CONTINUATION DE LA CAMPAGNE DE CATALOGNE
Ainsi posé, Vincheguerre jouit d'assez d'autorité pour se voir confier les apprêts de la campagne navale de 1643. De vingt galères qu'il a ordre de tenir prêtes (2), neuf escortent un corps de troupes en Catalogne (3) et occupent Cadaquès (4), «le seul lieu où pouvaient radder les vaisseaux (5) » . Elles servent de fourriers aux vingt-quatre navires de guerre (6) qui composent avec treize brûlots l'armée navale de Brézé (7).
a Comme les affaires du Roy ne sont pas en estât de porter ceste despanse extraordinaire, » Brézé a proposé à Mazarin de l'assumer partiellement, sauf à recouvrer sa mise sur les prises » que nous ferons sur les Turcs et les Espagnols » . Le plan de campagne qu'il a soumis au cardinal, est d'un « sucsès presque infalible (8) n . Et de fait,
(i) Mémoire de 1036 (Affaires Étrangères, Mémoires et documents 826,
fol. 170). , . ^. .
(2) Le roi à Vincheguerre. 1" mai 16W (Guerre, Archives historiques /■*,
(Sl'vincheguerre à Chavigny. Marseille, 26 mai ; — Baillebault à Chavigny. Marseille, 25 mai (Affaires Étrangères, Mémoires et docianeiits
846,'fol. 187-188).
(4) Le roi à Vincheguerre, 8 avril (Guerre, Archives historiques /•*,
fol. 41 et 100). . . . ., ,r
(5) D'Infreville à Brienne. Toulon, 4 avril 1644 (Archives Nat., Marine
B^, fol. 22). , .
(6) Leur état se trouve dans le volume des Affaires Etrangères, Mémoires
et documents 847, fol. 239).
(7) Des Gouttes à Chavigny. Toulon, 22 juin 1643 (Affaires Etrangères, Mémoires et documents 846, fol. 205).
(8) Lettre de Brézé au Maréchal son père, non datée, mais contempo-
le 9 août I6i:i, un de ses détachements (l] enveloppe trois fréfjatesduiikerquoises et trois transports (pii vont ravitailler Rosas. Après un court engagement, nous fumes » assés heureux pour ne rien laisser sauver de l'escorte ni du convoy » : la mise hors de combat de sept cents hommes ne nous en coûtait qu'une cinquantaine. Je m'en vais «chercher les ennemis, écrivait le vainqueur, le long de toutes leurs costes et en tous les lieux où je croiray estre assés heureux pour les rancontrer (2) » .
Dans le port « le plus difficile, le moins connu des estrangers, le mieux gardé de toute la Méditerranée, » à Carthagène, une division s'est garée derrière une double estacade de chaînes, de mats et de bateaux que défendent les cent canons de la forteresse. Tout autre queBrézé hésiterait à attaquer. Mais lui forme trois colonnes |)our charger « vaisseaux, ville, chasteau et plates-formes " , lorsqu'il est rejeté au large par un violent coup de vent.
Bataille navale du cap de Gâta ou de Carthagène.
(4 septembre 1643.)
Comme il court des bordées par le travers du cap de Gâta, ses vigies signalent vingt-cinq « navires de force <• . Au jour, le 4 septembre, on discerne le pavillon amiral d'Espagne et celui de Naples sur deux puissants galions et,
raine flu inouient où il a été « ressu " et ses lettres entérinées au Parloiuenl. 1643 (Oodard-Faultrikr, Lettre inédite du jeune amiral A.-J. de Maillé- Brézè, p. 12\
I) Le Saint-Charles, la Perle, le Lion-Couronné, l'Europe, le Triton, tu Duchesse, commandés par Gabaret, Maran, Des Gouttes, de La Lande, Saint-Martin, La Ferté, à la remorque de neuf galères.
(2) Brézé à Mazarin. 23 août 1643 (B. N., Nouv. acq. franc. 93D0, foi. 1). — i> La prise de si.>c vaisseaux ennemis par le duc de Brézé sur la coste de Barcelonne » (Gazette de Frnnre, 1643, p. 735). — MigutI Paukt.s, dans \c Mémorial histôrico espanol, l. XXIV, p. 127.