LIVRE IV
Aitandoii do la marine peiulant les troubles de la minorité. — Réunion (les États généraux. — Riclielieu, premier ministre. — Sui)pi'ession (le l'amiralat. — AssemlJée des Notables. — Siège de la Rochelle. — Mesures prises pour assurer une protection efficace au commerce maritime. — Combats dans l'Océan et la Méditerranée. — Mort du cardinal. — La marine sous la régence. — Colbert. — Expédition contre les Barbaresques. — Le duc de Beauforf se rend dans la Manche. — Expédition de (Candie. — Alliance de la France et de l'Angleteri'e contre la Hollande. — Coudjats livrés par les alliés à la marine des Provinces-Unies. — Paix conclue entre l'Angleterre et la Hollande. — La France est en guerre avec les Provinces-Unies et l'Espagne.
Pendant les troubles de la minorité, les projets relatifs à la marine furent abandonnés. Quelques années après l'avènement au trône de Louis Xlll, notre faiblesse au point de vue maritime était si grande que le gouvernement ne put mettre en mer des forces suffisantes pour arrêter les dépradations que des navires protestants, sortis du port de la Rochelle, commettaient sur les côtes delà Guyenne, du Poitou et de la Bretagne. Louis XIII, déclaré majeur en octobre 1614, abandonna le pouvoir à Marie de Médicis. La reine-mère, en présence des difficultés qu'elle rencontrait pour gouverner, prit le parti de convoquer les Etats généraux. La lecture des cahiers de cette assemblée qui se réunit à la fin de l'année 1614, témoigne de la situation malheureuse dans laquelle se
trouvaient la marine militaire et la marine marchande. Les événements allaient bientôt montrer qu'une flotte de guerre était nécessaire, non seulement pour protéger notre commerce et sauvegarder notre dignité à l'extérieur, mais aussi pour assurer la paix à l'intérieur. En 1620, la Rochelle, soulevée denouveau, servit d'asile aux huguenots auxquels vinrent se joindre tous les mécontents. Louis XIII fit investir la ville, mais il ne pouvait s'en rendre maître qu'à la condition de disposer d'une force navale suffisante pour bloquer étroitement le port. Dix galères furent envoyées de la Méditerranée dans l'Océan, elles franchirent le détroit de Gibraltar, en 1G21, relâchèrent à Lisbonne où elles passèrent l'hiver, et, l'année suivante, elles rallièrent à Port-Louis les forces que nous étions parvenues, non sans peine, à réunir. Les bâtiments du roi, sous le commandement du duc de Guise et du vice-amiral Saint-Luc, battirent la flotte rochelaise dans un combat soutenu, de part et d'autre, avec une extrême vigueur. Les rebelles, ne recevant pas de l'étranger les secours sur lesquels ils comptaient, se décidèrent à traiter. L'édit de Nantes fut confirmé et la tranquillité parut rétablie.
La paix ne fut pas de longue durée ; la guerre religieuse se ralluma en 1625. Le duc de Soul3ise, un des chefs du parti huguenot, après s'être emparé de File de Hé, entra dans le Blavet avec douze navires armés en guerre et dix l)arques légères ; il prit six bâtiments que le roi faisait armer pour protéger les côtes de la Méditerranée contre les Barbaresques. Louis XIII fut obligé de demander l'assistance d'une puissance étrangère pour combattre les rebelles. l']n A'ertu d'un traité signé à la Haye, par notre ambassadeur, le comte de Lesdiguières, les Etats généraux s'engagèrent n metire à noire disposition vingt bàlinionts de guerre. On convint que douze de ces bâtiments auraient des