‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 4 sur 137 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mand, UoIxtI Guiscard, fils de Tancrède de Hautoville, genlilhommo du pays do Gaux, rangea ;;ous sa domination la Pouille cl la Calabrc; son frère, le eomtelloger, fil la conquête de la Sicile. Les Normands devaient se distinguer dans une enlreprise d'une plus haute importance. En 1066, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, prétendit être riiéritier du roi Edouard Je Confesseur, mort sans postérité. L'assemblée nationale des Anglo-saxons ayant élu HiU'old, Guillaume résolut d'envahir l'Angleterre à la tète de soL^ante mille hommes. Larmée et la flotte se rendirent à l'embouchure de la Dive, rivière qui se jette dans la Manche, entre la Seine et l'Orne. Après avoir attendu pendant un mois un A'^ent favorable, l'expédition mit à la voile et vint jeter l'ancre au mouillage de Saint-Yalery, placé à l'embouchure de la Somme. Le 27 septembre, la flotte, comprenant neuf cents voiles, se dirigea vers les côtes d'Angleterre ; le lendemain, l'armée opérait son débarquement à Pevensey, dans le comté de Sussex. Peu après, Guillaume, vainqueur à la bataille d'Hastings, dans laquelle Harold, son compétiteur, fut tué, devenait le souverain de la Grande-Bretagne. Guillaume le Conquérant, se souvenant des services que la marine lui avait rendus, voulut se prémunir contre les périls auxcjuels il serait lui-même exposé, s'il se trouvait un jour, sur le sol de la France, un compétiteur disposant de moyens suffisants pour traverser le détroit avec une armée. Il accorda aux villes d'Hastings, Romney, Hith, Douvres et Sandwich, connues sous le nom des « cinq ports », plusieurs privilèges, à la condition que celles-ci armeraient, pour son service, cinquante-sept bâtiments de guerre. Les premiers rois de la troisième race, n'ayant d'autorité que dans les provinces qui leur appartenaient en propre, l'Ile-de-France et l'Orléanais, n'eurent pas à s'occuper de la marine. Leur règne, fort

agité, se passa dans des guerres continuelles entre leurs grands vassaux. Sous le règne de Louis VIII, monté sur le trône en 1137, commencent, entre la France et l'Angleterre, les guerres territoriales ([ue nous verrons durer plusieurs siècles. Ce prince avait épousé Eléonore de Guyenne, à laquelle appartenaient l'Aquitaine et le Poitou, provinces séparées de la France du nord depuis le partage de l'empire de Gharlemagne. Il la répudia en 1152. Eléonore donna sa main et les deux provinces qui constituaient sa dot a Henri Plantagenet, comte d'Anjou et duc de Normandie. Henri Plantagenet, devenu peu après roi d'Angleterre, se trouva posséder, sur le continent, le duché de Normandie, laTouraine, le Maine, l'Anjou, le Poitou et l'Aquitaine ; il avait en outre la suzeraineté de la Bretagiie. Presque toute la France occidentale, de la Somme aux Pyrénées, lui appartenait. Dans ces conditions, il était difficile que la France eut une marine.

Philippe-Auguste, qui régna de 1180 à 1223, réunit au domaine de la couronne l'Artois, par son mariage avec la nièce du comte de Flandre, puis le Valois, l'Amiénois et le Vermandois, à la suite d'une guerre heureuse. Après avoir mis, par ces conquêtes, la royauté hors de tutelle, il enkvva aux Anglais la Normandie, la Touraine, le Maine, l'Anjou et une partie du Poitou. Voulant profiter de la situation difficile dans laquelle se trouvait Jean sans Terre, alors en lui te avec le Pape. Philippe-Auguste lit des préparatifs pour envahir l'Angleterre. Dix-sept cents bâtiments furent rassemblés, dans ce but, à l'embouchure de la Seine. Les difficultés existant entre Innocent III et Jean sans Terre s'élant aplanies, le roi se vit forcé de renoncera cette entreprise. En 1214, Phi lippe- Auguste faisait la guerre au comte de Flandre ([ui s'était allié au roi dAngleleire. La flolle

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