LIVRE PHEMIER
Hougiic. on il débarqua son armée sans trouver plus de résistance qu'il n'en avait rencontré peur traverser la .Manche. Après avoir pris les principales villes de Normandie et s'être ap|)roclié de Paris, il se retirait devant Phili])pe de Valois lorsque, arrivé devant le village de Crécy, toujours serré de près par notre armée, il se vit dans lohligation de combattre. On sait que la noblesse française, malgré les fatigues d'une longue marche faite sous une pluie battante et dans la boue, se jeta sur l'ennemi dans la crainte quil ne s'échappât. Aucune disposition militaire n'avait été prise ; il semblait que l'armée française fût sans chef. Accueillie par une grêle de traits au moment où elle pénétrait en désordre dans les lignes anglaises, notre cavalerie fut mise en pleine déroute. Le roi, qui s'était bien battu, s'il avait mal commandé, put quitter le champ de bataille escorté de quelques cavaliers. Edouard III, recouA rant par cette victoire inespérée la liberté de ses mouvements, vint mettre le siège devant Calais. La prise de cette ville était ardemment désirée, non seulement par Edouard III, mais par tout son peuple, tant était grande la crainte que les marins de Calais inspiraient au commerce de l'Angleterre. Sept cent quarante bâtiments croisaient au large afin d'empêcher toute communication entre la Avilie et la mer. Des navires composant cette flotte, vingt-cinq seulement appartenaient au roi : les autres lui avaient été prêtés par la ville de Londres et les principales cités commerciales du royaume. Une tentative pour débloquer Calais, tentative faite avec une force navale insuffisante, échoua. Après un siège de onze mois, soutenu avec la plus rare intrépidité, Calais, n'ayant plus de vivres, capitula. Cet événement évoque le souvenir du dévouement d'Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons. Une nouvelle trêve conclue, en 1347, entre Philippe Ylet IV 2
Edouard III, arrêta le cours des hostilités sur terre et sur mer. En 1356, sous le règne de Jean le Bon, monté sur le trône en 1350, la guerre éclata de nouveau entre la France et l'Angleterre. Le prince Noir, fils d'Edouard III, gagna la bataille de Poitiers, dans laquelle le roi de France fut fait prisonnier. Jean le Bon, conduit à Londres, resta en captivité jusqu'à la conclusion du traité de Brétigny, signé en 1360. La France paya trois millions d'écus d'or pour la rançon du roi, et elle dut renoncer à toute suzeraineté sur la Guyenne, le Ponthieu, Guines et Calais. Les premières années du règne de Charles V Aèrent la fin de la guerre de la succession de Bretagne. Le traité de Guérande, conclu en 1365, assura la possession de cette province à Jean de Montfort sous la suzeraineté du roi de France. En 1372, Edouard III, contre lequel Charles V se battait depuis trois ans, envoya au sccoui's de la Bochelle une flotte commandée par le comte de Pcmbroke. Charles Y, qui ne disposait pas de moyens maritimes suffisants pour faire le blocus de cette ville du côté de la mer, s'était adressé à Henri, roi de Castille, qui a^ait mis à sa disposition, contre le paiement d'une somme déterminée, cinquante-trois bâtiments, quarante de grandes dimensions et treize barques légères, placés sous le commandement de l'amiral Ambrosio Boccanegra. Celui-ci croisait au large de la Bochelle lorsque parut la flotte anglaise. Boccanegra mit sous voiles, s'éleva au vent et laissa porter sur l'ennemi, avec lequel il engagea un combat très vif. Les Anglais, complètement battus, s'enfuirent, laissant la plus grande partie de leurs navires entre nos mains. En 1377, Edouard III i)rit la mer avec des forces considéivvbles pour porter des secours à la ville de la Bochelle, que l'amiral de Castille, Hugues Le Boux, tenait étroitement bloquée. Assaillie par des coups de