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CONQUÊTE DE LA CORSE

En cas de tempête, les flottes françaises qui se rendaient en Italie n'avaient sur leur route aucun lieu de refuge, les ports de la Rivière de Gènes leur étant interdits. Cette considération stratégique nous porta à faire revivre nos droits sur la Corse, qui nous avait été cédée jadis, en 1402, par Gènes. Le promoteur de la conquête de l'île fut un Corse, réputé pour le meilleur officier d'infanterie de l'armée française, tant il avait montré de bravoure aux sièges de Marseille, de Perpignan et de Landrecies, là en arrêtant avec trois cents arquebusiers toute la cavalerie légère de Charles-Quint, ici en sauvant les bagages du Dauphin qui levait le siège de Perpignan, à Landrecies enfin en ravitaillant la ville.

En réunissant sa patrie à la France, le colonel Sampiero ou Sampietro délia Bastilica, si célèbre sous le nom de colonel d'Ornano, trouvait aussi le moyen d'assouvir sa vengeance contre l'aristocratie génoise qui l'avait faitchasser de l'île (2). N'avait-il pas, l'humble soldat de fortune,

Ercole; 14, ile d'Elbe (Ribiee, t. II, p. 442 et suiv. ; B. N., Franc;. 20463, fol. 45).

(i) Lettres de Henri II au baron de La Garde et au sieur d'Aramont, 2 et 8 juillet (RiBiER, t. II, p. 4; CiiARiiiKnE, t. II, p. 263).

(2) Arrighi, Histoire de Sampiero Corso. Bastia, 1842, in-8°. Henri II

eu l'audace de préfendre au plus riche parti de la Corse et d'évincer ses rivaux, les nobles sénateurs de la République, en épousant la fille du gouverneur d'Ornano ! Ce l'ut lui qui proposa au Conseil la conquête de la Corse, la représentant comme une opération d'une facilité extrême (l),qui mettait aux mains de la France le frein de r Italie f2), la clef de la Méditerranée (3).

Plus d'un conseiller royal était acquis d'avance à sa cause. Au château de Saint-Maur, le cardinal Du Bellay en avait longuement devisé avec le chevalier de Villegagnon, qui connaissait les points faibles de l'île a aussi bien qu'homme de France et d Italie " . Trois ou quatre mille soldats suffiraient à enlever les forteresses du littoral : en haine des Génois " qu'ils estiment marcadants et canailles au prix d'eux qui se disent nobles " , ajoutait le cardinal, les Corses s'enrôleraient en foule sous le drapeau français et constitueraient une réserve importante, dix mille hommes au moins, pour nos guerres d'Italie (4). André Doria l'avouait, par la Corse on tenait Gênes et la Toscane la corde au cou, et on s'ouvrait sur Sienne, Rome etNaples un chemin sûr qu'on fermait à l'ennemi.

Or, nous avions pied en Italie. Une révolution avait éclaté à Sienne; la ville s'était donnée à la France (5); le 11 août 1552, le maréchal de Termes y faisaitson entrée (6).

était intervenu en faveur de Sampiero en menaçant les (iénois, ses persécuteurs, de représailles sur leurs marchands.

(1) Variixas, Henry second (B. N., Franc. 6197, fol. 148).

(2) Lettre de Sampiero à Cosme I" (Livi, Coshno de Medici).

(3) Lettre de Rivarola (Tommaseo, Lettere di Pasquale Paoli, p. 159).

(4) RiniER, Mémoires d'État, t. II, p. 467. — A. Heuliiahd, Villegaqnon, p. 77 : le cardinal Du Bellay expédie au connétable un plan de descente et renvoie au chevalier de Villegagnon pour plus ample informé (7 juin 1553).

(5) Cf. le traité passé entre Henri II et la république de Sienne. 20 janvier 1552 (B. N., Franc. 3112, fol. 1).

