LILE DE LA DEMOISELLE
Cependant, les deux vaisseaux expédiés en France, le Georges et le Sainl-Briac, avaient abordé à Saint-Maio le 3 octobre 1541. Sur l'avenir du Canada peuplé de nombreuses bourgades, sur la découverte à faire d'une grande mer à l'oviest au-delà des sauts du Saint-Laurent, le capitaine Jalobert ne tarissait pas, prenant pour étrange confident de ses pensées un espion portugais. A vrai dire, il eût été en peine de se confier à Roberval : non que le gouverneur du Canada fût parti, il rôdait le long des côtes de Bretagne, voire de Saint-Malo; mais il n'osait entrer au port (1) .
entre les mains de Jan Jocet de Greineur, connëtaljle de Saint-Malo f Hakhv^-v. Principal Navigations (éd. 1600), t. III, p. 2V2. — Joltox des Los- GRAis, Jacques Cartier, p. 147.) — jSous ne possédons plus deux ouvrages de Jean de Glainorgan, capitaine de la marine du Ponant sous François \", où il était question du Canada : un atlas de cartes marines offert à François I"' et un Traité sur les navigations lointaines et la construction des navires (Cf. H. Harrisse, The discovery of North America, p. 622).
(1) Lettre écrite de Nantes^ le 12 novembre 1541, à l'ambassadeur du
ui. 21
Si la (Ictrcssc est mauvaise conseillère, il est parfois pires eonseillers qu'elle. C'est ce qui était arrivé à Koberval. Pour équiper trois petits navires à Honfleur (1), lo Lèchefraye^ la Valentiue et l'Amie, vainement avait-il engagé son vieux manoir en ruines de Bacouel, des vignes, des cens ; ne disposant plus que d'un tiers de la subvention royale, soit quinze mille livres, il avait eu recours à l'ancien commanditaire de Vcrrazzano, l'armateur Alonce de Civille (;2), et à un banquier lyonnais, qui le poursuivait de ses lettres de créances (3) .
Dans ces conditions, il eut le malheur de rencontrer à Honfleur lancien vice-amiral Pierre de Bidoux, sieur de Lartigue (4), qui n'avait pas encore franchi le dernier échelon de la dégradation, n'étant que pirate, avant de devenir, quelques mois plus tard, un traître (5). Lartigue enseigna au malheureux, traqué par ses créanciers, un moyen de faire fortune, qui était de piller amis et ennemis : embusqués près de quelque petit port breton, de Gamaret par exemple, ils réalisèrent ainsi d'assez jolis bénéfices (G), jusqu'au jour où l'association se disloqua.
Le jour de Noël 1541, à Landevennec, comme Lartigue
Portugal (Archives de .Siniancas, Eslado, lejajo 373, fol. 42 ; communication de M. Biggar).
(1) La Marie, dite la Léchefrayc, de 80 à 100 tonnes, venue en mai de Saint-Malo ; la Valentihe, de 92 tonnes; la Sainte-Anne ou l'Anne, de 80 tonnes, frétées le 19 juin à Honfleur (Archives du château de lloberval : Abbé Mouki., p. 284).
(2) Auquel il dut signer, avant de quitter Honfleur, le 30 août 1541, une reconnaissance de 22164 livres 11 sols 7 deniers (Abbc Morel, p. 287).
(3) En mai, à Saint-Malo (JoUox ijks Longrai.s, p. 37).
(4) Lartigue intervient le 17 juin au contrat d'acliat de la Marie (Abbé MoRKL, p. 284).
(5) Cf. ses propositions de trahison au roi d'Angleterre en 1543 {Lellcrs find papers... of Henry VIII, t. XVIII, 1'^' part., n" 125, 163, 648).
