LIVRE PRE.MIKR
(lire jusqu'en Danemark. Il était nécessaire de protéger celte longue étendue de côtes, dans- l'Océan, contre les agressions fies pirates norvégiens, danois, suédois, irlandais, compris sous le nom de Normands, et dans la Méditerranée, contre les Sarrasins. Pour faire fac;e à celte donhle exigence, l'empereur organisa une marine ; des flottilles furent placées à l'embouchure des grands fleuves pour en défendre l'accès et assurer la sécurité des rivages environnants. Plusieurs expéditions, faites dans la Méditeri-anée, rendirent nécessaire l'emploi de la marine. Charlemagne s'empara de la Corse, de la Sardaigne, et ballit, dans l'Adriatique, la flotte grecque de Mcéphore. A la mort du grand empereur, les choses changèrent de face ; les ressorts du gouvernement s'affaiblirent et la désorganisation commença. Toutefois, sous Louis le Débonnaire, le système de défense créé par Charlemagne, conservant un reste de vigueur, les Sarrasins et les Normands furent contenus. En 843, l'unité monarchique, fondée par Charlemagne, fut détruite. Le traité de Ver vins partagea l'emiiire entre les trois fils de Louis le Débonnaire, Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire. La marine, négligée depuis longtemps, disparut, livrant les côtes aux incursions des pirates. Les Sarrasins se montrèrent sur les rives du Rhône, à Aigues-Mortes, à ^Marseille, à Arles, dans la Camargue ; ils pénétrèrent jusque dans le Dauphiné, le Rouergue, le Limousin et la Saintonge. Les Sarrasins ne cherchaient pas à s'implanter dans notre pays : après avoir fait du butin, ils disparaissaient. Les Normands avaient pénétré, pour la première fois, dans les terres par l'embouchure de l'Escaut ; la Seine fut le second fleuve qu'ils remonlèrent, et la Loire le troisième. En 844, des barques normandes, chargées d'hommes, franchirent l'embouchure de la Gironde ;
elles reprirent la mer quelque temps après, emportant un butin considérable. Les pirates, encouragés par le peu de résistance qui leur était opposée, mirent en 847 le siège devant Bordeaux ; ils échouèrent dans cette entreprise, mais, l'année suivante, ils s'emparèrent de la ville qu'ils livrèrejit aux flammes après l'avoir pillée. Toulouse subit le même sort en 850. En 885, sous le règne de Charles le Gros, les Normands, après avoir pris Rouen, remontèrent le cours de la Seine et assiégèrent Pai'is. Leur flotte, qui ne comptait pas moins de sept cents Ijarques, portait, disent les chroniqueurs, quarante mille hommes. Les Parisiens, animés parles exhortations de leur évêque Gozlin, conduits par le fils de Robert le Fort, Eudes, qui était aussi habile que brave, repoussèrent toutes les attaques de l'ennemi. Celui-ci, reconnaissant l'inutilité de ses efforts, se retira. Rollon, un des chefs les plus hardis que les Normands aient eu à leur tète, s'était établi sur les bords de la Basse-Seine, et de là il s'élançait dans l'intérieur du pays, semant la ruine et la mort sur son passage. Dans l'état d'anarchie où se trouA^aitle royaume, Charles le Simple ne parvenant pas à réunir des forces suffisantes pour réduire le chef normand, prit le parti de négocier. Conformément aux clauses d'un traité signé dans le village de Saint-Clairsur-Epte, en 911, Rollon, auquel Charles le Sinqîle donna sa fille en mariage, devint le souverain héréditaire de la Neustrie, qui prit dès lors le nom de Normandie. Rollon et ses compagnons se convertirent au cliristianisme. Les Normands, quoiqu'ils fussent établis pacifiquement dans la Neustrie, conservèrent leur goût pour la guerre et les exi)édi lions nventureuses. Plus d'un siècle avant les croisades, ils faisaient des pèlerinages en Terre- Sainte. Pendant leurs courses h travers la Méchterranée, diverses circonstances les amenèreiil eu llalie: un Nor-