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RÉVOLTE DE GÈNES

Si Louis XII avait, après son échec à Xaples, laissé des croiseurs dans la Rivière de Gènes, c'était à bon escient. Pour vassalle qu'elle fût de la France, Gènes avait conservé ses allures de libre république et ne craignait point d'avoir, en dehors de tout contrôle roval, sa politique personnelle. Elle était intervenue dans les affaires de Pise; elle voulut chasser de son voisinage les Grimaldi et donna

(1) lluFri, Histoire de Marseille, t. Il, p. 348. — Deu.\ galions et une galère firent naufrage en Catalogne, selon le eouipte du trésorier Rousselet ^B. N., Franc. 17329, fol. 183 v»).

au capitaine général Tarlatino di Città di Castello, des troupes et dix vaisseaux, avec un ingénieur et un parc de siège, pour opérer, en novembre 1500, contre ^Icnton, Roquebrune et Monaco (l). Or, c'était si peu dans les idées royales que Louis XII venait de créer chambellan Luciano Grimaldi (2) et d'affecter au port monégasque, après la dislocation de l'expédition de Naples, deux de ses galères (3) .

Sur ces entrefaites, une collision entre la noblesse et la bourgeoisie, a le peuple gras " de Gènes, dégénéra en guerre civile, malgré les tentatives de conciliation de Louis XII. La noblesse avait fait appel à son souverain; le peuple, s insurgeant contre la France aux cris de "Popolo! Popolo ! " nomma pour doge le teinturier Paolo di Novl et, le 12 mars 1507, emporta le château que défendait une faible garnison française. Roquebertin, le lieutenant gouverneur, fut expulsé.

Réfugié dans le Castelleto avec deux cent cinquante hommes, Galéas de Salazar repoussait assaut sur assaut. Sa position devenait pourtant critique, quand une escadre de huit galères, surgie brusquement le 13 avril, ouvrit un feu violent sur les troupes des rebelles et fouilla le port de Gènes, dont elle fit trois fois le tour sans cesser de tirer. Puis elle s embossa à trois milles au large, hors de portée des batteries du môle, mais en travers de la route que devaient suivre et les canaques de Tarlatino di Città di Castello, rappelé de Monaco, et les renforts promis par le pape. Le hardi capitaine qui avait rendu l'espoir aux assiégés, en montrant nos couleurs, était le lieutenant général des galères Prégent de Bidoux (4). Il était allé de

(1) On trouvera tous les détails du siège de Monaco dans G. Saige, Doc. historicjues relatifs «... Monaco, t. II, p. 59-84.

(2) Saige, p. 85, note 1.

(3) Spont, Les galères royales, p. 407.

(4) Suivant lettres patentes du 7 octobre 1506. Le capitaine général était,

Favant, sans attendre les douze voiliers de sa flotte (l) et les quatre galères napolitaines de Miguel Pastor (2) .

» Est cestuy Prégent, — écrivait un témoin de son haut fait (3), — homme de si noble vertuz, de si hauit couraige, de sens si singuUier, de bonté si plain, d'honneur si grant, d intégrité si louable, de foy si certaine, de hardiesse si impareille, que en chacune de ses vertuz peult estre dict acomply et parfaict. »

De fait, son initiative avait sauvé la situation. Il avait donné le temps à Tarmée royale de battre les rebelles dans la montagne, et, le !28 avril, Louis XII en personne faisait son entrée dans la ville aux salves répétées de la Hotte et de la garnison du CastcUeto. Sa victoire atteignait par contre-coup le pape Jules II, dont la connivence avec les rebelles était trop patente pour ne pas causer au complice les plus grandes craintes pour lui-même. Gomme il publiait partout que Texpédition française était dirigée contre le Saint-Siège, il fallut dépêcher, le 5 mai, la division napolitaine et deux de nos galères, afin de le rassurer. Bidoux, de son côté, allait sans bruit, avec quatre autres galères et les troupes de rAllemand Suffray, appréhender les meneurs fugitifs. L'un, Demetrio Giustiniani, fut arrêté dans son château par des soldats déguisés en paysans : le 13 mai, sa tête roulait à Gênes sur une machine encore peu connue et qvii devait avoir, plusievirs siècles après, une sinistre renommée : la guillotine (4). Le 5 juin, le doge Paolo di

depuis le iO juin 1506, François de Salures (B. N., Clairanibault 825, fol. 114).