(6) Des centaines de quintaux de fer et de peaux de maroquin, entre autres, furent pillées par eux. Lettre de Marillac, ambassadeur à Londres, 22 février 1542 (Jean K\ulek, Correspondance politique de MM. de Castillon et de Marillar, p. 390).
tirait de son l)ord, les hommes de VAnne, peu soucieux d'aller au Canada, désertèrent en masse pour le suivre. Il y avait là des bandits qui avaient terrorisé, avant leur départ, les bailliages normands (1) : ils n'avaient cure des ordres du capitaine Paul d'Auxilhon, qui, selon les instructions de Roberval, avait consigné tout le monde à bord et tentait mcmu milùai-i de se faire obéir. Un des mutins, Barbot, brandit son poignard, en criant : « Par le sang Dieu! vous ne tuerez pas les gens. » Le capitaine l'éventra, les soldats dépéchèrent deux autres rebelles qui couraient aux armes, et Roberval témoigna sa satisfaction de cette énergique répression en absolvant le capitaine (2).
Lui-même n'avait que trop besoin d'être absous : l'opinion, la Cour (3), s'émouvaient de ses atermoiements coupables. L'hiver passa; il n'y eut plus de raison de différer le départ. Pour guider l'expédition, un pilote s'était offert. Il naviguait depuis quarante ans (4) ; jamais il n'avait perdu un vaisseau; il avait perfectionné la voilure en adaptant au grand mat le perroquet, qui, de lui, rctini en certains pays le nom de Jeannette (5). Tantôt marchand, tantôt corsaire, capitaine ou pilote, il avait saccagé Porto-Rico (6),
(1) Extraits de La Tournelle, 25 janvier 1541 (B. N., Nouv. acq. franc- 9269, fol. 11).
(2) Lettres d'aliolition pour Paul d'Auxilhon. Fort de France Roy, au Canada, 9 septembre 1542 (liAnnissE, p. 275 ; lire « Lartiguc " au lieu de 1' Cartier », " /Mh»^" au lieu de « Canne ■•').
(3) Lettres du chancelier Poyet au Parlement de Rouen, 10 juillet 1541, et de Roberval à Poyet, 18 août (Abbé Morkl, p. 287).
(4) Georges Musset, /ea?j Fonteneau, dit Alfoiise de Saintonqc, capitainepilote de François I". Paris, 1896, in-8°, extrait du Bulletin de (jéographie historifjue et descriptive (1895).
(5) Ibidem, p. 11. — Jai., Glossaire nautique, art. Joanete, portugais.
« Mais le mas eslevë eu signe de son nom Eslevera tous jours dans le ciel son rcuoni, »
disait d'Alfonse le poitevin Roger Maisonnier, dans un sonnet placé en tète des Voyages adventureux d'Alfonse, imprimés par Jean de Marnef. 1559, in-8°.
(6) Ainsi qu'il le raconta à Thevet : il gisait, au moment de son récit,
relâché à la Bermude, un nid à corsaires, el reconnu le continent américain par les 42", entre la Norembègue, — où il plaçait la fantastique cité de Gibola aux toitures d'or et d'argent, — et la Floride, qu'il se faisait fêle d'explorer avec un petit bâtiment de soixante-dix tonnes (1) . Il revenait de Guinée quand Roberval l'embaucha (2) . Sur le Canada où il se rendait, il partageait l'erreur de Cartier que c'était a un bout de l'Azie » , attenant à la Tartarie (3) : mais il en connaissait bien la route, ce qui était l'important. Le pilote, 1 ai-je nommé, c'était le célèbre Jean Alfonse.
Le IG avril L542 enfin, avec un an de retard, l'escadrille de Roberval mit à la voile au port de La Rochelle. A bord des trois vaisseaux, dont les principaux officiers étaient l'Auvergnat Paul Auxilhon de Saint-Nectaire ou de Senneterre, l'enseigne L'Espinay, le capitaine Guinecourl, Noire- Fontaine, Dieu-Lamont, Frotté, La Brosse, La Salle, François de La Mire et Royèze, il y avait deux cents personnes, hommes et femmes, matelots et colons. Le 8 juin, la flottille mouillait au havre de Saint-Jean, à Terre-Neuve (4).
... Quelques jours plus tard, Jacques Cartier parut. Il
dans les prisons de Poitiers par exprès commandement du roi (Thkvkt, Grand insulaire, fol. 174 v"). — Sur Alfonse, voyez Pierre Marcry, les Navinatcurs français et la révolution maritime du xiv" au wf siècle. Paris, 1867, in-8°; et Emile Biais, Etude sur le capitaine Alfonse, d'après le livre de M. P. Margry, Bulletin de la Soc. arcliéol. et hisl. de la Charente, ¥ série, t. VI (1868-1869), p. 997.
