LOUIS XII
Si le roi de France oubliait les injures du duc d'Orléans, il n'en oubliait point les droits. Et les titres de roi de Jéruleni et des Deux-Siciles, de duc de Milan, que Louis XII prit en montant sur le trône, laissaient assez deviner sa politique future. Ludovic Sforza fut le premier à s'en apercevoir. Conquis par nos troupes en octobre 1499, perdu à la suite d'une sédition, le Milanais fut reconquis en moins de vingt jours en mars-avril 1500 : Ludovic, prisonnier. s'achemina vers la tour de Loches, où il devait mourir en captivité. Cette conquête eut comme corollaire la soumission de Gênes le 26 octobre 1499, sans que l'escadre de Villeneuvc-Trans eût à agir (1). Dès lors, Gènes, qui reçut un gouverneur français, redevenait pour nous la meilleure des bases d'opérations navales.
Dans l'accalmie qui suivit, en paix avec la Chrétienté
(1) Agostino GiusTiMASO, Annali di Geuoa, fol. 255. — Sakuto, Diariif t. il, col. 465, 576, 714. — A. de Boislislk, Etienne de Vesc, p. 187, 190. - — J)ella dedizione dei Genovesi a Luicji XII, da Luigi-ïommaso HklgRAno, dans les Miscellanea di storia patria, t. I, p. 557. — Léon-G. F'Élissier, Documents sur la première année du rèqne de Louis XII ; Documents sur l'elahlissement de la domination française à Gènes, App. II ; et Recherches dans les Archives italiennes : Louis XII et Ludovic Sforza (1498-1500). Paris, 1896, 2 vol. in-8", dans la Bibliothèque des écoles frant;aises de Rome et d'Athènes.
par des traités dûment conclus avec la Savoie (1), Venise, FAu triche (2), l'Angleterre (3), l'Espagne (4), Louis XII tint à justifier son titre de roi de Jérusalem, avant de faire valoir ses prétentions au trône des Deux-Siciles. Une escadre montée de sept mille hommes fut équipée pour concourir à la défense de Rhodes contre l'Islam.