(1) Selon les comptes de P. Roollet, sa flotte comprenait 7 galères, 4 galions et 8 autres navires (B. N., Franc. 17329, fol. 184).

(2) Jean d'Auton, t. IV, p. 164. — jNotar Giacomo, p. 298.

(3) " Cronicquex de Genuea, faictes et composéez en françoispar Alexandre Saui.vaige [ou Salvago], de nacion gennevoise, à la rcqueste du sire de Chanipdenier, pour lors gouverneur du dit Gennes, » publiées par G. Dj .si- Mosi, dans les Atli délia Societâ li(^iire di storia patiia, t. XIII, p. 475.

(4) Cf. la description de la guillotine dans Jean d'Auton, t. IV, p. 280.

li HISTOIRE DE LA MARINE FRANÇAISE.

Novi lui succédait sur Téchafaud. Il s'était caché en Corse. Mais, trahi par un patron génois, il était tombé dans une embuscade où les marins de Bidoux étaient apostés.

Il n'y eut du reste pas plus de deux exécutions à Gênes. Du Père du peuple, on ne pouvait attendre que la guillotine inaugurerait le régime de la terreur. Pour comprimer les énergies latentes de la révolte, particulièrement redoutables au moment où le besoin d'une base d'opérations navales serait le plus pressant, Louis XII se contenta d imposer aux Génois l'entretien de forces de terre et de mer : trois galères bien armées et un château fort construit à leurs frais les tiendraient constamment « en bride" .

Sur le promontoire rocheux que domine le grand pharede Gènes, existait déjà une tour surmontée d'une lanterne, dont la lumière servait « d'adresse », comme l'on disait, aux vaisseaux qui venaient d'occident. C'est là que le grand maître de 1 artillerie française, Paul de Benserade, construisit une forteresse de soixante pas de diamètre, flanquée de tours, que la mer enveloppa de tous côtés. Par une large tranchée dans le roc, au-dessous de l'abbaye de Saint-Bénigne, des urompeurs de pierre " avaient coupé le promontoire et transformé en un îlot imprenable la Mauvoisine de Gode/a, c'est-à-dire de la pointe du phare : ainsi était désigné le chàteau-fort dans le style imagé de la langue populaii-e. Ses feux battaient l'entrée du port vers San Pier d'Arena. De la croupe d'une montagne, le Casteletto dominait la ville. Louis XII crut 1 esprit de révolte à jamais dompté (l)...

La guillotine se trouve figurée dans une miniature du xv'' siècle (B. N., latin 9473, fol. 13 y").

(1) Cf., sur la construction de /a Mnuvoixine, le nis. de la B. N., Nouv. acq. franc. 159.

L'explosion n'en fut ensuite que plus violente. Mais pour rinstant, tout était à la paix. A Savone, Louis XII et le roi Ferdinand d'Aragon, venu de Gaète, eurent 1 entrevue la plus amicale et Bidoux fraternisa avec notre vieil ennemi Villamarin (l). A cette sérénité de la politique, il n'y avait qu'un nuage. Affolé de la descente de Louis XII en Italie, le pape avait mandé l'empereur à son secours.

COMPLICATION INATTENDUE. — UN CORSAIRE TROP CHEV.iLERESQUE.

Le cœur chez nous l'a toujours emporté sur la tète; et comme il a ses liaisons que la raison ne connaît pas, il nous a valu plus d'un mécompte. C'est ainsi que l'acte chevaleresque de deux particuliers, en 1507, déchaîna contre nous la guerre. Tandis que Louis XII châtiait les Génois, les Flamands tombaient sur son allié, Charles d'Egmont, duc de Gueldre (2). Émus de l'infortune du Il pauvre prince » , deux gentilshommes de la compagnie d'Aymar de Prie épousèrent sa cause et le lui mandèrent par un de leurs frères d'armes, le Chevalier- Vert. Le duc de Gueldre les agréa pour ses chevaliers. Mais u lettres d'aveu » et messager furent interceptés en route. Nos preux n'en tinrent compte (;i).

(1) Joan d'Atton.

