MÉMORABLE COMBAT NAVAL LIVRE PAR LES DIEPPOIS AUX FLAMANDS
A l'autre extrémité de la Manche, les magistrats boulonnais réclamaient avec instance les navires de guerre affectés à la protection des pêcheurs de harengs. Ils députèrent deux bourgeois aux capitaines de ces bâtiments, alors à Dieppe, Fécamp et Saint-Valéry, pour les inviter à venir croiser dans le pas de Calais (1). A défaut de la flotte rovale, trop longue à équiper, une escadre de six vaisseaux « des plus commodes etdeffensables " s apprêtait à Dieppe. Le lieutenant général de Tamirauté, Charles de Ponsard de Fors, patriotiquement en avança les frais ; et le capitaine Beaumont allait appareiller en juillet 1555, quand Henri II congédia équipages et bâtiments. Navré de transmettre cette décision, l'amiral de Coligny fit savoir qu'il se substituait au roi; il participerait de ses deniers à l'armement (2) .
La nouvelle provoqua parmi les hardis corsaires une
(1) A. d'Hactefeuille et Bénard, Histoire de Boulogne-sur-Mer (1860), t. I, p. 297.
(2) Histoire de la bataille navalte, faicte par les Dicppois et Flanicns, qui est l'une des plus furieuses et soudaines expéditions de mer, qui ayt esté entreprise de nostre temps sur les ennemis du Roy Henry II. Paris, 1557, in-8" : réimprimée par Cimber et Danjou, Archives curieuses de l'Histoire de France, i'" série, t. III, p. 141-168. — L'ouvrage publié par P. J. Feret sous ce titre. Histoire navale. Antiquités de Dieppe, mémorable combat livré par les Dieppois aux Flamands l'an 1555, i-estitution du récit fait par Martis le Mescissier (Dieppe, 1834, in-fol.), n'est qu'un résumé de l'ouvrage précédent, tiré de David Asselixe, Antiquités et chroniques de la ville de Dieppe (1682). En tête, Feret a placé une gravure représentant un vaisseau dieppois du seizième siècle, d'après un vitrail de l'église de ÎMeuville-les-PoUet.
DERMÈRK GUERRE CONTRE GHARLES-Q UIN T. 495
explosion d'enthousiasme. Dix-huit navires, au lieu de six, se trouvèrent parés à sortir à « la prochaine vive eau " . Le Làtiuient amiral ne dépassait pas 160 tonneaux, les dernières unités de combat 25 et même 15 tonnes.
Sur le iSicolas, battant pavillon amiral, Louis de Bures, sieur d'Espineville et parent d'Ango, allait soutenir dignement un grand renom. Le commandement en second était dévolu à Denis Guillas, capitaine du galion royal l'Emérillon. Tous les bâtiments amatelotés deux à deux, un petit avec un grand (1), capitaines, quartiers-maîtres, marins jurèrent de se prêter un mutuel appui, arrêtèrent leurs signaux de reconnaissance et appareillèrent le 5 août 1555. La population dieppoise avait travaillé nuit et jour à les remorquer en rade, tant le port était dde difficile ouverture, spécialement pour les grands vaisseaux, ainsi que véritablement sont tous les autres havres le long de la coste de Normandie " .
