LE VOYAGE DE " L'ESPOIR » ES INDES MÉRIDIONALES ET OCCIDENTALES
Quelle impression produisit en France la découverte sensationnelle de Christophe Colomb? Aucune chronique ne nous l'apprend. Mais quoi de plus éloquent que cet incident de roule, relevé par Las Cases? Lors de son troisième voyage en Amérique, en mai LiOT, Colomb dut chercher à Madère un abri contre des corsaires français aguichés par les richesses des Terres Nouvelles.
Les plus habiles de nos pilotes — c'est le cosmographe Garcie-Ferrande qui décerne aux Honfleurais ce titre — se procurèrent un manuscrit de Marco Polo (1), et en confièrent la garde à Téchevin de leur confrérie (2). L'échevin
(1) Le propre manuscrit du roi Charles V. Maintenant à Stockholm, le manuscrit porte la signature de Symon du Solier, de Honfleur (L. Delisle, compte rendu du Livre île Ma?To Polo. Fac-similé' d'un manuscrit du xiv'' siècle. Stockholm, 1882, in-V", dans la Bihliothérine de l'Ecole des chartes, t. XLIII, p. 228).
(2) Svmon du Solier était échevin en 1489 (Cli. et P. hnv.knD, Documents relatifs a la marine normande et à ses armements aux xvi* et xviii^ siècles pour le Canada, l'Afrique, les Antilles, le Brésil et les Indes. Rouen, 1889, in-8", p. kk).
était Fami de Malet de Graville, dont il hébergeait l'artillerie navale (1) .
Du manuscrit corporatif, l'amiral de Graville se hâta de tirer copie (2), tant les récits du îameux Million sur TExtréme-Orient redevenaient d'actualité. N'était-ce point à la lecture de Marco Polo que Colomh devait les illusions de son premier voyage, quand il prit Cuba pour la terre de Quinsay, résidence du grand Khan, et les Azitillcs pour les îles des Épiées, dont l'une, entre sept mille autres, était habitée par des Amazones (3).
Et voici justement qu'il en était question dans un conte fantastique adressé à l'un des capitaines inscrits sur les listes de la confrérie honfleuraise, Jean de Porcon (4). Par leurs allusions à l'île des Amazones et aux îles innombrables avoisinant le royaume du Prêtre-Jehan, n les Nouvel/es admirables, lesquelles ont envoyées les patrons des gallées transportées du vent es parties des Indes (5), » semblent un écho de la découverte colombienne, dont elles seraient contemporaines (<)) . L'écho ne retentit point dana le vide.
Honfleur fut alors pour nos marins ce que fut Lisbonne,
(t) Symon du Solier logeait dans son cellier l'artillerie de Ift nef amirale Louise (Archives du Havre, EE 79),
(2) Actuellement B. N., JMouv. acq. franc. J880.
(3) Navarrete, Coleccion de viajes y desciihrimientos que liifieron pov mar lo.i Espaùoles desde fuies del sifjlo XV. Madrid, 1825-1837, in-4", t. II, p. 58.
(4) Depuis 1494. En J501, après la mort de Porcon, durant la campagne de Mitylène, sa veuve, Cardine, le remplaça sur les rôles de la Confrérie (Registre de la Confrérie Notre-Dame, ù Honfleur).
(5) Musée Condé à Chantilly, Imprimé IV B. 60 : cf. suprù, t. II, p. 396.
(6) Un exemplaire des JSntii'el/cs (tdmirablcs est en effet conservé à la bibliothèque publique de Nantes, dans un lot d'opuscules de la fin du xv'^ siècle. Et l'estampe gravée au verso du titre est la même que celle des Bulletins de l'Armée d'Italie, en 1494 (Cf. Rhuset, Manuel du libraire, t. IV, col. 118). — Cf. également Ferdinand Dems, Le monde enchanté, cosmographie et histoire naturelle du moyen âge. Pai'is, 1843, in-32.
ce que fut Séville pour les conquistadors, le port d'où Ton cherchait à gagner les Indes par TOrient et TOccident. Le Honfleurais Jean Denys (1), en 1506, piloté par Gamart de Rouen, donnait son nom au havre de Terre-Neuve qu'on a depuis appelé Rognouse (:2). Et en 1508, un transfuge de la confrérie Notre-Dame (3), Jean Ango, le père, envoyait dans les parages américains lo Pensée du capitaine Thomas Aubert (4) .
