‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 38 sur 87 · NOTRE PREMIERE COLONIE. — L'ILE SAINT-ALEXIS, AU BRÉSIL · texte numérisé non relu

NOTRE PREMIERE COLONIE. — L'ILE SAINT-ALEXIS, AU BRÉSIL

Pour se rendre compte de la tension de nos rapports avec le Portugal, il faut revenir de quelques années en ari'ière.

Lors de l'entrée solennelle de François I" à Bordeavix, en avril 15i6, comme 1 ambassadeur portugais affectait, conti-airement au protocole, de marcher de front avec l'ambassadeur impérial, le grand maître des cérémonies le fit jeter hors du cortège par quatre hallebardiers : a Eh quoi! s'écria François I", un diplomate apothicaire voudrait précéder le représentant du roi d'Angleterre! Vraiment, il fera mieux d aller à Calicut et dy donner des lois au commerce des épices, car ici il n'en donnera pas (2) . » Du jour où les Portugais avaient violé la neutralité, en 1522, une guerre sourde se livrait entre les deux pays. Le roi de Portugal mandait à ses capitaines, sous peine de mort, de couler tous les navires français qui seraient rencontrés aux

(1) Madrid, Academia de la Ilistoria, Reqisiro del couse jo de Indias D 95, fol. 278. « Para ir desde las costas del niar del Sur de Nueva Espaiïa al descubrimiento de las islas y tierra firme donde hallasc especeria ». — Dès le 24 février 1526, Joào Pacheco, Portugais, obtenait de l'empereur mission d'aller à la découverte dans le Pacifique (^Coleccion de documeiUos de Indias, t. XXII, p. 245).

(2) J.\(;quetox, La polilùjue exte'rieurc de Louise de Savoie (1525-1526). Paris; 1892, in-8% p. 271 (Fascicule 88 de la Bibliolbèque de l'École des hautes études).

Indes (I) ; et il lançait une escadre à la poursuite des corsaires d'Ango. La France riposta en fermant aux bâtiments portugais chargés d'épices l'accès du Pas-de-Calais : c'était la mission spéciale de la croisière des quinze cents marins, aux deux tiers français, que Henri VIII et François I" s'étaient engagés, par le traité du 30 avril 1527, à entretenir dans le détroit (2).

Les relations, dès lors, s'envenimèrent de jour en jour. En octobre I5i26 encore, trois de nos vaisseaux, qui se trouvaient dans le rio San-Francisco au Brésil, firent bon accueil au San-Gahriel^ de la division Garcia de Loaysa, lui envoyèrent une chaloupe pour le piloter dans le fleuve et lui prêtèrent des calfats pour le radouber. Une rixe entre matelots bouleversa tout : le San-Gabriel dut s'enfuir sous une pluie de balles, et le capitaine Rodrigo d'Acunha demeura prisonnier. Quelques mois plus tard, un de ces trois bâtiments, le Leynon de Saint-Pol-de-Léon (3), et deux autres navires bretons (4), qui chargeaient du bois de teinture dans la baie de Tous-les-Sainls, furent cernés soudain par quatre caravelles de Christovao Jacques et coulés à coups de canon. Des matelots survivants, les uns furent pendus, les autres, enterrés jusqu'aux épaules, servirent de cibles aux arquebuses portugaises.

Telle la Sibylle, par une ironie atroce, faisait enterrer vifs les esclaves gaulois pour conjurer l'occupation de Rome par nos ancêtres; tels les Portugais répondaient, en creusant une tombe, aux marins bretons qui revendi-

(i) Cf. la protestation du baron de Saint-Blancard (GrÉxix, p. 258).

(2) B. N., Clairambault, vol. 326, fol. 139.

(3) Varmiages, Hist. do Brazil, t. I, p. 130, 443. — Navarretk, Viajes, t. V, p. 172, 236, 323.

