 24 et 31 mars; Rome, 20 avril 1677, etc. {Gazette de France, 1677, p. 301, 329, 353, 387, etc.).
(5) De l'aveu du roi d'Espagne (Lettres de Colbeet, t. III, 2'" p., p. 66).
(6) Gazette de France, 1676, p. 239
(7) Elle fut repêchée en rade dans des filets. L'intendant Arnoul à Colbert. Toulon, 12 mars 1676 (B. N., Nouv. acq franc. 21321, fol. 240. — Franc. 8032, fol. 74. — Archives Nat., Marine 6^22, fol. 156, 161, 263. — Lettres de Colbeht, t. III, 2' p., p. 66 note).
dans les mers de Sicile, un vétéran de leurs guerres navales, Fernando Carrillo, marquis de VillaHel. Depuis son mémorable combat contre le Lion Couronné en 1651, il n'avait cessé de nous livrer bataille, à Barcelone, à Naples, à Gastellamare di Stabiaj à Malaga, sauf pour aller protéger contre les flibustiers anglais les colonies du Nouveau- Monde (1). C'était un vieux brave, couvert de blessures, et aussi un homme habile : il le montra. Débarquant avec quinze cents soldats à Palerme en dépit de nos croiseurs, il déjoua nos coups de main, tel celui que le lieutenant Heurtin et l'ingénieur Lambert avaient préparé contre Syracuse(2). Il nous lassa. Louis XIV réduisit à sept galères, au lieu de vingt-deux, l'escadre réclamée par Vivonne pour la garde de Messine (3). Les troupes d'occupation désertèrent en masse : lors d une revue passée par Vivonne, les deux tiers des soldats, quatre mille trois cents sur six mille neuf cents, manquèrent à l'appel (4). Nos jours en Sicile étaient comptés.