L'un et l'autre n'avaient fait que suivre les traces de Gortc-Real. Mais leurs compatriotes devancèrent sans doute Cabrai. Quand les Portugais arrivèrent au Brésil en 1500, les indigènes leur firent comprendre que d'autres étrangers, habillés de même, étaient déjà venus, mais qu'ils avaient généralement la barbe rousse. Les Portugais en conclurent que c'étaient des Français (5). Ils ne se trompaient point. Tous les témoignages concordent à cet égard : des armateurs de Sain t-Pol -de-Léon revendiquent énergiquement, en 1528, leur titre de premiers occupants dans la partie nord du Brésil (G). Au même titre que les Bretons, les Normands «maintiennent avoir premiers descouvert ces terres et d'ancienneté trafiqué avec les sauvages du Brésil contre
(i) Dont l'un des vaisseaux revenait, en 1492, richement chargé de Messine et de Naples (B. N., Franc. 15540, fol. 132 : Spo:^t, [m marine française sous Charles VIII (1483-1493), tirage à part, n. 43).
(2) Un armateur rouennais, en 1544, laissa des barques « en la terre neufvc au havre de Jehan Denys, dicte Rongnouse « (B. N., Franc. 24269, fol. 55). — G.-B. PiAMU.sio, Eaceolta délie nnvigatinni et i'ia(/f/i. Venezia, 1565, t. III, fol. 423. — II. II.XRiiissE, Jean et. Sébastien Cabot. Paris, 1882, in-8", p. 249, 273.
(3) Ango, inscrit sur les registres de la confrc'rie de Ilondeur jusqu'en 1506, cessa, cette année-là, de payer sa cotisation : en 1518, on le mentionnait comme absent depuis douze ans (« Registre des deniers deubz à la confrairie fondée on l'église Notre-Dame de HonHeur» : Cf. BnK.\RD, p. 44).
(4) Ramusio, passage cité.
(5) Copia des Neweii Zeytung auss Pressilig land, à Dresde : Relation allemande des débuts du xvi" siècle (P. Gaffarel, Histoire du Brésil français au xvi° siècle. Paris, 1878, in-8% p. 25).
(6) Lisbonne, Archives de la Torre do Tombo, Corpo chronolor'im p. I, liasse 41, doc. 80.
la rivière de Saint-François, au lieu qu'on a depuis appelé Fort Real. » S'ils n'eurent, comme le leur reproche l'historien des Tî-ois Mondes, « ny l'esprit, ny discrétion de laisser un seul escrit public pour asseurance de leurs desseins (l) " , c'est quils étaient évincés d'avance. Le monde à découvrir avait été partagé entre Espagnols et Portugais, au lendemain de la découverte de Colomb, et à empiéter sur les co-partageants, on s'exposait aux foudres pontificales. En traçant la fameuse ligne de démarcation qui passait à cent lieues à l'ouest des Açores, Alexandre VI avait frappé d'excommunication, le 6 mai 1 493, tout étranger qui s'aventurait dans les concessions hispano-lusitaniennes.
Un hasard seul nous a conservé la preuve que " Dieppois, Malouinois et autres Normands et Bretons " allaient au Brésil " d'empuis aucunes années " avant 1503. Pour échapper aux droits d'aubaine dont on prétendait la frapper comme issue d'un étranger, une famille Paulmier allégua que cet ancêtre, un sauvage, n'était point un oubain, mais un otage gardé contre la foi des engagements. Et elle produisit, à l'appui de son assertion, la relation de voyage du vaisseau [Espoir...