(6) Sozzixi, Bivoliizioni di Siena, éd. Gaetano Milanesi dans V Aiehivio storico de Vieusseux, t. II. — Biaise de Monluc, Commentaires, éd. A. de

Abusant de la confiance qvie nous lui témoignions, le duc Cosme I" de Alédicis tenta de soulever la population siennoise contre la garnison française (1). Il méritait d'être châtié : et le châtiment était d'autant plus opportun que les ports de Toscane constituaient une excellente base d'opérations navales. La Maremma était peuplée de Corses, qui se seraient soulevés au moindre signe du colonel Sampie tro (2).

Ce fut un motif pour Dragut et le baron de La Garde de préluder au débarquement en Corse par l'attaque de l'île d'Elbe. Un seul port résista. Porto-Ferraio donnait asile au.Y quatre galères du jeune prince d'Appiano, que vint rejoindre, avec trois cents nouveaux défenseurs, la galère de Simeone Rossermlni : Rossermini avait traversé intrépidement, dans la nuit du 10 août, l'escadre française et quatre bâtiments turcs en reconnaissance. Malgré l'appât d'une prime de trente mille écus, Dragut ne parvint pas à enlever la place. Et, donnant comme défaite que le port n'en valait pas la peine, il recula devant l'attaque dePiombino, que défendaient les douze cents hommes de Chiappino Vitelli, épaulés par l'armée du marquis de Marignan. Non sans peine, La Garde le décida à passer en Corse (3).

Laissant au cardinal de Ferrare le gouvernement du Siennois, le maréchal de Termes embarqua sur la flotte franco-turque son petit corps d'armée : les douze compagnies italiennes de Gian-Bernardino San-Severino, duc de

Ruble, t. I, p. 438. — Duc de Dino, Chroniques siennoises. Paris, 1846, in-8''. (i) Lettre de Cosme I" à Pandolfini. 17 août 1552 (A. Desjardins, Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. III, p. 321).

(2) Mémoires de Cesare Vajari sur les moyens que le roi peut employer pour secourir Sienne (Duc de Dino, p. 232).

(3) Lettres du baron de La Garde au roi et au connétable. 12-14 août 1553 (B. N., Franc. 20463, foi. 39 et 51 ; Ribier, t. II, p. 450). — Lettre envoyée de Florence au duc de Modène. 22 septembre (Man froni, iVfarùïa rfa querra del granducato Mediceo. Roma, 1895-1896, 2 in-8'', t. I, p. 39, et Storia délia marina italiana, p. 387). — De Thod, livre xii, t. II, p. 377

Somma, et de Giordaiio Orsini, les six compajjnies gasconnes de Velleron, aux effectifs de trois cents hommes chacune, et les irrcguliers corses de Sanipicro. Le 21 août 1553, la flotte française quittait 1 île d'Elbe : Dragut la ralliait en roule. Le lendemain matin, Somma et Sampiero, détachés de l'avant avec une dizaine de galères, débarquaient à IWranella. près de Bastia. La garnison de Bastia parlemente; les Corses désertent à la voix de leur compatriote Sampiero ; et l'arrivée du reste de la flotte française dans la nuit décide Gentile da Erbalunga à capituler.

De cette base d opérations, colonnes et escadres rayonnent, le colonel Velleron, les Gascons et les Corses de Sampiero sur Corté, Paul de Termes sur Saint-Florent, la flotte turque le long de la côte orientale et l'escadre française sur la côte ouest (1). Contournant le cap Corso, le baron de La Garde invite à son bord le seigneur du pays, Giacomo Santo da Mare et le force à se déclarer pour la France. Il débarque une douzaine de canons à Saint-Florent pour l'armement des bastions que le maréchal y élève, reconnaît Calvi, de trop forte assiette pour être enlevée, et jette deux compagnies dans Ajaccio.

