‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 101 sur 137 · LIVRE xm · texte numérisé non relu

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avec des partisans isolés qui, profitant de toute circonslanro favorablo, vcnaiciil liraillor sur leurs flancs. Mais bientôt les Anglais apprirent ([ue le 'duc irAignillon, gouverneur de la Bretagne, s'avançail à leur rencontre ; ils se dirigèrent alors sur la baie de Saint-Cast, mais de nouvelles escarmouches, plus sérieuses que les précédentes, retardèrent leur marche.

L'embar(|uement des troupes anglaises venait à peine de commencer lors(jue les Français parurent sur les hauteurs qui entourent la baie. Nos soldats arrivant rapidement à la plage par un chemin creux, se précipitèrent sur les Anglais et les poussèrent à la mer. Les vaisseaux et les frégates couvraient la plage de boulets, mais le commodore Howe, voyant que les Anglais couraient, autant que les Français, le risque d'être atteints, fit cesser le feu. Les embarcations de l'escadre, menacées par notre artillerie, s"élant éloignées, les officiers et les soldats, restés sur le rivage, déposèrent les armes. Les pertes de Tennemi en tués, noyés et prisonniers, dépassèrent deux mille hommes. Pendant le cours de ces trois expéditions, ou plutôt de ces promenades militaires, puisque, jusqu'au jour du rembarquement de Saint- Cast, nous n'avions opposé aucune résistance à l'ennemi, les Anglais s'étaient livrés à de véritables actes de barbarie, ravageant le pays sur leur passage, brûlant et pillant les propriétés particulières, sans que leur conduite fut justifiée par aucune raison légitime. Ces expéditions semblaient être une réminiscence des incursions faites autrefois par les Normands, L'affaire de Saint-Cast n'avait, par elle-même, aucune importance ; dans une grande guerre, la perte de deux mille hommes n'implique pas un combat dont les résultats puissent avoir de graves conséquences. Toutefois, les Français, et surtout les habitants de la Bretagne et de la Normandie

furent heureux d'apprendre que les autorités, chargées de les défendre, étaient enfin parvenues à joindre les Anj^lais et à les punir des actes de brigandage qu'ils avaient commis. Les Anglais, ayant encore le souvenir très récent de la mai'che triomphale des canons, pris à Ghei'bourg, à travers la ville de Londres, éprouvèrent une déception très vive. Déjà l'opinion s'agitait, manifestant son mécontentement et cherchant les responsabilités, mais la popularité de Pitt, le promoteur des expéditions sur nos côte^, et surtout les nouvelles heureuses venues d'Amérique, firent tout oublier.

Une escadre de neuf A^aisseaux, sous les ordres du Commodore Moore, escortant des navires portant des troupes, se dirigea, à la fin de l'année l7o8, vers l'Ile de la Martinique. Le G janvier 1759, le général Hopson débarqua dans l'ouest de Fort-Royal, sous la protection de l'escadre; il se proposait de mettre le siège devant cette a die. Les Anglais avaient à peine commencé leur mouvement qu'ils se monti'èrcnl fort effrayés des difficultés que présentait le terrain. Les routes, par lesquelles ils devaient passer, avaient été rendues impraticables. Le général n'ignorait pas qu'il aurait à combattre des troupes régulières aux(iuell(>s viendraient se joindre des milices, jouissanl d"une réputation de bravoure justeuK'id nuM'itée. Un premier engagement, (jui ne tourua i)as à l'avanlage de son avant-garde, lui inspira des craintes sérieuses sur le

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