Les denrées exotiques rapportées des Indes Orientales par Vasco de Gama, Cabrai et Nova (2) avaient allumé les convoitises de commerçants honfleurais de passage à Lisbonne. Une mûre enquête leur apprit quelle large marge de bénéfices laissait la vente du poivre, de la cannelle, de la noix muscade, du camphre et de l'indigo, quand on allait s'approvisionner à Cochin (3). De retour à Honfleur,
(1)La PopeliniÈre, Les trois Mondes. Paris, 1582, in-8", livre III, p. 21.
(2) De retour à Lisbonne les 29 août 1499, 23 juin 1501 et 11 septembre 1502.
(3) Cf. la liste des denrées achetées à Cochin par un facteur italien, lors du second voyage de Gama. 30 mars 1503 (D' Franz Hummerich, Vasco da Gama nnd die Entdedaing des Seewegs nach Ostindien. Munchen, 1898, in-8», p. 200).
Binot Paulmierdc Gonneville (1) et ses compagnons n'eurent pas de peine à trouver des commanditaires disposés à tenter eux aussi la fortune (2). Le petit bâtiment de cent vingt tonneaux qu'ils équipèrent pour l'Inde avait comme Dieuconduit VEspoir.
Dans un bâtiment aussi faible, comment put-on embarquer soixante hommes, des vivres pour deux ans, des objets de troc par milliers, des verroteries par quintaux, des toiles, des pièces de drap et de velours par centaines? Mystère de l'arrimage! L'Espoir appareilla le 24 juin 1503, après une communion générale de l'équipage dans l'église de Honlleur. Pour une traversée aussi nouvelle et aussi longue, deux des armateurs, Andrieu de La Marc et Antoine Thiéry, avaient été adjoints comme conseils au capitaine de Gonneville; et deux Portugais, qui avaient été à Calicul, Basliao Moura et Diogo Gohinto, aidaient de leurs souvenirs le " bon vieux routier » de mer Colin Vasseur (3).
La route relevée dans les instructions nautiques de Yasco de Gama, était de gouverner au sud à partir de Santiago du Cap Vert, en prenant, à la rencontre des vents alises, la bordée du sud-ouest pour courir bàbord-amures, tant que le vent refuserait; on tombait alors dans la région où le bâtiment avait en plein le cap de Bonne-Espérance
(1) BnK.vno, Notes sur la famille du capitaine Goitiierille. Rouen, 1885, in-8".
(2) Etienne et Antoine dits Ttiiéry, Andrieu de La Mare, Batiste Bourgeoz, Thomas Athinai, Jean Carrey, de Honfleur.
(3) Nous connaissons l'expédition de l'Espoir : i" par la " Déclaration du voyage du capitaine Gonneville et ses compagnons es Indes » devant « les gens tenants l'admirauté... à Rouen » (Bibl. de l'Arsenal, manuscrit H. F. 24 ter, publié par M. d'Avezac, Relation authentique du voyage du capi' taine de Gonneville. Paris, t869, in-8"); — 2" par une relation abrégée servant de rapport de nier, conservée au xviii"= siècle encore dans les archives du baron de Gonneville (publiée par Margry, Les navigations françaises et la révolution maritime du xi\^ siècle. Paris, 1867, in-8", p. 159-162). Cette relation abrégée fut envoyée, dès 1659, à André Du Chesne, historiographe du roi, par l'abbé Pauluiicr, descendant du sauvage Essomericq (B. N., Collection De Camps 124, fol. 109-114).
et chances de vent pour le doubler. C'est ainsi que Pedralvarez Cabrai avait rencontré fortuitement le Brésil, c'est ainsi que l'Espoir doubla le cap Saint-Au{^ustin. La ligne coupée le 12 septembre, V Espoir tira pendant deux mois vers le sud. Le 9 novembre, la rencontre de longs roseaux flottants semblait annoncer le voisinage du cap de Bonne- Espérance, lorsqu'une tempête d'une extrême violence emporta le bâtiment à la dérive. A l'ouragan, succédèrent les calmes meurtriers, aux pluies fétides, de la région si connue de nos marins sous le nom de Pot-au-Noir.
