LIVRE III tjl
Iraignait les navires de commerce h relàchei- dans le port de Yillefranche. où ils devaient, avant (ju'il leur lïd per-mis de continuer leur voyajre, acquitter un droit fort élevé calculé sur la valeur des marchandises qu'ils transportaient. Des galères croisant îiu large assuraient l'exéculion des volontés du duc de Siivoio. Henri IV, n"ayanl pas de flotte à mettre en mer, ne pouvait avoir recours l\ la force pour venger les injures faites à notre pavillon. La voie (lipl()mati(|ue seule était ouA'erte. Le cardinal d'Ossat obtint en 151)8, avec l'appui du Saint- Siège, la restitution du cliàleau de l'île d'If ainsi que des îles de Pomègue. En 1003, le duc de Savoie, cédant à des demandes réitérées, voulut bien renoncer à la contribution qu'il exigeait, sans aucun droit, des navires passant au large de la rade de Villefranche. Henri IV et ses conseillers, au premier rang desquels il faut placer Sully, s'occupèrent tout d'abord d'asseoir sur une base solide notre situation militaire. A la mort du roi, la France possédait une armée permanente établie d'après le système moderne: les troupes étaient régulièrement soldées et observaient une exacte discipline. Les services de l'artillerie, du génie et des transports étaient organisés. C'est avec l'armée préparée par Henri IV, que Richelieu commença la lutte qu'il entreprit contre la maison d'Autriche. Henri IV, s'il avait vécu, aurait sans nul doute créé une marine de l'État. Le président Jeannin, notre ambassadeur en Hollande, avait reçu l'ordre de faire une étude approfondie de toutes les questions relatives à l'organisation d'une marine militaire. Quelques efforts furent faits dans ce sens, mais, à la mort du roi, on suspendit les travaux en cours d'exécution dans les ports, et les rares navires que nous tenions prêts à aller à la mer, furent désarmés.
Pendant le cours du \\i^ siècle, la marine joue, au
point (1c vue militaire, un rôle semblable à celui que nous avons indiqué dans le résumé fait à la fin du règne de Cbarles VIL L'action des flottes, lorsque nous sommes en guerre avec l'Angleterre, est le plus souvent décisive. La France ne sauvegarde ses rivages qu'en tenant en échec la marine de la Grande-Bretagne. Lorsque ce résultat n'est pas obtenu, les villes du littoral sont pillées, incendiées ou prises. C'est ainsi que Boulogne tombe entre les mains de nos adversaires, et il faut que nous fassions, sur mer, un effort considérable pour reprendre cette Avilie. Le même raisonnement s'applique, avec non moins de force, aux luttes que nous soutenons avec l'Espagne. Si nous avons, à la mer, des forces suffisantes, les communications de cette puissance avec les Flandres et ses possessions italiennes deviennent, si ce n'est impossible, du moins très difficiles. Aussi voit-on Charles-Ouint faire les plus grands sacrifices pour attacher à son service Doria et les galères de Gènes. Pendant de longues années, nous balançons, avec des alternatives diverses, la fortune maritime des nations avec lesquelles nous sommes en guerre, mais, (l(q)uis les règnes de Charles IX et de Henri IH, la situation se modifie et notre infériorité devient manifeste. Les prétentions de l'Angleterre grandissent: cette puissance s'arroge, sur les mers qui l'environnent, des droits do souveraineté qui n'ont d'autre fondement que notre faiblesse. En 1603, Sully, chargé de comphmenter le roi d'Ecosse, Jacques 1"", sur son avènement à la couronni» d'Angleterre, accepta, par courtoisie, l'offre de ])asser le détroit sur le navire monté par le vice-amiral dAiiglcterre, (pii avait éli' envoyé à sa renconire. De Vie. vice-aniiral de France, accompagna le navire anglais : arrive' à Douvres, il fit hisser le pavillon français (|ni fui salué d'un coup de canon. Le capitaine du bàli-