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UNE RASE NAVALE AU MAROC

Il fit mieux. Et ce fut porter aux Portugais un coup droit que de lier partie avec leurs ennemis héréditaires, les chérifs marocains, pour obtenir un point d'appui sur la côte maghrébine.

Au lendemain des attentats contre les navires d'Ango, le 18 février 1533, le roi faisait verser dix mille livres à l'amiral, avec ordre d'expédier une escadre en pays barba-

(1) Lettres de marque citées {Ihidcin. — GuÉMX, p. 151).

(2) Lettre de Gaspar Vaz. 19 octobre 1531 (GuÉ.mn, p. 197, analyse ; B. N., Nouv. acq. franc. 9386, copie).

(3) Requête adressée, en 1534, au connétable de Montmorency {Vente de la collection David. Paris, 1856. — Guémn, p. 199).

rcsqucs (Ij. L'escadre, réduite à la seule galéasse Saint- Pieire^ de vingt-huit canons, embarqua comme ambassadeur un vieux routier des guerres d'Italie, ancien colonel d'aventuriers franco-gascons (i), et comme capitaine de vaisseau un des Savonais venus au Havre diriger nos constructions navales. Faute de déterminer nettement la situation respective du colonel l*ierre de Piton et du capitaine IJattista Auxilia, qui, étant de grade égal, pouvaient se croire égaux, François I" fut la cause premièi'C d'un drame poignant.

Les présents qu'ils emportaient pour le souverain du Maghreb (3) étaient « choses exquises : monstres dorées, petites orloges sonnantes les heures, estuictz dorez de peignes d'ivoire, javelines du Brésil, les ferlz dorez et enrichis de perles. "

Le voyage fut des plus orageux (i). Entre les deux chefs, la rivalité éclata dès qu'on fut en mer. Parti le 25 mai de Honfleur, le Saiiit-Piei're passait par le travers du cap Finisterre en Espagne quand la vigie signala deux voiles qui venaient du sud, a de Candve " , déclare dans son rapport le colonel Piton, assez peu familiarisé avec la géographie

(1) R. N., Franc. 15628, n" 461. — Mille livres furent en sus versées à l'iton pour son voyage à Fez et pour l'achat d'aniuiaux exotiques, i" avril

(2) Il était » colonne! des atlvanturiers " , ou u chevalier, chef et cappitaine général de mil hommes de guerre à pic, advanturiers francois et gascons, estans soubs quatre cappitaines particuliers et quatre enseignes. » Quittance de Piton en date du 26 avril 1529 ;^B. iN\. Pièces orig., vol. 2292, doss. de Piton, p. 2).

(3) I^a liste en a été conservée (B. IN'., Moreau 770, fol. 30).

(4) Le voyage du Maroc nous est connu par la relation que Piton écrivit, moribond, durant la traversée de retour à Bavona de Mior, près de Vigo, en septembre 1533 (B. N., Moreau 737, fol. 72, orig.), et par la délation du déserteur Auxilia, qui révéla tout aux Portugais et dont l'interrogatoire, en portuf^ais, est conservé aux Archives nationales K 1483, p. 87. — Ces pièces m'ont fourni le sujetd'un article : La Piemicre mission française au Maroc, paru dans le Correspondant du 25 juin 1901. Elles ont été publiées par le comte II. dk Castiuks, les Sources inédites de l'Iiistoirc du Maroc. Paris, 1905, gr. in-8", t. I, 1"^ partie, p. 1.

pour confondre Candie avec Cadix. On avait eu avis, en cours de route, que des croiseurs portujTais guettaient la galéasse. Les deux voiles suspectes arrivaient effectivement en droite ligne sur elle; on pouvait distinguer à leur bord les préparatifs d'un branle-bas.

