COMBAT NAVAL DES BLANCS-S ABLON S AUX " CROYX PRIMOGCET
Ce grand marin n'était pas René de Clermont. Sorti un moment de Brest avec quarante-sept navires pour courir des bordées contre la flotte anglaise, il avait promptement regagné son refuge, en apprenant sans doute la jonction de Lezcano et d'Howard {"2) . Le vengeur attendu était Prégent de Bidoux, qui arrivait du Levant avec six galères (3).
Au printemps de 1513, quand les opérations navales recommencèrent, la situation politique était complètement modifiée en notre faveur. Les traités des 23 mars et 1" avril 1513 nous débarrassaient de deux redoutables adversaires, Venise et l'Espagne, tandis que l'Ecosse nous promettait une vigoureuse diversion- en Angleterre et l'envoi de sa flotte (4). Exclusivement dirigés contre l'xVngleteri'c, nos armements purent donc être des plus imposants. Un espion anglais, qui parcourut nos cotes au mois de mars, compta
(i) I^cttre de Prégent de Bidoux. Le Conquet, 28 avril 1513 (Spoxt,
(2) Lettre de W. Kiiiglit à Wolsey. — Saint-Sébastien, 4 octobre 1512 (Ellis, Original Lettcrs, 2'' séries, t. I, p. 202). Notre Hotte désarma à cette époque. Le 13 octobre, le Saint-Sauveur était remis à la ville de La Rochelle ; la ville avait refusé de prêter ses canons pour remplacer l'artillerie perdue dans la Curdelicre (Anios IUrbot, Histoire de La Rochelle^ t. I, p. 475).
(3) Lettre de P. IMaityr. Logrono, 28 scplendjre 1512 (Epislolue, n" 500 : Spoxt, p, 58).
(4) Lettres de Spinelly à Henri VIII. Blois, 25 février 15 13 (Spont, p. 75).
vingt-neuf vaisseaux de guerre en Normandie, trente-trois autres et dix galères à Brest, où l'on attendait encore une vingtaine de navires de guerre (1), précisément les bâtiments normands.
Ceux-ci s'ébranlèrent sous le commandement du viceamiral de Bretagne, Guyon le Roi, sieur Du Ghillou, preuve évidente que les marins normands n'avaient plus confiance dans leur vice-amiral, Clermont. Forte de quinze ou seize voiles, elle jeta l'ancre, le 2G mars, près de Guernesey, où elle devait être rejointe par la flotte bretonne, qui avait appareillé à Bi-est ce jour-là (i2) . Bon et compatissant pour les insulaires de Guernesey etd'Aurigny, auxquels il donna des lettres de sauvegarde, Du Ghillou répondit fièrement au capitaine du châleau de Guernesey qui l'avait envoyé menacer : » 8i j'avoye le temps de povoir demourer, . . . vous m auriez si près de vous que vous n v auriez nul proffict (3) . ).
L'objectif de l'expédition française n'était point en effet la conquête des îles anglo-normandes, mais la prise dun port anglais, Plymoutli ou Falmouth (i). Dès le 13 mars, Prégent de Bidoux, (juittaut a la Ghamljre de Brest " à la tète de six galères et quatre briganlins, était parti reconnaître la cote anglaise (5). Sa réputation l'avait précédé. A l'ambassadeur d'Angleterre, qui déclarait sans appel les sentences d'excommunication pontificales : « Moi, j'en appellerai à Pierre-Jean, pirate et apostat, capitaine des
(1) Lettre de Spinelly. Malincs, 21 mars (Spom', p. 90).
(2) I^ettrede l^ierrede llohan. Brest, 26 mars (B. N., Dupiiy 261, fol. 16 : Spost, p. 98). — Le 27 mars, l'escadre normande arrivait à Brest et lyouis de Bigars remettait la Rouen au.v officiers de la reine {Catalotpie. . Lormicr. Paris, Charavay, 1902, n» 1338).
(3) 26 mars (British Muséum, Caligula E t, fui. 131. — B. N., ms. lat. ITOO'*., fol. 254. — Si'ONT, p. 99).
(4) Lettre de Middelbourg. 20 niixvs (Lettos and papcrs. . . of Henry VIII, éd. Brkwer, t. 1, 3814. — Spost, p. xxxii, n. 2).