(1) Jean Alfokse, Cosmographie, B. N., Franc. 676, fol. 182, éd. Musset (Cf infrà, p. 332), p. 496. — Cibola était bien plus au sud. En 1542, le capitaine .laramillo s'y était rendu de Mexico (Colcccion para la historia de la Florida, par Buckinguam Smith, t. I, p. 154).
(2) Où il avait conduit, au printemps de 1541, la /ja/-6e f/t> Ja/y/ (Musskt, Jean Fontcncau, p. 5).
(3) Cosmographie, B. N., Franc. 676, fol. 182, éd. Musset, p. 496.
(4) " Le voyage de Jean François de La Rogne, chevalier, sieur de Roberval, aux pais du Canada, Saguenay et Hochelaga, avec trois navires et deux cens personnes... « a été publié en anglais par Hakluyt; en français par la Société littéraire de Québec, Voyages de découvertes au Canada, p. 91.
s'était dérobé aux attaques incessantes des sauvages, qui rôdaient continuellement autour de Charlesbourg Royal et avaient tué trente-cinq hommes employés à construire des habitations ; las d'être bloqué, il retournait en France avec des diamants et de la poudre d'or; de cette poudre, Roberval, le dimanche suivant, fit l'épreuve et elle fut trouvée bonne. Cartier n'en fut que plus impatient d aller mander à la Cour sa découverte ; au lieu de rebrousser chemin pour guider l'expédition dans le Saint-Laurent, dans la nuit, sans prendre congé, il mit secrètement à la voile.
C était fort imprudent. A sept lieues du havre Saint- .lean péchaient des marins de Fontarabie, qui précipitamment rapportèrent en Espagne l'annonce que le Ma louai revenait avec dix barriques d'or, sept d argent, sept (juintaux de perles et de pierreries (1). Des marins basques se mirent en embuscade ; et Cartier, tout autant que nos pêcheurs, ignorait que, depuis le 10 juillet, la guerre était déclarée entre la France et l'Espagne. Vingt-sept de nos bâtiments, puis quatre autres, venant, disait-on, de tenter quelque entreprise vers les Indes (2), mais, eu réalité, de pécher sur les bancs (3), tombèrent dans l'embuscade. L'empressement que l'on mit à en informer 1 empereur montre l'importance qu'on attachait à cette attaque ; elle était dirigée contre Jacques Cartier, à telle enseigne qu'une enquête eut lieu, le 23 septembre, parmi les terreneuviers espagnols qui avaient pu le rencontrer i). Mais le Ma-
(1) Enquête du 23 septembre 1542 parmi les marins de Fontarabie (Séville, Archivio gênerai de Indias, Patronato real^ estante 2, cajon 5, legajo 1/22, n» 16).
(2) Charles-Quint en eut avis le 17 septembre (Journal des uoyages de C'Itarles-Qiiint, publié par GACUAnD, Collection des voya(/es des souverains des Pays-Bas. Bruxelles, 1874, in-4», 1. II, p. 216).
(3) Une centaine de terreneuviers furent poursuivis par 13 vaisseaux de guerre espagnols jusque sur les côtes de Hollande, parait-il. Septembre [Calendar of State papers, Spanisli, Ifcniy F/// (1542-1543), p. 138).
(4) Enquête citée plus haut, note 1.
louin était hors d atteinte, à l'abri du Vieux Rocher ( 1 .
Il avait échappé à rennemi. Il n'échappa point au ridicule, qui, en France, tue. Son or n'était que du cuivre, si abondant dans la région des lacs canadiens, et ses diamants que de petites pierres à facettes d'un schiste riche en mica; et jaux comme un diamant de Canada passa bientôt en proverbe (2) . L'immense désillusion qui en résulta allait enrayer pendant un demi-siècle la colonisation du Canada.
