LIVRE m
mont, à bord (lii(|U('l se Iroiixail iiotro <niil>ass;i<lciii'. se montra fort irrilT': if admettant pas qu'un.pavi!lon autre qiio celui de sou pays floltàt dans cette mer. il donna l'ordre de lirer sur le navire français. Le vice-amiral anglais présenta les excuses de son capitaine au viceamiral de Vie et l'affaire n'eut pas d'autre suite, mais Sully garda le souvenir de ce fâcheux événement et il comprit que la force, représentée par une marine jmissante, pouvait seule empêcher nos Aoisins d'outre- Manche, d'user, h notre égard, de semljlables procédés. L'art du constructeur a suivi une marche ascendante, les nefs du moyen âge, courtes et arrondies, s'allongent et les formes deviennent plus fines. Le tonnage augmente ; on voit des navires de huit cents, de neuf cents et de mille tonneaux. Les flancs des bâtiments, construits spécialement pour la guerre, sont percés de nombreux sabords. Les gros calibres remplacent les canons n'ayant qu'une faible puissance dont on a d'abord armé les bâtiments. Quelques navires ont plusieurs batteries couvertes; à l'avant et à l'airière s'élèvent des châteaux qui ont quelquefois plusieurs étages. Pendant le cours du xvi" siècle, il ne se produit aucun changement dans la formation tactique de combat. La nouvelle arme, le canon, est surtout employée à rendre plus forte, au point de vue de l'attaque et de la défense, la partie du navire fpion présente à l'ennemi, c'est-à-dire l'avant. Les châteaux élevés sur l'avant et sur l'arrière des bâtiments, dits de haut bord, sont garnis d'artillerie ; ces châteaux doivent servir de refuge aux équipages des navires dont le pont est euAahi. L'ordre de front, c'est-à-dire l'attaque par l'éperon et le choc, répondant très exactement à la situation des galères, la formation de combat de ces bâtiments ne devait pas subir de modification, même à la suite de l'invention de rartillerie. Deux flottes.
composées de galères, se précipitent l'une sur l'autre en faisant force de rames: après une décharge d'artillerie, tirée à bout portant, l'abordage a lieu. Si l'avant reste le fort des galères, il n'en est plus de même pour les vaisseaux ronds. Quoiqu'il ne soit apporté aucun changement à la tactique, on voit se dessiner le mouvement qui conduira à ce résultat. Ainsi, en 1545, dans la flotte que commande l'amiral d'Annebaut, les vaisseaux ronds, devenus des navires à voiles, et les galères forment deux divisions distinctes. On commence à comprendre que ces deux catégories de bâtiments ne peuvent pas figurer dans le même ordre do bataille. La glorieuse journée de Lépanle marque, à la fois, l'apogée de la marine à rames et le commencement de sa décadence. On ne verra plus de combats dans lesquels cinq cents galères se tromperont en présence. Une nouvelle marine marche, grandit; cette marine considérera la galère comme l'auxiliaire des vaisseaux ronds, elle ne lui accordera pas d'autre rôle.
En 1543, dix navires anglais, appartenant à une comliagnie marchande, revenaient du Levant lorsque, par le travers de Gibraltar, ils furent attaqués par douze galères espagnoles, commandées par Jean-André Doria, petit-neveu du célèbre amiral de Charles-Quint et de Pbili])pe IL Les navires anglais étaient armés; se formant sur une seule ligne, ils ouvrirent un feu très vif snr les galères, obligées d'atlaquer tie pointe pour utiliser leur ai'tillerie. Doria. (|Lii arrivait à force de rames, se ])ropos(ut d'accoster les navires marchands et de les enlever h ral)()rdage. 11 supposait (jue cette opération, menée rapidement, ne soufl'i'irait aucune difficulté, mais ses galères, prises d'enfilade par le feu des Anglais, reçurcid de telles avaries (|u'il se vit contraint de battre en retraite. La foire des choses intlitpuiil ce (jue devait