Dans la soirée, Louis de Bures apprit d'un navire anglais qu il y avait dans la partie du nord une douzaine de hourques flamandes, en route vers l'Espagne. Il en avisa tous les capitaines venus le saluer » avec trompettes, tabours et coups d'artillerie" et, le cap à l'ouest-sud-ouest, alla se mettre en embuscade. Le lendemain, des hourques apparurent par le travers de Wight : à l'examen de leurs connaissements, on acquit la certitude qu'elles étaient
(i) L'Aiiqe (100 tonneaux), capitaine Jean Le I\ou.\, et le Faucon, galion du roi (60), des Bigas ;
La Barbe (140), Vincent Bocquet, et la Comtesse (GO), Bertrand Caillot;
Le Soleil (100), Adrien Le Vilain, et la Gentille (50), Nicolas Ruault;
Le Saint-Jean (90), Jean de La I^lace, et l'Once (45), Jean Lubias;
La Levrièie (120), Adrien Leconte, et la Belette (60), Anthoine Varin ;
La Palme (100), Louis Beaucousin, et le Petit-Cocj (40), Mathieu Cauvin ;
Zc Bedoulé (30), Simon Saquespée, et le Dragon (35), Michel Clémence ;
Le Byays (25), Vincent Colas, et la Ferqate (15), Denis du Jardin.
allemandes, c'est-à-dire neutres. Comme Tescadrc « courait au lis du vent, le cap au su-su-est » , le galion du baron de Clères la croisa, pavillon de commandement arboré. A l'amicale observation de Louis de Bures, que lui seul avait commission de l'amiral, le capitaine Mase ne voulut point se rendre et préféra chercher aventure pour son propre compte plutôt que de se ranger sous pavillon d'autrui.
L'occasion le servit à souhait. Une hourque, au crépus cule, profila à l'horizon ses formes gigantesques. Elle était, soit-disant, de Dant/.ick; Mase la garda à vue, afin de la mieux reconnaître et, au jour, fit sonner le clairon. a Mesurant sottement les courages à la grandeur ou à la petitesse des navires, » son adversaire attendit avec mépris l'attaque d'un minuscule galion. Fort heureusement pour Mase, le Soleil, la Palme, le Saint-Jean et le Petit-Coq étaient restés en arrière, tandis que Louis de Bures, revirant à l'autre bord, s'éloignait dans la nuit. Ils joignirent leur feu à celui du galion de Clères, dont le maître d'équipage, Christophe Simon, venait d'être tué; après un sanglant combat, qui fit surtout des victimes parmi les canonniers du Saint-Jean et du Soleil, la hourque succomba.
Cinq autres hourques, sur lesquelles Louis de Bures était tombé, s'étaient formées en bataille, serrées les unes contre les autres; cette velléité de résistance dura peu : elles envoyèrent leurs connaissements. Elles étaient de Hambourg. Des papiers, dont elles s'étaient débarrassées en les jetant à la mer, furent repéchés, mais n'apprirent rien d'autre.
Le 9 août, comme l'escadre s'abritait en rade de Douvres contre les vents du nord, quelques hommes du Petit-Dragon, descendus à terre, furent mis aux arrêts; les Anglais espéraient Il leur tirer des dentz quelque secret de l'entreprise » . Louis de Bures, par deux coups de canon sur un
petit navire anglais, le fit arri^'er et le garda comme otage jusqu'au retour de ses hommes.
« Tost après, le bateau passager de Douvres se mit en mer pour aller à Calais. Ce que voyant, nostre amiral envoya la Frégate et le Ryays après, pour scavoir s'il n'y avoit aucun des ennemis, qui allât donner advertissement de nostre armée en Flandres » . Rattrapé par les deux flouins, en dépit des coups de canon tirés contre eux du château de Douvres, le paquebot fut amené à l'amiral. Mais on n'y saisit rien de suspect, et pour cause : plusieurs paquets avaient été jetés par-dessus bord.