(5) B. N., Dupuy 261, fol. 16.
galères de France, » avait répliqué le roi d'Ecosse (1).
Nos projets d'attaque se trouvèrent ruinés par la brusque arrivée de la flotte de l'amiral l£dA\ard Howard à Plymouth dans les premiers d'avril (:2) . Howard avait vingtquatre vaisseaux de guerre et six mille quatre cent quatrevingts hommes, chaque vaisseau llanqué d'un transport de vivres (3).
Prégent était de retour dans la rivière de Portrieux, quand une lettre du vice-amiral Du Ghillou, qui s'était replié sur Brest, lui aj)prit l'approche de la flotte ennemie. Il relïroussa aussitôt chemin vers Brest. Mais déjà les Anglais, embossés devant Saint-Mathieu depuis le 1 1 avril, lui barraient la route. Laissant à l'Aber-vrac'h son escadre, Prégent monta à cheval et se rendit à Berlheaulmc trouver le grand maître de Bretagne. Il avait besoin de rameurs de rechange et de « gens de cap " . Des marins bretons, au nombre de deux cents, et des soldais tirés de l'escadre du vice-amiral comblèrent ses vides. Avec ces renforts, il reprit la mer à l'Aber-vrac'h, afin de pénétrer dans le goulet en forçant le blocus.
Découvert par six navires éclaireurs (il, qui donnèrent l'alarme, il était le 22 avril a au Croyx Primoguet » , dans la baie des Blancs-Sablons, quand une cinquantaine de bâtiments apparurent au vent. Il dut à une saute de brise de n'être pas enveloppé par eux. Bien mieux, aux rares navires qui passèrent à portée de pique, il envoya bordées sur bordées, et sans subir d'autre perte que celle d un petit
(i) Lettre d'Henri VIII. Londres, 2 avril (Sam;to, t. XVI, col. 199 : Spo>t, p. 125).
(2) Howard date une de ses lettres de Plvniouth. 5 avril (Ei.i.is, 3'' séries, t. I, p. 196 : Spoxj, p. 103).
(3) Liste de la Hotte d'Howard en mars 1513 (Spont, p. 79-88).
(4) Le liaptlsle d'Harwich (62 lioiiuiies d'équijjagc), le l'Itonias de Hull (76 hommes), la barque de la Gabiiclle (68 hommes), la barque amirale (68 hommes), 2 ou 3 bateaux. Lettre d'Edward Howard à Henri Vlll. Saint-Mathieu, 17 avril (Spont, p. 127).
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brigantin, il coula un vaisseau, deux bateaux chargés d'hommes et força la Lesse Barke de Stephen Bull à laisser arriver, avec sept boulets dans ses œuvres vives (1).
Howard se trouvait entre deux feux . Il avait essaye auparavant d'attaquer la Hotte du vice- amiral Du Chllloii sous les murs de Brest. Mais comme il s'avançait en ordre de bataille dans le goulet, le vaisseau du prince Arlhur Plantagenct s'était échoue sur un écucil, et lIo^\ard, faute depilote, avaitdù regagner la baie de Bertheaulme. Du Cliillou s'était fortifié à la hâte sous le château de Brest, en plaçant en avant de sa flotte vingt-quatre grandes hourques qui devaient, avec le flol, dériver tout en flammes sur la flotte anglaise en cas d'une nouvelle attaque (2).
En présence de cette résistance, 1 amiral Howard décida de débarquer plusieurs milliers d'hommes dans la presqu'île de Kcrmorvan, entre les Blancs-Sablons et Le C()n(|uct, pour prendre à revers les galères de Prégent. Le 21 avril, les troupes de débarquement étaient déjà transbordées sur les légers transports à munitions, quand on leur donna contre-ordre. Un autre plan, proposé par l'Espagnol Alonso Cdiarran, capitaine d'une carraquc, avait prévalu. II consistait à attaquer directement les galères provençales, pendant que les grands vaisseaux, retournant mouiller à quatre milles de là, devant Saint-ÎNIathieu, s'opposeraient à toute tentative de sortie de la flotte du vice-amiral Du Chillou. Et par un vrai coup de tête, l'amiral Howard se plaça luimême, avec ses principaux capitaines de vaisseau, Ferrers, Sherborne, Gheyney, Wallop, Wiseman,Brown etToley (3),
(1) Lettre de l"'régent de Ridoux. Le Conquet, 28 avril (SpOnt, p. 134 et p. xxxii, n. 2). — Rapport d'Echyngham à Wolsey. Ilaiiiplon, 5 mai (Spom', p. 146). — Lettre d'Acciajuoli, 30 avril (Stont, p 140)
(2) HoLixsuED, cité par Spokj', p. xxxv.
