‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 35 sur 137 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

commandement. Le comte d'IIarcourt s'empara des îles de Lérins au mois de mai 1637. En. J63S, Mgr de Sourdis appuya, avec une flotte de i)]us de cin(piante Ijàlimenls de guerre, les 0[)éi'ations de Coiid('i (jui assiégeait Fontarabic. L"arniée se plaignant du peu d'effet que produisait son artillerie la marine mit à terre huit pièces ainsi que les lionnnes nécessaires pour les servir. Des navires espagnols, réfugiés dans le port du Passage, furent capturés. Dix-huit bâtiments ennemis, faisant route pour débarquer des troupes à Saint-Sébastien, furent aperçus et chassés par une division de notre armée qui croisait au large. Les Espagnols purent atteindre l'anse de Guetaria. où ils prirent une position très forte sous la protection des batteries établies sur la côte. Mgr de Sourdis les fit attaquer par un détachement de sa flotte, aufjuel il adjoignit six brûlots. L'anse de Guetaria étant très étroite, ou ne put déployer, devant l'ennemi, qu'un petit nombre de bâtiments. La flotte française ne tira donc aucun avantage de sa supériorité ; néanmoins, après un combat acharné, les naA'ires espagnols furent coulés ou incemhés. Les pertes de l'ennemi, d'après la correspondance de Mgr de Sourchs, s'élevaient à cinq mille hommes , tués ou blessés ; les nôtres n'avaient aucune importance. Un bâtiment, très remarquable pour cette époque, figurait dans la flotte de Mgr de Sourdis. La Couronne^ c'était son nom, réalisait un progrès considérable dans l'art de la construction. Ce bâtiment avait cent vingt pieds de quille et deux cents pieds de longueur totale, mesurée à partir de l'arrière du château de poupe jusqu'à l'extrémité de l'éperon; et sa plus grande largeur, en dedans, était de quarante-quatre pieds. Depuis que le canon était devenu larme de la marine, on avait une tendance à exagérer, sur chaque navire, le nondjre des

pièces; des bâtiments, plus petits que la Cour'onne, portaient jusqu'à deux cents canons. Cette artillerie surchargeait le navire et ne pouvait être utilisée par suite de l'extrême rapprochement des sabords, s('parés par un espace mesurant cinq à six pieds. La Couronne était armée de soixante-douze canons, la distance entre chaque sabord était de onze pieds. Ce navire, considéré comme un chef-d'œuvre par les marins de cette époque, avait (Hé construit à la Roche-Bernard, sous la direction d'un charpentier fameux, Charles jMorieu, originaire de Dieppe.

Au mois d'août de rannéo 1638, une rencontre eut lieu sur les côtes d'Italie, non loin de Cènes, entre les galères de France et celles d'Espagne. Les Français remportèrent une éclatante victoire. Richelieu, parlant de ce combat dans son testament politique, dit: « Quinze galères des nôtres en attaquèrent autant d'Espagne, et les combattirent avec un si grand avantage que nos ennemis y perdirent quatre à cinq mille hommes et six galères entre lesquelles une capitane et deux pa troues. » En

1639, au mois de juillet, Mgr de Sourdis faisait route vers la Corogne, lorsque son escadre fut dispersée par un COU]) de vent d'une extrême violence. Quel([ues bâtiments disparurent dans la tourmente, d'autres firent des avaries considérables. Après être resté quelque temps à Belle-Ile pour se réparer, Mgr de Sourdis reprit la mer. Il termina sa campagne sans avoir eu la bonne fortune de rencontrer l'ennemi. Le 22 juillet de l'année

1640, Armand Maillé de Brézé, placé à la tête de l'escadre de rOc('aii, îdtainia, eiilre le ca])Saint-yin("ent etCadix.la flotte des Indes et la coiil raignil à la jctraite, a])rès lui avoir pris ou coulé six galères. En 1641 , Mgr de Sourdis, appelé au ct)mmandement de nos forces navales dans la Méditerranée, enleva plusieurs bâtiments es])agnols dans le

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