LIVRE III
(Hrc la l'oniialioii de combat des vaisseaux ronds. Depuis l'organisation du corps des galères, eji 1481, IKlat fait construire des bâtiments de cette catégorie, larmement et l'équipement des galères exigeant des dépenses que le commerce ne peut faire que difficilement. Quant aux vaisseaux ronds, l'Etat n'en possède ni dans l'Océan ni dans la Métliterranée ; quelques rares navires, parmi lesquels il faut citer la Marie la Cordelière, illustrée par la glorieuse conduite de Portzmoguer, et le Corraquon, incendié sur la rade du Havre, constituent des exceptions. Lorscpi'il y a lieu de réunir une flotte militaire, l'État a recours aux procédés que nous avons indiqués précédemment : on prend tous les navires de commerce qui peuvent être utilement employés, et le gouvernement supplée à l'insuffisance de ce moyen en s'adressant aux étrangers. C'est surtout de Venise, Gènes, Hambourg et Dantzick que nous viennent les bâtiments destinés à compléter nos armements. On commence à reconnaître les graves inconvénients que présente ce système. Les bâtiments loués conservent leurs capitaines, et ceux-ci montrent trop souvent une grande indifférence à l'endroit des luttes auxquelles ils sont mêlés : loin de rechercher le danger, ils s'efforcent de l'éviter. Il est difficile d'obtenir de ces capitaines l'obéissance que la conduite des opérations militaires exige, et, dans les circonstances difficiles, on ne peut plus compter sur eux. Enfin, la différence entre les navires de guerre et les navires de commerce s'accentue chaque jour. Les nations voulant agir sur mer créent une marine de guerre. La France seule ne s'incHne pas devant cette nécessité.
Le grand mouvement maritime imaginé par Christophe Colomb continua pendant le cours du xvi^ siècle. Les Portugais, avec les Almeida, les Alvarez Cabrai, les
Albiiqucrqiie, fondcreiit un empire dans l'Inde ; ils allèrent jus<ju'en Chine et au Japon. Le Portugal put se croire la jjremière puissance maritime de l'Europe, mais cette situation ne dura pas. En 1582, l'Inde portugaise passa entre les mains des Espagnols qui ne surent pas la conserver ; les Hollandais s'en rendirent maîtres. Les progrès sur les cotes d'Amérique n'étaient pas moins rapides. Le Vénitien Sébastien Cabot, naviguant sous pavillon britannique, fit deux voyages sur les côtes de l'Amérique du Nord, dans le double but de trouver un passage conduisant dans les mers de Chine et de fonder une colonie. S'étant avancé, dans le second voyage, jusqu'au soixante-septième degré de latitude, il se proposait de continuer sa route vers le nord, lorsque son équipage, qui comptait déjà un grand nombre de malades, refusa d'aller plus loin. Passé au service de l'Espagne, Sébastien Cabot se dirigea vers le sud de l'Amérique ; arrivé devant lembouchure de la Plata, il remonta le cours de ce fleuve. Le Portugais Alvarez Cabrai, se rendant dans l'Inde, s'écarta de la côte d'Afrique près de laquelle il savait qu'il trouverait des vents et des courants contraires: porté dans l'ouest par suite de la nouvelle route qu'il avait prise, il découvrit le Brésil. Améric Vespuce et l'Espagnol Ojedo, cherchant un passage pour aller aux Moluques, visitèrent les côtes de Venezuela, de la Guyane et une partie de la côte des Patagons au sud de la Plata. Des établissements furent fondés sur le continent américain ; Fernand Cortez entreprit, en 1519, la conquête du Mexique, qu'il acheva en trois ans : Pizarre s'empara du Pérou, en 153 i, et un lieutenant de Pizarre, Almagro, se rendit maître du Chili, en 1540.
Le Portugais Magellan, (pii avait fait, sous les ordres d'Aibu(pi(M(|ue, une campagne aux MohKpies. par la seule roule alors connue, celle de lest, forma le projet