Le 1 1 août, à l'aube, la vigie signala vingt-quatre grandes voiles, (c lesquelles avec flot louyoient au vent pour passer le détroit de Calais. » C'était l'ennemi cherché. Vingt hourques flamandes revenaient d'Espagne avec une cargaison de 350,000 couronnes pour le compte de l'empereur : elles avaient comme consei'ves trois bâtiments de Civita- Yecchia chargés d'alun (1). Le dernier navire, battant pavillon britannique, a amena toutes ses velles et jetta l'ancre hors, pour voir à son aise l'exécution de cette bataille » . Sa manœuvre laissa penser aux nôtres que ses compagnes étaient encore des hourques allemandes, " joinct qu'elles ne mettoient leurs vergues en bataille, ny faisoient aucun préparatif de combat. Mais si les nostres furent déceuz de leur penser, les B'iamens ne le furent pas moins. » Confiants dans la force de leurs vaisseaux, ils ne pouvaient imaginer que des bâtiments aussi petits, fussent-ils au nombre de cinquante, oseraient les charger. Force leur fut de se rendre à l'évidence, en voyant que les nôtres avançaient toujours, leurs ponts-volants dressés, et que
(1) Lettre de Giovanni Micliiel, ambassadeur en Angleterre, au doge. Richinond, 19 août (Caleiidar of State Papers and manuscripts, relating to english affairs, existing in the archives of Venice, éd. Rawdon-Brovvn, t. VI, p. 167, n" 190). — Lettre de Badoer. Bruxelles, 16 août ylbidem, p. 162, n° 186).
« c'estoit à bon jeu bon argent » : ils préparèrent en toute diligence les grappins d'abordage et la grosse artillerie tirée de l'overlooper (1). Il était huit heures du matin. De Douvres comme de Calais, on apercevait les flottes en présence, à six lieues en mer.
Une hourque, qui marchait à l'écart, fut emportée par ta Levrière. Sans se soucier des bâtiments relativement petits qu'il avait sous le vent, l'amiral de Bures, gouvernant sur le vice-amiral Melis Claesson, riposta à son feu par une bordée qui emporta la tête de Claesson : mais il manqua l'abordage, » parce qu'en l'accostant de son épaule de tyebort. Ferre que portoit le navire, le repoussa » . A peine avait-il accroché une autre hourque, « qu'il en eustdeux ou trois sur les bras" . Impressionnés par un duel aussi disproportionné, nos capitaines commençaient à « resserrer au vent » , quand le second de l'amiral, le capitaine Guillas, les rappela au sentiment du devoir et de l'honneur : « Qu'allons-nous faire à la guerre, dit-il? Est-ce pas pour mourir aussi bien que pour faire mourir! Qui a crainte maintenant, il est trop tard... Aussi ay je délibéré de me perdre, ou il se perdra. i> Et le petit Emërillon, suivi de la Barbe et de tAtige, se jeta résolument (i au milieu de la troupe des hourques, lesquelles chargeoient désespérément " . Deux autres bâtiments, hi Comtesse et le Petit-Dragon, vinrent à la rescousse de leurs camarades, presque écrasés sous un monceau de quatorze vaisseaux de haut bord. Puis, à la voix du capitaine Adrien Lecomte, qui se lamentait d'avoir dégarni la Levrière pour amariner sa prise et suppliait ses voisins de lui donner des hommes, les autres commandants entrèrent à leur tour dans la fournaise. Seuls, le Soleil, le Saint-Jean et lOnce
(1) « Tesmoings examinez par le bailly de Middelbourg en Zecllande, 17 août 1555, « sur la bataille livrée près de Beverley et Douvres (Bulletin de V Académie de Belgique, t. XL (1875), p. 861, note).
" tindrent toujours au vent pour voir le passetemps de loing » .
L'épouvantable passe-lemps! De leurs piques de dixneuf pieds, de quatre ou cinq pieds plus longues que celles de leurs adversaires (l), nos gens assaillaient, sous un violent feu de mousqueterie, les hourqucs bien munies et bien closes, qui les dominaient de leur haute stature. Le plus grand de nos bâtiments paraissait près d'elles tel qu'un âne près d'un coursier. Au milieu de nombreux morts et blessés, un vaillant corsaire, dont nous verrons ailleurs les exploits, Vincent Bocquet, capitaine de la Barbe, tombait la poitrine trouée d'une balle; le maître du Nicolas, Nicolas Lebon, s'affaissait, les deux cuisses transpercées. Mais nos gens forçaient peu à peti les quatorze hourqucs, qui, une fois accrochées, ne pouvaient résistera l'abordage : l'amiral Herman Hens, d'Enkhuysen, tombait entre levirs mains (2).