Au lieu de se mettre en état de défense, Auxilia vint, blême de terreur, trouver l'ambassadeur et proposa de prendre la fuite, disant « qu'on lui gasteroit son navire " par un combat. Pour toute réponse. Piton prit le capitaine par les épaules et le poussa hors du gaillard d'arrière, qui était le poste du commandant. Puis comme l'escadrille suspecte se rapprochait de façon à le cerner, il cria : « Qui vive? " A vrai dire, il n'était rien moins que rassuré sur l'issue de l'affaire : des cent quarante hommes de l'équipage, une quinzaine à peine étaient de vieux loups de mer à toute épreuve, le reste se composait « de jeunes garsons à trente solz. " La situation devenait critique, quand de l'autre bord, une voix amie répondit : " Anglais! " Et ce fut, au lieu de boulets, des saints qui de part et d'autre s'échangèrent.

Près d'Arsile, Auxilia vira de bord sous prétexte d'éviter un écueil : d'écueil, il n'était point trace sur la carte marine; le prudent capitaine avait simplement esquivé ainsi la rencontre d'une caravelle portugaise. Arrivé à Larache, tandis que l'ambassadeur s'apprêtait à gagner le camp royal, le Savonais, toujours couard, le dénigra par derrière. Piton le sut, s'emporta et souffleta le misérable.

Le bouillant colonel d'aventuriers reprenait en lui le dessus sur l'ambassadeur. Ne parlait-il pas d'enlever, avec quatre cents arquebusiers, la smalah royale et, avec sept mille hommes, de conquérir le royaume de Fez. Ces considérations stratégiques ne l'empéchèreiit pas de mener à bonne fin sa mission : il obtint, par un firman d'Ahmed- "i. i:)

el-Oatés (1), des points de relâche au Maroc pour nos vaisseaux, quels qu'ils fussent, " soit marchand, soit navire de guerre, soit corsère » .

Rendons toutefois justice au véritable promoteur de la mission diplomatique. Durant Fhiver de l'année précédente, un chevalier portugais, prisonnier de guerre à Fez, avait vu arriver dans cette ville devix Français, qui semblaient faire métier d'acheter des plumes d'autruche. Ils préparaient les voies à nos plénipotentiaires, et, en 1533, l'un d'eux, Hamon de Molon, revenait avec Piton.

Le retour en France fut tragique. Le capitaine Auxilia avait déserté et passé aux Portugais : six de leui's caravelles étaient embusquées sur notre route; la peste était à bord du Saint-Pierre. Il parvint néanmoins à bon port, rapportant la relation que le colonel, moribond, avait écrite en cours de route et les présents d'Ahmed-el-Oatés, un haras, des lions, des lévriers et des autruches (;2). L'amiral Chabot commit une nouvelle monstruosité : le déserteur, le traître fut récompensé (3), tandis que le serviteur de Piton, dépositaire des secrets de son maître, était incarcéré (4).

LA COURSE déchaînée

Mais en dépit de l'amiral, les Portugais furent châtiés, peut-être parce qu'ils avaient cru le grand maître Montmo-

(1) 21 de mohairem 940-13 août 1533 (Ministère des affaires étrangères, Maroc, I, fol. 6 : comte de Castries, p. 8).

(2) Qui furent logés à l'hôtel des Tournelles, à Paris (B. N., Franc. 15629, n°367).

(3) Le 27 janvier 1531l', Auxilia touchait 225 livres pour avoir conduit au Maroc le feu capitaine Piton (B. N., Franc. 15629, n° 562).