Il n'a plus à compter sur les Turcs. Furieux de savoir que les galères françaises regorgent de musulmans fugitifs qui ont cru y trouver le salut et sont retombes dans l'esclavage (2), Dragut a pris congé : il a consenti toutefois à réduire, en s'en allant, les ports du sud-est, Porto-Vecchio et Bonifacio. Mais seize jours de bombardement, trois assauts qui coûtent aux Turcs quinze cents hommes, n'ont

(1) Du ViLLARS, Mémoires, dans la J\'ouvelle collection MicLaud et Poujoulat, p. 129. — Lettre de Paul de Termes. Saint-Florent, 30 août (Ribier, t. II, p. 452). — CiBO PiECCHi, Historiae Geniienses (B. N., Nouv. acq. latines 1764, p. 219). — C.4Mbiagi, Istoria di Corsica, t. II, lib. vu. — Fiuppixi, Istoria di Corsica, l. III, lib. vu.

(2) Lettre de Dragut à Henri II, en italien. De l'ile de Corse, 23 août 1553 (B. N., Franc. 20648. fol. 15).

DERNIERE GUERRE CONTRE CHARLES-QUINT. 5i:.

pas raison du vaillant défenseur de Bonifacio; Antoine da Canneto ne capitule qu'entre les mains des Français, introduits par un stratagème dans la place, mais spectateurs impuissants du massacre de la garnison. Encore Dragut menaçait-il, si on ne lui donnait trente mille écus, de brûler la ville et d'emmener en captivité les habitants!

Il nous laissait, en partant, un ambassadeur que le baron de La Garde emmena incontinent à Marseille (1), afin de s'en prévaloir comme d'une caution à la Cour; il laissait aussi vm plénipotentiaire près du dey d'Alger, dont La Garde escomptait le concours pour remplacer la flotte turque (2); en attendant, l'envoi des cinq galères gardecôtes de Provence (3j, conduites par Scipione Fieschi, ne causa pas un médiocre plaisir aux troupes de Corse. . C'est qu'un redoutable adversaire entrait en scène. Un demi-siècle plus tôt, en 1503, lorsque l'aristocratie insulaire avait essayé de secouer le joug des Génois, elle avait trouvé, à Gênes, le même ennemi et, en France, le même accueil. Tandis que Louis XII, alors souverain de la ville ligurienne, offrait au brave Ranuccio délia Rocca, chef du parti de 1 indépendance, un asile et le collier de Saint- Michel, André Doria traquait Ranuccio de maquis en maquis et le cernait au sommet d'une colline : le prisonnier aurait péri sans l'intervention du roi (4). Cinquante ans plus tard, la République remettait l'étendard de la guerre au capitaine qui avait jadis maintenu la Corse dans sa dépendance.

Cette tache difficile entre toutes, protéger un État faible

(1) Où il arriva le 10 septembre. L'ambassadeur repartit le 30 avril 1554, en compagnie du capitaine de La Salle, pour presser le départ de la flotte algérienne (B. N., Coll. Morcau, vol. 738, fol. 55).

(2) Lettre de Termes. 30 août (Ribier, t. II, p. 453).

(3) Elles appareillèrent à Marseille le 20 août. Lettre de Scipione Fieschi, 19 août (B. N., Franc. 20460, fol. 31).

(4) SicONius, De vita et rcbus gestis Andrew Doriœ, cap. v.

et mal arme contre les convoitises de denx puissants voisins, du roi comme de Tempereur, un vieillard de quatrevingt-sept ans l'assumait. Et que de subtilité diplomatic|ue il sut déployer pour intéresser Charles-Quint à sa cause, sans lui donner de gages! Si la Corse venait à succomber, disait-il, les Génois entravés dans leurs navigations et ruinés seront contraints de subir les volontés du roi et de payer de leur indépendance leur fidélité à Tempereur. — Ma flotte est à votre disposition, répondit Charles-Quint (1) . Et tout de suite, la situation changea.

Dés le mois d'octobre, Calvi était débloqué par l'avantgarde génoise : trois mille hommes, amenés par Agostino Spinola, forçaient les troupes du colonel Velleron à gagner la montagne. Le mois suivant, Doria, avec huit mille hommes et un parc de siège, investissait Saint-Florent. « Si Dieu lie faict ung grand miracle, écrivait un homme de guerre, il ne demeurera de la Corse au roy que Boniface; » la place, il est vrai, « vault plus que tout le demeurant ensemble » .