Après le départ de Cartier, Roberval, quittant Terre- Neuve, gouverna sur le continent. A quelque distance du Labrador, le long d'un cap élevé qui se dressait dans une île, le vaisseau piloté par Jean Alfonse (3) jeta l'ancre et déposa dans une petite anse deux femmes, avec quelques vivres. Un gentilhomme, ce vovant, prit son arquebuse, un peu de linge, et débarqua à son tour dans lile des Démons (4). Sous ces apparences banales, voici quel sombre drame se déroulait : Roberval avait surpris la liaison clandestine d'une sorte de cousine qu'il emmenait, nommée Marguerite, avec un de ses compagnons, malgré que la vieille servante de la demoiselle fît sentinelle durant les entretiens des deux amants. Et il condamnait la coupable à la relégation dans cette solitude affreuse. Mais, en vrai gentilhomme, l'amant avait voidu partager le sort de son
(1) Le 2i octobre 1542, à Saint-Malo, il tenait sur les fonts un enfani nouveau-né (JoiJON des Lo>grais, p. 178).
(2) Thevet, Les Singularités de la France antarctique . l'aris, 1558, in-V, chap. lxxx.
(3j Les détails précis qu'il donne sur l'atterrage de lile de la Demoiselle prouvent en effet qu il y aborda (Cosmoqraphie, B. N.. Franc. 676, fol. 177 v"). La partie de la Cosmoqraphie qui concerne le Canada a été publiée en anglais par IlAKLrvT, et en français sous le titre : le Routier (le Jean Alphonse de Xantoine, premier pilote du sieur de Roberval, par la Société littéraire et historique de Québec, Voyages de découverte au Canada, p. 80.
(4) Thevet, Cosmoqraphie, liv. XXIII, chap. vi. — Margdkhitk de r^AVARRE, L'Heptaméron. Paris, 1559, in-4", nouvelle LXVII.
amie, telle celle paysanne qui avait tenu à suivre son fiancé, si criminel fût-il, au Canada.
Dans les cartes du temps, 1 île ainsi que ses voisines s'appellent les iles de la Demoiselle.
Au Canada, Robeival choisit pour résidence CharleS'bourg Roval, qu il nomma le fort de France-Roy. Sur le Saint-Laurent baptisé également du nom nouveau de France-Prime, le fort du promontoire comprenait une grosse tour cl un corps de logis de cinquante pieds de façade, avec chambres, grande salle, office, four, poêle-, cellier et moulin. Au pied de la colline, près de la rivière du Cap-Rouge, les provisions étaient entassées dans une tour à deu\ étages. Elles étaient en si petite quantité qu'il fallut rationner dès le début tout le monde. Aussi, le 14 septembre, Senneterrect Guinecourt eurent-ils ordre de reprendre la route de France avec lAnyie et le galion roval (Ij pour ramener un nouveau convoi. Alfonse partit avec eux.
L'hiver fut terrible à la petite colonie. Un tiers de son effectif fut emporté parle scorbut. Le 0 juin I5i-îi pourtant, lorsque le Heuve fut libre de glaces, Roberval se mit en route pour le Saguenav, naviguant contre le courant avec soixante-dix personnes à bord de huit barques. Trente hommes, laissés à la {jarde de France- Roy sous les ordres de Royèze, devaient v demeurer jusqu au l" juillet, et si Roberval n'était pas de retour à cette date, ils regagneraient la France sur les deux barques du fort. La limite fut portée au :22 juillet par une lettre de Roberval, confiée à deux gentilshommes, Villeneuve et Talbot, qui amenaient en même temps un peu de blé pour la garnison. Des éclopés en grand nombre, l'enseigne, les volontaires La Brosse, Frotté, Longueval avaient abandonné l'expédi-
(1) Depuis longtemps à La Rochelle quand Roberval ordonna de les vendre, le 11 septembre 1543 (Harrisse, Notes..., p. 276).
tion ; une barque avait sombré avec hviit personnes; mais, à la date du 10 juin, Roberval poursuivait toujours sa marche vers le Saguenay. Qu'advint-il par la suite? Nous i i{j;norons. Les derniers feuillets de la relation de vovaj^je sont perdus.
