I.IVHK. Il
îuix ('apilaiiics chargés de pourvoir à la solde et à ICii- Iretien du persounel. Les ressources offertes par la France étant le plus souvent insuffisantes, parce (juc notre commerce maritime n'est pas encore très développé, force est d'avoir recours aux nations étrangères ; on s'adresse aux i)uissances Scandinaves et aux Ailles hanséatiques. En Espagne, où se trouvent les meilleurs marins de l'Europe, il existe des navires que les capitaines louent au ])1us offrant: à Gènes. Venise, on jx'ut se procurer galères, chiournes, marins, archers, soldats: les Doria se mettent, avec de véritables flottes, au service de princes étrangers. La méthode pour engager l'action n'a pas subi de changement. La ligne de front reste la formation de combat, c'est dans cet ordre que deux flottes en i)résence font l'oute lune sur l'autre. (]hacime d'elles recheirhe l'avantage du vent ([ui [)crmet à celle ({ui le i)ossède de fondre sur son atlversaire avec plus de rapidité. Quelques bâtiments ont des ceintures de fer se terminaid en pointe et formant une sorte d'éperon leur donnant la possibilité de couler les navires (ju'ils parviennent à aborder par le travers. Lorsque les deux flottes se sont suffisamment rapprochées, les archers et les arbalétriers décochent une grêle de traits, et les navires, sur lesquels sont installées des batistes, mettent celles-ci en mouvement. On s'aborde, les grappins sont jetés, et, lorsque les navires se trouvent liés les uns aux autres, l'action se dénoue, comme sur terre, l'épée à la main.
Le commerce maritime, pendant le cours du moyen âge, reste, comme dans les temps anti([ues, concentré presque tout entier dans la Méditerranée. Le temps marche et l'organisation de l'Europe occidentale fait de rapides progrès. La marine marchande, qui a pris un grand développement, cherche à étendre son action. Les
Danois visitent les cotes septentrionales de l'Amérique, en 982, puis plusieurs siècles s'écoulent sans que l'histoire ait à enregistrer une autre découverte ; les marins n'osent pas s'écarter des côtes, La connaissance de la boussole, l'usage de l'astrolabe, introduit dans la marine sous le règne de Jean II. roi de Portugal, et l'application de l'astronomie à la navigation, ouArent des horizons nouveaux. Un Portugais, Gonzallo Vello, reconnaît les lies Açores, en 1448, et le Génois Antoine Molli les îles du Gap Vert, en 1449. Deux Portugais, Jean de Santarem et Pierre Escovar, arrivent aux côtes de Guinée, en 1471 : un de leurs compatriotes, Diego Gam, touche au Congo, en 1484. Deux ans après, un autre marin portugais, Dias, reconnaît la pointe extrême de l'Afrique, mais, arrêté par le mauvais temps, il ne parvient pas à la franchir. En 1492, se produit un des plus grands événements de l'histoire, la découverte de l'Amérique. Les Portugais, en prolongeant la côte occidentale d'Afrique, dans la direction du sud. ne se proposaient pas seulement de reconnaître des pays nouveaux, ils voulaient trouver le chemin des Indes. Tandis qu'ils le cherchaient du côté de l'est, un marin génois, doué d'un esprit scientifique très profond, entrevoyait une autre route, Christophe Colond) s'était, de bonne heure, livré à l'étude des différents proljlèmes qui préoccupaient, à cette époque, les marins et les astronomes. Après avoir consulté les savants, fouilh' les archives, interrogé les navigateurs, il avait éti* conduit à penser qu'un navire, partant d'un port de rAtlanti(|ue et traversant cette mer dans la direction de l'ouest, devait arriver aux Indes. Cette idée, Christophe Colond) la nu'uit ]>endant de longues années, et un jour vint où ce (|iii. d alioid. n'était qu'une hypothèse, prit, à ses yeux, le caractère de l;i i'éalit('. Il se mil alors à la rcM-hcrche
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des moyens lui permettant d'arriver à la démonstralion de ce qu'il consid<Tait comme une véi'it(3 incouleslable. De cruelles déceplions laltendaient.
