FRANÇOIS P
De la conllagration générale entre les nations chrétiennes, l'Islam avait profité pour gagner du terrain. Ce n'était plus au seuil de l'Adriatique qu'il était besoin d'enrayer ses progrès. Sous l'énergique impulsion du sultan Sélim, la domination turque s'étendait le long des côtes de Syrie, atteignait 1 Egypte et, par ses postes avancés dans les Etats barbaresques, s'installait dans le bassin occidental de la mer Intérieure (1).
Contre cette invasion effrayante, une coalition des nations chrétiennes s'imposait, une croisade nouvelle était nécessaire. Le vainqueur de ^larignan (2) y vit l'occasion de glaner d'autres lauriers : a Ma vraye et naturelle inclinacion, disait-il, est, sans fiction ne dissimulacion, d'employer ma force et jeunesse à faire la guerre pour l'onneur et révérence de Dieu nostre Saulveur contre les ennemys de sa foy. " Et, après entente avec la papauté (3), François I" se fit le promoteur d'une paix universelle, qui serait le prélude de la croisade (4).
(1) J. DE tlAMiMEn, Histoire de l'einpiio ottoman, trad. ttellcrt, t. IV, j». 177.
(2) François I^venait de battre les Suisses à Marignan, le 14 septembre 1515.
(3) A l'entrevue de Bologne, décembre 1515.
(4) Lettre de François I" au roi de Navarre. Bologne, 14 décembre 1515
14t> HISTOIRE DE LA MARINE FRANÇAISE.
Quelques jours après son entrevue avec le pape, en janvier 1516, il était à Marseille. Après les joyeux ébats d'une naumachie où personne n'excellait comme lui à lancer des oranges, il passa soigneusement en revue ses arsenaux, vieux et neufs, et sa flotte de guerre, en prévision des campagnes prochaines : il n'avait pas voulu d'autre guide, durant toute sa visite, que Prégent de Bidoux (1), bien que chacun des arsenaux eût été pourvu par lui d un capitainegardien (:2), et que Bidoux ne fût que le lieutenant-général de l'amiral René de Savoie (3). Chacun fut récompensé selon ses mérites, et frère Bernardin de Baux reçut en don, à Marseille, le Jardin du roi (à).