(4) Les bâtiments appartenaient à Yvon de Crétugar, François Guerret, Mathurin Tourneniouche, Jean Bureau et Jean Janiet. Lettres de François I" au roi de Portugal. 6 sept. 1528 (Torre do Tombo, Corpo Chronologico, P. I, liasse 41, doc. 30. — Coll. de documenios ineditos de Indias, t. XLII, p. 545).

quaient ënergiqucment leur titre de découvreurs et premiers occupants de toute une région du Brésil (1) , » Quoique les Portugais soient le peuple le plus petit du monde, s'écriait un pilote d Ango dans un superbe élan d'éloquence, le monde ne leur semble pas assez grand pour satisfaire leur cupidité. Il faut qu'ils aient bu de la poussière du cœur du roi Alexandre, pour montrer une ambition si démesurée. Ils croient tenir dans une seule main ce qu'ils ne pourraient embrasser avec toutes les deux : il semble que Dieu ne fit que pour eux les mers et la terre, et que les autres nations ne sont pas dignes de naviguer. Certainement, s'il était en leur pouvoir de fermer les mers depuis le cap Finistère jusqu en Islande, il y a longtemps qu'ils l'auraient fait (2). •'

Contre cette outrecuidance qui ne connaissait plus de bornes, François P' protesta, assez mollement il est vrai, en revendiquant pour ses marins la liberté de naviguer. Et il affirmait le principe de la liberté des mers dans cette belle formule : » Le fait de trafic et échange de marchandises est de tous les droits un des plus natuiels et des plus autorisés (3). " Mais il est des gens pour lesquels le droit, sans la force, n'est rien. Les Portugais nous le montrèrent t^ur l'heure.

En décembre 1530, le baron de Saint-Blancard, général des galères, envovait au Brésil la Pèlerine, commandée par Dupcret et montée de cent vingt hommes, pour établir un comptoir sur la côte américaine. Arrivé à Pernambouc, Jean Dupéret prit terre, en dépit d'une violente attaque des Indiens, excités et conduits par les Portugais. Il construisit un fort près de là, dans Tile Saint- Alexis, où il s'éta-

(1) Plainte des armateius de Saint-Pol «le Léon au loi (Ibidem : Copie et traduction dans le ma. B. N., Nouv. acq. franc. 9380, fol. 82).

(2) [Crigxon], désigné sous ce nom : » Un grand capitaine de nier fran«;ais» (Ramusio, t. III, p. 352).

(3) Lettres du 6 septembre 1528 déjà citées.

LE BRÉSIL (vers 1520)

(Carte portugaise : B. N., Ge DD 683.)

Itlit avec S0L\antc-dix hommes pour poursuivre ses opérations commerciales, tandis que la Pèlerine retournait en France avec du bois de Brésil, des quintaux de coton, du minerai d'or, des graines, des peaux de léopards et six cents perroquets, sachant qvielques mots de français, de ces perroquets et de ces sagouins qui s'ébattaient déjà dans la villa de 1 amiral de France à Aspremont (1).

Elle était parvenue sans encombre jusqu'à Malaga, qiiand son nouveau capitaine, Debarrau, commit l'imprudence d'accepter l'escorte de dix caravelles portugaises. Mandé, le 15 août 1531. à l»ord de la capitane d'Antonio Gorrea, sous prétexte de conseil de guerre à tenir, Debarrau fut chargé de fers et son navire confisqué {"l] . Informé par cette capture de la fondation du comptoir brésilien, le roi de Portugal envoya aussit»')!, pour le détruire, lescadre de Lope de Sousa. Sousa rencontra, près du cap Saint-Augustin, un navire français qui se jeta à la cote, puis quatre autres qui durent se rendre prisonniers. La petite garnison de l'ile Saint- Alexis se trouva bloquée à la fois par l'escadre portugaise et par les indigènes soulevés.

Après dix-huit jour.'^ de siège, en décembre 1531, le sieur de La Motte, qui avait remplacé Dupéret, probablement ce M. de La Motte parti de Bretagne en mai précédent avec quatre vaisseaux des seigneurs de Chàteaubriant et de Laval (3), capitula sous promesse d'être transporté en ter-

(1) liCttre de l'amiral Chabot au vice-amiral Alain de (Tiiengat. 12 juin 1527 (Du CiiKST DE Vii.LENKuvE, Alain (le Giicn(jat, dans Bull, de la Soc. du Finistère (1897), p. 174).

