‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 119 sur 137 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

dans riude, de puissaiils rcuïorls. Les Anglais prirent l'offcnsiA'e, refoulèrent nos postes et vinrent, avec une armée de quinze mille hommes de troupes européennes et indigènes, bloquer puis investir Pondichéry. Lally déploya, pour se défendre, toute l'énergie dont il était capable, mais, le 16 janvier 1761, n'ayant plus qu'un jour de vivres, il se vit contraint de rendre la place au chef de l'armée anglaise, le colonel Coote. La garnison était réduite à onze cents hommes, sur lesquels il y en avait à peine la moitié en état de porter les armes, et encore, convient-il d'ajouter que les hommes, considérés comme Aalides, étaient épuisés par les privations. La même haine et les mêmes calculs poursuivirent Lally après ce malheureux événement. Le général était vaincu, mais il allait retourner en Europe ; on était certain qu'il appellerait la sévérité du gouvernement sur tons ceux qui avaient trahi leurs devoirs. Après avoir craint qu'il ne fût vicloi'ieux, on redoutait son arrivée à Paris.

Le jour où Lally devait quitter Pondichéry pour être conduit à Madras comme prisonnier de guerre, un rassemblement se forma près de sa demeure. Ceux qui le composaient, aussitôt que le général parut, se dirigèrent vers lui, proférant des injures et des menaces. Le détachement de cavalerie anglaise, chargé d'escorter le général, était à quelque distance en arrière : sapprochant rapidement, il écarta la foule. Celle-ci, conservant une attitude hostile, l'officier anglais, dont l'honneur eût été compromis si une violence avait été commise sur la personne dont il avait la garde, demanda au général l'autorisation de disperser le rassemblement par la force. « N'en faites rien, répondit celui-ci, c'est aux tribunaux français que la punition de ces forfaits doit être réservée. » Dubois, l'intendant de l'armée, surv^enant peu après, fut assailli par les mêmes hommes qui atten-

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3SG iiiSToinK m; la marim-: khançaise

fiaient le général et tué, après une courte lutte. Les papiers que cet intendant emportait disparurent; oi', on savait qu'ils contenaient des preuves accablantes contre les agents de la Compagnie dont les malversations avaient aiTcté les opérations militaires.

Le colonel Goole avait pris Pondichéry au nom de la Couronne d'Angleterre, mais, cédant aux pressantes réclamations du Conseil de Madras, il remit sa conciuète à la Compagnie. Le chef du comptoir anglais, Pigott, ignorant prohablcnnent les égards qu'on doit à un adversaire mallienreux, usa envers Lally de procédés désobligeants, pendant le court séjour que celui-ci fit à Madras, et il contraignit le général, quoique le sachant malade, à partir pour l'Europe, pendant la mauvaise saison, sur un petit navire hollandais, à bord (kupiel il n'existait ni les installations, ni les ressource^ permettant de recevoir un passager, et surtout un passager de cette distinction. Après une pénible traversée, Lally débarqua en Angleterre, le 23 septembre 1761.

Lally n'avait pas sollicité son envoi dans l'Inde: ce poste avait été demandé, pour lui, par les Directeurs de la Comi)agnie. Lorsiiue les délégués du (Comité pn'sentèrent cette requête au ministre de la guerre, le inni(|uis d'Argenson, celui-ci leur tinl ce langage : « Je sais mieux que vous ce que vaut M. de Lally, et de plus il est mon ami ; mais il faut nous le laisser en Europe. C'est du feu que son activité. Il ne transige pas sui- la disci[)liiu'. a

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