(2) Dès juin 1506, l'amiral Philippe de Bourgogne, gouverneur de (lueldre, investissait la ville de Wagheninghe, qui était le réduit du duc (chartes de Gueldre. Le gouverneur de Brabant assemblait de son côté des troupes pour barrer la route à tout secours qui viendrait de France. La guerre augmenta d'acuité en 1507 (Gachard, Collection des l'ujaqes des souvetaias des Pays-Bas. Bruxelles, 1876, in-4'\ t. I, p. 443).

(3) Jean u' Autos, t. IV, p. 388.

Ce ne fut rien moins que cinq cents hommes de guerre, nobles volontaires, soldats et marins, que mobilisèrent Jean Ghapperon, seigneur de Oueue-de-Yache en Aunis, et Antoine d'Auton, gentilhomme saintongeais. Avec une nef de quatre cents tonneaux et une barque de soixante, ils ne craignaient point de se mesurer avec l'adversaire du duc de Gueldre, qui n'était autre que Philippe de Bourgogne, amiral de Flandre.

Leurs armements étaient en contravention formelle avec les ordonnances d amirauté, que Louis de La Trémoille avait pris soin de codifier et qui réservaient à Famiral le droit de délivrer des congés de navigation et de munir d'artillerie et de sa propre bannière tout navire en bataille (1). Ces ordonnances de mer, dont nos argonautes faisaient fi, ils entendaient en imposer le respect à autrui. Deux bâtiments britanniques rexpérimentèrent à leurs dépens, pour avoir voulu passer au-dessus du vent, sans « faire révérence » . Un coup de canon et, la nuit, une visite domiciliaire leur apprirent le savoir-vivre. Cette visite indue eut lieu, à vrai dire, à 1 insu des capitaines, par des damoiseaux » nouvelliers » en fait de marine, auxquels des malelols, " après bien dringuer, » n'avaient pas eu de peine à persuader que les Anglais étaient des corsaires déguisés.

N'ayant presque point d'artillerie, " prêtez-nous la vôtre ou vendez-la à crédit, " dirent nos corsaires au capitaine d'une nef espagnole qui passait près du Chef-de-Bois. Comme il ne voulait rien entendre, on lui donna la chasse jusqu'à l'île d'Yen. Enveloppé et canonné pendant une grosse heure, 1 Espagnol força de voilure, « la misaine

(i) « Ordonnances d'admiralité : extraict des registres de l'admiralité de France à la Table de marbre du Pallaiz à Paris, » délivré par le greffier d'amirauté Perron à la requête de l'amiral Louis de La TremoilIe. 24 décembre 1502 (B. N., Franc. 11969, fol. 187).

SOUS l'estouin, qui est une voile, tenant à l'un des bouts de l'entenne, pendant sur le bord du navire, mise là pour faire hâtive fuite ou vite chasse (1). n Et de fait, la nef nous échappa.

Pareils débuts étaient pleins de promesses en fait de complications internationales. Ce fut bien pis, lorsque nos corsaires impromptu se trouvèrent en présence de bâtiments flamands. Ils eu capturèrent cinq au raz de Saint-Mahé, et, gardant en otages les principaux officiers ou marchands, ils renvoyèrent les équipages, avec ordre de payer rançon au duc de Gueldre. Sur la côte anglaise, vers la mi-août 1507, un corsaire d'Arnemuyden offrit le combat. De force égale à la nef de Chapperon, il soutint une lutte acharnée depuis " vêpres jusques au lendemain midi " . Un à un, on avait vu jeter de son bord quatorze cadavres; sa résistance fléchissait, lorsqu'une de ses pièces, pointée à couler bas, le derrière levé, envoya un énorme boulet dans l'étrave de Chapperon. C'en fut assez pour nous faire lâcher prise.

Les tribulations commençaient pour nos preux. On les traitait en pirates. Le vice-amiral de Normandie leur interdit de stationner eu rade de Villerville, même pour se radouber. L'amiral de PMandre, Philippe de Bourgogne, auquel les victimes de l'affaire de Saint-Mahé étaient venues exposer leurs doléances, cria que nous violions la neutralité, qu'il savait nos sympathies pour le duc de Gueldre; bref, comme réponse à l'agression de Chapperon, il mit en mer six vaisseaux de guerre (2) .