(2) La protestation de Kcrlrand d'Ornesan, baron de Saint-BIancard, conservée au.x Archives nationales, a été puliliéc bien des fois (GcÉxi>', p. 256. — Gakkarel, Histoire du Brésil français, p. 87j. — Cf. aussi la relation portugaise de Martini Affonso de Souza. 28 septembre 1532(SA?iTA- KEM, Oiiadro elenicnlar, t. III. p. 247. — Diario de Lopk de Sousa. Lisboa, 1840,"in-8»).

(3) Lettre de Gaspar Pallia. Paris, 1'^ mal 1531 (PëRAGALLo, dans la Raccolta... Colombiana, V. V, t. II, p. 271).

riloirc ami. Le chef d'escadre Lopez jura et, le tour joué, pendit le commandant français et vingt de ses hommes, gardant toutefois deux prisonniers vivants pour le festin de ses amis les sauvages, auxquels il les livra. Avise de cette infamie, Saint-Blancard se fit justice lui-même, en enlevant, avec cinq de ses galères, le premier vaisseau portugais qu'il rencontra (1).

Ango avait eu également à souffrir des mauvais procédés des Portugais. Mais, moins houillant que le capitaine des galères provençales, il employa les voies légales pour faire rendre gorge aux voleurs, en demandant des lettres de marque. Ces lettres de marque ne furent point faciles à obtenir, et l'armateur dieppois eut besoin de mettre en œuvre toute sa diplomatie pour être autorisé à courir sus aux Portugais.

Il commença par intéresser à son sort le vice-amii'al Charles du Bec, sieur de Bourry, en l'associant à ses armements et au profit qui résulterait des prises (2). Puis il se rendit à la Cour avec une lettre de recommandation que la princesse Marguerite de Navarre adressait au chancelier (3) . C'était le chancelier qui expédiait les lettres de marque; l'amiral leur donnait force exécutoire. Le cadeau d'un magnifique diamant disposa favorablement l'amiral Chabot, et, le 12 mars 1531, Ango obtenait enfin l'autorisation de pourchasser les Portugais (4). Outre ses navires, il pou-

(!) En juillet 1532 (Guénix, p. 261). — IlERnEn.v, Décad. II, liv. x, cap.v . — Vascoxcellos, t. I, p. 100).

(2) Par acte du 27 août 1529, l'armateur et le vice-amiral s'engagent envers les Morel à poursuivre la restitution de la Marie, en obtenant des lettres de marque. Ils partageront les bcnélices (GuÉsis, p. 86). — Cf. sur ce qui suit, Fernando Palua, A caria de marca de Joâo Ango. Lisboa, 1882, in-8".

(3) Lettre datée du 18 juin 1530 (Gukmn, p. 89. — Gosseus, Doc. pour servir a l'hist. de la marine normande, p. 23).

(4) Archives de la Torre do Touibo, Corpo chronoloyico, P. I, liasse 1, doc. 19 : publ. par GuÉms, p. 249.

vait (rentrée de jeu iiicltre en mer dix-huit autres vaisseaux que les armateurs tenaient à sa disposition; qvielques mois après, sa flotte atteignait le chiffre imposant d'une trentaine de navires. Il était question d'en envoyer seize dans les eaux de Madère (1).

Alors commença une lutte épique entre nos armateurs, syndiqués pour défendre la liberté des mers, et les deux monarques intéressés à supprimer cette base fondamentale du droit des gens, Jean III et Charles-Quint. Car le roi de Portugal, acculé à une situation sans issue pour son amour-propre, à une guerre ruineuse pour son commerce maritime ou à l'humiliation de négocier avec un simple citoven français, implora l'intervention du puissant empereur. Charles-Quint vint à son aide; et, par des lettres pressantes et impérieuses que portait un plénipotentiaire extraordinaire, il réclama la révocation des lettres de représailles données à Ango ["2).

Ango était retourné à. la Cour défendre son droit. En Normand habile, il opposa réclamation à réclamation, demandant à l'empereur la mise en liberté des compagnons du corsaire Jean Fleury (3). Quelques jours après, le M) juin, l'ordre de délivrance était signé par Charles- Quint. Cette première victoire diplomatique fut presque aussitôt suivie, pour Ango, d'une seconde. Le Conseil roval, loin de se laisser intimider par l'intervention impériale, refusait de révoquer les lettres de marque.