... L'expédition de secours arrivait de France avec Senneterre, capitaine de deux vaisseaux, et Cartier comme pilote (Ij. Partie d Europe en juin 1543, elle était de retour huit mois après, avec Roberval (2). C'est tout ce que nous savons de cette dernière expédition. La liquidation après faillite de 1 entreprise fut pénible. Roberval dut vendre l'Anne et les objets d'équipement du Galion royal à la Rochelle, pour en partager le prix entre ses compagnons (3) , Jacques Cartier, après débat avec son chef, prouva, par l'exposé de ses comptes, que, loin d'avoir un reliquat à rendre au Trésor, il restait créancier du roi (4).
Ail Canada, il n'v avait plus un Français, pas même la demoiselle, qu un terreneuvier breton rapatria, au bout de deux ans et cinq mois, folle de terreur depuis qu'elle se croyait en l)utte, après la mort de sa nourrice et de son amant, à des persécutions diaboliques. Cette manie de la persécution était telle qiie, de retour à Nontron en Périgord, elle se cachait de Roberval (5). Le terrible justicier faillit à son tour périr d une mort épouvantable. Il était dans le grand carracon Philippe, (jui prit feu en rade du Havre, en juillet 1545, au moment d'appareiller en tête de l'immense armada française assemblée pour l'invasion de l'Angleterre. Peu de personnes échappèrent au sinistre :
(1) Archives nat., K 1232.
(2) Ramé, 1" série (1865), p. 29. — JoLon dk,^ Longuais, p. ôô. — Archives d'Ille-et-Vilaine, registre d'office 226, i" p., 29 mai 1543; un des compagnons de Cartier est dit au Canada.
(3) 11 septembre 1543 (Harrisse, Notes... p. 276).
(4) Ramé, p. 24-32.
(5) Ileplaînéron, nouvelle LXVII.
Roberval fut du nombre; il fut sauvé, avec cinq hommes, par un de ces légers navires qu'on appelait des flouins. Parmi les armes qu il emportait figuraient a sept seringues » , destinées vraisemblablement à projeter du feu grégeois, ce qui était une façon d'utiliser pour la guerre ses connaissances minéralogiques (1). Trois ans plus tard, il obtenait le monopole de Texploitalion, en France, de " toutes mynes, mynières et sustances terrestres, tant metalicques que aultres » , or, argent, plomb et azur ou lapislazuli (2). Croirait-on qu avec une pareille pierre philosophale, il mourut ruiné en I5G0?
A de nombreux baptêmes, à Saint-Malo, on vit, jusqu en 1557, assister un vieillard vénérable, mais encore alerte, aux allures de loup de mer. C'était Jacques Cartier. Dans son manoir de Limoïlou (3), véritable observatoire établi comme celui d'Ango au sommet d'une falaise, ou dans sa maison de la rue de Buhen, non loin de la tour Quiquengrogne, il recevait parfois la visite de personnages illustres. Si l'on ajoute foi à une tradition locale d antiquité respectable, llabelais fut l'un de ses hôtes. Il vint apprendre de lui il les termes de la marine et du pilotage pour en chamarrer ses bouffonesqucs Lucianismes et impies épicuréismes (4) » ,
Certaine journée de 1550, que Sébastien Cabot et Bayarni, un Danois qui en vingt-deux ans avait fait quatre voyages à Thulé, se trouvaient réunis chez lui et devisaient de leurs voyages, un hâbleur survint qui soutira à chacun
(i) Le Havre, 18 juillet 1545 (Archives de Roberval : Abbé Morel, p. 299).
(2) Lyon, 30 septembre 1548 (B. I\., Franc. 5085, fol. 271. —Édits... sur le faiet, ordre et police des mines et minières de France. Paris, 1631, in-8". — MoBEL, p. 294).
(3) llamé en a donné deux vues, p. 1, 65.
(4) .Jacques Doremet, De l'antiquité de la ville et cite' d'Aleth, 1628. Réédition Joiion des Longrais, p. 50.
deux quelque chose : à Bavarni, une description de Thulé; à Cabot, des mémoires sur la terre de Gorte-Real et les rivières comprises entre le cercle arctique et le golfe des lies du Diable; au Malouin, une carte de l'île de TAssomplion ou d'Anticosti, et l'histoire d'un ours rencontre à Terre-Neuve, i. si vieux qu'il en estoit blanc! (Ij " .