‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 33 sur 137 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

perdions pas i\o vuo la situation de Saiiil-Mailiii. l'nc flottille débarqua des troupes dans lilei-Shomberg, qui les commandait, fit lever le siège de Saint-Martin; réuni à Thoiras, il battit les Anglais et les poursuivit, en leur infligeant de grandes pertes, jusque sous le canon de leur flotte. Ceux-ci se rembarquèrent et Buckingham fit route pour l'Angleterre. L'ennemi restant maître de la mer, conservait la possibilité de ravitailler la Rochelle. La flottille, à l'aide de laquelle nous avions débarqué des troupes dans l'ile de Ré, apportait un concours utile aux opc'rations militaires, mais elle était insuffisante pour couper les communications des assiégés avec le large. Or, les généraux déclaraient que la Rochelle ne serait pas prise si cette condition n'était pas remplie. Le cardinal résolut de fermer le port par une digue. Ce travail, grâce à l'habileté de l'ingénieur Clément Métézau, chargé de cette importante opération, et au dé- A^ouement de nos soldats, fut terminé au milieu de l'année 1628. Cette digue était longue de sept cent quarante toises : elle avait treize i)ieds de haut et dix-huit pieds de large à sa base. On la construisit en coulant des bâtiments remplis de maçonnerie. Les détails de rexécution furent confiés à un maître-maçon de Paris du nom de Jean Tircot. Dès lors, aucun secours ne pouvait entrer dans la place ; deux tentatives, faites par les Anglais pour ravitailler la Rochelle, échouèrent. La ville, vaincue par la famine, ouvrit ses portes au mois d'octobre 1628.

Si le mode employé pour fermer le port de la Rochelle constituait un titre d'honneur pour les assiégeants, d'autre part, la construction de la digue avait coûté beaucoup de temps et d'argent qui eussent été épargnés si une escadre française, croisant devant la Rochelle, en avait interdit l'accès à l'ennemi. Le cardinal, plus que IV 6

jamais convaincu de rinfériorité à laquelle la France se trouverait condanniée, si elle n'avait pas de marine militaire, se mit immédiatement à l'œuvre pour jeter les bases d'un grand établissement maritime. Les bâtiments de guerre devinrent la propriété de l'Etat; les ports furent améliorés et fortifiés, et, à la tète de chacun d'eux, une ordonnance, portant la date du 29 mars 1631, plaça un commissaire général et un chef d'escadre. Ces deux fonctionnaires, auxquels des officiers furent adjoints, reçurent la mission de réparer et d'entretenir les J)àtiments qui se trouvaient dans nos arsenaux, et d'armer ceux que le ministre désignait pour aller à la mer. Les capitaines et les lieutenants, destinés à embanpier sur les bâtiments de guerre, furent maintenus au service d'une manière permanente. Richelieu leur alloua une solde à terre distincte de celle qu'ils r(^ce\ aient à la iner. Il l'onda dos écoles de canonnage et il nounna. dans chaque port, un officier spécialement chargé du service de l'artillerie. On disposa dans les magasins le matériel nécessaire pour armer les bâtiments à flot. Un deuxième régiment des troupes de la marine, qui prit le nom de régiment royal des vaisseaux, fut créé en 1635. Le service des officiers et des équipages à terre et à la mer fut réglementé. 11 n'y a\ ait, à cette époque, aucune législation particulière pour la marine de guerre. Dans les ports militaires, aussi bien que sur les vaisseaux armés provisoirement pour le compte du roi, on appliquait les lois et les coutumes en usage sur les navires de commerce. Un code pénal, destiné à la marine de l'État, parut en 1634.

Se souveiiaid des j)laintes que le connnerce avait fait entendre, lors de la réunion des États généraux, en 1614, Uichelieu fit armer douze galères dans la Méditerranée. Ces bâtiments, répartis dans les ports de Mar-

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