En même temps, par un véritable coup de théâtre, dix vaisseaux dieppois, qu'on disait armés pour aller saccager la Havane et Nombre de Dios (4j, trompant la surveillance

(i) Lettre de D. Antonio de Atai'de, ambassadeur portugais. 18 août 1531 (Torre do Touibo, Corpo clironoloqico, P. I, liasse 47, doc. 37).

(2) Lettres de Charles-Quint, mai, 15 juin, 9 juillet (Guénin, p. 97 etsuiv.).

(3) Lettres de François I"^ citées plus haut. 27 avril 1531 (Archives nat., K 1483, n" 73 : fonds de Simancas).

(4) 13 vaisseaux et 3.000 hommes, disait-on. Monzon, 4 sept. 1531

de la ])olice portujiaise, apparaissaient tout à coup dans les eaux de Fayal, rendez-vous habituel des convois porlufjais qui revenaient des Indes. A cette nouvelle, Jean III, qui avait mandé jusque-là à son ambassadeur de temporiser, sans laisser entrevoir à la partie adverse son vil' désir de traiter, expédia un courrier à Paris, avec ordre de doubler les postes, pour en finir le plus rapidement possible (I).

Don Antonio de Ataïde, 1 ambassadeur, trouva un allié inattendu. Au lieu de s adresser directemenl à Jean Ango, il négocia avec l'amiral Brion-Chabot, et, dans le mystère, à linsu de Tempereur et du roi de France, lui remit un pot-de-vin de 10,000 écus et une tapi.^^serie de grande valeur \'2). Cette ténébreuse machination eut un résultai immédiat. Ango, trahi par son protecteur, par son ancien associé, consentit à se dessaisir de sa lettre de marque pour 60,000 ducats (3).

Le spectacle grandiose d un simple armateur tenant té(o à une nation donna lieu à une légende que les chroniqueurs (lieppois se sont transmise de siècle en siècle en ramplifîant : la légende du blocus de Lisbonne par la flotte d'Ango, éclatante vengeance d un outrage fait au pavillon français. Aux ambassadeurs portugais venus pour se plaindre, François I" aurait répondu : » (^e n'est pas moi qui vous fais la jfuerre, mais Ango: arrangez-vous avec lui i . »

(Coleccion de doc. ined. de las ant'ujuas posesiones c^jji.uolas de Aincricu, i"= série, t. XLII. p. 44).

(1) F. Palha, p. 97, doc. X à XIX. — G.^if.vull, Jcua Ango, dans le Bull, de la Soc. nonnande de géoqr. (1889), p. 311.

(2) Procès de Chabot (H. N., Franc. 3873, fol. 9 v ).

(3) F. Palha. A carta de inarca de Joûo Ango : trad. par 1\. FnAsciSQri:- MiCUEL, dans le Bull, de la Soc. nonnande de qeoijr. (1889), p. 380.

(4) AssKLiNE, Antiquités de Dieppe, t. I, p. 240. — <li:iuEi\r, Mémoires pour... Dieppe, t. I, p. 40. — Dksmaroikjs, Mémoires chronologiques, t. I, p. 108.

La vénalité de Tamiral de France avait eu, par malheur, une conséquence désastreuse pour notre marine, pour notre commerce, pour l'expansion même de la France. En août 1531, Chabot reconnut les prétentions exorbitantes des Portugais eL de sa propre autorité, interdit toute navijjation vers leuis colonies : le Brésil, la Guinée et les Indes. A Rouen, à Honfleur, il mit l'embargo sur les navires en partance, que lui signalaient les espions de létranger (1). Les Normands étaient furieux de perdre, en un moment, le fruit de leurs efforts : telle était leur exaspération, qu'un des policiers dont j'ai parlé écrivait de Rouen : u Si on me savait Portugais circulant ici, on me tuei'ait (:2j . "

Les armateurs normands avaient envoyé une délégation à la Cour, afin de faire lever l'embargo. Ils obtinrent gain de cause, mais à la condition de ne point fréquenter les possessions portugaises et de ne point dépasser les îles du Cap-Vert! Esprit indécis, François I", pour ne point désavouer son amiral, qu'il croyait fidèle, abandonnait la thèse (h- la liberté des mers qu'il avait lui-même proclamée. Mais, par une sorte de honte, il hésita pendant plusieurs années à contresigner l'interdiction formulée par 1 amiral.