Afin d'amuser les vainqueurs et de donner aux autres hourqucs le loisir d'entrer en scène, les prisonniers avaient répandu sur les tillacs des sacs de réaies et de perles. Le stratagème réussit : nombre de matelots s'attardaient à butiner sur les prises, au moment où la réserve ennemie donna. Ce fut encore aux quatre premiers vaisseaux engagés de soutenir le choc, parce qu'ils avaient le plus dérivé avec le jusant. L'Émérillon reçut à moins de quatre-vingts pas les bordées de six hourques fraîches, qui revirèrent au vent, après avoir tiré en ligne de file, et s'accrochèrent, deux aux hanches de l'Émérillon, quatre aux flancs du Nicolas, de la Barbe et de l'Ange.
Atteint d'une balle sous l'aisselle, " à l'endroit de l'ouverture du gousset de son âme " , l'amiral de Bures est tvié. Le sieur de Domménil s abat à ses côtés, la jambe emportée par un boulet : sur le dos, ce brave entre les
(1) Ibidem.
(2) Ibidem.
braves continvie à tirer des coups de pistolet sur les gabiers ennemis, tout en parant avec sa rondache les pierres qu'ils font pleuvoir des hunes svir lui. Aussi pressé que l'amiral, le capitaine Guillas n'a plus qu'une dizaine d'hommes sur le pont, quelques canonniers dans les batteries. Bientôt, il reste presque seul : frappé d'une balle au bras droit, d'un boulet à l'épaule, la pertuisane coupée par un projectile, il tient tête encore aux Flamands qui montent à l'abordage par la poupe : avec une lance à feu qui lui tombe sous la main, il les arrête et les refoule. A bord de PAnge, le capitaine Jean Leroux reçoit une balle dans la tête, l'enseigne Claude Doublet a les bras et la poitrine labourés par un boulet; la Barbe a failli sauter; le lieutenant Jacques Dubois, qui a succédé au capitaine Bocquet, est blessé à la jambe. La situation devient critique. Les matelots qui fourrageaient sur les prises s'en aperçoivent, et, sautant de navire en navire, ils assaillent à revers les six hourques qui, sur l'heure, sont prises.
La victoire est décisive! un incident vulgaire, un acte de rapacité sordide, va tout remettre en question. Les plus lâches au feu, les marins du Soleil, de l'Once et du Saint- Jean furent les plus âpres au gain. Une rixe survenue entre ces pillards dans la chambre d'arrière dune des prises, laisse croire au capitaine de la Palme que des Flamands s'y sont barricadés. Il jette par les fenêtres quelques lances à feu, qui embrasent soudain tant la hourqueque son propre bâtiment. Et comme les navires sont accrochés les uns aux autres, il y en a bientôt une douzaine en flammes. Affolés, les vainqvieurs cherchent à sortir du cercle de feu; ils se jettent au nombre de trois cents dans le Redouté, petit flouin de trente tonnes, qui chavire sous ce poids énorme et coule à fond. Les pillards, alourdis par leur butin, sont entraînés dans l'abîme, et avec eux périssent le lâche capitaine du Soleil, Adrien Le Villain, et le capitaine de la
Palme, Beaucousin. Deux autres flouins, te Ryays, le Petit- Dragon, et le galion le Faucon succombent, moitié broyés, moitié brûlés au milieu des hourques. Enclos de même entre ses quatre prises, PÉmérillon s'ensevelit au milieu de ses trophées et périt avec eux, sans qu'il soit possible de la dégager (1). Resté le dernier à bord, le capitaine Guillas gagne le navire amiral et descend dans la chambre-hôpital pour y faire « acoustrer ses playes » . Nombre de blessés s'y étaient traînés sur leurs moignons. Le Nicolas n'était plus qu'une épave, sans un officier à bord, sans une voile entière, sans un bordage; Guillas le tira comme il put du foyer de l'incendie.