(4) Il s'appelait Le Normant. Lettre du vice-amiral de La Meilleraye à

rency et le chancelier Du Prat accessibles comme l'amiral à la vénalité (1). Dans les leltrcs de marque qu'il délivra contre eux en novembre 1533, François I" affirmait, une fois de plus, la liberté pour tous " de naviguer sur la mer commune (2) v . C'était la thèse des armateurs normands : deux d'entre eux, Guillaume d'Agincourt et Simon Huet, avaient déjà armé trois ou quatre navires pour l'Afrique et l'Amérique du Sud (3). Le roi lui-même donna l'exemple en dépéchant au Brésil le galion le Saint-Philippe. A la curiosité qu'il nourrissait pour les bêtes exotiques et que le vice-amiral de La Meilleraye, par exemple, savait satisfaire en lui offrant un mouton des Indes (4), se joignait, pour le malheureux avarié, un urgent besoin de certain baume des forêts américaines. Je ne vois pas d'autre objet aux missions secrètes et répétées du capitaine Jean Bellanger de Discrets au Brésil, suivies chaque fois d'un retour à Paris avec sa cargaison de bois (5). Lors d'un séjour à La Rochelle, le roi acquit de corsaires normands leur butin et, entre autres, du « gayat ou palme saincte " [iî).

Chabot, une fois de plus, vint à la rescousse des Portugais, avec d'autant plus d'autorité que la renonciation du

l'amiral Chabot. La Meilleraye, 10 décembre lôSo (B. N., Moreau 774, fol. 312).

(1) Joào III, en 1533, envoyait Bernardini de ïavora en France avec la mission secrète d'offrir 4,000 cruzades par an à l'amiral, au grand maitre et au chancelier pour mettre obstacle à de nouvelles lettres de marque (Pauia : 11. Fhascisque-Michel, p. 380).

(2) B. N., Franc. 5503, fol. 65.

(3) B. N., Franc. 3050, fol. 41 : procès de Chabot. Ils durent s'obliger, le 19 mai 1533, à remettre à l'amiral tout le brésil qu'ils rapporteraient (ISAMBERT, Recueil des anciennes lois françaises, t. XII, p. 726).

(4) Vers 1538 [Catalogue des archives de M. le baron de Joursanvault, t. I, p. 152).

(5) Biserets était de retour du Brésil en mai 1534 (^Catalogue des actes de François I", t. VII, p. 773), en février 1539 (Archives nat., J 962, p. 16, n° 17 : B. N., Clairambault 1215, fol. 73).

(6) 1" janvier 1543 (^Cronique du roj Françoys T", éd. Guiffrey, p. 421).

roi de Navarre à l'office d'amiral de Guyenne (l) étendait les limites de son ressort à toutes nos côtes du Ponant. De nouveaux pots-de-vin de quinze et seize mille écus verses par le Portugal, la promesse d'une pension annuelle de quatre mille cruzades (2) lui avaient donné une éloquence communicative, qui finit par convaincre le roi : il obtint la sanction d'une politique néfaste. Toute attaque contre les navires portugais venant des Indes fut prohibée, nos corsaires punis comme pirates (3). Puis, les navigations aux possessions portugaises d'outre-mer furent elles-mêmes interdites par des patentes qu'il fallut renouveler de semestre en semestre, — en mai et août 1537 (-4), en septembre et décembre 1538 (5), en janvier 1539 (6), — tant les Etats de Normandie, le parlement et la municipalité de Rouen opposaient de résistance aux injonctions royales.

Les Portugais, de leur côté, pensèrent nous intimider par l'appréhension d'horribles supplices. Voici quelles tortures ils imaginèrent pour l'équipage du Petit-Lion de Dieppe, capturé aux Açores en 1537. Aux officiers, ils firent subir la cale humide, c'est-à-dire la chute du haut des mats dans la mer, puis l'estrapade et enfin le garrot, mais quel garrot! Un nœud coulant garni de clous serrait la tête avec une telle violence que les yeux sortaient

(1) En faveur de Chabot. 11 février 1533 (B. N., Franc. 15628, fol. 106).

(2) Palua, Carta de vun-ca.

(3) Lettres-patentes du 26 août. 1536 (Archives de Lisbonne, Torre do Torabo, Corpo chtouoloqico, Part. I, liasse 57, doc. 94).

(4) British Muséum, nis. Cotton, Nero B 1, fol. 69, J02.

(5) 22 décembre 1538 (Gaffauel, Jean Ançjo, dans le Bulletin de la Société normande de géographie (1889), p. 250).