Cette mobilisation donna si fort à réfléchir à nos imprudents, qu'ils résolurent d'aller chercher aventure au delà du détroit de Gibraltar, n Un jour, au matin, sur l'éclaircie

(1) La définition de Jean d Auton s'applique exactement à la bonnette en étui.

(2) Août 1507 (Gachard, t. I, p. 478).

du soleil levant, avisèrent deux gros navires flamands équipés en manière de guerre. " Entre les éclaireurs des deux escadrilles, le Jaulain de Flandre et la barque d'Antoine d'Auton, un violent combat commença : Auton, qui menait 1 attaque à l'abordage, armé de toutes pièces, la pique au poing, eut le garde-bras emporté, et son maître d'équipage la tète. Mais battu à ovitrance, le Jaulain eût succombé sans l'arrivée opportune de sa conserve, l'Anne, que Ghapperon, survenant de même, étreignit à son tour. Il força l'entrée de l'Anne, passa quarante hommes au til de l'épée et expédia le reste, une trentaine de marins et trois femmes, sur un bâtiment portugais qui passait. Le Jaulain avait fui. La prise avait une cargaison d'anneaux de cuivre, de couteaux et de miroirs, destinés à faire la joie des nègres d'Afrique.

L'odyssée touchait à sa fin. Il avait été décidé en conseil qu'on hivernerait à Monaco, en pays neutre. Mais une nuit, à l'insu des capitaines, les maîtres d'équipage de la prise et de la barque virèrent de bord vers la France. A peine l'Anne avait-elle jeté l'ancre à Soubise en Charente, qu'un incendie la détruisait avec les tapisseries, draps et métaux provenant du butin : trois prisonniers flamands s'étaient échappés du bord, en y laissant quelque « trainée ou amorce " . Antoine d'Anton n'était pas plus tôt de retour en son manoir que vingt-quatre archers de la garde venaient pour se saisir de sa personne : le malheureux s'enfuit sous un déguisement et dans un tel état d'inquiétude qu'il ne dormit plus deux nuits de suite sous le même toit.

A Marseille, Ghapperon n'avait point osé aborder sans un sauf-conduit du parlement de Provence. Arrêté nonobstant, il ne s'évada des prisons d'Aix qu'avec la connivence du <i chartrier » , ainsi appelait-on le geôlier, qui se laissa « adoucir i> . De retour à son bord après trois semaines de

détention, il se garda de toucher terre en France, tant que la colère royale ne fut pas apaisée (1).

C'est que sa conduite inconsidérée nous mettait en fâcheuse posture. Non seulement elle nous aliénait la gouvernante des Pays-Bas, Marguerite d'Autriche; mais encore elle donnait au père de Marguerite, à l'empereur Maximilien, l'occasion d'intervenir. « Incontinent nostre grande armée assemblée, écrivait l'empereur, nous donrons tant affayre et suffryr aux Françoes qu'il serunt contraint âv abandonner lesdits Geldroes (2). »

C'est encore en Italie que devait se dérouler la guerre. A l'appel du pape, l'empereur, en février 1508, descendait les monts du Tyrol. Mais les Vénitiens lui refusèrent le passage et, un moment nos alliés, lui firent subir défaite sur défaite. Trieste, Fiume, Goritz et Gradisca tombèrent successivement entre leurs mains (3).

Sur mer, la guerre franco-impériale n'eut point de répercussion, sauf qu'elle provoqua une réfection complète de notre flotte. Qu'il y a loin de simples radoubs (4) ou de l'achat de quelques grands vaisseaux, comme la Charente (5i ou la Mermande (6), à la mesure d'ordre général prise par Louis XII! Dans l'intérêt de " la chose publicque, " le roi

(1) De l'odyssée de Chapperon et d'Antoine d'Auton, le chroniqueur Jean d'Auton a tracé le plus pittoresque des récits.

(2) Lettre de Maximilien 1" à Marguerite d'Autriche. 17 octobre i507 (Le Glay, Correspondance de l'empereur Maximilien I" et de Marguerite d'Autriche, sa fille, gouvernante des Pays-Bas, de 1507 à 1519. Paris, 1839, in-S", t. I, p. 15, dans les publications de la Société de l'Histoire de France. — Ph. Van des Berghk, Correspondance de Marguerite d'Autriche sur les affaires des Pays-Bas, de 1506 à 1528. 1845-1847, 2 vol. in-8").