Des oiseaux venaient du sud et y retournaient, indice d'une terre prochaine. Tournant le dos à 1 Inde orientale, on parvint en effet, le 5 janvier ISO^, en vue d un continent; le lendemain, l'Espoir s engageait dans une rivière (i quasiment comme » 1 Orne. La terre était habitée. On apercevait des hameaux d'une cinquantaine de cabanes et plus; fermées, comme les étables normandes, d'un loquet de bois sur une porte en treillis, ces cabanes, en tissu d'herbes, avaient comme mobilier des nattes et de la vaisselle en bois enduit d'argile. Les indigènes, uniformément vêtus de manteaux courts en peaux ou plumasseries, comme les Bohèmes, et d un tablier descendant jusqu à mi-jambe chez les femmes, portaient de longs cheveux ballants, sous des tortils d herbes ou de plumes aux couleurs vives. Des flèches dont un os aiguisé formait la pointe, et des épieus en bois dur constituaient tout leur arsenal.
C étaient de bons vivants et une race hospitalière que les Carijos du rio San-Francisco-do-Sul, les Indiens de la partie méridionale du Brésil avec lesquels on a identifié les hôtes de l'Espoir (1). a Quand les chrestiens eussent esté anges descenduz du ciel, ils n'eussent pu estre mieux chéris par ces pauvres Indiens. » Nos Normands restèrent
(J) iJ'AvEZAC, p. 72-77.
six mois dans ces u Indes méridionalles " , tant pour se refaire que pour radouber leur Ijàtinient. Le jour de Pâques, ils plantèrent solennellement une croix de trentecinq pieds de haut, où étaient gravés les noms du pape, du roi, de l'amiral de Graville et de tout l'équipage, jusqu'au dernier des pages. Au revers, un distique latin, " un deuzain numbral, n renfermait sous forme de chronogramme la date de 1 érection :
hIG saCba paLMarIVs posVIt gokIVILLa bInotVs greX soCIVs parIter nkVstraqVe progekIes (1).
L'auteur de ce rébus, le docte Nicolle Le Febvre, dressa la cartographie de la région, en l'agrémentant d'une foule de dessins, tandis que l'équipage recueillait des pelleteries, des racines à teindre et autres curiosités du pavs. Emerveillé de nos miroirs, plus ébahi encore que le papier pût parler et le boulet voler, le roi Arosca voulut que son fils fût initié aux mystères de la civilisation ; le jeune Essomericq, accompagné de Namoa comme mentor, devint un passager de VEspoir^ sous la promesse qu'on le ramènerait au bout de vingt lunes. Et le 3 juillet, comblé de présents, salué dun « grand cry d par les sauvages, Gonneville prit congé de son hôte.
Le voyage de retour, car les matelots refusèrent d'aller plus loin, fut lamentable. « Entachez de fièvre maligne » , le chirurgien du bord, l'Indien Namoa et deux autres personnes moururent. Essomericq tomba gravement malade, au point que le capitaine, le jugeant perdu, le baptisa et lui donna son nom. La maladie provenait des eaux puantes, qui servaient de boisson. Il fallait à tout prix trouver une aiguade. " Or, passez le Tropique Capricorne,
(i) u II y a, de compte fait, dans ces deux vers, un M, trois C, trois L, un X, sept V et neuf I, soit 1000 -\- 300 + 150 -f 10 + 35 -|- 9 = 1504 » (D'AvEZAc, p. 79).
