LIVRE XIV 34o
harnais, combat la frégate anglaise, de même force, la Vestale. Après un engagement « désespéré », dit le l'apport anglais, qui dure quali-e heures, la licilonc amène son pavillon. Ce qui lui reste de mâture tombe lorscfue les Anglais en prennent i)ossession. La frégate française a ({uarante hommes tués et un grand nombre de blessés; sur la frégate anglaise, le nombre des tués est de cinq et celui des blessés de Aingt-deux.
La frégate française, de quarante, la Danaè, attaquée, le 28 mars 1759, par les frégates Southamplon et Melampus, se défend avec vigueur, hù, Danaè, lorsqu'elle amène son pavillon, avait, dit le rapport anglais, de trente à quarante tués et un grand nomljrc de blessés. Un homme tué et deux blessés, à bord du Soiithampton, et huit tués et vingt blessés, sur le Melampus, telles étaient les pertes des Anglais. La frégate anglaise, VOEolus, de trente-deux, capture une petite frégate française de Adngt canons, lo. Mignonne. Celle-ci comptait plus de cent hommes hors de combat, sur un équipage de cent quarante-trois hommes. La prise de la Mignonne n'avait coûté à VOEolus que deux blessés.
La frégate VArèthuse, de trente-deux, capitaine de Vaudreuil, partie de Rochefort pour se rendre à Brest, fut prise, le 26 mai 1759, après un engagement très vif, par les frégates la Tamise, de trente-deux, et la Venus, de trente-six. VArèthuse avait soixante hommes hors de combat, la Tamise quinze et la Venus quatre. La frégate, de trente-deux, la Vestale, capitaine Boisberthelot, sortie de la Vilaine en jauAder 1761, pour se rendre à Brest, fut rencontrée et prise par la frégate de trente, YUnicorne. Le nombre des tués et des blessés, sur la Vestale, dit le rapport anglais, était très grand. h'Unicorne avait cinq tués et dix blessés. Le 23 janvier 1761^ la frégate de trente-deux, la Félicité, capitaine Donnel,
partie de Cherbourg et allant à la Martinique, combat, avant d'être sortie de la Manche, la frégate anglaise, de trente-deux, le Richemond . Lafrégate française succombe; elle a perdu son capitaine et compte environ cent hommes tués ou blessés. Son adversaire, le Richemond, a trois tués et treize blessés.
Les pertes éprouvées par ces différents bâtiments montrent à la fois l'énergie de la défense et la faiblesse des inslitutions; il est évident que nos bâtiments se trouvent dans un état d'infériorité manifeste relativement à ceux de l'ennemi. Pour le ministère de la marine, un navire sur lequel on met des canons est un navire de guerre. On n'a pas un seul instant la pensée que les canons ne représentent rien, s'ils ne sont pas servis par un personnel capable. Dans la direction des opérations aussi bien que pour l'armement des bâtiments, on voit clairement (pie l'idée maritime est toujours absente.
Pendanl que nous faisions, à Brest, les préparatifs de l'expédition d'Angleterre, on ai'mail, à Dunkcriiue, une division, qui devait opérer une diversion, en menacîmt les côtes d'Ecosse et d'Irlande. Un corsaire fameux. Thurot, nommé capitaine de flûte, avait le commandement de cette division, sur laquelle étaient embarcpiés douze cents soldats. Quoique le port de Dunkerque lut surveillé de Irès près par les Anglais, ïhurol. ])rofitant d'un tenqjs brumeux, gagna le large sans être aperçu.