I.IVRF, XIV
Sa division comprenait In frégate le Maréchal de Cdstrics, de quaranlenjuali-e, (|u'il monlail, les frégates la Bègon, de trente-six, la Jilonde, de' trente-deux, la Terpsichore, de vingt-six, et les corvettes le Faucon et VAmaranthc, de dix-huit. La nouvelle du départ du capitaine ïlnirot jeta l'alarme dans toute l'Angleterre. Le gouvernement prit, tant était grande la crainte que ce vaillant homme de mer inspirait, des précautions extraordinaires pour la défense des côtes du Royaume-Uni. Des divisions légères furent immédiatement envoyées à la poursuite des navires sortis deDunkerque. Un historien anglais a dit : « Le ministère, aussitôt qu'il eut connaissance de la sortie du capitaine Thurot. expédia des courriers à tous les commandants des troupes de la partie septentrionale de la Grande-Bretagne ; ceux-ci eurent Tordre de tenir les fortifications des côtes dans le meilleur état de défense et d'être prêts à repousser les Français partout oii ils se présenteraient. Le plus grand éloge que l'on puisse faire de ce fameux corsaire, est de rapporter les alarmes que son petit armement causa en Angleterre. » Toutes les viUes situées près du littoral demandèrent des troupes et celles qui ne purent en obtenir réunirent des milices. La ville de Liverpool, qui avait eu, depuis le commencement de la campagne, plus de cent bâtiments de commerce, enlevés par nos corsaires, fut prise d'une véritable frayeur. Les autorités, assemblées à la liàte, proposèrent de lever, aux frais des habitants, vingt compagnies, comprenant chacune cent hommes, et d'élever des batteries dont l'armement n'atteignait pas moins de cinquante canons.
Aussitôt à la mer, Thurot fit route vers le nord, enlevant, sur sa route, des navires de commerce qu'il conduisit en Suède et en Norvège afin que les Anglais perdissent sa trace. Pendant cette première partie delà
campagne, le mauvais temps, le froid, l'humidité, firent beaucoup souffrir les équipages et les soldats passagers. Dans les premiers jours de décembre, la division se dirigea vers le sud ; tenant la mer, en plein hiver et par cette latitude, elle eut à lutter, ce qui ne peut surprendre, conire des coups de vent continuels. On était à la fin de janvier lorsque nos bâtiments eurent connaissance de la terre, au nord de l'Irlande. Des séparations s'étaient produites, et la division ne complail plus (pie trois frégates, le Maréchal de Caslrie$, que montait Thurot, la Terpsichore et la Blonde. Les équipages étaient extrêmement fatigués par cette pénible navigation, et les A'ivres commençaient à manquer. Thurot apprit, à l'ile d'Ylay, la perte de la batalUe de Quibcron, mais, supposant que cette nouvelle lui était donnée pour le tromper, et ne voulant pas, ^d'autre part, revenir en France sans avoir tenté quelque opération militaire, il se dirigea Axrs la côte d'Irlande. Les frégates jetèrent l'ancre, le 2(S février, devant Garrik-Fergus. Mille hommes environ, soldats et matelots, mis à terre, s'emparèrent de la ville et du château et firent la garnison prisonnière. Thurot, apprenant d'une manière certaine la défaite de M. de (^onflans, comprit quil n'avait plus de rôle à jouer à terre ; après avoir embarqué des vivres qui lui furent donnés, sur sa réquisition, par la ville de Belfast, il appareilla.
Aussitôt que la présence de Thurot devant Carrick- Fergus avait été connue, des troupes s'étaient mises en marche pour s'opposer au débarquement des Français. Trois frégates, qui étaient au mouillage à Kiiigsalo, près de Cortk, prirent la mer. A peine Thurot avait-il gagné le large qu'il aperçut, près de l'ile de Man, les trois frégates anglaises; celles-ci, (|ui étaient auvent, se portèrent sur la division française et laclion s'engagea. Nos