LIVRE IV
port de Roses, puis il bloqua la ville do Tamigone qui ('tait assiégée par une armée française. ILeut, le 3 juillet, avec les galères d'Espagne, un premier engagement (jui lui lut favorable; attaqué, le 22. par des forces supérieures, l'archevêque fut obligé de lever le blocus. Notre retraite permit aux Espagnols de ravitailler Tarragone: or, cette ville. (|ui n'avait plus de a ivres, était sur le point de capituler. La conduite de Mgr deSourdis, les 3 et 22 juillet, avait été irréprochable. Telle était l'opinion des principaux officiers au nombre desquels figurait Duquesne; néanmoins, son échec devant Tarragone amena sa disgrâce. Il perdit son commandement, et il lui fut fait défense de venir à Paris. Les services de l'archevêque n'étaient plus appréciés favorablement ; après avoir été l'homme de confiance du cardinal, Mgr de Sourdis était devenu suspect, et Mgr de Besançon aAait été placé auprès de lui pour le surveiller. L'archevêque s'était compromis par des paroles imprudentes, et il était entré en relation avec les ennemis du cardinal, ce que ce dernier ne pardonnait pas.
Depuis quelquetempsd(*jàetmêmeaA"ant que Louis XIII montât sur le trône, des gentilshommes soucieux de reconstituer leur fortune, demandaient qu'il leur lut permis de se Uvrer au commerce, à la condition, toutefois, de conserver les prérogatives attachées à leur ordre. En 1627, les nobles adressèrent au roi une demande tendant « à avoir part et entrer au commerce sans déchoir de leurs privilèges ». Tn an après, lors de la formation d'une Compagnie destinée à fonder des établissements dans les Indes occidentales, le roi donna à toutes les personnes nobles, de quelque qualité qu'elles fussent, aux ecclésiasticfues, officiers et autres, l'autorisation d'entrer dans ladite Compagnie, sans pour cela déroger aux privilèges accordés à leurs ordres. Des lettres de
noblesse devaient être données à ceux qui, sans être gentilshommes, contribueraient par leur talent au succès de l'entreprise, l'ne ordonnance, rendue en 1629, généralisa ce qui semblait n'être qu'un cas particulier. Cette ordonnance, nprès avoir établi une distinction entre le grand et le petit commerce, déclara que les gentilshommes faisant la banque et le commerce seraient soumis à la taille. Elle régla ce qui avait trait au commerce maritime dans un article ainsi conçu : « Pour convier nos subjects, de quoique qualité et condition qu'ils soient, de s'adonner au commerce et traffic par mer, et faire cognaistre que notre intention est de relever et faire honorer ceux qui s'y occuperont ; nous ordonnons que tous gentilshommes qui, par eux ou par personnes interposées, entreront en part et société dans les vaisseaux, denrées et marchandises d'iceux, ne dérogeront point à noblesse, sans toutefois pouvoir vendre en détail. » Cette mesure avait le mérite très grand d'introduire, dans les affaires maritimes et coloniales, un personnel actif, Aâgoureux, hardi, extrêmement propre à atteindre le but que poursuivait le cardinal.
A la mort de Louis XIII, arrivée en mai 1643, quelques mois après celle de son ministre, la situation maritime de la France témoignait avec éclat des efforts du cardinal et du succès de son entreprise. Le pavillon français se montrait avec honneur sur toutes les mers. Nous avions des ports, des arsenaux, des fonderies, un personnel spécialement destiné à la marine de guerre, et des vaisseaux en état de naviguer et de combattre. La marine du commerce, qui avait été l'objet de l'attention particulière du cardinal, avait pris un rapide essor. La France possédait des établissements aux Antilles, dans les Florides, au Canada, sur les côtes d"At'ri([ue et ;i Madagascar. La colonisation avait reçu sur tous ces points une