(3) Capitaines des grands vaisseaux Sorcrcùjii, Grcat Jja?-/,, Crjsl, Suiiclio de Garra, Ciistofer Davy, Peler Pomcqarnet, Sivcpstake (Cf. Spont, p. 87, note 1). — Alain Bouciiart, foi. 274.
à la télé des navires légers désifjués pourl attaque des galères. Mais que ne peut faire le dépit? Howard, après avoir réussi à bloquer notre flotte, aurait, dit-on, écritau roi d'Angleterre de venir cueillir lui-même le triomphe. En cette journée du 24 avril, Echyngham, qui amenait à la flotte anglaise un convoi de neuf crayers chargés de vivres, lui aurait rapporté cette sèche réponse d Henri VHI : a Faites votre métier (l). » Les Anglais, parait-il (2), s'étaient moqués des galères de Bidou.v : u Ca, des araignées! » disaient-ils en haussant les épaules. Les " araignées " n'avaient point que de longues pattes; 1 ennemi allait faire connaissance avec leur venin.
Prégent de Bidoux, aidé par le grand maître, par M. de Tavarant et par Du Chastel, avait hâtivement élevé sur les rocs les plus avancés de la côte quelques u repères " garnis de quatre pièces de canon. Et l'on sait quelle forteresse naturelle constitue, à l'extrémité de l'anse des Blancs-Sablons, la pointe de Kermorvan. Aussi, le 25 avril, la roberge la Rose, qui arrivait en tête de l'escadrille ennemie, filant à grande allure vent arrière, fut-elle accueillie par le feu croisé des galères et des batteries de terre, de trois magnifiques l)asilics entre autres, enlevés aux Vénitiens à Agnadel, dont un seul coup suffisaità couler un navire (3). En un instant, la /îo^e perdit cent dix-neuf hommes sur cent soixante-quinze. L'amiral Howard était néanmoins parvenu à sauter sur la rambade de Prégent avec dix-sept de ses hommes, quand 1 amarre enroulée autour du cabestan de la capitane se défit, et la Rose déborda. « lletournez à 1 al)ordage ! à l'abordage! » criait Howard; mais les piques de nos marins le clouaient déjà contre le garde-fou. Et on vit
(1) IloLiNSiiEi), reproduit dans Si'ont, p. xxxmii.
(2) Yai.iîelle, B. ^" , Franc. 5072, fol. 30.
(3) Prégent les avait à son bord (l^. M.vrtyr, Epislola 498, 3 sept. 1512). — Prégent était énergiquement secondé par le patron Dominique Séguier, de Marseille (Ruffi, Hist. de Marseille, t. II, p. 349).
le malheureux tomber par-dessus bord, après avoirdétaché de son cou son sifflet d'honneur, qu'il jeta à la mer.
En vain, la roberge le Henry, conduite par le capitaine du Sovereign, Ferrcrs, avait-elle essavé de dégager l'amiral; elle avait dû reculer à son tour, avec quarante-cinq hommes hors de combat. Trois autres bâtiments chargèrent désespérément notre capitane : mais Sherborne et Sidnev perdirent dix hommes en cherchant à en briser les rames, Tolly eut trente-deux tués et blessés, Wiseman n'avait plus un seul des siens sain et sauf, sans que pourtant aucun d'eux, non plus que les capitaines de la Jenett Purwyn, de l'Elisabeth de Newcastle qI des autres l)ateaux, parvint à jeter le grappin sur nos galères.
Les assaillants battirent en retraite confus et, après un court conciliabule, rallièrent leur flotte devant Saint- Mathieu. Le soir même, tous les navires ennemis disparaissaient au large. Le lendemain 26 avril, comme Prégent, doublant la pointe de Kermorvan, jetait l'ancre au Conquet, on vit paraître un bâtiment portant le pavillon à croix blanche des parlementaires (1). Les capitaines Ghevne, GoriiAvall et Wallop venaient s'enquérir du sort de leur amiral.
