‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 29 sur 137 · I.IVRK IIF · texte numérisé non relu

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d'arriver au même point en prônant une direction opposée. Il élril persuadé qu'il trouverait, à l'extrémité sud de la c(Me orientale de l'Amérique, un passage par lef}uel il pourrait pénétrer ilans la mer vue par l'Espagnol Balboa, qui avait traversé le centre Amérique de l'est à l'ouest, en 1514. Magellan, favorablement accueilli en Espagne, obtint de l'empereur Charles-Quint cinq l)àtiments avec lesquels il prit la mer, le 20 septembre 1519. Après avoir découvert, en 1521, le détroit qui porte son nom, il entra dans le Grand Océan et aborda aux Philippines: le chemin de l'Asie, par l'ouest de l'Europe, était trouvé. Le voyage aux Moluques par l'est étant connu, l'arrivée de Magellan au même point, par la route opposée, consommait la révolution géographique commencée par Christophe Colomb, découvrant le nouveau monde, en 1492, et par Vasco de Gama qui avait franchi le cap de Bonne-Espérance, en 1498. Le tour du monde (''tait fait, et il ne pouvait plus exister de doute sur la forme du globe terrestre. La terre, comme le supposait Christophe Colomb, était ronde et semblable aux planètes qui gravitent, dans l'espace, autour du soleil.

Au moment du départ, l'expédition que dirigeait Magellan se composait de cinq navires; l'un d'eux avait abandonné son chef aA^ant l'arrivée de la flottille dans le détroit ; sur les quatre autres, un seul revint en Espagne, c'était la Vittoria commandée par un vaillant marin, le pilote basque Sébastien del Cano. Magellan avait été tué en combattant les ennemis du roi de l'île de Zébu qui s'était déclaré le vassal de l'empereur Charles-Quint. Cette campagne, qui se termina en 1522, est une des plus remarquables qui aient jamais été faites. En 1578, cinquante-six années après le voyage que nous venons de rapporter, Drake, pénétrant dans la mer du sud par le détroit de Magellan, remonta la

côte d'Amérique du sud A^ers le nord. Cet Anglais, qui déploya comme marin les plus grandes qualités, se conduisit en forban. Sachant que les navires espagnols retournant dans la mère-patrie étaient porteurs de riches cargaisons, il s'empara de tous ceux quïl trouva sur sa route ; il effectua même plusieurs débarquements pour faire du butin. Drake, après s'être avancé jusqu'au quarante-huitième degré de latitude nord, voulut regagner l'Europe. Craignant d'être pris, et, dans cette hypothèse, traité comme pirate après le mal fait par sa flottille au commerce espagnol, il jugea prudent de ne pas se montrer, une seconde fois, sur les côtes du Pérou et du Chili ; son retour s'effectua par les Moluques et le cap de Bonne-Espérance. Lorsque Drakc mouilla sur la rade de Plymouth, trente-quatre mois s'étaient écoulés depuis son départ; des cinq navires, dont se composait l'expédition, il ncn ramenait qu'un, celui qu'il montait au début de la campagne et qu'il n'avait pas quitté, un petit bâtiment de cent tonneaux. L'esprit de découA^erte était alors dans toute sa force. Un siècle ne s'était pas écoulé depuis que Christophe Colomb aAait abordé l'île de Guanahani, et de hardis naA^gateurs avaient AÎsité les Antilles, la Floride, la Colombie, le Pérou, le Chili, laPatagonie, la Plata, le Brésil, les côtes de la Guyane, du Venezuela, etc. Les Européens s'étaient montrés sur trois grands fleuA^es, l'Amazone, l'Orénoque et la Plata. Si l'Amérique du Sud était presque^ entièrement connue, il n'en était pas de même de l'Amérique du Nord; celle-ci, à l'exception du Canada, avait été peu explorée, et on peut signaler comme un fait curieux que, à la fin du xvf siècle, pas un Anglais ne s'y était eu ore établi. Améric Vespuce, mort en 1516, est le premier, parmi les découATeurs, qui ait laissé des mémoires. La relation de ses voyages, imi)rimée en

