‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 78 sur 87 · III · texte numérisé non relu

III

feux, mais l'escadre de onze bâtiments envoyée à la renconlre du convoi fut dispersée par la tempête, et son commandant, Tello de Guzman, dut soutenir avec deux vaisseaux un combat sanglant contre trois nefs françaises (1).

Depuis octobre, sept de nos bâtiments étaient en croisière dans les parages de Madère (2) ; le commandant de l'escadre des Açores, Pejon, leur avait vainement donné la chasse (3) ; et Jambe de Bois, en février 1554, rentrait en scène à la tète de huit gros vaisseaux (4-). Il ne fut plus de mois où Ton ne vît passer au large de Porto -Rico des détachements de nos corsaires. Leurs efforts se portèrent cette fois contre Cuba. Une nuit de juillet, trois cents arquebusiers débarquèrent à Santiago de Cuba, où pendant un mois ils pillèrent à loisir. Dès que les galions, au nombre de quinze, s'ébranlèrent pour l'Espagne, quatre de nos vaisseaux s'attachèrent à leur poursuite et ne quittèrent plus le contact de Porto-Rico jusqu'aux Açores (5).

Tremblant pour les trésors dont il avait la garde, le capitaine général de la flotte des galions ne prenait presque plus de repos. Au premier quart, on voyait sortir de leur cabine, revêtus d'une grande capote, Francisco de Mendoza, fils du vice-roi des Indes, ou le terrible adelantado Menendez de Avilés, le futur bourreau de nos colons flori

(i) F. DuRo, t. I, p. 449.

. (2) Lettre de Diogo Cabrai au roi tic Portugal. 20 octobre 1553 (Lisbonne, Archivo de la torre do tombo, Corpo Chronolog., P. I, leg. 81, doc. 31. — Santarem, Qiiadro elementar, p. 336).

(3) En octobre (F. Duro, t. I, p. 445).

(4) Ibidem, p. 446.

(5) Lettres du gouverneur de Porto-Rico, octobre 1554, et de Panama, 24 novembre iColeccion de docianentos iiicditns... de las antit^itus pnscsiones espaùoles de Ultramar, Cuba, t. III, 319, 427. — Gabriel Marcel, Les corsaires français au XVI' siècle dans les Antilles. Paris, 1902, in-8% p. 19 : extrait du Compte rendu du Congrès international des Aniericaitistes (1902).

diens; et de la nuit, ils ne quittaient plus le banc de quart au pied du grand mat (1),

Embusqué aux Açores avec sept vaisseaux, Jambe de Bois attendait les galions qvie poursuivait, telle une meute, notre autre escadrille (2). Cosme Rodriguez Farfan ne lui échappa que pour se perdre par un ouragan. Pour comble d'infortune, les Espagnols apprenaient en mars 1555, que Pîé de Palo apprêtait douze vaisseaux pour ravager les Canaries (3). Un incident fortuit, une scission entre deux de nos capitaines, fit dévier nos coups.

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