‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 51 sur 87 · DEUXIÈME GUERRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GUERRE

Au printemps de }5;3(), le tocsin répercuta de clocher en clocher l'annonce de cette chose sinistre : 1 invasion. L'empereur lui-même pénétrait en Provence : son lieutenant, le comte de Nassau, essayait de forcer les lignes de la Somme défendues par le maréchal de Fleuranges. Malgré l'affolement causé par la triste nouvelle, la résistance s'organisait. Fleuranges arrêtait l'ennemi : les ports de la Manche menacés par l'escadre flamande se mettaient en état de défense; trois hatteries étaient dressées sur les quais encore mal clos du Havre de Grâce, qu'on savait particulièrement menacé.

Et voici justement que les guetteurs de Sainte-Adresse transmettent le signal : " Flotte en vue, très grosse. » Le vice-amiral de La Meillerave fait sonner le tocsin, qui jusqu'à Gaudebec appelle la population au.\: armes. Le soir, quinze mille hommes sont massés au Havre. La flotte approche... O surprise! elle est sous pavillon fleurdelisé (I). Et elle est victorieuse. Elle vient de mettre en déroute quarante navires flamands (2).

(t) Guillaume Dic Marckiij.es, Mémoire sut- la fondacion de la Ville Françoise de Grâce, p. 18.

(2) Récit tait par François 1"=' à un ambassadeur, 8 octobre 1536 (Archi-

Dans rOcéan, la guerre se borna à de hardis coups de main de nos corsaires sur les galions des Indes (1). Il n'y eut point de plans de campagne navale, faute d'adversaire : la flotte ennemie de l'amiral Maximilien de Bourgogne était occupée à guerroyer contre Christian III de Danemark (2). Dans le Levant, au contraire, se jouait entre l'empereur et le roi une partie décisive.

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