Le maréchal de Termes, irrésolu et comme perdu dans un labyrinthe, la guerre conduite à la guise des Corses, c'est-à-dire subordonnée aux vendettas, un millier d'insulaires à peine sous les armes, alors que la population entière se montrait fort affectionnée à la France, le pays presque désert et inhabité, telle était l'impression pénible d'un capitaine qui venait de parcourir toute l'île (2).

Le baron de La Garde, chargé de porter à la Cour ces sinistres nouvelles, avait passé non loin de trente-deux galères et de quinze vaisseaux en croisière de blocus devant Saint-FIorenl. Doria espérait prendre la ville parla famine; des transports envoyés de Marseille, avec une cargaison de

(1) Capkli.om, p. 174. .

(2) La lettre est vraisemblablement de fictro Strozzi. Elle est datée de Bonifacio, 8 décembre 1553 (B. N., Franc. 3007, fol. 86).

vivres, n'y purent pénétrer (1). Mais " Giordano Orsini, enfermé dans la ville avec quinze cents hommes, mettait autant d'énergie à la défendre que Doria à rattatjuer (2) » . Enthousiasmé de cette magnifique résistance, le roi donna ordre avi général des galères de risquer toute sa Hotte pour le dégager. Avec quatre mille hommes de renfort, pensaitil, général des galères et maréchal couronneraient leur victoire en Corse par l'attaque et la prise de Gênes.

La Garde disposait de forces sensiblement égales à celles de Doria, trente-cinq ou trente-six galères, six vaisseaux et quatorze enseignes de trois cents hommes à bord (3). Elles furent réparties en six divisions pareilles, aux ordres du général lui-même, des commandeurs de Charlus et de Beynes, du comte de Roussy, de Baccio Marlelli et de Pierre Saint-Martin; les éléments de chaque division, en cas de danger, se devaient un mutuel appui. Dans le groupe du général, formé d une élite de bâtiments, trois des galères sur les cinq préposées au soutien de la Réale étaient des capitanes, celles du comte de Tende, du prieur de Lombardie et de Cabassolles, que flanquait une galiote ■d'avis. Dans la conversion de la colonne de marche en ordre de bataille, Roussy et Charlus se rangeaient à la droite de létendard avec treize galères, les divisions du général et de Beynes formaient la gauche; Charlus et Beynes étaient aux deux cornes du croissant. Martelli et Saint-Martin, à la tête de quatre bâtiments chacun, formaient la réserve sur les flancs (4).

Faute de signaux convenus, une de nos escadrilles qui

(1) FlUPPIM, t. III, liv. VII, p. 391. — CHARniKRE, t. Il, p. 291.

(2) Jean Gatjdin, Essai sur la vie du baron de La Garde (ms.), 2'^ partie, «hap. IV.

(3) B. N., Collection Duchesnc 61, fol. 262.

(4) « C'est l'ordre que Mgr le baron de La Garde, général des gallaires <iu roy, veult et entend estre observé au présent voiaige tant à, la navigation que pour le combat " (Ibidem, fol. 260).

arrivait de Corse, avait failli livrer bataille au grand prieur de Lorraine en partance à Porquerolles (1). La Garde, pour V parer, munit ses bâtiments de " contresignes » ou signaux de reconnaissance (2), qui leur permettaient également d'apprendre des guetteurs, à l'arrivée en Corse, si la côte était » nette ou brutte de vaisseaux « ennemis. Le signal fut qu'elle était « brutte " .

