‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 17 sur 137 · VUE II · texte numérisé non relu

VUE II

rejoignit les troupes françaises qui combattaient en Italie. L'année suivante, Prégent de Bidoux ravitailla Gaëte à la vue d'une flotte espagnole qui n'osa pas s'opposer à cette opération. Dans la lutte engagée pour la possession du royaume de Naples, nos troupes, après quelques succès obtenus au début de la campagne, furent obligées d'évacuer le midi do l'Italie. Le traité de Blois, conclu en 1505, mit fin à la guerre.

Le pape Jules II, Maximilien d'Autriche, Henri VIII, Ferdinand le Catholi(|uc. les Vénitiens et les Suisses ayant formé une ligue dont le but était de chasser les Français de l'Italie, les hostilités commencèrent sur terre et sur mer. en 1511- Pendant qu'on se battait en Italie, Henri VIII prenait ses dispositions pour faire une descente sur nos côtes. Le 10 août 1512, une flotte franco-bretonne, sous les ordres de Jean Thénouénel, rencontra, au large du cap Saint-Mathieu, les forces navales que commandait l'amiral Howard ; ce dernier était parti d'Angleterre avec des instructions lui prescrivant d'entrer de vive force dans la rade de Brest et de s'emparer de la ville et du port. L'ennemi nous était supérieur en nombre. Les deux armées n'ayant pas tardé à se joindre, il se produisit une mêlée dans laquelle chaque capitaine agit suivant les circonstances, et d'après les inspirations de son courage. Il y avait, dans la flotte française, un bâtiment très remarquable pour cette époque ; c'était Marie bi Cordelière, construite, à MorlaLv, par ordre d'Anne de Bretagne. Ce navire, placé sous le commandement d'Hervé de Portzmoguer, avait une batterie couverte, et était armé de soixante pièces de canon. Les Anglais comptaient dans les rangs de leur armée un bâtiment de dimensions à peu près semblables, la Réyeiile, capitaine Thomas Kervenet. Le feu se déclara à bord de la Cordelière, alors qu'elle se défendait

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avec A'igueur contre jîlusieurs navires ennemis, au nombre desquels se trouvait la Régente. Le capitaine Portzmogucr. désespérant de sauver son bâtiment, aborda la Régente. Le feu gagna le navire anglais ; celuici ne parvenant pas à se dégager, les deux bâtiments, l'apidement consumés, disparurent, entraînant dans l'abime tous ceux, marins et soldats, qui les montaient. Les détails de ce combat sont peu connus, et il serait difficile de dire à laquelle des deux flottes resta la victoire. Toutefois, l'ennemi se trouva dans Fimpossibilité de mettre à exécution ses projets sur la Aàlle et le port de Brest.

On s'était battu sans observer d'ordre. Il y a lieu de croire que les seuls bâtiments de guerre, figurant dans le combat du 10 août 1512, étaient la nef Marie la Cordelière, et, du côté des Anglais, la Régente. Les autres bâtiments, dans les deux armées, avaient été empruntés à la marine de commerce. Les équipages français étaient, en majorité, composés de soldats, et Hervé de Portzmogucr devait être non un marin mais un chef militaire, probablement le seigneur d'un bourg des environs de Brest.

L'année suivante, Prégent de Bidoux passa de la Méditerranée dans l'Océan, avec (|uatre galères ; le 22 avril 1513, rencontrant la flotte anglaise sur la côte de Bretagne, il la traversa et gagna, en passant par le Four, une petite anse près du Conquet. Il fit imnK'diatement travailler à la construction de balteries destinées à protéger son mouillage. L'amind Howard, après avoir reconnu la position des bâtiments français, résoin l de les attafpier. La pbqtail des naA'ires anglais ne pouvant, par sni'.c de ieui' tiraii l( l'eau, prendre ])ai"t à celte opération, il forma une division comprenant deux galères, quel(j[ues bâtiments légers et des chaloupes, avec laquelle

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