‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 9 sur 137 · I.IVRi: PREMIER · texte numérisé non relu

I.IVRi: PREMIER

Les pertes, dans les deux armées, étaient considél'jihlcs. mais siirloiil du r.ùW) dos L'raiiçais. Les ])àtinioids (]iu* nionlaiont Quiéivl cl liéliuchet avaient été capLui'és et coux-ci ïails prisonniers. Les Anglais commirent un acte qui constituait un véritable retour vers la barbarie : Quicret fut tué de sang-froid et Béliuchet pendu au mât de son propre bâtiment. Edouard III, disent quelques historiens, voulut punir Quiéret et Béhuchet du mal que les expéditions, placées sous leurs ordres, avaient fait sur les côtes de son royaume ; d'autres prétendent que le roi d'Angleterre, en condamnant Béhuchet à une mort ignominieuse, avait eu lïntention d'insulter le roi de France. Cette explication, en ce qui concernait le trésorier de Philippe de Valois, ne pouvait que rendre plus odieuse la conduite d'Edouard III. Le trésorier du roi, Béhuchet, qui avait présidé à l'armement de la flotte, est accusé par ses contemporains d'avoir fait du recrutement des équipages une question d'argent : le choix du personnel se serait ressenti du désir trop grand qu'il aurait eu de diminuer la dépense. On lit. en effet, dans les Chroniques de Flandre : « Il (Béhuchet) ne voulut oncques souffrir gentilhomme ou bon sergent, parce qu'il lui semblait qu'ils voulaient avoir trop grands gages, et, pour avoir bon marché, prit pauvres poissonniers et pauvres mariniers, et de telles gens fit son armée. » Les accusations portées contre le trésorier de la couronne étaient peut-être méritées, mais le véritable coupable était Philippe III, qui avait confié une mission de cette importance à un homme incapable de la remplir. Béhuchet, disent les grands chroniqueurs de France, « était plus capable de se mêler des comptes que de guerroyer sur mer ». Ainsi, le personnel, très brave puisqu'il s'était battu avec acharnement, n'était pas à la hauteur de sa tâche. A cette cause d'infériorité, qui.

seule, suffirait à expliquer notre défaite, on doit ajouter la faute commise par Quiéret et Bélmchet en restant au mouillage dans une position qui permettaiL à l'ennemi de battre en détail la flotte française.

En 1342, le comte de Blois et le comte Jean de Montfort se disputaient la Bretagne : Edouard prit parti pour le premier et Philippe de Valois pour Charles de Blois. La comtesse de Montfort, qui aA^ait pris la place de son mari, tombé entre les mains des partisans de Charles de Blois, était bloquée dans Hennel)onl lorsque l'arrivée d'une flotte anglaise la délivra. Elle se rendit à Londres pour solliciter des secours que le roi Edouard III s'empressa de lui accorder. Quarante-six bâtiments venaient de quitter l'Angleterre, ramenant la comtesse de Montfort en Bretagne, lorsque, à la hauteur de l'ile de Guernesey, les Français furent signalés. C'était Louis d'Espagne, amiral de France, qui se tenait en obserA^ation avec trente-deux bâtiments : il avait, sous ses ordres, Charles Gémeaux et Aïtone Doria, le premier commandant les Français et le second les Génois. L'action s'engagea immédiatement, et, de part et dautre, on se battit aA'^ec un véritable acharnement. La comtesse de jNIontfort, qui était embar({uée sur un navire anglais, « y valut bien, dit Froissard, un homme; car elle avait cœur de lion et un glaive tranchant dont fièrement elle se combattait ». La nuit mit fin à l'engagement : fiuatre navires tombèrent entre nos mains. Les Français et les Anglais aA^aicnt l'inlention do reprendre la lutte le lendemain, mais un coup de vent dispersa les deux flottes. L'intervention du pape. Clément VI, amena, en 1344, la conclusion de la trêve de Malestroit. Deux ans après, Edouard III, qui aA^ait achevé ses dispositions pour opérer une descente en France, la dénonça. Parti d'Angleterre i\xcc mille bàlimenls, Edouard se rendit à la

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