‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 103 sur 137 · LIVRE XIII al · texte numérisé non relu

LIVRE XIII al

momenl où riiivcr. (|iii nrrivc vile au Canada, obligerail les Anglais à se relirer. Les i)remicrs efforts du général Wolf eurent pour but de nous amener à un engagement décisif; dans une des tentatives faites l)our arriver à ce résultat, ses troupes subirent de grandes perles. Les Anglais étaient fort découragés, et le jeune général, (pii les commandait, se voyait déjà sacrifié par son gouvernement, livré aux clameurs furieuses de la populace londonnienne, et traduit, pour satisfaire les passions de la foule, devant un Conseil de guerre.

La marineanglaisepretaitauxoperations.de l'armée le plus utile concours. Des bâtiments empêchaient l'arrivée des approvisionnements qui nous venaient du haut fleuve ; d'autres protégeaient les batteries élevées par les assiégeants pour tirer sur la ville. Des vaisseaux, occupant différents mouillages, laissaient le marquis de Montcalm dans l'incertitude du point où il serait attaqué. Ces manœuvres, qui avaient pour but de l'obliger à quitter son camp, ne furent pas sans résultat. Une division de l'escadre ayant remonté au delà de la ville, le marquis de ^lontcalm crut nécessaire de détacher deux mille hommes, sous les ordres de Bougainville. pour sm-vciller ce mouvement dont il ne voyait pas clairement le but. Les assiégés lancèrent des bateaux incendiaires, mais la marine anglaise, qui exerçait une active surveillance, parvint à les détourner. Telle était la situation lorsqu'un événement inattendu changea brusquement la face des choses. Le général Wolf, pressé par le temps, la saison s'avançait, prit un parti audacieux qui lui fut suggéré, dit-on. par un jeune officier d'un régiment écossais. Le 11 septembre, la flotte, sur laquelle il embarqua ses troupes, alla mouiller au-dessus de la ville, puis, la nuit venue, toutes les embarcations

dont rcMinemi put disposer se remplirent de soldats ; ces endjarcalions. protégées par les A^aisseaux (pii firent le même mouvement, descendirent avec le courant et abordèrent au pied do montagnes regardées comme inaccessilîles. Les sentinelles françaises, se laissant tromper par des officiers anglais qui parlaient notre langue, ne donnèrent pas l'alarme lorsque les i»remiers canots mirent à terre les hommes qu'ils portaient; ces derniers, agissant avec une extrême rapidité, enlevèrent les sentinelles, surprirent, un poste établi sur ce point et commencèrent l'escalade de la montagne. Le lendemain, au point du jour, les troupes anglaises étaient rangées en ligne de bataille sur les hauteurs d'Aljraliam. Le marquis de Montcalm, lorsque cette nouvelle lui pai'viid, crut d'abord qu'il s'agissait dune feinte imagiiK'e par l'ennemi pour l'éloigner de son poste, mais il (hd bientôt se convaincre que cegraAC événement n'était (|ue trop réel. L'armée anglaise, dans la position qu'elle occupait, pouvait, de concert avec la flotte, attaquer la ville par son côté faible. Une bataille seule pouvant sauver Québec, le marquis de Montcalm, malgré Tinfériorité numérique de ses troupes, résolut de la livrer. Le 13, les deux armées (Haient en présence cl l'action s'engagea ; elle nous fut défavorable. Au moment où la retraite de nos troupes laissait l'ennemi maître du champ de bataille, les deux mille hommes envoyés, comme il a été dit plus haut, sur les bords du Saint-Laurent pour surveiller les mouvements de la flotte anglaise, a|)|)al'iircid sur les derrières de l'ennemi. Bougainvillc avec un juste sentimenl delà silualion. était revenu en arrière, mais il an-ivail Irop lai'd. Son inlervenlion ne pouvant avoir daiil rc ri-siillal (pie la perle de son dc'lachenient, il s'éloigna, après avoir échangé ([uehpies coups de fusil avec l'arrière-garde de l'iimiée anglaise. Les

Page 1