« Je ne 1 ai pas parmi mes prisonniers, répondit Prégent, mais un des hommes qui ont envahi ma galère avait un écu doré : ce serait, si j'en crois mes prisonniers, votre amiral; il fut précipité par-dessus bord à coups de pique. " Pour s'assurer du fait, Prégent donna ordre de " pescher les mors » . Le i8, on lui apporta le cadavre de l'amiral Howard. Après l'avoir fait embaumer, Prégent demanda au roi l'autorisation d'en garder le cœur comme trophée (2) .
(1) Ainsi, l'année suivante, la Rochclaise, commandée par Philippe Roussel, arbore en approchant du Port-Blanc un étendard carré, marqué d'une croix blanche, >' que signitie asseurance » (Spost, p. 198, note),
(2) Prégent de Bidoux nous a laissé un récit très vivant de 1 action, dans
A la reine Anne, il envoya le sifflet de commandement du vainqueur de Porlzmoguer, en retour du sifflet qu'il avait reçu d'elle. ^ladame Claude, fille du roi, eut en présent la dépouille » dudit millort » , probablement l'uniforme de damas vert et blanc qu'Henri VIII donnait à ses capitaines (1). Enfin, pour Louis XII, Prégent fit exécuter un tal)lcau représentant le lieu du combat. J'espère, ajoutait-il, que « le bon recueil qu'on leur a fait les gardera que une auUre fois ne seront point si oulUecuidéz (2) n .
Il ne se trompait pas. La flolle anglaise était retournée à Plvmouth complètement démoralisée. L'amiral Thomas HoAvard, qui avait succédé à son frère, disait de ses hommes : « Jamais on no vit gens plus terrorisés par les galères que ne le sont tous les maîtres et mariniers ; ils aimeraient mieux aller en purgatoire que de retourner à leur métier i>\) . " Aussi Thomas Howard n'cssava-l-il point de réparer l'échec sul)i en Bretagne (4).
Pourqnoi nous ne profitâmes point de cette inaction pour prendre l'offensive, la raison en était dans notre infériorité numérique sur mer, que d'activés négociations tendaient à faire disparaître. Charles de Tocquc de La Motte, notre ambassadeur à Edimbourg, navait cessé de faire le va-et-vient entre la France et la Calédonie. L'année précédente, il avait coulé en roule trois vaisseaux anglais et amené sept prises à Leilb. A peine de retour en Normanune lettre adressée du Conquet, le 28 avril, à Floriinond Robcrtet. Elle fut aussitôt iinpriuu'c et répauduc partout sous le titre : Le double des lettres envoyées en coml jjki- Précjcnt, cupitaine des ^allées du Hoy nostre sire en sou armée de la mer. l\ouen [1513], petit in-^-" : réimprimée dans SrojiT, p. i34-i;39.
(1) T.cttre d'Antonio Bavarin. Londres, 9 avril i513 (Spoxt, p. 109).
(2) Lettre de l^régent de Bidoux à Florimond Robertet. Le Conquet, 28 avril 1513 (Spont, p. 137). — llapports d'Echyngham et de Thomas Howard (Spoîst, p. 148 et 156).
(3) Lettre de Thomas Howard. J^lymouth, 7 mai (Spo^T, p. 159).
(4) Lettre de Thomas Howard à Wolsey. Hampton, 5 juin (Spont, p. 167).
die, cet homme énergique reprenait la mer par un temps des plus rudes, le 12 novembre, et avec un seul bâtiment, la Petite-Louise d'Adenet Legendre. Et sans doute, les munitions qu'il apportait aux Écossais, des centaines de boulets de fer et quinze milliers de poudre, sans parler des u poinçons de vin de Beaune » (l), ne furent-elles point sans influence sur le renouvellement du pacte d'alliance, le 29 novembre (2).
C'est de ce pacte que La Motte vint réclamer l'exécution, en mai 1513, à la tête d'une escadrille, ta Petite-Louise, le Sacre et la Lévriève, qui partirent de Brest et passèrent par la mer d'Irlande {}i). Simultanément, tant il était urgent de presser le départ de la flotte écossaise, le corsaire calédonien Robert Barton quittait Ilarfleur pour aller la quérir. C'était un redoutable marin que Barton. Pour se venger de la prise injuste de ses bâtiments par l'amiral Edward Howard, il avait pris fait et cause pour nous, avant même que le roi Jacques IV se fût déclaré notre allié, et après avoir capturé treize bâtiments britanniques, il était A^enu se faire construire à Harfleur un superbe vaisseau, le Lion, que montaient trois cents hommes (4).