hauteur prise, trouvoieat estre plus éloignez de l'Affrique que du pays des Indes occidcntallcs, oii, d empuis aucunes années en çà, les Dicppois et les Maloùinois et autres Normands et Bretons vont quérir du bois à teindre en rouge, cotons, guenons et perroquets. Si que, le vent d'est, qu'ils ont remerché régné coustumièrenient entre ledit Tropicque et cil du Cancre, les y poussant, fut d'unanimité délibéré d'aller quérir cettuy pays, affin estout de se charger des susdites marchandises, pour rescaper les frays et voyage. »
Les Indes occidentales, où ils touchèrent le 10 octobre, étaient encore le Brésil, mais une région toute différente de la première tant par la latitude, tout à fait septentrionale, que par le caractère des habitants. " Nuds comme venants du ventre de la mère, ébarbéz, my-tondus, " tatoués de noir, les lèvres trouées et garnies de pierres de jade, et, pour tout dire, anthropophages, les ïupinambas (1) tuèrent ou blessèrent tous les hommes envoyés à Taiguade, entre autres » M. Nicole Le Febvre, le plus clerc de la navire, qui, par curiosité dont il estoit plein, s'estoit descendu à terre. »
On atterrit cent lieues plus loin, à Bahia, où une relâche de trois mois permit d'embarquer une riche cargaison. (i Huit jours après le débouc|uement » du départ, le 1" janvier 1505, on avait en vue « un islct inhabité, couvert de bois verdoyants, d'où sortoient des milliasses d'oiseau.Y, gros en plumes » , pour venir se percher sur les agrès. L'islet, si bien caractérisé par ses innombrables vols de caracuras, avait depuis un an un propriétaire, qui lui avait donné son nom : c'était l'ile Fernam de Noronha (2).
Cinq semaines plus tard, nos voyageurs revoyaient l'étoile du nord, mais pour retomber bientôt dans l'im-
(i) Selon l'identification de d'Avezac, p. 83. (2) D'AvKZAG, p. 83.
LE NOUVEAtJ MONDE. 137
meiise prairie de varechs glauques à vésicules rondes, qu'on appelle la mer des Sargasses. Le 9 mars, ils se ravitaillaient à Fayal, dans les Açores; ils se radoubaient en Irlande ; et, près de toucher au port, » au seuil de Thoslel " , le 7 mai 1505, ils faisaient la fâcheuse rencontre du pirate EdAvard Blounl, de Plymouth. Ils se défendaient vaillamment, lorsque surgit un autre forban, le Breton Maurice Fortin, jusque-là masqué ilcrrière Jersey ou Guernesey. Gonneville prit le parti de jeter l Espoir à la côte, ayant perdu seize hommes dans l'engagement. Trente et un survivants, dont le jeune Indien, gagnèrent cnlin, le !20 mai, Honfleur. Et c'esl par une [)lainte en forme, baillée en justice, que nous connaissons leur aventureuse entreprise et leur déconvenue.
La campagne de l'Espoir n'eut pas de lendemain. Son désastre découragea nos marchands. Vers l'Inde orientale, ne s'aventurèrent plus (juc des corsaires hardis, loi Mondragon, ce brave sans doute qui se si.;;iuilait sur Li Réale au.K cotés du vaillant Mordret (l).
Au moment où Tristan da Gunha ralliait, dans le canal de Mozambique, les seize vaisseaux emmenés le G mars 150G de Lisbonne, surgit comme un démon Pierre de Mondragon, dont le bâtiment de Job Queimado en un instant devint la proie. Au retour de Mondragon en Europe, les coups de main succèdent aux coups de main. Une surprise nocturne, en novembre 1508, le rend maître du plus beau des bâtiments à l'ancre dans la baie de Cadix : un peu plus tard, au cap Saint-Vincent, une carraque portugaise lui livre la riche cargaison d'épices et de soies qu'elle rapporte de Calicut. Le roi de Portugal, le roi d'Espagne
(1) En 1503 (Jean d'AuTON, Cluoniquea, éd. de Maulde La Clavière, t. III, p. 238). — Gonneville continua pourtant à s'intéresser aux découvertes géographiques, si c'est bien lui le propriétaire d'une Gcofjraphia de SiHABO?;. éditée à Paris en 1512 (Catalogue de la hihlioflièatie. . . Jérôme Pichon. Paris, 1898, in-8°, 3" part., p. 1).
s'émeuvent. L'un lui fail clonnci" la chasse (1), l'autre le poursuit de ses mandats d'arrêt jusque dans les ports de Bayonnc el Saint-Jean-de-Luz (2), cependant que l'heureux capteur écoule son hutln à Pampelune (3).
Où la probité commerciale échouait, le vol triomphait impuni : Gonneville ruiné et Mondragon enrichi, c'était une leçon d'une moralité fâcheuse pour nos armateurs, au début de nos navigations au long cours.