‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 20 sur 137 · LIVRE n · texte numérisé non relu

LIVRE n

nous privant du concours des forces navales de la républi(|U('. Doi'ia nous cidcNail la possibilité d'a^ii' dans la Méditerranée. Les communications, par mer, de l'Espagne avec l'Italie, se trouvaient désormais assurées; or, c'était la route que Charles-Quint et ses troupes étaient obligés de prendre pour aller non seulement en Italie, mais en Allemagne et dans les Flandres. Le traité de Cambrai, conclu en 1529, mit fin à la guerre; François 1" garda la Hourgogne, mais il abandonna l'Italie à l'empereur. Maitre de l'Espagne, de l'Italie, de l'Allemagne, des Pays-Bas,.GharIes-Quint enveloppait la France de tous côtés. La lutte contre l'empire s'imposait; il ne s'agissait pas seulement du maintien de l'équilibre européen, c'était l'existence même de la France qui était en question. Après la perte de la bataille de Pavie suivie de la captivité de François P', la régente, Louise de Savoie, était entrée en négociation avec la Turquie. II n'existait aucun antagonisme entre la France et l'empire ottoman ; nous avions, au contraire, avec cette puissance des intérêts communs. La Turquie menaçait l'Autriche par ses armées, et sa flotte dominait dans la Méditerranée. Il était donc sage, en se plaçant uniquement au point de vue politique, de chercher un terrain d'entente avec la Turquie : d'autre part, l'opinion en Europe se montrait résolument opposée à toute idée d'alliance entre un peuple chrétien et une puissance musulmane. La régente, adoptant les vues du chancelier Duprat, ne craignit pas de heurter, sur ce point, le sentiment général. Un agent diplomatique, envoyé à Constantinople, en 1525, avait été favorablement accueilli par le sultan. Les négociations, arrêtées par la conclusion du traité de Madrid, en 1526, furent reprises et elles aboutirent, en 1536, année qui vit éclater la troisième guerre entre François P' et Charles-Quint. Celui-ci, revenant de l'ex-

péflition de Tunis, envahit la Provence et vint mettre le siège devant Marseille.

L'approche de François I*', arrivant, en toute hâte, pour défendre le midi, amena la retraite des Impériaux. Doria, avec ses galères, avait porté des vivres à l'armée de Charles-Quint; il prit le matériel de siège et le débarqua dans le port de Gênes. La présence sur les côtes d'Italie de la flotte turque, que commandait le célèbre Barberousse, et la révolte des Gantois décidèrent Charles-Quint à conclure une trêve de trois mois, puis celle de Nice, dont la durée devait être de dix ans.

Quatre années s'écoulèrent et la France se trouva de nouveau en guerre avec l'empire. Charles-Quint fut assez habile pour amener Henri YIII à se déclarer contre nous. L'alliance de la Turquie nous donnait, sur les forces navales que Charles-Quint pouvait nous opposer, dans la Méditerranée, une supériorité indiscutable. Au mois d'avril de l'année 1543, Barberousse prit la mer avec cent cinquante navires, et, au milieu du mois de juillet, il opéra sa jonction, dans le golfe de Marseille, avec les galères françaises placées sous les ordres du comte d'Enghien, lieutenant-général des mers du Levant. La flotte combinée se rendit dans la baie de Yillefranche, débarqua des troupes, une partie des équipages et le siège fut mis devant cette ville ; les alliés s'en rendirent maîtres, mais h l'approche de l'ennemi qui arrivait avec des forces considérables, ils se rembarquèrent. Il était vraiment regrettable qu'un aussi grand aiinement eût conduit à un semblable résultat. Barberousse passa l'hiver sur la rade de Toulon : des divisions de son armée, envoyées à la mer, firent (pielques incursions sur les côtes d'Espagne. La brillante victoire de Gerisoles, remportée, en 1544, par le duc d'Enghien. fut suivie de prompts revers ; Henri VIII prenait la ville de Boulogne;

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