Christophe Colomb s'adressa, tour à lour. à (J(Mies, sa patrie, à Venise, au Portugal ; partout il fut éconduit et presque traité (!(,' fou. Il écrivit, mais iuutilemenl. aux rois de France et d'Angleterre. Après avoir usé de longues années de son existence en démarches vaines, il vit l'Espagne accueillir favorablement ses projets : néanmoins, huit années s'écoulèrent avant que vint le moment de les mettre à exécution. Enfin, Ferdinand le Catholique et la reine Isabelle se décidèrent à lui confier trois caravelles, la Santa-Marid, la Pinta et la Xina. Ces bâtiments avaient quatre mâts, et, si on se reporte aux mémoires de cette époque, leur voilure était la suivante : Les quatre mats delà Xina portaient des voiles latines : il en était de même sur la Pinta, à l'exception, toutefois, du màt de l'avant, qui avait des voiles carrées : enfin, sur la Sa)ita-Maria, les deux mats de l'avant avaient des voiles carrées, et les deux autres des voiles latines. La Saiita-Maria était pontée, la Pinta et la Xina ne l'étaient pas complètement. Quoi qu'il en soit, ces caravelles tenaient l>ien la mer, étaient faciles à manœuvrer et pouvaient porter des vivres pour une longue traversée.
Christophe Colomb, nommé grand-amiral de la mer Océane, vice-roi et gouA^erneur des îles et terres qu'il découvrirait, partit de Palos, en Andalousie, le 3 août 1492. Il montait la Santa-Maria, Martin Alonzo Pinzon commandait la Pinta et son frère, Vincent Yanez Pinzon, la Xina. Il y avait soixante-dix jours que les navires espagnols étaient à la mer, lorsque la terre fut aperçue : c'était l'ile Guanaliani, l'une des îles Lucayes, cpii reçut le nom de San Salvador. Après avoir reconnu les différentes lies formant l'archipel des Lucayes, les trois bà-
timents mirent à la voile et abordèrent, le 6 décembre, à Haïti, où furent jetées les bases du premier établissement des Espagnols dans le nouveau monde. Le 16 janvier 1493, Christophe Colomb fit route pour l'Espagne, où il avait hâte de porter la nouvelle du grand événement qui venait de s'accomplir. Le 15 mars, après sept mois et quelques jours d'absence, il entra dans le port de Palos, salué par les acclamations des habitants. En se rendant à la Cour, qui était alors à Barcelone, il fit, à travers lEspagne, une marche triomphale. Le 17 septembre 1 1-93, Christophe Colomb reprit la mer avec dix-sept bâtiments; dans ce nouveau voyage, il découvrit les petites Antilles. L'amiral entreprit, en 1498, un troisième voyage pendant lequel il toucha au continent américain: enfin, en 1502, dans un quatrième et dernier voyage, Christophe Colomb alla jusqu'au golfe de Darien. Il n'avait cessé de croire que les terres explorées, depuis le jour fameux où il avait vu la terre pour la première fois, faisaient partie de la Chine.
Colomb, qui venait d'acquérir une gloire immortelle, devait moidrer, en sa personne, juscju'où peut aller l'ingratitude et l'injustice des hommes. On sait comment se tei'nn'na son troisième voyage, celui dans lequel il avait louché au continent américain. Christophe Colomb, qui était non seulement grand-amiral de la mer Océane, mais vice-roi des Indes et gouverneur de toutes les iles et teri'és qu'il découvrii'ait, revint en Espagne chargé de chaînes comme un criminel; ainsi l'avait ordonné le gouAa^rneur Bobadilla, envoyé à Haïti avec des [)ouvoirs souverains. Justice fut rendue à Chi-istophe Colomb, puis(|u'il fit un quatrième voyage, mais jamais il n'oubliîi l'indigne traitement <{u'il avait subi et l'injuste oubli dans li'(|uel l'Espagne a\ ail laissé ses services. Accablé de fatigues, de chagrins, d'inrii-niités. réduit à un état