(6) Mandement au parlement de Rouen contenant lesdites défenses. 25 janvier 1539 [Catalogue des actes de François J'% t. YIII, p. 681). — Une liste de ces patentes, avec renvoi aux « éthicquettes « qu'elles portaient « aux garderobbes des chartres de France >> , fut adressée au chancelier par Nicot, notre ambassadeur en Portugal, le 12 décembre 1559. Nicot en poursuivait la révocation (B. N,, N. acq. franc. 6638, fol. 82).

des orbites. Les victimes une. fois jetées dans la cale avec l'équipage, les panneaux du tillac furent cloués et le Petit- Lion fut criblé de boulets jusqu'à ce qu'il disparût dans l'abîme (1) ,

Chabot, de son côté, fentaitde faire respecter les étranges prohibitions obtenues de la faiblesse royale. Mais l'hypocrite ne pouvait calmer la fureur que soulevait son étrange condescendance pour les prétentions portugaises; on peut en jnger par un incident survenu au Croisic. Deux corsaires de l'endroit, les frères Vian, plus connus des marins sous les sobriquets de Pradict et Turegal, avaient été condamnés pour pirateries contre des Portugais. Quand vinl'ent les exempts, la population du Croisic se souleva en masse : pour que force restât à la loi, il fallut mobiliser les sénéchaux de Guérande et de Nantes, des conseillers du Parlement, au besoin même le gouverneur de la province (2).

Avec les Portugais, avaient lié partie les Espagnols; ils tâchaient, eux aussi, de nous interdire l'accès des Indes, soit en refusant de relaxer ceux de nos compatriotes qui connaissaient les parages américains (3), soit en arrêtant les pilotes, Juan Sanchez de Biscaie, par exemple, qui offraient de passer à notre service (4). Mais quelle digue résiste à des appétits déchaînés par l'espoir de fabuleux prolits ! A bord d'une seule prise en provenance d'Amérique, nos corsaires n'avaient-ils pas trouvé la somme, énorme pour l'époque, de cent mille douros (5), deux cent mille

(1) Lettres de marque relatant le supplice. 14 juillet ISii (GuÉxin, p. 236).

(2) Lettres de François I", 29 février 1540 (B. N., Franc. 5503, fol. 161- 162).

(3) Lettres de Cliarles-Quint, 28 juin 1536 (Archives de Scville, Coiisejn (le Iiidiax, est. 143, cajon 3, legajo 11 : Communication de M. Biggar).

(4) Séville, 11 décembre 1537 (^Coleccion de dociimeiitos incditos... de las antiçfuas posesiones e.ipaiwlas de Amei-ica, t. XLII, p. 535).

(5) 1536 (F. DuRO, Armada espahola, t. I, p. 246).

écus (1) ! Et l'on vit, en décembre 1536, près de La Havane, ce spectacle étrange : une petite pa tache française, canonnée pendant trois jours par trois vaisseaux espagnols, prendre l'offensive et détruire ou capturer tous ses adversaires (2). Vingt-huit hommes avec huit pièces de canon, tel était l'armement d'un de ces petits navires, la Ferronnière de Dieppe, qui ne craignait pas de s'aventurer avec des bâtiments plus minuscules encore, la Bonne- Aventure ^ de Ircntecinq tonneaux, et la Docline, sur la route des galions du Pérou (3).

Cette année-là, en 1537, nos corsaires s'étaientrassemblés en escadres pour tomber sus aux convois des Indes. Comme il y avait parmi eux de nom])reux navires dieppois, on peut légitimement attribuer au grand armateur Ango le plan de la campagne, la formation des croiseurs en une longue chaîne depuis le cap Saint-Vincent jusqu'aux Antilles. L'arrière-garde surveillait les abords de Séville,et telle était la barbarie de l'époque que nos marins coupaient le nez à leurs prisonniers, en criant ironiquement : " Eternuez l'or (•4) ! " Le gros de la flotte, une douzaine de navires, lance à la poursuite du général Nunez, qui était parti en février pour Saint-Domingue, lui enlevait au large des Canaries, neuf bâtiments. D'autres voiles, le Petù-Lioupar exemple, étaient en embuscade plus loin, aux Açores : et l'on ne savait, aux Antilles et dans les colonies de terre

(1) Martin Du Bellay, Mémoires, dans la collection Michaud et Poujoulat, 1" série, t. V, p. 436.