Et le baron de La Garde arrivait devant Saint-Florent avec trois bâtiments de moins qu'au départ, la galère de Martelli fracassée sur les rochers d'Antibes et les galères de Carcès et de Beynes, que la bourrasque avait mises hors d'état de continuer leur route (3). Prévenu par ses guetteui's, André Doria s'apprêtait à soutenir le choc avec trente-deux galères et quinze vaisseaux rangés en ligne de bataille. La Garde, intimidé par cet appareil, passa outre et sema le long de la côte, à Ajaccio, Bonifacio, Porlo- Vecchio, les renforts qu'il amenait. Dans la dernière de ces villes, il apprit la chute imminente de Saint-Florent. Le bouillant colonel d'Ornano lui offrit de s'embarquer avec ses bandes, afin de livrer bataille à Doria : u les hommes combattent, disait-il, et non le bois (A). »

Mais un nouvel ouragan éclata, comme la flotte passait par le travers de 1 île Pianosa, et dispersa les bâtiments dans toutes les directions. Dix galères seulement et un brigantin suivirent le fanal du jjénéral, qui s acheminait

(i) Le 10 flécembre 1553, selon une lettre du grand prieur ^Meinoiies- Joui-naitx du duc de Guise, dans la Aouvelle collection Michaud et Poujoulat, 1'' série, t. VI, p. 219).

(2) « Ce sont les contresignes que Mgr le baron de La Garde, général des gallaires du roy, veult et entend estre observez à la présente navigation. Thollon, 28 janvier 155.3, .. n. st. 1554 (B. N., Duchesne 61, fol. 259).

(3) Ils regagnèrent Marseille (Procès-verbal du naufrage aux Arcbives des Bouches-du-RhÔne, B 239, fol. 126).

(4) Lettre de La Garde au connétable. 14 février 1554 (B. N., Moreau 778, fol. 257. — Jean Gaudin, Essai sur la vie du baron de La Garde, 2*^ partie, chap. iv).

de nuil vers Porto-Longone. Dans les ténèbres, un vaisseau espagnol, chargé de cinq cents fantassins, tomba au milieu de notre division, qui promptement l'amarina. Tout un convoi de troupes suivait pour le camp du duc de Ferrare; La Garde l'apprit par les prisonniers, et de se mettre aussitôt en embuscade. A l'aube, trois vaisseaux parurent, faisant route sur Pionibino. L'un d'eux ne put échapper à nos galères, qu'une embellie favorisait et qui rafraîchirent leurs chiourmes « des plus belles gens et mieulx armez que vistes onques; " des quatre compagnies espagnoles qui venaient de Naples, on ne laissa aller que les blessés, préalablement u dévarizés » selon les cruelles habitudes de l'époque (1). Les autres bâtiments avaient fui vers Livourne. Le lendemain, la prise d'une grosse nef de Raguse, chargée de blé et de sucres, ravitaillait la flotte.

Mais à l'île Pianosa, un triste spectacle s'offrit au baron de La Garde. Une partie de sa flotte, cinq galères dont il n'avait plus de nouvelles, y gisaient fracassées. Les forçats, Espagnols et Italiens, délivrés par l'ouragan, avaient pris les armes et refusèrent de quitter la terre. On eut peine à sauver les naufragés français. Désormais trop faible pour tenir la mer, le général des galères n'eut d'autre ressource que de gagner Marseille à la fin de février, après avoir expédié à Codignac (:2) un avis instant de presser le départ de la flotte turque : de concert avec les Algériens, on travaillerait la Sicile et Naples, on empêcherait en tout cas la jonction des flottes impériales.

Il n'était plus question de la Corse. Après une défense héroïque qui avait coûté à Doria les deux tiers de son

(1) Lettre de La Garde du 14 février citée. — Du Villars, dans la Nouvelle coll. Michaud..., p. 139.

(2) Mémoires-Journaux du duc de Guise, dans la Nouvelle coll. Mi chaud..., p. 201, note.

armée et avait failli lui faire lâcher prise, Giordano Orsini, mourant de faim, son dernier caméléon mangé, avait capitulé le 27 février 1554 (1). Il avait si bien forcé Testime publique, qu'un auteur lui dédiait, comme à un maître dans Tart, un traité sur la castramétation romaine (2j . Les troupes du siège étaient trop affaiblies pour continuer la guerre : une partie fut laissée en garnison à Saint-Florent, Adamo Genturione emmena quelques compagnies contre Calvi et Doria l'etourna vers le continent, pour nous donner le coup de grâce sur les côtes du Siennois (3). Un adversaire inopiné se dressa devant lui.

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