" Je vous laisse à penser quel espouvantable et piteux spectacle c'estoit de voir tant de navires en feu, si grand nombre d'hommes à l'entour, tant des nostres que des ennemys, emmy la mer, les uns sur un bout de mast, les autres sur une escoutillc" ; le sang coulait à flots par leurs blessures. La i^eûie Frégate de Denis Dujardinen recueillit un bon nombre. Nos autres bâtiments avaient quitté, tout délabrés, le champ de bataille; quatre d'entre eux se réfugièi'ent à Douvres, les autres s'acheminèrent vers Dieppe.
Il était quatre heures du soir. Cinq des hourques, abandonnées dans un mouvement de panique durant l'incendie, parvinrent à s'échapper avec les trois bâtiments flamands demeurés intacts : les prisonniers enfermés dans la cale, n'entendant plus personne sur le pont, avaient repris leur liberté. Ni le Soleil, ni ses deux lâches compagnons, seuls en état de combattre, ne poursuivirent les bâtiments désemparés.
Le lendemain, 12 août, l'escadre victorieuse jetait l'ancre
(1) Henri II donne décharge à l'amiral de Coligny pour la perte du Faucon, submergé dans le conibal contre les Flamands, et de VÉmérillon, péri par tourmente. 1555 et 27 noveniijre 1556 (Inventaire des archives de Chastiilon : b. N., Franc. 32014, fol. 279).
à Dieppe. Cinq grandes hourques chargées de sel et d'alun, quatre cents prisonniers, étaient tout ce que le feu avait laissé. Le débarquement des blessés dura tout le jour, au milieu des sanglots de la population, que consternait lapparition de ces corps défigurés et " si brouis " par le feu, qu'on eût dit « gens masquez » . Le 113, on eut la joyeuse surprise de voir arriver une dernière prise, avec quatre cents hommes dont le sort était resté un problème (1).
Informé de la victoire. Henri II écrivit aux Dieppois de chaudes félicitations, en les priant de reprendre la mer pour ruiner les pêcheries des Pays-Bas (2). En sujets obéissants, les vainqueurs armèrent vingt-huit vaisseaux qu ils placèrent sous le commandement dun des hommes les plus familiers avec les côtes d'Angleterre, et réputé outre-Manche pour « ung des meilleurs hommes de mer de la Ghi^estienté " (3), Jean Ribaut. C'était, en effet, au large d'Yarmouth que se trouvaient les lieux de pèche du hareng. Mais une violente tempête, le jour de la Saint-Michel, déjoua nos projets en dispersant la flotte sur les côtes britanniques (4) et en l'empêchant de prendre contact avec les dix-huit vaisseaux de guerre qui couvraient six cents barques de pèche (5) .
(1) Giovanni Micliiel, ambassadeur de Venise à Londres, évalue les pertes, de chaque côté, à six bâtiments brûlés et deux coulés; en plus de ces huit bâtiments, les Flamands perdirent encore cinq bâtiments capturés. Richmond, 19 août (Calendar of State papcrs, Venetian, t. VI, p. 167, n" 190). — .Soranzo, ambassadeur à l'aris, chiffre à 3 bâtiments brûlés nos pertes et à 15 navires celles des Flamands (B. N., Italien 1717, fol. 114).
(2) Lettres de Henri IL Vigny, 13 août 1555.
(3) Ambassades de MM. de Noailles, t. V. p. 142.
(4) Histoire de la bataille navalle... (1557), dernier feuillet.
(5) Lettre de Giacomo Soranzo, ambassadeur de Venise en France. Poissv, 14 août 1555 (B. N., ItaUen 1717, fol. 115).