Prié de tenir ses engagements, Jacques IV s'en acquitta royalement. Tandis qu'il envahissait l'x^ngleterre à la tête d'une grosse armée, toute sa flotte appareillait le 26 juillet pour nous porter secours. Les amiraux comte d'Arran et James Gordon de Lettcrfury, pilotés par le Malouin Rouxel, amenèrent à Brest trois mille hommes et vingt-cinq bàti-
(1) Contrat passé avec Lcgendrc pour le passage de La Motte. Rouen, 1" novembre 1512 (B. N,, Franc. 20977, fol. 206 : Spont, p. 68, 70).
(2) John Lesi.ey, De origine, nioribns et rébus qestis Scotorum libri (leticm. liomae, 1578, petit in-V, p. 358.
(3) Déposition du pilote de la Petite-Louise, llouxel (llecoid OfHce, Chapter hanse book 83, p. 67 : Spoxt, p. 169, note 2). — I.a Motte arriva le 14 mai en Ecosse et repartit le 29 (Lesley, p. 358).
(k) Spo.nt, p. 93 : Lesley, p. 355, 357.
ments, dont trois vaisseaux de premier rang, le Great-Michael, la Margaret et le James (1). Vainement, dans la croyance qu ils franchiraient le pas de Calais, l'amiral Thomas Howard les avait guettés du côté des Dunes avec une flotte bien supérieure, cinquante-quatre vaisseaux et dix mille hommes (2). Il n'intercepta que deux grands bâtiments, l'un danois, l'autre écossais, envoyés à notre secours (3).
Jacques IV nous rendait un double service. Par sa diversion en Angleterre, il enrayait l'invasion de la France, que dirigeait en personne Henri VIII. Et l'appoint de sa flotte nous permettait de prendre l'offensive. Rejointe à Brest par sept vaisseaux bretons (4), l'escadre écossaise rallia en rade de Villerville, près Ilonfleur, l'escadre normande du vice-amiral Du Ghillou (5). Toutes les divisions navales eurent leurs équipages renforcés; Bidoux reçut cent arquebusiers gascons (6) ; James Gordon, bien monté pourtant en équipages (7), se vit allouer en supplément quatre
(i) Lesley, p. 359. — Epistolae Jacobi Qiiarti, t. I, p. 214. — Exchenuer Rolls of Scotland, t. XIV, p. lxxvii. — Francisque Michel, les Français enÉcosse, t. I, p. 328. — Saxuto, t. XVI, col. 585. — Spo>t, p. 176.
(2) Cf. la liste de la flotte en juillet 1513, publiée par Spoxt, p. 171.
(3) Lettre de Bavarin. Londres, 3 septembre (Sanuto, t. XVII, col. 188).
Lettre de Pierre Martyr d'Angiiikra. Valladolid, 25 octobre {Epistnlae,
(4) Les Nefs de Brest, La finclielle et Bordeaux, et quatre sur huit des bâtiments bretons armés l'année précédente. Lettres de Louis XII au grand maître de Bretagne. Août (Spoxt, p. 175). — Le capitaine de la Nef de Bordeaux, Pierre Moraud de Trébilieuc, reçoit en surcroit 7 pièces de canon et 9 hacquebutes de fonte pour servir à l'armée de mer. Oitobre (De La Nicollikre, La marine bretonne an wi'' siècle, p. 105).
(5) Xa L.ouise, navire amiral dont le capitaine de pavillon était Louis Le Brun de Sallenelles, la Trinité d'Antoine de Conflans (200 hommes), le Tyran d'Artus de Fatonville (90 hommes), la Françoise de Jacques d'Estimauville (90 hommes), etc. (B. N., Franc. 26114, p. 46 : Spont, p. 177).
(6) Lettre de Joubert, lieutenant de l'amiral de Guyenne, au roi. La Bochelle, 20 juillet (Spoxt, p. 172).
(7) Bobert Barton, gentilhomme écossais, capitaine du LJon, avait 260 hommes; Guillaume Brochel , gentilhomme écossais, capitaine de la Juliane, barque de 120 tonneaux, avait 120 Écossais, etc. Honfleur,