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1522 à Paris et en 1555 à Bàle, appela sur lui l'attention de tous ceux (|ui s'intéressaient à la découverte du nouveau monde et à la révolution géographique (jui en était la conséquence. Ce fut probaJjlement cette circonstance, plus que le fait d'avoir touché le premier au continent américain, qui mit en évidence Améric Yespuce et donna aux savants et aux géographes l'idée d'associer son nom au grand événement de la fin du xv^ siècle. Peut-être connue t-on une erreur en accusant Améric Yespuce de lintention d'enlever à Christophe Colomb la gloire d'avoir découvert le nouveau monde. En 1596, Willem Barentz, Hollandais, explorant la mer Arctique pour y trouver un passage conduisant aux Indes, découvrit le Spitzberg.

Avant d'examiner la part revenant aux marins français dans le mouvement maritime du \\i' siècle, il est nécessaire de rappeler ce que furent nos frontières maritimes aux différentes époques de notre histoire. On sait que le Poitou, l'Aunis et la Saintonge furent réunis à la France sous Charles Y, la Bretagne, pendant le règne de François P^ et la Provence sous Louis XI ; quant au Ponthieu et au comté de Boulogne, provinces détachées de la France en 1279, l'Angleterre les conserva jusqu'en 1350. Ainsi, pendant de longues années, la France n"eut d'autres limites, du côté de la mer, que le Uttoral du Languedoc et une partie des côtes de la Manche. Nous avions heureusement, dans le Nord, une population maritime remarquable. Les Normands, établis sur le sol de la Neustrie, renonçant à vivre de brigandage, s'étaient adonnés au commerce: leurs navires fréquentaient les ports du Portugal et de l'Espagne. Les Normands suivirent les Maures sur la côte d'Afrique. Les historiens de la ville de Dieppe affirment que des navires, appartenant à ce port, fondèrent, dans la seconde moitié du xiv'' siècle.

des établissements sur la côte occidentale d'Afrique. Les Dieppois auraient, à cette époque, exploré la côte depuis Rufisque jusqu'au golfe de Guinée.

Les relations commerciales de la France avec les nations étrangères avaient pris, pendant le cours du xvi'' siècle, un dévelopjiement considérable; une ère nouvelle s'ouvrait pour la navigation, mais le manque absolu de sécurité, en menaçant les armateurs de la ruine, arrêtait l'essor de la marine marchande. Le désordre, ou plutôt l'anarchie la plus complète, régnait sur les mers. Des bâtiments anglais, croisant dans la Manche et sur les côtes de l'Océan, enlevaient les navires de commerce qui sortaient de nos ports. L'Angleterre se considérait comme la souveraine des mers, et elle avait, pour appuyer ses prétentions, ce que nous ne possédions pas, une marine de guerre dontl'importance allait, chaque jour, croissant. Le traité conclu, en 1604, entre Henri IV et le sultan, avait délivré le commerce des pirates turcs, mais les corsaires de Tunis et d'Alger, n'obéissant plus, depuis longtemps déjà, aux ordres venus de Constant inople, régnaient en maîtres dans la Méditerranée. Les corsaires des régences africaines n'étaient pas les seuls ennemis à redouter. Les Vénitiens et les princes italiens ne se montraient pas plus scrupuleux que les Barbaresques : ils prenaient où ils les trouvaient, en pleine mer ou sur les côtes, les hommes en état de ramer sur leurs galères. Les navires de commerce franchissant le détroit de Gibraltar couraient le risque d'être enlevés par les Espagnols. Enfin, au large, la sécurité n'était pas plus grande : les navires de commerce étaient exposés à rencontrer, sur leur route, de nombreux bâtiments armés dans le seul but de faire de la piraterie. Nos amirautés délivraient des lettres de marque aux bâtiments français qui acceptaient la mission de faire la chasse

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