C'est que Chabot rencontrait, parmi les armateurs normands et surtout chez Ango, qui rêvait de donner à la France un empire colonial au Brésil, une très vive résistance. « Si le roi voulait lâcher la bride aux négociants français, écrivait un pilote d'Ango, en moins de quatre ou cinq ans ceux-ci lui auraient conquis 1 amitié et assuré l'obéissance des indigènes brésiliens, sans autres armes

(1) Embargo .sui- V navires de Honfleur et 6 de Rouen en partance pour la Guinée et le Brésil. ^Novembre 1531 (Torre do Tombo, Corpo clnoiwlo- (/ico, P. I, liasse 49, doc. 33. — Archives de Ilouen, A 13, fol. 153 v°. — GuKsix, p. 198).

(2) Rapport daté de Rouen, 27 sept. 1531 (Torre do Toinbo, Coipo chrotwlogico, P. I, liasse 47, doc. 61).

que la persuasion et les bons procédés (1). " Et en dépit de la défense réitérée (2) de l'amiral, l'armateur dieppois continua imperturbablement ses armements pour les côtes du Brésil et de la Guinée.

Démontés par cet aplomb, les agents portugais étaient assez perplexes sur la ligne de conduite à suivre : « Achetons quatre des navires d'Ango, c'est le seul moyen de supprimer une concurrence gênante, " disait l'un d'eux. — « Coulez-les à leur arrivée dans nos possessions, écrivait un autre; pas un marchand ne voudra plus armer pour cette destination, si on ne voit rien revenir; que les navires reviennent sains et saufs, au contraire, notre trafic en poivre de Malaguette est perdu (3). "

La Cour de Lisbonne n'était que trop portée à écouter les conseils violents : la dernière opinion prévalut près d'elle. Quand la nef d'Ango la Michelle, après avoir embarqué en Guinée du poivre, du musc, des défenses d'éléphants et une petite ménagerie, toucha au Brésil, au havre d' « Aster n, povir achever sa cargaison, elle fut cernée par une escadre portugaise et capturée après un vif combat. Le même sort attendait deux autres vaisseaux d'Ango, l'un de 300 tonneaux, l'autre de 70, l'Alouette et la Musette^ qui furent attaqués dans le golfe de Guinée, le 27 octobre 1532. L Alouette parvint à se dégager; mais elle ne réussit pointa atterrir au- Brésil et dut battre en retraite, trouée par les boulets, devant une seconde flotte lusitanienne (4).

(1) [CniGXON], dans Ramusio, t. III, p. 352.

(2) 28 juin 1532 (Torre do Tombo, Co?po chronologico, P. I, liasse 57, doc. 4).

(3) Lettre de Gaspard Vaz. 19 octobre 1531 (Torre do TomI)o, Corpo chionologico, P. I, liasse 47, doc. 75. — Gukmx, p. 197j. — Lettre du docteur Gouvea, 18 nov. 1531 Çlhideni).

(4) Lettres de marque de François I" relatant ces faits. 3 février 1544 Publiées par M. Guknix, p. 149;.

Sommé de rendre justice à Tarmateur dieppois, le roi de Portugal ne répondit que par des " dissimulations et longueurs équippolans à ung reffus " , observait plus tard François I" (1). C'était apprécier admirablement la diplomatie portugaise, dont l'un des représentants les plus autorisés avait érigé en principe que, " dans les rapports avec les Français, pkis on peut remettre et dissimuler, plus cela peut être utile (2) » .

Et de fait, elle avait mis l'armateur normand en fâcheuse posture. Ango ne se trouvait point seulement aux prises avec les flottes de guerre portugaises; il avait maille à partir avec l'amirauté, pour avoir contrevenu à l'ordonnance qui défendait toute navigation au delà de l'arcbipel du Cap-Vert. Contre l'amiral, il eut recours au connétable : à l'arbitraire, il opposa le droit des gens, disant (jiie ses vaisseaux revenaient d'un lieu « où onsqvies chrestien n'estoit ancores allé (3) ! n

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