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premiers à des officiers de la marine royale et celui des deux autres à des officiers de la Compaguie des ludes. Le ministre, en prenant cette dernière mesure, semblait proclamer le peu de confiance que lui inspiraient les officiers de la marine de TEtat. Celait une nouvelle faule (piil commellail. Les quatre vaisseaux réarmés sélaient à peine mis en mouvement, pour se conformer aux intentions du ministre, que la division anglaise, stationnée dans la baie de Quiberon, prenait position à l'embouchure de la Vilaine. Il fallait une ignorance bien grande de la part de ceux qui, à Paris, donnaient des ordres, pour supposer qu'il n'en serait pas ainsi. Le ministre fut donc obligé de reconnaître que l'appareillage des navires entrés dans la Vilaine ne pouvait avoir lieu que si une occasion favorable se présentait. Il fit désarmer les bâtiments donnés aux officiers de la Compagnie des Indes, mesure qui mit fin à une situation blessante pour le corps des officiers de marine.
Le 6 janvier 1761, les lieutenants de vaisseau de Ternay et Hector, profitant d'un temps brumeux, appareillèrent avec les vaisseaux le Dragon et le Brillant; trompant la surveillance de la croisière anglaise, ils gagnèrent le large et arrivèrent, le 10, à Brest. Une corvette et deux frégates partirent vingt-quatre heures après les vaisseaux ; les deux premiers bâtiments atteignirent Brest, mais le troisième fut pris. Les lieutenants de vaisseau de Ternayet Hector, revenus dans la Vilaine, réussirent à prendre la mer a^ec les vaisseaux le Robuste et V Eveillé. Chassés par la croisière anglaise, forte de huit vaisseaux, qui leur barrait la route de Brest, les capitaines français firent route au sud et entrèrent à la Corogne oii ils restèrent bloqués jusqu'à la fin de l'année. Ce fut seulement en janvier 1762 qu'ils arrivèrent à Brest. Les vaisseaux qui se trouvaient encore
dans la Vilaine, rallièrent ce port au mois d'avril de la même année.
C'est à la journée du 2i- novembre que s'arrête l'histoire de la marine française pendant le cours de cette guerre. Berryer, qui avait amené, par son incapacité, la perte de la marine, déclara que celle-ci était inutile. Gomme la question d'argent dominait ses décisions, il supprima toute dépense la concernant. Le ministre cessa d'approvisionner les magasins des ports, prêta les navires de guerre au commerce, et bientôt nos arsenaux furent vides d'hommes et de matériel. L'Angleterre, devenue maîtresse de la mer, put impunément envoyer des convois chargés do Iroupes, sans l'escorte de ses flottes, pour s'emparer de nos colonies, le seul but qu'elle poursuivait en nous faisant la guerre.
Après la prise de Québec, l'amiral Saunders était parti pour rAngleterre, laissant, dans cette place, une garnison de sept à huit mille hommes sous les ordres du général Murray. Le Saint-Laurent n'étant pas navigable pendant l'hiAcr, la garnison se trouvait sans communication avec l'Europe. Le chevalier de Lévis, qui commandait les forces françaises au Canada, depuis la mort du marquis de JMontcalm, rassembla des troupes, auxquelles vinrent se joindre des milices canadiennes, battit le général Murray, ven\i à notre rencontre, et mit le siège devant Québec. S'il parvenait à s'en rendre maître, la conquête du (Canada, par les Anglais, était encore remise en question; il s'agissait, pour les Français, de s'emparer de Québec avant l'arrivée de la flotte anglaise, et, pour l'ennemi, de résister jusqu'à l'arrivée de cette même riotte. Or, au commencement de mai, là place continuait à se défendre. Assiégeants et assiégés avaient les yeux sur le fleuve; le 9, parid une frégate anglaise qui fut rejointe, le jour suivant, par une frégate