(3) Just. GoBi>ER, Chronica der Kriegshandel des Kaisers Maxiniilian I gegen die Venediger und die Franzosen 1508 gefi'thret. Francfurt, 1566, in-fol.

(4) De la carraque d'Anne de Bretagne à Brest, pourvue de cinq nouveaux mâts. 20 juin 1507 [Revue des sociétés savantes (1875, 2° semestre), p. 426).

(5) 20 avril 1506 (B. IN'., Pièces orig. 2386, doss. Primaudaye, p. 12).

(6) B. N., Franc. 5093, fol. 163.

imposait à chacun de ses amiraux, à chaque province maritime et à « aucunes bonnes villes et citez " de son royaume, la construction d'un vaisseau de guerre (l). Il y contribuait au besoin : c'est ainsi que La Trémoille, amiral de Guyenne et de Bretagne, fut autorisé à prendre dans les forêts domaniales les matériaux a d'une nef grande et avantageuse " à équiper pour le service du roi (2). Charles d'Amboise, promu amiral de France (3), après entente avec Malet de Graville, son beau-père, se pourvut d'une nef (4), an même titre que son collègue.

Le Languedoc, la Provence furent taxés à deux grosses galères par province (5), et Gènes à quatre carraques, équipées uniformément de cent vingt hommes (6). Les bonnes villes du Ponant, à l'exemple des ports de Bretagne (7), mirent en chantier de gros vaisseaux, qui renforcèrent la division des carraques construites pour la reine Anne el qu'on appelait les Nefs de Brest, de Morlaix, de Bordeaux et de La Rochelle (8). Il y eut la Nef de Dieppe (9), la Nef de Rouen (10), la Nef d'Orléans (11), le

(i) Ordonnance datée de Blois, 29 novembre 1507 (B. N., Franc. 5093, fol. 277. — Spont, p. 411, note 3).

(2) B. N., Franc. 5093, fol. 45.

(3) 24 septembre 1507 (Archives nat., X'^ 4850, fol. 117, 120 v"j. — Il exerça l'office d'amiral du 31 janvier 1508 au 10 novembre 1510.

(4) Montée de cent matelots (B. N., Franc. 742, fol. 16).

(5) B. N., Franc. 23268, fol. 28-36.

(6) Spo^T, p. 412.

(7) Cf. plus haut, à la date de 1496 (p. 32).

(8) La Nef de Brest, achevée le 22 décembre 1499 (Archives de la Loire- Inférieure, E 203) ; la Grant Nef de Morlaix, dite la Maréchale ou la Cordelière, achevée le 30 juin 1498 {Ibidem, E 208); la Nef de La Rochelle, que la reine Ht achever en octobre 1500 à Tonnay-Chareute [Ibidem, E 19).

(9) Ou la Dieppoixc, de 336 tonneaux.

(lOj Ou la Rouen, de 700 tonneaux. Quittance de son capitaine, Louis de Bigars. 27 mars 1513 (Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Charles Lormier, de Rouen. Paris, Charavay, 1902, in-8", n" 1338).

(J 1) Ou la Françoise d'Ch-le'ans, de 453 tonneaux. Quittance de Louis de Bigars, qui la commanda avant de recevoir le commandement de la Nef de Rouen. 15 septembre 1512 (B. N., Franc. 26113. pièce 1121).

EXPEDHIOiNS DITALIE, 81

Saint-Sauveur de La Rochelle (1), d'un tonnage proportionné à la richesse des différentes municipalités. Si, dans la flotte des bonnes villes, la capitale n'eut point son pavillon, c'est que son bâtiment aurait été trop mesquin. Le roi avait demandé un vaisseau de 400 tonnes, et Paris n'accorda de fonds que pour une nef de capacité moitié moindre (2), à peine aussi grande que le navire auquel était t;ixé un petit port comme Harfleur (3).

Une fois organisée, cette imposante marine de guerre eut à agir contre un tout autre adversaire que l'empereur et la gouvernante des Pays-Bas. La conférence internationale de Cambrai, le 10 décembre 1508, régla les litiges du gouvernement belge avec la France et le duc Charles de Gueldre (4j, en même temps qu'elle concertait l'abaissement de la puissance vénitienne.

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