(2) Coleccion de clocinnciitos incdilos... de America, 2*^ série, t. IV, p. 426.

(3) Ces trois petits bâtiments enlevèrent en 1537 deux vaisseaux espagnols revenant du I^érou, c'est-à-dire de l'Amérique centrale, charges de lingots d'or (GossEUX, Documents pour... l'histoire de la marine normande, p. 80).

(4) F. DuRO, Armada espanola, t. I, p. 426. — 11 fallut armer, on 1537, quatre garde-côtes espagnols pour défendre les rivages des Asturies contre nos pirates (Coleccion de Simancas à Simancas, arliculo 3, n" 69).

ferme, où porteraient nos coups. La terreur y était à son comble : tel croyait le Honduras menacé d'une attaque (1). De Saint-Domingue, tel autre écrivait à l'empereur qu'une expédition française de sept nefs et deux galiotes se dirigeait contre le port, lieu de rendez-vous, cette année-là, des convois du Nouveau Monde. Aussi quelle ne fut pas l'épouvante des insulaires à l'apparition d'une escadre! Rassemblés en un instant par le tocsin, cent soixante-dix cavaliers et cinq cents piétons accoururent sur le rivage... L'escadre suspecte enfin hissa ses couleurs : au lieu de l'ennemi redouté, c'était le capitaine Perea avec des renforts.

Miguel Perea, à la tête de trois vaisseaux, venait de livrer bataille à une escadre française qui avait capturé deux galions des Indes. Le combat, long et sanglant, s'était terminé par la mort de l'amiral français, que les textes espagnols appellent » M. May Get, senor de Roubost. » Deux de nos bâtiments, en sus des prises, étaient tombés au pouvoir de Perea (2).

Alarmés malgré tout, les insulaires des Antilles réclamaient l'établissement d'une croisière permanente de trois caravelles blindées (3).

Les exploits de cent cinquante Gascons, avec une simple nef et vine patachc de Rayonne, ne la justifiaient que trop. Depuis le mois d'octobre 1537, les Gascons semaient la terreur d'île en île. La Yaguana, Puerto Hermoso, Ocoa, non loin de Saint-Domingue, La Havane avaient été successivement saccagés par eux. Seul, San-German, dans

(1) Lettre de Diego Garcia, de Celis de Honduras, 3 mai 1537 (Archives des Indes à Séville, Patronato real, est. 2, cajon 5, 1/22; Catalogo, t. II, p. 5 : communication de M. Biggar).

(2) F. DuRO, Armada espaùola, t. I, p. 207.

(3) Lettre de Diego de Caballero à Charles-Quint. Saint-Domingue, 20 décembre 1537 [Coleccion de documentas inédites... de America, t. XLII, p. 152).

l'île de Porlo-Rico, opposa aux quatre-vingts hommes qui débarquèrent, une énergique résistance. Santiago de Cuba ne fut sauvé, le -4 avril 1538, que parla valeur du capitaine de la Madalena ^ Diego Pérez, de Séville, qui barra la route aux assaillants; puis, embusqué au milieu des arbustes du môle pour se garer des boulets, Pérez joignit son feu à celui d'une batterie de deux pièces qui défendait l'étroit goulet. Après un vigoureux duel d'artillerie, les Gascons à minuit abandonnèrent l'attaque (1).

A ces hauts faits, la trêve de Nice, en 1538, mit un terme, et l'on ne vit que de loin en loin paraître aux Antilles quelque corsaire attardé (2).

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